screamingdaffichRéalisé par Brett Piper

Année : 2003

Durée : 88 minutes

Avec : Misty Mundae, Rachael Robbins, Rob Monkiewicz, Joseph Farrell...

Fiche IMDB

Malgré un potentiel évident, ce "Screaming dead" va hélas se cantonner dans des situations superficiels et sous-exploiter ses séquences horrifiques.
Le script invite un photographe de mode un peu "spécial" et ses modèles dans un hôpital abandonné et réputé hantée par le fantôme d'un industriel ayant financé l'endroit et surtout ayant construit dans les sous-sols une salle où il torturait les patients. Le petit groupe va pouvoir vérifier la véracité de la légende.

Après une séquence d'introduction assez percutante suivant, Roger Neale, ce photographe fétichiste à l'œuvre pour une séance de clichés où il va tendre un faux piège ingénieux, dans le style des tortures médiévales, à son modèle afin de bien cerner sa terreur, le métrage va prendre place dans la galerie du bonhomme afin de nous présenter la plupart des personnages, entre cette assistante qui va devoir converser avec un jeune homme venu voir Neale pour lui annoncer qu'il représente la compagnie lui ayant loué un ancien hôpital où il compte prendre une série de photos et devra l'accompagner sur place, entraînant la fureur de Neale, avant que noue ne retrouvions le photographe en plein entretien d'embauche, où il va questionner aussi bien sur ses motivations que sur des détails sordides de sa vie personnelle une demoiselle nue et les yeux cachés par un tissu, permettant au métrage d'insister ainsi encore un peu plus sur la personnalité étrange et dépravée de Neale.

Cette mise en condition passée, le métrage va emmener tout son petit monde dans cet ancien hôpital psychiatrique désaffecté qui aura quand même du mal à paraître inquiétant en étant bien trop propre et moderne, bien loin des bâtisses traditionnellement utilisées dans ce genre de configuration. L'installation peinera donc à se montrer palpitante, et il faudra compter sur les idées bizarres et le comportement étrange de Neale pour assurer le spectacle, celui-ci n'hésitant pas à enfermer ses modèles dans des chambres séparées, avant plus tard de leur demander de dormir ensemble pour finalement les attacher chacune à leur lit à l'aide de menottes, tout en jouant délicieusement avec la peur que pourra leur inspirer l'endroit.

Cette série de rebondissements prendra quand même du temps et donnera franchement l'impression de tourner en rond ( avec de nombreux allers-retours dans les chambres), comme si Neale ne savait pas quoi faire de ses modèles à part s'amuser avec elles, provoquant même des situations souriantes et très vaguement érotiques lorsqu'il sous-entendra à l'une des filles de s'adonner au plaisir saphique avec ses collègues, ce qu'elle tentera de faire avant de déclencher un fou rire général chez les demoiselles, et l'attitude étrange du photographe ne sera quand même pas spécialement inquiétante malgré la volonté évidente de réalisateur à cause d'une flagrante erreur de casting.

Et lorsque enfin le métrage va débloquer sa situation en laissant le photographe découvrir la fameuse chambre à tortures attendue, ce ne sera que pour nous offrir d'abord une séquence certes gentiment érotique (et mettant en scène la charmante Misty Mundae, ce qui ne sera pas pour déplaire) mais dont l'achèvement sanglant laissera à désirer, alors qu'ensuite quand le fantôme/ mort-vivant de l'instigateur de cette pièce assez bien retranscrire avec ces quelques instruments graphiques se montrera, ce ne sera que pour de brefs rebondissements sous-exploitant les possibilités offertes par l'endroit (en n'étant déjà pas du tout gore) pour nous offrir un final abracadabrant pas du tout convaincant et surfait.

Alors certes Screaming dead est le premier long métrage de "Shock-O-Rama", la branche horrifique de "EI Independant Cinema", société de production par ailleurs spécialisée dans l'érotisme léger avec "Seduction cinema" et ses parodies érotiques de blockbusters, et a donc bénéficié d'un budget restreint, mais hélas cela se verra à l'écran en influant largement sur les développements du métrage, qui resteront très "cheap" et concentrés dans cette bâtisse, sans qu'une quelconque ambiance ne parvienne à s'installer et on pourra même regretter amèrement certains choix scénaristiques qui viendront plomber l'ensemble, et surtout la présence de ce gaillard qui va s'opposer continuellement à Neale, l'empêchant hélas certainement d'aller plus loin dans son délire, tout en infligeant à l'intrigue des confrontations aussi régulières que guère passionnantes.

Mais heureusement, les autres personnages seront quand même plus colorés et hauts en couleurs, surtout ce Neale, qui malgré son interprétation déficiente, aura des idées assez folles pour effrayer ses modèles (la main tranchée), laissant même planer un certain doute entre ses actions et celles de l'hypothétique fantôme hantant les lieux. Quant aux demoiselles invitées sur place, elles auront aussi un minimum de "vie" à l'intérieur du métrage et notamment le personnage de Bridget qui n'hésitera pas à dire ce qu'elle pense au cours d'un repas, énervant de la sorte Neale, tout en offrant un minimum d'érotisme à l'ensemble et alors que les autres protagonistes donneront lieu à quelques situations comiques.

L'interprétation est contrastée, entre le jeu bien trop morne et discret d'un Joseph Farell pas du tout à sa place dans le rôle de Neale et celui presque énervant de bêtise d'un Rob Monkiewicz campant le gaillard accompagnant le groupe, mais heureusement les jeunes actrices seront tout à fait à leur place, et notamment la toujours aussi mignonne Misty Mundae interprétant Bridget avec entrain et en soulignant sa prestance d'un petit côté espiègle charmant.
La mise en scène de Brett Piper, un honnête artisan amoureux du genre, sera parfois efficace lorsqu'il se mettra à utiliser des distorsions d'images ou se servira d'angles de prise de vue bizarres, mais donnera difficilement du rythme à l'ensemble.
Les effets spéciaux sont eux aussi aléatoires, avec de petits plans gores trop faciles (les blessures de Misty Mundae) et des inserts numériques flagrants.

Donc, ce "Screaming dead" se suivra sans véritable ennui grâce à ses interprètes féminines savoureuses et par ses quelques idées décalées, mais donnera quand même l'impression d'assister à un gâchis certain !