augustaffichRéalisé par Fred Vogel
Année : 2001
Origine : U.S.A.
Durée : 71 minutes
Avec : Fred Vogel, Ann Marie Reveruzzi, John A. Wisniewski...

FICHE IMDB

Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour son premier long métrage le réalisateur Fred Vogel n’y a pas été de main morte pour nous livrer ce August Underground terriblement vomitif et dérangeant, filmé comme un "snuff movie".
En effet, le script suit le parcours de deux tueurs en série qui passent leur temps à humilier, torturer et violer leurs victimes séquestrées dans leur cave.

D'entrée, le métrage affiche clairement son côté amateur, avec une image floue, tout juste digne d'un caméscope bas de gamme, mais ce sera pour rapidement faire comprendre au spectateur qu'il va suivre les faits et gestes d'un homme détraqué, filmés par son acolyte.
Et dès sa première séquence, nous allons assister à l'impensable, puisque la caméra va pénétrer dans cette cave nauséabonde où une jeune femme est ligotée nue à une chaise, baignant dans ses excréments et portant les stigmates de ses tortures passées, alors que le caméraman et son ami vont s'amuser à humilier et à violenter un peu plus leur victime en se gaussant de celle-ci dans un élan de perversité définitivement glauque.
Ensuite, nous allons assister à diverses pérégrinations des deux individus, pour des séquences où la violence la plus froide aura toujours le dernier mot, entre cette autre jeune femme battue à mort et ce gérant d'épicerie humilié avec deux de ses clients, sans oublier quelques retours terriblement sordides dans la cave.

Alors que penser d'un tel "spectacle" n'hésitant pas à aller très loin dans le mauvais goût le plus répugnant, puisque les humiliations subies par les victimes de ces deux tarés flirteront aussi bien avec la scatologie qu'avec les tortures les plus ignobles ( le sein dépecé ), le tout étalé complaisamment sur l'écran ?
Déjà, il est clair que le réalisateur Fred Vogel a indiscutablement cherché à choquer et révulser son spectateur le plus endurci en allant le plus loin possible dans l'abject, et le côté "snuff" de l'ensemble participe activement à rendre mal à l'aise, aussi bien dans l'aspect plus que réaliste des atrocités commises que dans l'utilisation de plans-séquences donnant véritablement une sensation de "vécu" à l'ensemble, renforcé par l'image volontairement sale et dégradée.

En effet, c'est cette volonté réaliste de tous les instants qui rendre le métrage éprouvant, puisque le caméraman participe également aux exactions et utilise des zooms pour détailler l'étendue des supplices subis pas les victimes, qui en disent long sur le degré d'inhumanité avec laquelle celles-ci sont traitées, et les rires incessants des deux protagonistes accentueront l'impact malsain des méfaits commis, laissant ainsi le métrage se joindre à la lignée d'œuvres telles que C'est arrivé près de chez vous, l'humour en moins, ou Henry, portrait of a serial killer, le gore et la décadence en plus.

Ensuite, en se contentant de montrer ces abominations sans aucun recul, sans jamais chercher à étoffer la psychologie des personnages ni même à générer le moindre suspense, Fred Vogel adopte une position ambiguë, puisque les actes de violence gratuite ne seront jamais condamnés, juste montrés complaisamment, et les séquences ne connaissant pas d'issue violente n'apporteront pas grand-chose de plus, si ce n'est de nous instruire quand même sur le caractère perverti et dépravé des deux individus ( les gros plans sur les carcasses  lors de la visite de l'abattoir à cochons ).
Et enfin,si les fans de gore et de sévices déviants seront ravis par ce déluge d'atrocités plus que réalistes, l'intérêt cinématographique d'un tel OFNI échappera certainement aux autres, qui se demanderont vraiment jusqu'où on peut aller dans l'abject.

L'interprétation est convaincante, les différents interprètes évoluant avec un naturel qui  fait froid dans le dos, alors que la mise en scène, jouant sur l'amateurisme avec une caméra hésitante, tremblante et sautante, accentue bien évidemment l'effet réaliste recherché.
Les effets spéciaux sont plus que bluffants, en versant aussi bien dans le glauque naturiste que dans le gore putride.

Donc, ce August underground restera une expérience délicate, définitivement "autre" et malsaine, à réserver bien sûr  à des spectateurs avertis et endurcis !