NakedviolenceafficheRéalisé par Fernando Di Leo
Titre international : Naked violence
Année : 1969
Origine : Italie
Durée : 92 minutes
Avec : Pier Paolo Capponi, Nieves Navarro (Susan Scott), Marzio Margine...

FICHE IMDB

Résumé : Un commissaire de police enquête suite au viol et au meurtre d'une professeur par des adolescents.

Auteur du choquant mais excellent Avere Ventani ou encore du très contestable La clinique sanglante, giallo qui est surtout prétexte à des scènes érotiques, Fernando Di Leo a réalisé en 1969 Naked violence. On es tici dans la veine des polars qui ont fait la renommée de Fernando Di Leo, connu aussi pour avoir été co-scénariste de Le bon, la brute et le truand. Il s'agit ici d'un polar bien musclé. Le film est inspiré du roman du même nom de Giorgio Scerbanenco.

Naked violence est un film qui comporte des scènes assez dures, d'un grand réalisme. D'ailleurs, on est directement mis au coeur d'une ambiance assez malsaine. En effet, on assiste au viol et au meurtre d'une professeur par une dizaine d'élèves.

Le film de Fernando Di Leo va droit au but. Pas de scènes inutiles à courir après les coupables. La suite du film nous amène directement au commissariat de police où l'on retrouve chacun des adolescents, qui ont globalement entre 16 et 17 ans. L'excellent acteur Pier Paolo Capponi interprète le rôle du commissaire de Police Marco Lamberti. Un à un, les adolescents, qui sont tous mineurs, sont auditionnés par le commissaire Lamberti. Lors de l'introduction de chacun des jeunes, on a droit à une musique stridente (la bande son a été effectuée par Silvano Spadaccino). L'interrogatoire se révèle extrêmement musclé. Le réalisateur Fernando Di Leo fait de nombreux gros plans et un travail sur la profondeur de champ, comme dans le reste du long métrage, ce qui accroît le sentiment d'étrangeté. Le commissaire Lamberti présente les différents jeunes comme de véritables délinquants.  Derrière son costard cravate, Lamberti agit comme un véritable psychopathe. Il cherche coûte que coûte à savoir qui a introduit à l'intérieur de la classe une liqueur à 85 % qui a amené ces jeunes à commettre l'irréparable. Mais les jeunes déclarent à tour de rôle soit qu'ils n'ont pas participé à cet événément, soit qu'ils dormaient, soit qu'ils n'ont rien vu, soit qu'ils ont été forcés à boire. En bref, ils ne se sentent pas vraiment impliqués. D'ailleurs, ils savent qu'étant mineurs, ils risquent tout au plus quelques années en maison de redressement. Le commissaire tente pour sa part de connaître la responsabilité de chacun afin d'éviter que l'on considère simplement que ces mineurs ont agi sous l'emprise de l'alcool, bénéficiant dès lors de circonstances atténuantes. Le commissaire se bat même pour obtenir, à l'insu de sa hiérarchie qu'il se met à dos, une prolongation de garde à vue afin de procéder à un second interrogatoire. Les méthodes policières utilisées pour tenter d'obtenir des aveux apparaissent pour le moins extrêmement contestables. Et le spectateur le ressent d'autant plus qu'on se retrouve quasiment dans un huit-clos : on ne quitte quasiment jamais la salle d'interrogatoire du commissariat de police durant le premier tiers du film. Fernando Di Leo ne s'intéresse d'ailleurs pas spécifiquement aux endroits où se déroule l'action. On ne peut pas deviner que le film a été tourné à Milan. Le réalisateur privilégie la confrontation psychologique avec notamment l'utilisation de ces gros plans.

Le second tiers du film permet de changer un peu d'air. Le commissaire décide en effet de se rendre à l'extérieur et d'interroger les parents de ces adolescents. Le film prend alors une certaine portée sociale. On découvre alors que ces adolescents ont vécu dans un milieu social généralement très défavorisé. Cela ne les excuse certes pas, mais cela permet de comprendre cette délinquance. Cette partie du film n'est pas la plus intéressante mais elle est pourtant d'un intérêt fondamental. En effet, c'est dans cette partie que l'on apprend (mais on ne le sait pas encore) que se situe la résolution de l'affaire. Le commissaire est désormais accompagné d'une assistante sociale, Livia Ussaro. C'est le premier personnage féminin que l'on voit. Et il faut bien reconnaître que le rôle qui lui est dévolu est parfaitement accessoire, ce qui fait ressortir quelque peu le côté machiste de Fernando Di Leo. Cependant, l'actrice n'est pas une inconnue. Il s'agit de Nieves Navarro, mieux connue sous le pseudo de Susan Scott. Cette actrice de films bis, est apparue dans plusieurs westerns et films érotiques. Ici, pourtant, la demoiselle ne dévoile pas ses charmes. Elle en reste à son rôle d'assistante sociale. Elle fait quelque peu contre-poids à la violence qui se dégage du caractère obsessionnel du commissaire. Ce dernier, aidé de l'assistante sociale, n'hésite pas à recueillir l'un des adolescents chez lui afin de le mettre en confiance et d'en savoir plus. Le jeune est Carolino Marassi, qui a un air androgyne. Naked violence contient en tout état de cause plusieurs allusions homosexuelles : il y a d'abord le jeune homosexuel qui se suicide ; il y a esnuite la relation psychologique entre le commissaire et Carolino ; il y a enfin ce mystérieux personnage, qui serait à l'origine du drame et qui est évoqué tantôt en qualité d'homme tantôt en qualité de femme. Ce dernier personnage, qui rappelle le film Psychose, est en soi très hitchcockien.

Avant sa révélation finale, Fernando Di Leo nous offre un flashback qui nous rappelle le viol et le meurtre de la professeur, en ajoutant cependant des éléments qui nous en apprennent un peu plus. La musique de Silvano Spadaccino est alors extrêment bruitiste et stridente. On se retrouve en qualité de spectateur pris au coeur de l'action, au sein d'une scène choc très efficace.

Au final, Naked violence est un film qui va droit à l'essentiel. Il n'y a pas de sous-intrigues qui interfèrent l'histoire. Avant  la série des Inspecteur Harry, Fernando Di Leo nous dresse le portrait d'un commissaire, interprété par un excellent Pier Paolo Capponi, qui n'en fait jamais trop, qui est obnubilé par la résolution de son affaire. Naked violence constitue une série B italienne très frontale et très efficace. A découvrir absolument pour ceux qui ne connaissent pas ce film.