a_wicked_woman_afficheA wicked woman (Nobuo Nakagawa, 1958, Japon)

Avis de Locktal :

Premier film de la rétrospective consacrée au réalisateur japonais Nobuo Nakagawa, pionnier du cinéma horrifique nippon, A wicked woman est un excellent mélodrame qui bénéficie d'une mise en scène élégante et raffinée.

Portrait réaliste d'une société japonaise corrompue qui brise toujours les plus pauvres, le film de Nakagawa trace la destinée d'Oden, belle jeune femme qui sombre progressivement dans le crime et mère d'une petite fille avec laquelle elle a coupé les ponts.

Clairement divisé en deux parties, A wicked woman commence comme une chronique sociale puis se poursuite en un haletant polar yakuza. La mise en scène de Nakagawa ne quitte presque jamais l'héroïne, victime qui se transforme petit à petit en bourreau.

Film profondément féministe, qui est un témoignage sans concession sur la place d'une femme dans la société, qui plus est une femme pauvre, A wicked woman ne prend jamais parti contre son héroïne, même si le cinéaste en condamne certains actes. D'ailleurs, quasiment tous les personnages du film sont duals, constamment partagés entre les notions de bien et de mal, souvent détestables, parfois remarquables, mis à part la petite fille innocente d'Oden qui sera impitoyablement sacrifiée.

Il semble que Nakagawa fasse de son héroïne une femme fatale malgré elle, entraînant dans sa chute tous les personnages (notamment les hommes) qui la cotoient.

Dans un ultime acte de rédemption, Oden se sacrifie pour Kazuma, le jeune policier amoureux d'elle qui a sombré par sa faute dans la déchéance, et lui donne le droit au bonheur, acte positif dans une société qui a conduit Oden à la scélératesse et qui ne lui permettra même pas de se suicider. Constat amer mais néanmoins important pour Oden, lui permettant un instant de redevenir humaine.

Nakagawa, dans une mise en scène stylisée et incroyablement sensuelle, montre dans un dernier plan sublime toute la compassion qu'il éprouve pour son héroïne, victime de la vie et d'une société injuste, corrompue et machiste. Un très beau métrage à découvrir.


Avis de Nicofeel :

Réalisé en 1958 par le japonais Nobuo Nakagawa, A wicked woman est un mélodrame. L'action a lieu à Tokyo puis à Yokohama au début des années 1870.

On se retrouve avec une femme, Oden, de condition modeste qui est amenée à voler pour vivre plus correctement. Oden est une femme remariée qui a eu une fille, Omitsu, avec son premier époux. Oden n'a pas revu sa fille depuis des années.

Le film est clairement ancré sous le signe de la passion amoureuse avec divers cercles sentimentaux qui se créent, Oden étant dans le rôle de la femme fatale. Ainsi, le policier Kazuma n'a d'yeux que pour Oden, de même qu'un autre homme très trouble, que l'ancien mari d'Oden, sans compter son mari actuel. Les hommes ne pensent qu'à Oden qui ressemble beaucoup à une geisha et dont les agissements sont loin d'être fameux. Ainsi, elle vole des bijoux qu'elle revend à un homme peu scrupuleux ou encore elle fait croire au pauvre Kazuma qu'elle est amoureuse de lui pour éviter la prison.

D'ailleurs, le film de Nakagawa montre une société japonaise qui souffre de maux multiples : personnages menteurs, voleurs, revendeurs d'objets volés, tueurs, kidnappeurs, etc. Mais ce portrait peu ragouttant d'une société japonaise corrompue est à nuancer.

En effet, le personnage d'Oden n'est pas détestable. Car celle-ci cherche surtout à revoir sa fille. Une fois que cette dernière disparaît, Oden souhaite principalement se venger de la gente masculine. Nakagawa livre un film très féministe. Il est en cela très en avance sur son temps. Ce cinéaste est également en avance avec l'utilisation de plans assez osés pour l'époque, qui se révèlent d'une grande sensualité comme lorsque l'héroïne est en train de prendre son bain.

A noter que le film est très soigné sur le plan de la mise en scène avec un superbe travail sur le cadre, de beaux travellings et des mouvements à la grue qui rendent ce film à rebondissements encore plus facile à regarder. Au final, voilà une découverte fort intéressante d'un auteur inconnu en France.


shadows_afficheShadows (Milcho Manchevski, 2007, Macédoine)

Avis de Nicofeel (le seul à voir ce film d'auteur !) :

Réalisé en 2007 par le cinéaste macédonien Milcho Manchevski, Lion d'or à Venise en 1994 pour Before the rain, Shadows raconte l'histoire d'un jeune médecin, marié et père d'un petit garçon, qui a survécu miraculeusement à un accident de voiture. Comme son titre l'indique, le film est traversé par des ombres.

Ainsi ce fameux médecin a des visions et parle à des personnes qu'il est le seul à voir. Le film introduit dans le quotidien le plus banal (l'appartement du médecin, une maison à la campagne, la maison de vacances des parents du médecin) des êtres très étranges : une vieille femme qui s'exprime dans un ancien dialecte, un homme peu prolixe qui vit avec son bambin dans l'appartement voisin de celui du médecin, une jeune femme censée être l'épouse d'un célèbre professeur de langues.

Le fantastique est omniprésent avec ces êtres qui semblent sortis de nulle part et qui font penser à des fantômes. Mais Shadows est aussi et surtout un film intimiste avec le jeune médecin dont on nous révèle la vie personnelle. D'ailleurs on peut faire un parallèle entre l'apparition des visions et une vie familiale qui devenue chaotique. Le héros semble désespérément seul, vivant sans sa femme (qui le trompe avec un playboy) et son fils. Le médecin voit en outre ses relations avec ses parents se dégrader progressivement. Il faut dire que le médecin a survécu à son accident en faisant la promesse de remplir une mission ; ses parents ne sont pas de leur côté décidés à l'aider dans cette quête qui les implique directement.

On notera que le héros souffre tant de ses visions que de la solitude qui le pousse d'abord à se masturber puis à faire l'amour avec une autre femme ce qui donne lieu à des scènes érotiques bien appuyées de la part du réalisateur.

D'une durée de deux heures, Shadows souffre de sous-intringues multiples et de la redondance de certaines scènes. Le réalisateur aurait pu être plus concis, d'autant que le scénario du film est finalement assez classique. Au final, ce film fantastique s'avère assez intéressant, malgré quelques longueurs et quelques scènes érotiques pas vraiment indispensables.


horriblesecretdrhichcockL'effroyable secret du docteur Hichcock (Riccardo Freda, 1962, Italie)

Avis de Locktal :

Petit classique du cinéma gothique transalpin, ce film de Freda n'a rien perdu de sa force et de la fascination qu'il engendre.

Ouvertement inspiré par le cinéma de la Hammer et celui de Hitchcock (dont le film reprend certaines des plus célèbres scènes du maître anglais, dans des films comme Rebecca ou Soupçons), L'effroyable secret du docteur Hichcock est un admirable poème visuel, qui bénéficie de l'interprétation fièvreuse de la légendaire icône gothique Barbara Steele. Il se démarque de ses illustres prédécesseurs par une utilisation magistrale de la couleur, qui fait de chaque plan un véritable tableau, et par une perversité insidieuse encore peu commune à l'époque. Le film traite en effet ouvertement de la nécrophilie (dont souffre le docteur Hichcock) et plus largement de l'emprise que peut avoir une morte sur son entourage, avec une subtilité remarquable, rendant chaque personnage particulièrement ambigu.

Freda apporte au film a mise en scène raffinée, qui transcende une trame somme toute classique. Véritable manifeste gothique, L'effroyable secret du docteur Hichcock n'oublie aucun effet de ce courant : pluie incessante, orage menaçant, château isolé rempli de secrets, chat noir inquiétant, portes qui grincent, gouvernante ténébreuse, ombres terrifiantes, fantôme évanescent,... tous ces éléments étant portés par Freda à un point paroxystique.

La pauvre Barbara Steele se trouve entraînée malgré elle dans un complot qui la dépasse, naviguant sans cesse entre réalité et folie, victime idéale.

Le suspense, savamment entretenu, traversé de fulgurances surréalistes ou oniriques, va crescendo jusqu'à déboucher sur la découverte du fameux secret, qui n'est finalement rien d'autre qu'un acte d'amour fou.

Après le génial Le masque du démon de Mario Bava (avec la même Barbara Steele), Freda apporte avec L'effroyable secret du docteur Hichcock la deuxième pierre angulaire du cinéma gothique italien, qui se déguste avec un plaisir chaque fois renouvelé.

orgasmoOrgasmo (Umberto Lenzi, 1969, Italie)

Avis de Locktal :

Giallo insolite et délirant datant de 1969, Orgasmo est le premier des trois célèbres sexy giallos (qui sera suivi par Si douces si perverses et par Paranoïa, interprétés par la même actrice Carroll Baker) réalisé avec un savoir-faire indéniable par l'inégal Umberto Lenzi, capable du meilleur (comme les excellents Spasmo ou La rançon de la peur) comme du pire (Cannibal ferox, pourtant l'un de ses films les plus connus).

Magistralement interprété par la charmante Carroll Baker et l'inquiétant Lou Castel, le film est une véritable curiosité, mélange improbable de thriller et de drame psychologique, le tout de déroulant dans une atmosphère décadente, délétère, basée sur des jeux de domination et de soumission, un peu à l'instar des films de Joseph Losey comme le sublime The servant, mais ici dans le cadre du cinéma bis.

Incroyablement audacieux et pervers, Orgasmo montre la descente aux enfers d'une jeune veuve milliardaire prénommée Catherine (Carroll Baker, donc), véritablement dévorée par un couple de prédateurs sans scrupule qui va finir par se l'approprier totalement, corps et âme.

Rythmé par une sympathique bande-son easy-listening qui s'avérera jouer un rôle fondamental dans l'intrigue du film, Orgasmo est nimbée d'une ambiance sensuelle mais inquiétante, où le danger peut arriver de toute part. Lenzi invite le spectateur à partager le point de vue unique de Catherine, qui se transforme progressivement à l'état d'animal, elle qui était si resplendissante au début du film.

Aux limites de la folie, Catherine ressemble un peu aux héroïnes hitchcockiennes, telles l'Alicia Huberman de Les enchaînés, et finit par sombrer dans la déchéance physique et morale au contact d'êtres malfaisants.

Constamment passionnant et tordu, dynamité par la mise en scène baroque de Lenzi qui s'autorise des plans d'une folle audace et qui utilise dans ce film admirablement le zoom, psychédélique et ouvertement sexuel (le film a été tourné en pleine révolution sexuelle), Orgasmo débouchera sur un twist final des plus inattendus, qui laissera le spectateur pantois.

Au final, c'est une très belle réussite de Lenzi, vénéneuse et jubilatoire, qui mériterait une plus large diffusion. A noter que Bertrand Tavernier est crédité au générique d'Orgasmo comme assistant réalisateur !!


Avis de Nicofeel :

Réalisé en 1969 par l'inégal Umberto Lenzi qui est notamment connu pour son film Cannibal ferox (un de ses plus mauvais films), Orgasmo est pour sa part dans la veine giallo (Spasmo) du cinéaste transalpin.

Orgasmo est un pur film de la fin des années 60, qui ont été marquées par la révolution sexuelle. C'est une époque où certains réalisateurs osent tout, ce que va nous prouver sans ambages Umberto Lenzi. Sur une musique easy listening typique de l'époque, Orgasmo narre les mésaventures d'une jeune veuve milliardaire, la belle Catherine (interprétée par l'actrice américaine Carol Becker) qui introduit dans sa somptueuse villa un jeune homme (joué par le français Lou Castel) qui lui plaît beaucoup.

Mais cette rencontre va constituer pour elle le début des ennuis, surtout lorsque le jeune homme fait venir dans la villa celle qui est supposée être sa soeur. Situé entre le giallo et le film policier, Orgasmo est un trip visuel et sensoriel. On suit la déchéance de la riche Catherine qui est malmenée par ses deux invités, lesquels la droguent, lui font boire de l'alcool ou écouter de manière continue la même musique. Tout ceci dans le but évident de la faire craquer nerveusement et physiquement.

Avec un côté très hitchcockien, Umberto Lenzi montre cette femme qui sombre progressivement sur le plan mental. La vision de l'héroïne qui se dédouble, les danses qu'elle effectue en boîte de nuit ou encore son état éméché sont des éléments qui caractérisent sa descente aux enfers.

La fin du film, particulièrement cynique, est sans concessions. Giallo complètement fou où Umberto Lenzi ose tout, Orgasmo est un film à découvrir de toute urgence.

sparrowSparrow (Johnnie To, 2008, Hong Kong)


Avis de Locktal :

Après le génial Exilé et le jubilatoire Triangle (tourné avec, excusez du peu, Tsui Hark et Ringo Lam), Johnnie To change de registre et aborde avec Sparrow la comédie policière avec une subtilité et une légèreté étonnantes.

Au son d'une bande-son jazzy dissonante, To semble calquer le mouvement de Sparrow sur le rythme musical, donnant naissance à des scènes dérythmées nimbées d'une grande force poétique.

Aux limites du surréalisme, le célèbre cinéaste hongkongais s'intéresse à quatre pickpockets (dont l'un prénommé Kei et interprété par l'excellent Simon Yam, acteur-fétiche de To), surnommés « sparrow » (moineaux en anglais), frères de surcroît, qui croisent le chemin d'une jeune femme belle et mystérieuse nommée Chung Chun-lei (incarnée par la magnifique Kelly Lin, autre habituée du cinéma de To), qui va les réunir dans une course-poursuite haletante, burlesque et insolité, après les avoir séduit un par un.

Chung Chun-lei est filmée par To comme un moineau (sparrow) qui cherche à tout prix à sortir de sa cage trop dorée et qui est prête à tout pour le faire. Elle devient le détonateur du film, celle qui va éveiller le désir de ces quatres pickpockets endormis, se comportant comme des adolescents attardés, et qui va donner un but à leur vie.

Mélange improbable de burlesque edwardsien, de comédie sentimentale et de polar classieux, Sparrow est un film déroutant mais fascinant, tout en valse-hésitations (comme les personnages), virtuose et attachant, où To démythifie avec jubilation les archétypes : les pickpockets ne sont que des petits garçons et la femme fatale qu'une gentille princesse qui rêve de voler de ses propres ailes. Les protagonistes ne cessent de courir dans tous les sens mais font toujours du surplace, prisonniers de leurs habitudes, comme des moineaux en cage.

Pourtant, il suffit d'un rien pour faire naître à nouveau la flamme : l'image d'une jeune femme (Chung Chun-lei, donc) inquiète et fuyante à travers l'objectif de Kei (Simon Yam), jeune femme qui se démultiplie en quatre afin de ressouder nos quatre pickpockets.

Alors, alors seulement, les archétypes peuvent reprendre vie : de robots ils deviennent humains. Leurs valse-hésitations peuvent ainsi se transformer en un magnifique ballet en marche (la scène anthologique des parapluies), qui avance cette fois véritablement pour libérer la princesse de sa cage et se libérer eux-mêmes.

Sparrow est un film tout en courbes heurtées et en lignes brisées, qui tend vers la ligne droite pure qui permettra de ravancer dans la vie. La mise en scène de Johnnie To est absolument magistrale, se calquant sans cesse sur les mouvements hésitants des protagonistes et inscrivant ceux-ci dans sa ville, Hong Kong, qu'il filme à nouveau comme personne et dont il utilisera d'ailleurs dans le générique final de vraies photos représentant la ville, car Sparrow est aussi et surtout une véritable déclaration d'amour à Hong Kong.

Le film est une éclatante réussite de To, dans un registre où on ne l'attendait pas forcément, dans la lignée de son très beau Judo, qui démontre la grande sensibilité de son auteur qu'on a catalogué à tort comme metteur en scène d'un univers seulement masculin. Il suffit de voir avec quelle sensualité To filme la très belle Kelly Lin, admirablement mise en valeur...

Avis de Nicofeel :

Réalisé en 2008 par l'excellent cinéaste hongkongais Johnny To (auteur notamment de PTU ou récemment du magnifique Exilé), Sparrow (qui signifie moineau) est une sorte de comédie qui s'inspire de l'humour burlesque d'un Blake Edwards.

D'ailleurs Johnny To a arrêté plusieurs fois la réalisation de ce film, qu'il a effectué en même temps que deux films plus « sérieux ». De l'avis même de son auteur, qu'on ne contredira pas pour l'occasion, Sparrow est une pure récréation. Il faut dire que l'ambiance du film est clairement tournée vers la comédie avec l'acteur fétiche de Johnny To, à savoir Simon Yam, qui interprète un pickpocket qui agit en bande avec trois autres acolytes.

D'entrée de jeu, avec une mise en scène très fluide qui fait penser à l'envol du fameux moineau, Johnny To montre les agissements de quatre lascards qui paraissent pourtant bien sympathiques. Chacun d'entre eux va être piégé par une jeune femme, interprétée par la belle Kelly Lin, qui va les séduire à tour de rôle dans un but bien précis que l'on découvrira par la suite. La séduction de ces quatre hommes est assez drôle avec par exemple un petit gros qui est dragué dans un ascenseur avec un ballon qui se place entre celui-ci et la jeune femme. Un des autres protagonistes, qui joue dans les casinos à ses heures perdues, se retrouve à faire un concours à l'alcool avec la jeune femme et, alors qu'il pensait lui subtiliser sa montre, c'est au contraire lui qui perd la sienne, ainsi que le concours d'alcool. Par la suite, les quatre hommes se retrouvent tabassés à tour de rôle par un homme influent de Hong Kong, monsieur Fu, lequel « possède » le personnage interprété par Kelly Lin. Après leur passage à tabac, les quatre camarades sont tous handicapés d'une façon ou d'une autre avec l'un qui a le bras cassé, l'autre une jambe cassée, etc.

En fait, Kelly Lin représente par son personnage le fameux moineau que l'on voit à plusieurs reprises et qui souhaite quitter sa cage. Elle a besoin de ces quatre hommes pour récupérer sa liberté. On notera que c'est la première fois que Johnny donne autant d'importance dans un de ses films à une femme.

Sparrow, sur un ton un peu plus sérieux sur la fin, laisse la part belle à de nobles valeurs telles que le sens de l'honneur (le combat final avec les parapluies) et l'amitié. Le film est très humaniste dans son fond.

Si Sparrow reste, à n'en pas doute, un To en mode mineur, le film n'en n'est pas moins intéressant, d'autant qu'il est très bien mis en scène et qu'il s'agit d'une oeuvre atypique dans la carrière de ce cinéaste.

danceofthedeadDance of the dead (Gregg Bishop, 2008, USA)

Avis de Locktal :

Agréable mélange de teen movie et de film de zombies, Dance of the dead est un film assez amusant et très con, qui pêche cependant par son manque flagrant d'ambition et par sa trame sans surprise.

Gregg Bishop connaît bien les codes du teen movie à la John Hughes (réalisateur des célèbres Breakfast club ou encore La folle journée de Ferris Bueller), s'en moque un peu mais hélas n'en tire jamais une véritable satire, comme peuvent le faire un Joe Dante ou un Paul Verhoeven.

Bishop mixe ces éléments avec un succédané du célèbre Carrie de Brian De Palma (avec le bal des lycéens qui se transforme en carnage), sans atteindre non plus la virtuosité et la profondeur de De Palma.

Il en résulte un film plutôt sympathique mais qui s'oublie aussi qu'il aura été vu. Dance of the dead est par ailleurs handicapé par l'illisibilité de ses scènes d'actions, hâchées par un montage trop frénétique (ce type de montage cut est hélas un syndrome contemporain...).

Le film se veut une caricature parodique mais ne dépasse jamais le stade de la caricature (encore moins de la parodie, donc) justement. Il plaira à coup sûr aux adolescents mais ne convaincra pas forcément les fantasticophiles, même si çà et là, on y décèle des références intéressante, comme les films de zombies de George A. Romero, le culte Dellamorte dellamore de Michele Soavi (avec notamment le gardien du cimetière, aussi déjanté que le personnage de Rupert Everett dans le film précité) ou encore L'armée des morts de Zack Snyder (pour la vivacité et la rapidité incroyable des morts-vivants).

Mais des références n'ont jamais fait un long-métrage. Du coup, Dance of the dead reste une oeuvre tout à fait anecdotique, malgré un certain plaisir qu'on peut éprouver à la vision du film...


Avis de Nicofeel :

Réalisé en 2008 par l'américain Gregg Bishop, Dance of the dead est une comédie horrifique dont l'action se déroule à l'occasion d'un bal de fin d'année.

Le cadre du film est purement américain avec ce fameux bal. Pour leur part, les protagonistes sont de purs archétypes d'étudiants américains : on retrouve le bad boy, le rocker, la pom-pom girl, les intellectuels passionnés de sciences. Ce film part du principe qu'en raison de la présence de centrales nucléaires, des morts sont revenus à la vie. Ce qui donne lieu au début du film à une scène qui s'inspire du cultissime Dellamorte Dellamore de Michele Soavi. Par ailleurs, à l'instar du film L'armée des morts de Zack Synder, les zombies sont ultra rapides et attaquent les êtres humains à la vitesse grand V.

Disposant d'un scénario particulièrement indigent, Dance of the dead est désservi par des scènes d'action, lesquelles représentent environ la moitié du film, qui sont confuses car filmées avec des accélérés typiques du filmage MTV. Le film finit par donner bien mal au crâne avec cette réalisation pour le moins chaotique. Gregg Bishop filme n'importe comment et on sent bien que le bonhomme n'est pas un grand cinéaste.

Heureusement, son film demeure supportable car il comporte une dose d'humour qui se révèle communicative. Le film est sans prétention et ses héros sont bien sympathiques. Plusieurs scènes sont très drôles, comme lorsque le professeur se moque au début d'un de ses élèves j'en-foutiste, lorsque les jeunes cherchent leurs cavaliers et cavalières pour le bal, lorsque les zombies se montrent étrangement sages au moment où ils entendent un concert de rock, lorsque le militaire aide les jeunes à se révolter contre les zombies.

Au final, malgré un filmage exaspérant, un scénario indigent et un côté teen bien marqué, le film de Gregg Bishop se suit sans mal car l'humour, bien senti, est omniprésent.

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