augustaffich

Réalisé par Fred Vogel

Année : 2003

Origine : U.S.A.

Durée : 77 minutes

Avec : Fred Vogel, Christie Whiles, Michael T. Schneider...

FICHE IMDB

Après son déjà terriblement déviant, glauque et immoral August Underground, le réalisateur Fred Vogel remet le couvert pour ce August Underground's Mordum au même contexte prenant l'apparence d'un "snuff movie" et surtout avec vraisemblablement la volonté d’aller encore plus loin dans l’abject et la provocation. Alors, mission accomplie ? Oui et non !

Le script met cette fois-ci en scène non plus deux mais trois assassins ignobles passant leur temps à martyriser et à humilier leurs victimes au cours de "jeux" bien évidemment pervers et sanglants.

D'entrée, le métrage s'approprie à nouveau ce côté amateur qui faisait en partie la réussite du premier film, nous donnant l'impression de réellement suivre les personnages filmant leur vécu, pour ainsi découvrir que nous allons avoir affaire à une demoiselle n'hésitant pas un instant à s'automutiler en se scarifiant le ventre suite à une dispute avec le caméraman, alors que juste après, nous suivrons les deux personnages se rendant chez une tierce personne pour un premier meurtre brutal mais soft car pratiqué en hors champ, avant que le film ne s'aventure véritablement dans son sujet scabreux et glauque ensuite au travers de séquences nous invitant à partager les brimades et les humiliations subies par des victimes séquestrées par les trois compères, tout en laissant libre cours à ce triangle amoureux des plus bizarres et bien entendu amoral.

Dans sa volonté provocatrice avérée, le réalisateur Fred Vogel pousse ici le bouchon très, très loin en multipliant les actes de barbarie innommables, à base de nécrophilie bien répugnante lorsque le plus fou des trois personnages se livrera à un acte sexuel dans la plaie béante ventrale d'un cadavre, d'humiliations vomitives quand la demoiselle du trio s'amusera à vomir copieusement sur deux jeunes femmes kidnappées, tout en donnant encore un accent sexuel à l'ensemble des autres sévices étalés devant la caméra, telle cette auto-castration au but inavouable filmée en gros plan, alors que d'autres débordements sanglants viendront également se mêler à l'ensemble, avec égorgements et autres supplices prodigués sur les corps des malheureuses victimes, masculines et féminines.
Mais hélas, ces actions profondément dérangeantes seront quelque peu noyées dans des séquences certes donnant véritablement l'impression d'être réelles en étant tournées en de longs plans-séquences, mais justement s'étirant bien souvent en longueur au point de presque lasser le spectateur, notamment la scène du "vomi" qui semblera se répéter à l'infini, diminuant de la sorte considérablement son impact, et, même si le réalisateur aura bien pris soin de se diversifier dans les sévices montrés, on aura quand même l'impression d'assister à la même séquence plusieurs fois.

En plus, certains événements viendront parasiter le propos du film de façon complètement inutile ( la coupe de cheveux notamment, ainsi que la séquence de concert, par ailleurs définitivement inaudible ) et l'aspect sexuel bien plus mis en avant que dans le premier August underground donnera parfois l'impression d'assister à un vulgaire porno déviant, tout en diminuant l'ambiance glauque et malsaine, même si la bonne humeur régnant entre les différents protagonistes aura toujours de quoi incommoder le spectateur et que l'aspect repoussant des certains décors, atrocement putrides et sales, sera également de la partie pour déstabiliser un peu plus.
Mais cette orientation suspecte et l'exacerbation de l'utilisation de cette caméra plus que virevoltante donnant parfois l'impression que Fred Vogel en fait trop ne viendront que partiellement diminuer l'impact du métrage qui restera quand même extrêmement transgressif et méchant (même si la violence sèche semble elle aussi avoir quasiment disparue, passé le premier meurtre ), repoussant encore un peu plus loin les limites de l'acceptable pour se livrer aux pires abominations, en laissant une nouvelle fois le spectateur seul face à ce trio de dégénérés complètement dépravés et inhumains, rencontrant même au passage un quatrième larron tout aussi détraqué avec ses cadavres putréfiés, sans apporter le moindre jugement et surtout sans les condamner le moins du monde avec un quelconque retournement de situation.

L'interprétation est largement convaincante puisque les différents acteur se laissent aller aux pires méfaits naturellement et la mise en scène de Fred Vogel, si elle peut finir par donner le tournis à grand renfort de mouvement de caméra, saura donner à l'ensemble un aspect "réel" parfaitement bluffant et troublant, surtout du fait de la longueur des séquences, au cours desquelles se succèdent parfois des effets spéciaux parfaitement réalisés.
Justement, les effets spéciaux du film sont incroyablement réussis dans un tel contexte et participent ainsi activement à la réussite du métrage, tout en avançant un gore généreux mais loin d'être expansif en se voulant le plus crédible possible ( l'éventration répugnante d'une des victimes et cette terrible castration aux ciseaux ), alors que les maquillages seront eux aussi royalement exécutés.

Donc, ce August Underground's Mordum n'atteindra que partiellement son objectif, en étant parfois trop orienté vers ce côté sexuel vulgaire, mais ne semble ne pas connaître de limites et offrira quand même à son spectateur ce qui se fait de pire dans l'abject, et bien entendu, sera à réserver à un public majeur, adulte et largement endurci !