diaryofthedead1Réalisé par George A. Romero
Année : 2007
Origine : Etats-Unis
Durée : 95 minutes
Avec : Michelle Morgan, Joshua Close...

FICHE IMDB

Résumé : Des étudiants en cinéma tournent un film d'horreur pendant que des morts reviennent à la vie.

Prix de la critique au festival de Gérardmer en 2008, Diary of the dead est le dernier film de l'auteur des cultissimes La nuit des morts vivants, Zombie et Le jour des morts vivants. Après nous avoir servi un Land of the dead en 2005 qui s'était révélé intéressant notamment par sa réflexion sur le pouvoir, George A. Romero nous revient avec ce nouveau film, Diary of the dead.
Dès le départ, on constate que la mise en scène plutôt classique de George A. Romero a complètement changé. Comme dans REC, on a droit du début à la fin du film à un filmage caméra à l'épaule. Le spectateur est aux premières loges des événements qu'il voit se dérouler sous ses yeux. Comme les faits qui ont lieu font penser à ceux de la nuit des morts-vivants (1968) avec des morts qui se réveillent qu'aucune explication crédible ne puisse l'expliquer, on peut penser que Romero a voulu faire une sorte de nouvelle version de La nuit des morts-vivants en y introduisant une mise en scène actuelle avec un tournage qui a lieu au même moment que l'action. La vision subjective est usée jusqu'à la corde.

On suit dans le film les aventures de plusieurs jeunes étudiants de Pittsburg (la ville de Romero) accompagnés par un professeur honoraire de la faculté. L'un de ces étudiants, Jason Creed (joué par Joshua Close), qui finit son cycle universitaire spécialisé dans le cinéma, décide de filmer tous les événements auxquels il pourra être témoin. Le film, sur ce point, s'apparente dans sa trame à Cannibal holocaust ou à un certain projet Blair witch avec une cassette vidéo qui devient le témoin d'événements qui ont eu lieu. Une voix off nous explique tout au long du film que ce document souhaite permettre d'éviter à certaines personnes de faire les mêmes erreurs. Cette voix off est par trop présente et arrive par moments à casser l'ambiance.
Ce qui est quelque peu dommage car Romero réussit à filmer quelques scènes presque flippantes par moments notamment de longs couloirs vides mal éclairés dans un hôpital ou encore la demeure où se déroulent les scènes finales du film qui paraît gigantesque et où les morts vivants peuvent à tout moment apparaître.

Mais surtout, ce qui fait que le film de Romero reste une semi-réussite est le fait que le réalisateur a utilisé à outrance une mise en scène très cut alors que son film manque par ailleurs par moments de rythme. A l'instar d'un film comme REC, on a à l'écran des coupes en direct ou des scènes qui sont rejouées. Ainsi, la présentation des personnages dans le camping car est faite par le biais d'un montage qui coupe les différentes interventions ce qui finit par être relativement agaçant. On regrettera que la caméra, qui filme sous tous les angles, soit arrêtée à de nombreuses reprises. Sans compter que le film se voudrait original en utilisant par moments plusieurs caméras et donc plusieurs personnages qui filment. D'accord, on comprend que chacun peut créer sa propre perception des choses. Mais une telle démarche me paraît parfaitement inutile. Autant REC bénéficiait d'un rythme alerte qui justifiait l'utilisation de cette caméra portée, autant ici on reste plus dubitatif. Car REC s'apparentait à une sorte de film d'horreur d'action. Ce qui n'est pas le cas de Diary of the dead.

Ici, Romero essaye de se faire passer pour un De Palma en s'interrogeant sur la réalité de ce que nous voyons. D'ailleurs, le propos est assez lourd puisque le message de Romero est rabaché de nombreuses fois dans le film. On finit par avoir la désagréable impression que Romero n'a pas grand chose à dire. On comprend bien tout au long du film que les médias véhiculent à tour de tour des informations qui ne sont pas toujours exactes et font même de la désinformation, notamment sur cette question des morts qui reviennent à la vie. Mais ces idées sont trop souvent répétées.
De plus, la mutiplicité des sources d'images utilisées dans le film finit par le désservir en cassant totalement l'ambiance. On voit notamment des images par le biais des caméras des étudiants, mais aussi par des images qui sont diffusées sur à la télévision, sur le web, sur les téléphones portables ou encore par les caméras de suveillance la demeure richissime de l'un des personnages du film.

Mais le tableau du film n'est pas totalement noir. En effet, on appréciera que la vaine sociale de Romero est toujours bien présente avec le fait de montrer une société qui profite de ces événements surnaturels pour faire exploser tous les repères et les codes sociaux. Par exemple, dans le film on voit une communauté noire qui décide de prendre le pouvoir tandis que les militaires agissent comme des pillards.

On notera par ailleurs que l'interprétation est plutôt convaincante avec en premier lieu Michelle Morgan qui inteprète le rôle de Debra. Quant au filmeur (Joshua Close) qui joue Jason Creed, c'est lui qui permet au spectateur de voir le film se créer sous ses yeux. Il recherche le sensationnel, la gloire, notamment quand on le voit charger son film sur Internet pour le diffuser au plus grand nombre. Chaque acteur et donc chaque personnage se fixe des buts qui sont très différents (retrouver sa famille, filmer tout ce qui est autour de soi, etc.). Ce ne sont pas des caricatures.
Signalons enfin que Diary of the dead comporte des moments étonnament marrants chez Romero comme le passage avec Samuel l'amish. Comme dit l'un des personnages, je croyais qu'ils étaient pacifiques après que celui-ci ait envoyé une grenade sur des morts-vivants !

Au final, Diary of the dead est un film d'horreur qui comporte quelques moments intéressants mais surtout plusieurs défauts qui l'empêchent d'être une oeuvre réussie de son auteur. Gageons que Romero revienne à un style qui lui convient mieux.