La_charge_des_tuniques_bleues

Réalisé par Anthony Mann
Titre original : The last frontier
Année : 1955
Origine : Etats-Unis
Durée : 98 minutes
Avec : Victor Mature, Robert Preston, Guy Madison, Anne Bancroft, James Whitmore,...

Genre : western

Fiche IMDB

Ce très beau western réalisé en 1955 par le grand cinéaste américain Anthony Mann reste curieusement méconnu, alors qu’il n’a pas à rougir de la comparaison avec les célèbres L’appât ou Je suis un aventurier du même auteur.

Le film narre les aventures d’un trappeur qui souhaite devenir un soldat (les fameuses tuniques bleues) et qui va se trouver confronter à un colonel sanguinaire prêt à tout pour exterminer les indiens qui peuplent « son » territoire, même à sacrifier sans raison ses hommes.

Comme à son habitude, Mann filme magnifiquement les espaces naturels afin de leur donner un enjeu stratégique : il suffit de voir la superbe scène d’ouverture du film où notre héros (interprété de manière convaincante par Victor Mature) et ses deux amis, alors qu’ils semblent discuter tranquillement dans la forêt, se trouvent progressivement encerclés par les indiens que le spectateur n’a quasiment pas vu venir (comme dans le magnifique Cote 465 du même Anthony Mann).

Par ailleurs, Mann traite les indiens de manière très humaine et critique surtout la folie d’un militaire qui ne pense qu’à la gloire, au détriment des vies humaines. L’affrontement entre notre héros et ce colonel donne lieu à de puissantes scènes dans lesquelles les hommes semblent devenus des animaux.

D’ailleurs, le cinéaste aborde avec subtilité la notion de civilisation et montre qu'un homme sans éducation ou bien un indien peuvent se montrer plus civilisés qu’un homme instruit. La mise en scène de Mann tend entièrement vers le duel inévitable entre Mature et le colonel, décuplé par l’arrivée entre eux de l’épouse du colonel (jouée par une toute jeune et jolie Anne Bancroft) dont notre héros tombe amoureux.

Au final, La charge des tuniques bleues est un western exemplaire, qui marie très adroitement action et psychologie en n’oubliant pas l’humour. C'est aussi une charge contre la folie militaire, dans laquelle la cavalerie est loin d’être idéalisée, même si, comme partout, il y a de bons et de mauvais soldats.

Mais Mann n’oublie pas non plus d’offrir un spectacle épique de haute tenue, accentué par le lyrisme de sa mise en scène qui célèbre l’élément naturel comme un facteur indispensable à l’homme.

Pour toutes ces raisons, on peut affirmer sans peine que La charge des tuniques bleues mérite d’être redécouvert et que le film confirme l’immense talent d’Anthony Mann.