Déjantés du ciné

22 juin 2021

Vampires de Vincent Lannoo

vampiresTitre du film : Vampires

Réalisateur : Vincent Lannoo

Année : 2010

Origine : Belgique

Avec : Carlo Ferrante (Georges), Vera Van Dooren (Bertha), Pierre Lognay (Samson), Fleur Lise Heuet (Grace), Baptiste Sornin (Bienvenu), Julien Doré, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Une chaîne de télévision est contactée par une communauté de vampires belges pour un reportage. Après quelques essais manqués (qui coûtent la vie aux reporters envoyés sur place), une équipe parvient à pénétrer le quotidien de la famille de Georges Saint-Germain, sa femme Bertha, Samson son fils incapable et sa fille Grace en pleine crise d’adolescence. Une famille normale quoi.

Ne cherchez pas une quelconque ressemblance entre Vampires et le film du même titre de John Carpenter. Ici, on est de bout en bout dans le registre de la comédie, plus dans le style du Razor blade smile de Jake West que dans le film d'action de vampires.

vampires2Dès le début, on est mis dans l'ambiance avec l'information textuelle selon laquelle une équipe de tournage a été envoyée pour tourner un documentaire sur une famille vampire belge ! Sauf que les vampires étant ce qu'ils sont, ils ont déjà tué deux équipes de tournage. Cette fois, la nouvelle équipe qui est envoyée obtient des garanties au niveau de sa sécurité. C'est cette équipe qui tourne le faux documentaire qui constitue ce long métrage.
On suit ici le quotidien d'une famille de vampires en Belgique. Le film allie les interviews de plusieurs membres de cette famille et les scènes prises soit disant sur le vif. Nos vampires sont d'abord fidèles aux traditions ancestrales. A savoir qu'ils ont besoin de sang pour vivre et ils dorment dans des cercueils. Ensuite, nos vampires se comportent comme s'ils étaient des personn
es lambda. Et c'est là où, à l'instar de C'est arrivé près de chez vous, le film propose un humour noir qui fonctionne pleinement. Les vampires font savoir que certains humains constituent de la « viande ». Les meurtres qu'ils commettent paraissent à leurs yeux tout à fait normal. Ils jouent de temps en temps à certains dérivés de jeux bien connus, comme ce « 1,2,3 lune » qui leur permet de s'en prendre aux Humains.

Profitant de leur statut de vampires, ces êtres (et par là même le réalisateur du film) s'attaquent à ce qui constitue chez nous de véritables tabous. Ainsi, le suicide est complètement banalisée avec ces êtres qui ne peuvent pas mourir. Et puis on a aussi une explication sur la sexualité des vampires où tout le monde peut coucher avec tout le monde (le père avec sa fille ; la mère avec son fils). D'après Grace, les vampires seraient de très bons coups ! Si ces tabous ne comportent rien de malsain, c'est parce que l'on ne voit rien à l'écran et parce que tout cela est à prendre au second degré. On sait bien que dans la vraie vie les vampires n'existent pas.

vampires3Mais dans ce film non seulement ils existent, mais en outre on les retrouve tant en familles qu'en communautés. Le père de cette famille s'inquiète au sujet de sa fille. Il pense qu'elle fait sa crise d'adolescence car elle souhaite redevenir une humaine ! Au travers de cet exemple et de nombreux autres (le coup de l'Ambassade de Roumanie à Londres où l'on trouve le chef des vampires ! L'exil au Canada dans des cercueils de voyage ! Le Code des vampires !), le réalisateur Vincent Lannoo fait preuve d'un humour (noir) omniprésent qui est le bienvenu.

On ne s'ennuie pas une minute devant ce film où ces vampires évoquent leur vie et leurs expériences, n'hésitant pas au passage à débiter un nombre incroyable de paroles monstrueuses qui paraissent tout à fait normales.

Si les acteurs du film, où l'on reconnaît le chanteur Julien Doré dans un rôle secondaire, ne sont pas toujours totalement convaincants, cela ne nuit pas spécialement au film.
En fait, c'est surtout la mise en scène qui aurait pu être un peu plus soignée. Peut-être est-ce dû au côté faux documentaire, mais toujours est-il que le film paraît parfois tourné à l'arrach' avec des scènes s'enchaîn
ant un peu maladroitement et des plans au niveau des cadres qui ne sont pas au top.

Au final, Vampires constitue une comédie bien noire qui ne se prend absolument pas au sérieux – même si ses acteurs restent bien souvent stoïques, créant un véritable décalage avec ce qui nous est narré – et qui mérite d'être vue pour son approche très particulière du monde des vampires. Comme l'annonce l'affiche du film, Vampires se situe « entre Strip tease et C'est arrivé près de chez vous. » Pour le coup, on ne nous a pas menti !

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08 juin 2021

Mes meilleures amies de Paul Feig

mesmeilleures1Titre du film : Mes meilleures amies

Réalisateur : Paul Feig

Année : 2011

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h05

Avec : Kristen Wiig, Rose Byrne, Melissa McCarthy, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié. Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian.


Réalisé par le quasi inconnu Paul Feig, Mes meilleures amies est avant tout un film produit par Judd Apatow. Du coup, on comprend immédiatement l'introduction d'un style graveleux dans cette comédie américaine.

Le film nous présente deux amies, Annie et Lillian. La première n'est pas stable sur le plan personnel (elle ne fréquente un amant que pour avoir des relations sexuelles) et sur le plan professionnel (elle a dû fermer son magasin de vente de pâtisseries et elle travaille dans un magasin qui ne l'enchante guère) alors que la seconde est sur le point de se marier. Elle convie donc Annie à être sa demoiselle d'honneur principale. Annie va être amenée à faire la rencontre des autres demoiselles d'honneur, notamment la très riche Helen qui entend tout régenter au niveau de ce mariage.

Mes meilleures amies pourrait constituer une comédie américaine lambda, comme on en voit chaque année. Oui mais voilà si Paul Feig n'a pas forcément de style puisque c'est un jeune réalisateur, on sent qu'il est fortement influencé par Judd Apatow. Ce dernier insuffle un esprit de liberté et un mauvais goût assumé qui donnent un côté détonnant au film.

mesmeilleures2Le scénario n'est pas sans rappeler Very bad trip avec cette histoire d'enterrement de vie de jeune fille qui part en vrille. Ainsi, on a droit à quelques scènes mémorables comme celle de l'essayage des robes des demoiselles d'honneur ; le délire d'Annie dans l'avion censé mener nos jeunes femmes jusqu'à Las Vegas ou encore les nombreuses infractions d'Annie sur la route pour attirer l'attention de l'officier Rhodes.

Ces scènes sont drôles en soi mais Paul Feig fait une chose que les autres cinéastes n'osent pas forcément : il introduit dans celles-ci un humour bien gras. Lors de l'essayage des vêtements, nos jeunes femmes se rendent dans les toilettes pour vomir et la future mariée se retrouve même à faire ses besoins en pleine rue ! On est sans conteste dans un délire assumé et cet humour, qui joue avec les blagues pipi-caca et avec tout ce qui tourne autour du sexe, ne plaira pas forcément à tout le monde.

Cela étant, ce sont ces moments où les personnages se lâchent le plus qui attirent l'attention et sont plaisants à regarder. Danst cette comédie américaine, on s'étonne de constater que le ton est résolument "cash" avec des personnages qui disent ce qu'ils pensent et qui font ce qu'ils souhaitent. Les acteurs se mettent au diapason du film. Ainsi, Kristen Wiig est tout à la fois drôle et touchante par son personnage d'Annie à qui il arrive les pires problèmes (perte d'emploi, perte de son amant, perte de ses amies, perte de son appartement) ; Rose Byrne est excellente dans le rôle d'une bourgeoise. Quant à Mellisa McCarthy, elle n'hésite pas à être d'une excessive lourdeur, et ce en toute circonstance.

mesmeilleures3Pour autant, Mes meilleures amies n'est pas une comédie référence. En effet, d'une part il faut reconnaître que le film connaît quelques baisses de régime. D'autre part, même si le ton adopté est assez libre, la fin du film est tout de même très hollywoodienne.

SPOILER
Ainsi, lorsque le personnage d'Annie se retrouve au fond du trou, elle décide, avec l'une de ses camarades de se battre à nouveau. Et c'est alors que la vie lui sourit en deux temps trois mouvements. Les problèmes sont balayés d'un revers de la main et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes avec des personnages qui se réconcilient et s'aiment tous. C'est dommage que le film décide de prendre aussi vite une tournure « bisounours ».
FIN DU SPOILER

Au final, Mes meilleures amies demeure une comédie américaine plaisante, qui vaut surtout par son ton original et par le jeu de ses actrices, qui est tout à fait savoureux.

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27 mai 2021

Sexe entre amis de Will Gluck

sexentreamis1Titre du film : Sexe entre amis

Réalisateur : Will Gluck

Année : 2011

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h49

Avec : Justin Timberlake (Dylan), Mila Kunis (Jamie), Patricia Clarkson (Lorna), Jenna Elfman (Annie), Richard Jenkins (M. Harper), Woody Harrelson (Tommy), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Lorsque Jamie, chasseuse de têtes à New York, tente de recruter Dylan, un directeur artistique de Los Angeles, tous deux s’aperçoivent vite qu’ils sont sur la même longueur d’onde. Leur premier point commun est d’avoir totalement renoncé à l’amour, auquel ils ne croient plus, pour se consacrer uniquement au sexe.

 

Réalisé par Will Gluck, un cinéaste connu surtout pour ses séries télé, Sexe entre amis est une petite comédie romantique surfant sur une thématique très en vogue actuellement dans ce genre de films : le sexe entre amis (comme son titre l'annonce d'ailleurs !). En gros, il s'agit de coucher avec une personne du sexe opposé mais avec aucun sentiment. Tout est décidé dès le départ, il s'agit uniquement de renouveler les rapports entre homme et femme, sans la prise de tête que pourrait représenter le fait d'être avec quelqu'un. Bref, de la sorte on est censé éviter certaines déconvenues.

La thématique du film rappelle quelque peu celle d'un long métrage de 1969 (en pleine révolution sexuelle), Bob et Ted et Carole et Alice. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si on voit un extrait de ce film dans Sexe entre amis.

sexentreamis2Rassurons le public dès à présent : Sexe entre amis est un film très gentillet. On ne voit que peu de choses. Tout au plus on aperçoit la plastique des acteurs principaux du film. D'ailleurs, sans vouloir être trop méchant, l'intérêt du film tient principalement à son casting qui est très glamour. Le rôle masculin du film échoit à Justin Timberlake. Notre chanteur reconverti en acteur, vu notamment dans le très bon The social network où il incarnait un rôle de sacré salaud, est ici tout l'inverse. Il est le gentil garçon qui vient dans la grande ville de New York pour réussir mais qui n'oublie jamais les siens. Quant au rôle principal féminin, il est joué par la belle Mila Kunis (qui a de sacrés yeux, on la croirait sortie d'un manga !), vue dans le magnifique Black swann (le film de l'année 2011 à mon sens) où elle jouait le cygne noir. Ici, nos deux acteurs se retrouvent dans un film où ils sont censés n'être que des amis (qui vont même jusqu'à s'envoyer en l'air !) mais on comprend bien vite qu'ils sont amoureux l'un de l'autre. Et même s'ils ne se l'avouent pas et qu'il y a un mini-suspense, tout cela est extrêmement prévisible dans sa finalité.

C'est au demeurant le gros point faible du film. Ne cherchez pas ici l'once d'une surprise. En effet, côté scénario tout cela manque cruellement d'originalité. L'histoire est courue d'avance et on n'est jamais vraiment surpris. On a l'impression d'avoir vu cela dans de nombreux autres films romantiques. Alors, forcément quand on comprend que le film dure près d'1h50, il y a quoi de trouver le temps long. Surtout que Mila Kunis est au début du film assez exaspérante (en tout cas pour moi) avec son côté grande gueule et fille ultra sûre d'elle. Heureusement, son personnage gagne un peu en profondeur au fur et à mesure que le film avance.

sexentreamis3Et puis ne soyons pas trop dur avec Sexe entre amis. Reconnaissons tout de même que les acteurs s'en donnent à cœur joie et nous proposent quelques séquences amusantes, comme lorsque Justin Timberlake interprète sa version de Jump du duo Kriss Kross ou encore lorsque la mère de Mila Kunis dans le film surprend nos deux « amis » au lit. Sans compter le personnage de gay joué par Woody Harrelson qui se révèle bien souvent assez drôle par son côté très cash.

Mais ces numéros d’acteurs ne parviennent que partiellement à masquer un scénario quasi indigent, un manque flagrant d'originalité, une mise en scène conventionnelle et une photographie sans saveur.

Au final, Sexe entre amis demeure un film regardable mais sera quasiment aussitôt oublié. A voir si vous n'avez rien d’autre à vous mettre sous la dent.

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14 mai 2021

Home for Christmas de Bent Hamer

homefor1Titre du film : Home for Christmas

Réalisateur : Bent Hamer

Année : 2010

Origine : Norvège

Durée : 1h21

Avec : Trond Fause Aurvag, Reidar Sorensen, Joachim Calmeyer, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Une petite ville de Norvège, le soir de Noël. Plusieurs personnages d’âge et d’horizons différents vont se croiser alors qu’ils essaient de regagner leur maison. Home for Christmas nous conte leur histoire entre humour et mélancolie, solitude et tendresse.

 

Écrit, produit et réalisé par Bent Hamer, Home for Christmas. est comme son titre l'indique, un film sur Noël. Ce long métrage se déroule en Norvège, pays du froid où la neige est reine. C'est donc quelque part le pays du père Noël.
Durant ce film, nous allons
assister à différentes histoires en parallèle finissant par se recouper, le tout la veille de Noël. Avec un ton tragi-comique caractéristique des films scandinaves, Home for Christmas passe tour à tour de la comédie au drame et inversement. Certaines scènes sont même un condensé des deux : on ne sait pas trop si on doit plutôt rire ou pleurer.

Homefor2Dans tous les cas, Home for Christmas est un film humaniste. Les différents personnages qui évoluent dans cette petite ville de Norvège ne cherchent finalement qu'une chose : passer Noël avec les gens qu'ils aiment. C'est ainsi que nous découvrons des personnages très différents mais motivés par cette envie de retrouver l'être ou les êtres proches : il y a Knut, ce médecin qui doit faire une intervention de dernière minute (un accouchement rocambolesque) alors qu'il souhaiterait passer cette soirée avec son épouse. Il y a aussi Paul, ce jeune homme désespéré car il est séparé de sa femme et alors qu'il ne peut plus voir ses deux jeunes enfants, il utilise un subterfuge pour le moins incongru mais parfaitement en lien avec la fête de Noël pour les revoir. Ainsi il fait son retour chez lui (d'où le titre Home for Christmas) sous les traits du père Noël. On a également Jordan, un clochard, star déchue du football, qui mendie pour pouvoir rentrer chez ses parents.

On a par ailleurs
Karin, une femme qui espère que l'homme marié qu'elle fréquente, Kristen, va quitter sa femme (normalement après Noël d'après ses promesses). On a deux jeunes qui sont amis et qui viennent admirer innocemment les étoiles ensemble, ce qui donne un aspect poétique à ce film. De plus, ona un homme âgé attend fébrilement le retour de son fils. Enfin il y a ce couple serbo-albanais qui fuit son pays (leur home n'est pas en ex-Yougoslavie mais uniquement en Suède) car leurs parents n'acceptent pas cette union « illégitime ».

Chacun des personnages qui nous est décrit a des espoirs, des craintes mais surtout l'esprit de Noël veille sur eux. Même si les choses ne se passent pas forcément comme ils le souhaiteraient, tous vont voir leur situation se décanter lors de cette veille de Noël. Et puis il y a plusieurs personnages qui vont bénéficier de la gentillesse d'autrui. La bonté de ces gens fait vraiment chaud au cœur.

homefor3Mais le cinéaste Bent Amer s'amuse à régler le compte de certains personnages peu sympathiques : l'homme marié va comprendre à ses dépens qu'on ne joue pas avec les sentiments d'autrui (ah la scène avec l'écharpe !) et puis l'homme qui a supplanté Paul va lui aussi finir dans une situation très originale qui là encore évoque la nuit de Noël avec l'arrivée du petit Jésus. Avec cet humour si particulier, Bent Hamer donne un aspect léger à son film, ce qui permet de dédramatiser certaines situations qui sont pourtant à la base loin d'être marrantes.

 

Si Home for Christmas n'est pas d'une grande originalité car il s'agit avant tout d'un récit polyphonique autour de la fête de Noël, Bent Hamer peut se targuer d'une interprétation tout à fait convenable de ses acteurs et surtout d'un esprit marqué du sceau de la bonté. Aucun des personnages principaux n'est à blâmer et tout un chacun aspire à une amélioration de sa situation personnelle.

Pour parachever ce film humaniste, Bent Hamer le termine avec cette très belle chanson Home for Christmas, qui donne envie de retrouver les siens.

Si ce long métrage n'est pas inoubliable, il reste un film tout à fait plaisant à regarder, et ce d'autant plus lors de la période de Noël.

 

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04 mai 2021

Babycall de Pat Sletaune

babycallTitre du film : Babycall

Réalisateur : Pat Sletaune

Année : 2012

Origine
 : Norvège

Durée
: 1h36

Avec : Noomi Rapace (Anna), Kristoffer Joner (Helge), Vetle Qvenild Werring (Anders), etc.

FICHE IMDB

Synopsis :
Anna fuit son ex-mari violent, avec son fils de 8 ans, Anders. Ils emménagent à une adresse tenue secrète. Terrifiée à l’idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babyphone pour être sûre qu’Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais d’étranges bruits, provenant d’un autre appartement viennent parasiter le babyphone. Anna croit entendre les cris d’un enfant...

Après notamment un premier film de bon niveau, à savoir Next door, film étrange et qui suscitait une tension certaine, Pat Sletaune propose avec Babycall son nouveau long métrage. Auréolé de différents prix lors de ses passages dans les festivals, et notamment du grand prix du festival du film fantastique de Gérardmer en début d'année, le film bénéficie d'échos très favorables. Après visionnage de ce dernier, il faut reconnaître que c'est plutôt mérité.

Le film débute de manière assez énigmatique puisque l'on entend une voix masculine qui dit : « Anna ? Où est Anders ? ». Puis on voit une jeune femme qui est allongée sur de l'herbe, en étant manifestement sévèrement blessée. Et c'est ensuite que débute l'action du film avec une jeune femme, la fameuse Anna, qui emménage avec son jeune garçon, Anders. Elle a dû se séparer de son époux, qui aurait été violent avec son enfant et aurait tenté de le défenestrer.

babycall2Pour ceux qui ont déjà vu le premier film du cinéaste norvégien Pat Sletaune, on peut voir plusieurs similitudes entre Next door et entre Babycall. Dans les deux cas, il est question de prime abord de séparation et de voisins pour le moins curieux. Dans Next door, c'est un jeune homme qui se sépare de sa copine et qui a deux voisines qui ont des comportements pour le moins étranges. Dans Babycall, Anna se sépare donc de son époux et elle entend des bruits provenant du voisinage, par le biais du babyphone qu'elle a acheté. Dernière similitude et non des moindres : chaque protagoniste principal de ces films a l'air complètement paumé. Anna en est à un tel point qu'on se demande constamment si ce qu'elle vit correspond à la réalité ou si au contraire elle délire et imagine des choses qui n'ont pas lieu.

Certains éléments nous mettent sur une piste, avec par exemple le fait qu'Anna ait menti sur sa situation professionnelle (elle n'est pas professeur mais se rêve professeur ce qui est très sensiblement différent) ou qu'elle voit à côté de l'immeuble où elle réside un lac alors qu'il n'y a qu'un parking. Le réalisateur joue subtilement sur cette sorte de paranoïa que connaît Anna. De son côté, Noomi Rapace, qui interprète le rôle d'Anna – à des années-lumière de son jeu dans la trilogie Millenium – est impeccable et est sans nul doute l'un des gros points positifs de ce long métrage. Par ailleurs, au rang des satisfactions, il convient de noter que la mise en scène est habile. Le réalisateur Pat Sletaune réussit à créer une ambiance avec peu de choses : des couloirs sombres, des appartements exigus où il se passe des choses curieuses. Le cinéaste parvient à maintenir un mystère certain.

babycall3Le pitch du film est plutôt intéressant mais il demeure prévisible pour quiconque aura été un minimum attentif au début du film. C'est d'ailleurs dommage d'avoir fait le choix de donner des informations essentielles dès le début du film car cela gâche un peu l'éventuel effet de surprise. A fortiori, il y a fort à penser que ce long métrage perdra nettement en intérêt lors d'un deuxième visionnage. Autre point qui est quelque peu dommageable : le manque de rythme du film. Même si Babycall maintient un certain suspense et s'évertue à montrer une jeune maman qui est toute proche de sombrer sur le plan mental, il faut reconnaître qu'il ne se passe tout de même pas grand chose dans ce film qui repose quasi essentiellement sur le jeu (excellent) de son actrice principale.

Au final, si Babycall n'est pas exempt de défauts, cela demeure un drame à la lisière du fantastique, qui s'avère tout à fait recommandable.

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23 avril 2021

Stormhouse de Dan Turner

stormhouse2Titre du film : Stormhouse

Réalisateur : Dan Turner

Date de sortie : 2011

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h28

Avec : Katherine Flynn (Haley Sands), Martin Delaney (Brandon Faber), Munir Khairdin (Salim Hasan), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : En 2002, les militaires ont capturé et emprisonné une entité surnaturelle dans un bunker secret appelé "Stormhouse". Dans les derniers jours de leur expérience, une médium est amenée à Stormhouse par le gouvernement pour établir le contact avec l'entité capturée.

 

Mis en scène par le quasi inconnu Dan Turner, Stormhouse tente à sa façon de renouveler le film sur les entités, donc sur les manifestations paranormales. Evidemment, la barre est élevée pour avoir un film de la qualité de The entity (1981) de Sidney J. Furie, véritable référence sur le sujet.

Ici, la problématique est d'ailleurs quelque peu différente. Dans Stormhouse, il n'est pas question d'une entité mystérieuse qui vient violer une jeune femme. Non, le film se déroule dans une base militaire secrète du Royaume-Uni, en 2002, plusieurs mois avant l'invasion en Irak. On apprend qu'une entité invisible a été capturée (de quelle façon ? pour le savoir il faudra regarder le film jusqu'à la fin) et qu'elle est confinée dans un endroit où elle est retenue par des champs électromagnétiques qui ont été inversés. Une jeune femme, qui aurait la faculté d'entrer en contact avec cette entité, est amenée dans cette base.

stormhouse1Ce long métrage suscite un certain intérêt avec cette entité qui est retenue contre son gré. Surtout, on voit que les personnels militaires sont particulièrement à cran et voient d'un bien mauvais oeil l'irruption d'une civile dans leur quotidien. Pour autant, le soufflé retombe assez rapidement.

Car Stormhouse bénéficie manifestement d'un budget relativement faible et on le ressent rapidement. En effet il ne se passe pas grand chose durant la première partie du film. On se contente d'imaginer qu'il y a des manifestations de l'entité avec des changements importants de température dans la cage de celle-ci et la sensation qu'il se passe des événements étranges : certains personnages auraient entendu le terme « on joue » et plus bizarre encore, l'un des principaux officiers de cette base, aurait chanté à son insu la chanson Frère Jacques (en français s'il vous plaît !). Mais c'est bien tout ce qui se passe durant la première partie. Le film demeure regardable mais on peine à se passionner à cette histoire.

En fait, le film devient nettement plus intéressant lorsque l'entité réussit à s'échapper et à contrôler les gens par l'esprit, comme si elle s'introduisait en eux. On a droit ainsi à des militaires qui s'auto-mutilent ou d'autres qui sont attaqués par l'entité. On a bien quelques membres arrachés et du sang qui coule de temps à autre mais là encore la déception est globalement de mise. Le fan de scènes gore ne pourra que constater que ce long métrage reste trop sage sur ce point. La plupart des attaques de l'entité ont lieu dans la pénombre (du coup on voit quasiment rien), certaines scènes ont même lieu hors champ. Les rares séquences où l'on voit du sang ne font pas du tout peur et n'inspirent pas de dégoût. Mais bon, au moins cette deuxième partie est plus dynamique que la première.

Cela étant dit, il ne faut pas s'attendre à être très surpris car le scénario est extrêmement prévisible : l'entité s'échappe, elle tue des militaires, elle laisse en vie l’héroïne, des pseudo rebondissements ont lieu. Rien de bien étonnant dans tout cela. Finalement, un élément qui aurait pu être développé est celui du sort attendant un prisonnier de guerre, suspecté d'être à l'origine d'attentats (l'action du film est censée se dérouler seulement un an après les attentats du 11 septembre). Mais comme pour le reste, le traitement est très sommaire.

Il ne faut pas non plus s'attendre à des personnages qui sont bien développés. On a plutôt affaire à des caricatures de militaires et le personnage principal agit exactement comme on pourrait s'en douter. Les acteurs sont dans le même état d'esprit. Ils ne sont pas mauvais en tant que tels mais aucun d'eux ne relève le niveau.

Tout au plus, on appréciera un dernier twist final qui explique le pourquoi du comment. Mais bon, tout être rationnel pourra trouver le concept véritablement tiré par les cheveux.

En synthèse, Stormhouse est un film jouant sur la notion d'entité. S'il n'est pas nul, il est sans nul doute paralysé par un manque évident de budget, qui explique pourquoi ce quasi huis-clos patine clairement durant sa première partie. C'est à regarder, si vous n'avez aucun autre film d'horreur digne de ce nom à vous mettre sous la dent.

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09 avril 2021

Jennifer's body de Karyn Kusama

Jennifer1Titre du film : Jennifer’s body

Réalisatrice : Karyn Kusama

Année : 2009

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h45

Avec : Megan Fox, Amanda Seyfried, Johnny Simmons, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Lycéenne dans une petite ville américaine, Jennifer est une beauté fatale à qui aucun garçon ne résiste. Cette bombe cache pourtant un petit secret : elle est possédée par un effroyable démon. Mangeuse d'hommes à tous les sens du terme, elle se transforme peu à peu en créature pâle, maladive et meurtrière...

 

Réalisé par Karyn Kusama mais surtout scénarisé par Diablo Cody (déjà scénariste de l'excellent Juno), Jennifer's body est une comédie horrifique un peu bizarroïde. Plus précisément, on a l'impression d'assister à un film hybride : moitié slasher et moitié teen movie.
Et c'est l'une des faiblesses évidentes du film : il n'est pas assez gore côté film d'horreur et il n'est pas assez drôle ou en tout cas pas assez prégnant sur le plan de l'étude psychologique côté teen movie.

Jennifer2A l'image de ce que sont capables de nous livrer les américains lorsqu'ils évoquent la question du sexe, le film n'assume jamais totalement cette question. Et c'est bien dommage. Le film est rempli de citations qui ont trait au sexe et qui sont révélateurs d'une société frustrée sur ce plan : pêle-mêle on nous parle de vagin, de vulve et de bite. Quant au personnage de Jennifer joué par la sex-symbol qu'est Megan Fox, il n'y va pas par quatre chemins : « Mon clito est plus long que sa queue » ; « Tu m'fais mouiller comme une fontaine » ; « C'est du gros matériel ».

Le sexe est une notion fondamentale dans ce long métrage. C'est une chose qui est au centre des discussions de ces adolescents. La mignonne Amanda Seyfried, qui est la narratrice du film, et joue accessoirement le rôle de Needy, l'amie de Jennifer, est très sensible au fait de connaître sa première expérience sexuelle avec son petit ami. Cette question du rapport au sexe est plutôt bien vue.

Malheureusement ce parti pris scénaristique pour le moins intéressant n'est pas du tout assumé au niveau de la mise en scène. On ne voit rien à l'écran. Soit les rapports sexuels se passent hors champ soit on se limite à nous montrer des soutiens-gorges et des petites culottes. Le spectateur qui serait venu voir le film uniquement pour admirer la plastique de Megan Fox (et plus si affinités...) aura de quoi être déçu sur ce point car il ne verra que les décolletés et une petite culotte de la belle.

Jennifer3Quant au fan de film d'horreurs, il risque lui aussi d’être largement déçu. Car là encore le film n'assume jamais son côté slasher. Les scènes horrifiques sont peu nombreuses et se déroulent souvent hors champ. C'est dommage. L’idée de la femme fatale avec Megan Fox jouant le rôle d'une succube était bien vue à la base. On pouvait donc être enthousiaste avec un tueur se trouvant pour le coup être une femme. Le problème est que le résultat à l'écran est bien fade. Le jeu de Megan Fox est en plus très limité et toutes les scènes horrifiques sont prévisibles. Seuls les effets spéciaux, relativement réussis, relèvent un peu le niveau côté séquences horrifiques mais cela reste à chaque fois particulièrement sage.

En somme, la cinéaste Karyn Kusama, qui disposait d'un scénario solide lui permettant de d’élever le film au dessus de la production courante, s'est contentée de livrer un produit formaté, ô combien caricatural, à destination du public adolescent, et mâle de préférence.

Côté casting, si l'on retrouve en tête d'affiche Megan Fox, son jeu d'actrice laisse franchement à désirer. Il faut dire qu'elle n'est pas aidée avec ce rôle de femme allumeuse qui cache en elle un démon à l'énergie sexuelle vivace. Ce personnage n'a aucune finesse. On ne s'étonnera donc pas que la sympathique Amanda Seyfried vole la vedette à Megan Fox. D'abord, elle est la narratrice du film et on comprend au fur et à mesure que l'action avance pourquoi elle se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Ensuite, son personnage de Needy bénéficie d'une étude psychologique un peu plus étoffé que les autres. Et puis Needy est l'une des rares personnes qui relance un peu la dynamique avec un twist final agréable.

Malgré tout, la bonne prestation d'Amanda Seyfried ne peut pas faire oublier une trame qui s’effiloche au fur et à mesure que le long métrage s'avance. La fin du film, avec la séquence du bal, rappelle le chef d’œuvre de De Palma, Carrie au bal du diable, mais de façon bien caricaturale.

Au final, en dépit d'un scénario situé largement au dessus de la moyenne des films horrifiques que l'on a l'habitude de voir, Jennifer's body est un long métragedécevant car sa réalisatrice s'est contentée de donner au spectateur un produit formaté, malgré des thématiques fortes qui auraient mérité d’intéressants développements.

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26 mars 2021

Le traquenard des sans-lois par Fred F. Sears

letraque1Titre du film : Le traquenard des sans-lois

Réalisateur : Fred F. Sears

Année : 1957

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h15

Avec : Rory Calhoun, Susan Cummings, Angela Stevens, Ray Teal

FICHE IMDB

Synopsis : Utah Blaine aide Joe Neal qui possède un ranch et doit faire face à Russ Nevers qui cherche à la tête d’une bande de vauriens, à s’emparer de toutes les terres. Neal est assassiné, souhaitant que Utah et Angie Kinyon, dont le père a aussi été tué par Nevers, prennent soin de son ranch. Dans leur combat contre Nevers, Utah et Angie sont rejoints par Mary Blake dont le père a également été tué, et par Gus Ortmann, toujours ravi de se battre.

 

Lorsque sort en 1957 Le traquenard des sans-loi (Utah Blaine de son titre original, correspondant au nom du personnage principal), le western vit une de ses grandes années. On peut citer la sortie de 40 tueurs de Samuel Fuller ou encore L’homme de l’Arizona de Budd Boetticher avec un impeccable Randolph Scott.

Basé sur un roman de Louis L’Amour – ça ne s’invente pas – Le traquenard des sans-loi est un long métrage de Fred F. Sears, décédé la même année que la sortie du film. Ce cinéaste américain artisan de la série B est touche-à-tout, œuvrant dans le polar, le fantastique, la comédie musicale et puis le western.

letraque2La trame du Traquenard des sans-lois est classique puisqu’il s’agit d’une guerre des prairies entre fermiers pour récupérer des terres. Ceux-ci agissant en dehors de la loi se font passer pour des « justiciers » et n’hésitent pas à tuer toute personne se mettant en travers de leur route.

C’est d’ailleurs ce qui faillit se passer dès la première scène où un grand propriétaire terrien, Joe Neal, échappe par miracle à une pendaison. La séquence est assez remarquable car elle fait preuve d’une violence sèche et soudaine qui a sans doute dû marquer les esprits à l’époque. Ici, on assiste tout bonnement à un lynchage pour des questions de propriété et donc d’argent. Joe Neal est sauvé in extremis par un certain Utah Blaine (Rory Calhoun), passant de manière fortuite au bon moment.

Le traquenard des sans-loi a peu de chance de rester dans les mémoires en raison d’une intrigue convenue et prévisible. Toutefois, le film a plusieurs atouts dans sa manche. Le premier d’entre eux est l’acteur principal, Rory Calhoun, sur qui le film repose entièrement. Il incarne un personnage mystérieux, sorti de nulle part, animé de sentiments différents. D’un côté ce tueur professionnel souhaite se venger d’un ex-acolyte l’ayant trahi. D’un autre côté, il rêve de devenir propriétaire de son ranch et accepte de mettre fin aux agissements des sans-loi contre des terres.

En face de lui, Blaine trouve de parfaits « méchants ». Il y a d’une part Russ Nevers le chef des sans-lois, interprété par un Ray Teal crédible dans le rôle d’un chef de gang sans foi ni loi. D’autre part, il y a l’ex-compagnon de Blaine, Rink Witter, joué par un George Keymas ne faisant pas dans le sentimentalisme.

Et puis le casting comprend un autre type de star. Ainsi, l’un des compères ayant rejoint Utah Blaine est joué par Max Baer. Ce dernier est un ancien boxeur, champion du monde des poids lourds. Il est amusant de le voir KO lors de sa première rencontre face à Blaine. La fiction dépasse allègrement la réalité !

letraque3Le casting, hétéroclite, est de très bon niveau et supérieur à de nombreuses productions de cette époque. D’autant que la psychologie des personnages a été finement étudiée.

Un autre élément notable du film est sa capacité à nous offrir des scènes d’action dignes de ce nom. Le film dure seulement 1h12 ce qui permet de passer immédiatement à l’essentiel. Pas de fioritures. Fred F. Sears aligne les bagarres et fusillades à un rythme soutenu. On ne s’ennuie pas une seconde.

On peut même envisager cette violence débridée comme la marque d’une évolution du genre. Surtout que le personnage d’Utah Blaine n’est pas sans évoquer avec des années d’avance le personnage solitaire de vengeur interprété à plusieurs reprises par Clint Eastwood.

Par ailleurs, si le budget du film est visiblement limité, la production est parvenue à retourner ce défaut à son profit. En effet, pas de trace de maire, de shérif ou de tout autre représentant de la loi. Or, en leur absence, on aboutit à une situation chaotique, dans la droite lignée de la loi du plus fort. Il est donc indispensable que les États-Unis alors en pleine mutation, fassent respecter la loi, dans n’importe quelle bourgade.

Il convient de noter que le film n’échappe pas à plusieurs défauts bien regrettables. Outre un scénario trop balisé et un budget minime, le spectateur attentif constatera que les méchants se font toujours attraper facilement. Cela ôte par moments une tension qui aurait été bienvenue. Certes, le film a été fait pour Rory Calhoun mais un peu de nuances n’aurait pas été de trop.

Il n’empêche, c’est bien par son côté excessif (une violence effective) que Le traquenard des sans-loi retient notre attention. Voilà un western tout à fait honorable pour les amateurs du genre.

 

Critique parue à l’origine sur le site Ciné Dweller à l’adresse suivante :

https://cinedweller.com/movie/le-traquenard-des-sans-loi-la-critique-du-film-et-le-test-dvd/

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16 mars 2021

Dark impulse de Mariano Barroso

darkimpulse1Titre du film : Dark impulse

Réalisateur : Mariano Barroso

Année : 2012

Origine : Espagne

Durée : 1h33

Avec : Leonor Watling, Miguel Angel Silvestre, Nathalie Poza, etc.

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Synopsis : Eva, qui a toujours eu le contrôle sur les événements de sa vie, va voir son existence chamboulée... En effet, elle doit élucider une affaire de meurtre et va se laisser prendre à un jeu très dangereux avec son témoin principal.

 

Sorti dans les bacs au début du mois de mars 2014, Dark impulse avait donc mis plus de 2 ans à arriver en France, en le faisant directement par le biais de la vidéo. De quoi soulever des doutes quant à ses qualités de thriller ibérique, genre bien aimé, mais un peu à la traîne depuis quelques années. Le titre, Dark impulse, farouchement inscrit dans la série B, titille pourtant nos envies, on a bien envie de goûter à ce "Désir sombre", surtout quand le rôle principal est tenu par la belle Leonor Watling, inoubliable de sensualité dans Son de mar de Bigas Luna (2001).

Cependant, les spectateurs les plus avertis qui espèrent un DTV hot du genre “Hollywood night” où le thriller n’est que le prétexte à des scènes érotiques assez osées, y seront pour leurs frais. Quant aux plus cinéphiles nourrissant l’ambition d’une œuvre d’une grande complexité, ils ressortiront également frustrés car Dark impulse n’est rien d’autre qu’un thriller banal handicapé par un scénario sans finesse.

darkimpulse5-0839aOn suit Eva, une jeune juge, qui a tout sacrifié pour en arriver là où elle est. Elle enquête sur une affaire de meurtre de strip-teaseuse, et soupçonne un gros industriel local. Manque de chance, le coupable est connu dès le départ.

Tout l’enjeu de Dark impulse est alors de savoir si la justice va disposer des preuves suffisantes pour envoyer le tueur derrière les barreaux. Le réalisateur, Mariano Barroso, ne va pas s’embarrasser d’un scénario sinueux. Il va mettre sur la route d’Eva un jeune séducteur, qui se prénomme Rocco. Un gigolo ! Il la manipule de façon criarde, mais c’est bien connu, l’amour rend aveugle et Eva ne s’en rend donc jamais compte.
Le spectateur cochon, propre aux séries B, n’est-ce pas, ne pourra pas tirer grand-chose de cette histoire d’amour ; les scènes osées sont bien timides et se déroulent pour l’essentiel dans l’obscurité.

L’enquête judiciaire se suit de façon impersonnelle dans un degré de banalité accentué par les quelques rebondissements qui émaillent l’intrigue. Il faudra s’endormir devant son écran, chose probable, pour être surpris par le volte-face de l’un des témoins à charge. Mais ne soyons pas totalement médisant. Dark impulse a tout de même quelques qualités. Les acteurs Leonor Watling et Miguel Angel Silvestre sont plutôt bons et ils évoluent dans un thriller psychologique rythmé qui évite la gratuité gore, à la différence des ersatz de Saw.

Et puis cette œuvre brosse un assez beau portrait d’une jeune femme contemporaine, belle, riche, sportive mais désespérément seule. Elle est bien représentative de cette société individualiste où l’être humain est au cœur de tout mais où le relationnel est réduit à peau de chagrin.

L’approche de son personnage, au passé ambigu, est plutôt subtile et confère par instants une ambiance assez pesante à ce long métrage. Quant au côté dark de la personnalité d’Eva – qui a appris à juger mais pas à pardonner – il est plutôt pertinent.
Au final,
Dark impulse donne le sentiment d’un certain gâchis. Le manque de crédibilité de la manipulation dont est victime Eva finit par amuser le spectateur, tellement les ficelles sont grossières. Cet élément combiné avec la prévisibilité du script, vous aurez compris que l’on n’est pas face à la renaissance du cinéma de genre ibérique tant espérée.

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06 mars 2021

Rendez-vous l'été prochain de Philip Seymour Hoffman

RDV1Titre du film : Rendez-vous l’été prochain

Réalisateur : Philip Seymour Hoffman

Année : 2010

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h31

Avec : Philip Seymour Hoffman, Amy Ryan, John Ortiz, Daphne Rubin-Vega, etc.

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Synopsis : Jack est un chauffeur de limousine attachant et socialement un peu inadapté. Il passe le plus clair de son temps avec son ami Clyde et sa femme Lucy. Grâce à eux, il rencontre la fragile et maladroite Connie et en tombe amoureux.

 

Avec Rendez-vous l'été prochain (on lui préférera son titre original, à savoir Jack goes boating, bien plus fin), l'excellent acteur Philip Seymour Hoffman passe pour la première fois à la réalisation. Et le résultat est plus que probant pour une première œuvre.
Philip Seymour Hoffman est d’ailleurs loin d'avoir chômé puisque, en plus d'être derrière la caméra, il endosse tout bonnement le rôle principal du film. Il interprète ainsi Jack, un chauffeur de limousine seul dans la vie et qui, par l'aide de ses amis, son collègue de boulot Clyde et sa femme Lucy, va rencontrer l'amour de sa vie, Connie. Acteur très intelligent, habitué à jouer des personnages dotés d'une vraie personnalité (parfois sensibles), Philip Seymour Hoffman n'est pas homme à sortir une bluette sentimentale. Et ça n'est effectivement pas le cas ici.

RDV2Notre néo-cinéaste a la bonne idée de jouer un personnage un peu simple mais sincère, qui ne recherche rien d'autre que l'amour d'une femme. Cela tombe bien puisqu’il rencontre Connie (excellente Amy Ryan), une femme ayant quelques problèmes psychologiques et assez craintive. L'un et l'autre font preuve d'une grande sensibilité tant en recherchant la même chose : une relation saine, sincère, fidèle, aimante. Jack est tellement motivé à l'idée d'être avec Connie qu'il est prêt à tout faire pour elle, y compris apprendre à nager afin de l'amener sur un bateau pendant l'été (d’où le titre original du film) et apprendre à faire la cuisine pour être la première personne à faire à manger à Connie.

Et puis Jack y va tranquillement dans l'évolution de la relation, comme lorsqu'il demande à faire un baiser à Connie : « On se fait un petit baiser de bonne nuit. Enfin rien d'excessif. » Si tout cela paraît bien gentillet, c'est que Philip Seymour Hoffman décrit deux personnes vivant sur le tard une première vraie relation, et que cela leur donne des ailes. Pour autant, le réalisateur ne tombe jamais dans la niaiserie. Bien au contraire.
Il conserve un regard très lucide sur notre société actuelle, et notamment sur les rapports humains. De façon pertinente, il effectue un parallèle constant entre la vie de Jack qui lui sourit enfin et l'évolution de la vie de couple des amis de celui-ci, Clyde et Lucy.

Clyde raconte à Jack que sa femme a déjà eu deux liaisons dont il a accepté de tirer un trait, malgré toute la déception et la haine que cela a pu engendrer. Or, il n'a pas pu s'enlever ces relations de la tête. Du coup, il en veut toujours à sa femme. De son côté, cette dernière supporte de plus en plus mal son époux, notamment son côté inquisitorial sur ce point et son manque d'ambition sur le plan professionnel. Philip Seymour Hoffman montre bien que dans certains couples, la relation peut être bien difficile. Pour preuve, il y a ce dîner préparé par Jack chez Clyde et Lucy qui part totalement en vrille et qui met à jour les difficiles relations entre Clyde et Lucy. Chacun pourra évidemment y trouver des ressemblances avec une situation vécue ou connue.

RDV3Cependant, il ne faut pas s'y méprendre. Philip Seymour Hoffman ne cherche pas fondamentalement à idéaliser la relation entre Jack et Connie en évoquant un autre couple à la recherche d'un second souffle. Non, le cinéaste ne juge jamais ses personnages. Chacun a ses raisons. Dans ce petit film indépendant, les relations humaines sont au cœur des discussions. Si les moments difficiles de la vie sont évoqués sans détour, les moments plaisants le sont également. Le film raconte tout de même une histoire d'amour qui finit bien et se révèle très pure, comme le prouve la dernière discussion de Connie à Jack : « Je savais que tu serais bien. - Je le suis pour toi. » Dans ce petit film méconnu, on regrettera simplement une mise en scène plus fonctionnelle qu’autre chose. En tout état de cause, le film tire parti de ses acteurs, tous excellents et de la finesse d’écriture de leurs personnages, qui ont tous une véritable épaisseur.

Rendez-vous l’été prochain constitue une belle surprise qui devrait plaire aux amateurs du genre romantique. Et même aux autres !