menbehindaffichRéalisé par Tun Fei Mous

Année : 1988
Origine : Hong-Kong
Durée : 105 minutes
Avec : Wang Gang, Wu Dai Yao, Wang Run Shen...

Fiche IMDB

Film controversé s’il en est, ce Men behind the sun, également connu sous le titre de Camp 731, ne peut en tout cas laisser indifférent devant les atrocités montrées à l’écran, le tout sur un ton documentaire rendant encore plus glauque et réalistes les méfaits de ces japonais dignes cousins des "scientifiques" nazis !

En effet, le script suit, vers la fin de la seconde guerre mondiale, les activités macabres et expérimentales de soldats et de scientifiques japonais ayant installé un camp de prisonniers dans la Manchourie chinoise annexée, afin d'y créer des armes bactériologiques et chimiques en se servant de chinois et de russes captifs comme cobayes.

Après un petit rappel géographique et historique des faits et lieux, le métrage suivra en parallèle l'arrivée dans ce fameux "Camp 731" d'un nouveau responsable des opérations et de nouvelles recrues, des gamins à peine adolescents qui vont devoir s'acclimater des conditions rudes de vie dans ces lieux, amenant même un trio à essayer de s'évader sans succès puisqu'ils se feront reprendre et l'un d'eux périra même.
Mais rapidement, le métrage va plus ou moins reléguer au second rang ces jeunes dont nous ne suivrons que quelques entraînements éreintants et d'autres situations plus légères ( notamment lorsqu'un des jeunes se liera d'amitié avec un jeune chinois vivant en dehors au travers d'un jeu de balle ), pour s'intéresser aux expériences toutes plus cruelles les unes que les autres de ce tortionnaire qui n'hésitera pas par exemple à casser des doigts congelés, à arracher la peau d'une femme dont les mains ont été gelées puis ébouillantées, quant ce ne sera pas un homme qui sera placé dans un caisson pour voir sa réaction si on en augmente la pression, entraînant une descente d'organe épouvantable, pour une succession de séquences malsaines et dérangeantes, filmées sur un ton neutre et détaché.

Mais l'entrée en guerre des U.S.A. et les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki finiront par avoir raison du bellicisme du Japon et amènera les dirigeants du "Camp 731" à chercher à effacer dans le sang les vestiges de leur actes immoraux et abjects, lors d'un dernier acte également bien barbare.
Alors que penser devant un tel spectacle qui, sous couvert de dénoncer les horreurs commises par de japonais vraiment peu éloignés de leurs cousins germaniques du moment aussi bien au niveau des expériences terribles que d'un nationalisme qui sera exacerbé lors du final, mettra en avant des séquences extrêmement dérangeantes et flirtant même avec le "snuff", notamment lors de scènes cruelles mettant en scène des animaux qui eux seront vraisemblablement véritablement sacrifiés pour le film, avec ce chat jeté dans une fosse où grouillent d'innombrables rats qui vont bien entendu se charger d'occire dans le sang cette pauvre bête, ou encore ces mêmes rats qui seront incendiés dans la dernière partie et que nous verrons courir enflammés.

Mais le métrage laissera également planer le doute sur une autre séquence, l'autopsie d'un jeune enfant, celui-là même qui avait sympathisé avec une des jeunes recrues, montrant ainsi bien le peu de sentiments faits par ces bourreaux qui ne manqueront pas de demander à ce jeune soldat d'amener son ami dans le camp pour l'éviscérer afin de recueillir ses organes, avec un tel réalisme écoeurant que l'on pourrait être amené à penser que…
Alors, après de telles abominations, d'autres idées morbides et plus farfelues, comme ces bombes de porcelaine qu'ils voudront faire éclater dans un champ où des chinois seront crucifiés pour voir le résultat sur le corps humains, paraîtront moins efficientes, mais cela n'empêchera pas d'autres situations de se montrer effroyables, comme lorsque le métrage s'égarera dans les sous-sols du camp où les cadavres sont négligemment brûlés dans un four.

Si certains ne manqueront pas de taxer ce Men behind the sun de film crapuleux, honteux et largement complaisant, on ne pourra quand même pas négliger l'impact évident qu'il génère, surtout que la réalisation sans aucune fioriture ni artifice quant il s'agit de montrer les méfaits commis donnera à l'ensemble un aspect documentaire volontairement travaillé, jusque dans les détails relatifs aux avancements des opérations sur le front de la guerre, sans aucune pudeur ni tabous, et parvenant sans équivoque à dénoncer les aberrations engendrées par cette guerre, même si l'on sait que le gouvernement chinois a participé au financement du film.

L'interprétation est convaincante, sans aucun surjouage qui aurait pu nuire à la crédibilité globale du film, et même l'interprète du détestable Dr. Shiro Ishii brillera par une sobriété toute aussi dérangeante.
La mise en scène du réalisateur est tout simplement adaptée au propos du métrage, impartiale et posée, mais ne reculant devant aucun gros plan vomitif.
Les effets spéciaux sont par contre plutôt mitigés car, en effet, certaines mutilations resteront primaires et porteuses de trucages presque visibles, qui trancheront avec l'extrême réalité d'autres séquences déjà évoquées.

Donc, ce Men behind the sun restera une œuvre définitivement différente, difficilement supportable et même insupportable selon les sensibilités, mais qui aura le mérite de s'acharner à montrer une réalité peu souvent avancée ! Défendre l'indéfendable, pourquoi pas !