affiche_trangefestivalCe festival s'est déroulé du 1er au 7 avril 2009 au cinéma Comoedia de Lyon.

Il a eu pour but de faire découvrir un cinéma alternatif. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'opération est réussie.

Entre avant premières de films que l'on ne verra jamais sur grand écran en dehors de ce festival et films originaux voire couillus (la diffusion le samedi soir d'un film pour adultes), L'Etrange festival a vraiment  offert une programmation atypique, ô combien plaisante pour les gens curieux et ouverts d'esprit.

Et puis un intérêt fondamental de ce festival a été de pouvoir parler aussi bien à des festivaliers qu'à des cinéastes dans une ambiance très cool.

Vivement la prochaine édition de L'Etrange festival !

Pour patienter d'ici là, j'ai effectué des critiques sur tous les films que j'ai vu durant L'Etrange festival. Plusieurs n'auront pu être vus, faute de temps ou parce que je les avais déjà vus. Sont donc passés à la trappe Midnight meat train de Ryuhei Kitamura ; Leolo de Jean-Claude Lauzon ; Diabolical doctor Z de Jess Franco ; For y'ur height only de Eddie Nicart ; Climax de Frédéric Grousset ; Les contes de l'horloge magique de Ladislas Starewitch ; Le bonheur a encore frappé de Jean-Luc Trotignon et Bronson de Nicolas Winding.

Et voici mon avis sur les films vus durant le festival :

 

Jeudi 2 avril 2009 :

burrowers

The burrowers de J.T. Petty :

Le visionnage de The burrowers a été précédé par les bandes annonces de films en rapport plus ou moins direct avec le film. Ainsi, on a eu droit à la bande annonce de Tremors et à celle de Razorback.

On nous a également signalé lors d'une présentation succincte du film que celui-ci ne ferait l'objet d'aucune distribution en salles. C'était donc une occasion unique ou presque (le film était en sélection au festival de Gérardmer) de voir The burrowers.

Mon avis sur le film : The burrowers se déroule dans le Grand Ouest américain, et précisément dans le Dakota, en 1873. Le film se déroule à une époque marquée par les conflits entre Américains et Indiens. C'est d'ailleurs toute l'originalité de ce film qui mélange western et film d'horreur. The burrowers a comme point de départ l'attaque d'une famille de fermiers et la disparition d'une jeune femme. La famille de la disparue, un groupe de chasseurs et des militaires partent à la recherche des kidnappeurs, pensant qu'il s'agit des Indiens.

Le réalisateur J.T. Petty est plutôt doué derrière la caméra en filmant de très belle manière les grands espaces américains [c'est d'ailleurs un plaisir sur ce point d'avoir pu regarder ce film au cinéma, sur un grand écran].

Ces grands espaces, filmés en plans larges, ont quelque chose d'inquiétant. La mise en scène laisse supposer qu'une menace latente est présente.

Progressivement, on comprend évidemment que ce ne sont pas les Indiens qui sont responsables des disparitions étranges de plusieurs personnes. L'exemple le plus significatif est la jeune femme qui est retrouvée enfouie dans le sol vivante (The burrowers signifiant en français Les enfouisseurs), qui ne bouge pas et qui garde les yeux grands ouverts.

J.T. Petty a l'intelligence de ne révéler que progressivement l'identité de ces monstres tapis dans l'ombre, qui attendent que leur heure soit venue. Ces monstres sont d'ailleurs très bien faits et leur motus operandi se révèle original. On appréciera au passage la photo du film qui provoque quelques montées de tension avec de nombreuses scènes qui ont lieu dans l'obscurité.

Doté d'acteurs qui se révèlent dans l'ensemble plutôt convaincants – mis à part le personnage du militaire raciste joué par Doug Hutchinson, qui paraît assez caricatural – The burrowers est un long métrage tout à fait convenable.

La seule réelle déception vient du fait que le réalisateur a par moments du mal à insuffler du rythme à son film. Heureusement, la fin est menée tambour battant (peut-être un peu trop vite d'ailleurs !).

Au final, The burrowers est un film d'horreur atypique, que l'on pourrait situer entre La prisonnière du désert de John Ford et Pitch black de David Twohy.

 


Samedi 4 avril 2009 :

 

Les singes font la grimace de Jean-Louis Van Belle : Samedi 4 avril 2009 à 17h15

Le visionnage de Les singes font la grimace a été précédé par la bande annonce de Link (forcément il s'agit d'un singe tueur !).

 

Mon avis sur le film : D'après son réalisateur Jean-Louis Van Belle, Les singes font la grimace est un chef d'oeuvre décalé du polar.

Le cinéaste déclare qu'il y a eu une seule prise par plan et que cela a permis d'économiser sur la pellicule ! Le film a été tourné en dix jours pour seulement 200000 francs. Les dialogues qui étaient écrits la veille ne correspondaient jamais avec les scènes qui étaient alors prévues.

Sans avoir vu le film, le lecteur attentif comprend aisément avec ses simples déclarations que Les singes font la grimace n'est pas à prendre au sérieux et qu'il s'agit d'un joyeux bordel. Et c'est le cas. Le film prend comme point de départ le casse du siècle. Deux bandes opposées vont alors se disputer le magot. Le film est on ne peut plus décalé avec des scènes de flingage parfaitement ridicules. Le son et l'image ne sont d'ailleurs pas toujours synchrones ce qui donne un aspect bien particulier aux scènes dites d'action.

Les scènes de cascade sont également du grand n'importe quoi. Je pense notamment à la scène où l'héroïne, à savoir la fille de « Pierrot » se jette d'un pont en voiture et atterrit comme par miracle sur un hors bord ! La scène où l'héroïne fait de l'escalade et prend à revers plusieurs ennemis vaut également le détour !

Les singes font la grimace est également marqué par des raccords étranges qui donnent un aspect (volontairement ?) foutraque au film. Mais ce long métrage ne serait rien sans ses personnages savoureux qui n'hésitent pas à débiter des dialogues dignes d'Audiard.

Si Les singes font la grimace a tout du film Z tant sur la forme que sur le fond, on prend un plaisir certain à visionner ce polar décalé qui est foncièrement drôle. Pour reprendre les termes utilisés par Jean-Louis Van Belle, « les mecs se flinguent avec un plaisir et une maladresse touchante ».
On se croirait par moments débarqué dans un film de Jean-Marie Pallardy du style de Vivre pour survivre.
Sans compter que Les singes font la grimace comporte également son lot de scènes érotiques purement gratuites, qui se marient bien à ce film complètement détendu.

Au final, Les singes font la grimace n'est certes pas le film du siècle mais c'est une oeuvre rare d'un cinéaste qui a semble-t-il pris beaucoup de plaisir à tourner ce long métrage.

Après la projection du film, Jean-Louis Van Belle a répondu à plusieurs questions du public présent dans la salle :
- Pour réaliser son film, il a fait preuve de beaucoup de débrouille. Ainsi, la scène du hors bord et celle de la troupe de majorettes ont été ajoutées au film car ces éléments se trouvaient là au moment du tournage.
- Il a été un touche-à-tout : dessinateur, comédien et travaillant désormais dans la communication.
- Il a arrêté le cinéma car il ne trouvait pas dans le métier l'amitié, la chaleur qu'il aurait voulu.



hanselHansel et Gretel de Yim Pil-Sung : Samedi 4 avril 2009 à 19h30

Avant la séance on nous signale que le film est sorti 2 jours avant en DVD, chez l'éditeur Wild Side. Le film n'étant pas sorti en salles, c'est une occasion unique de le voir sur grand écran.

Le visionnage du film Hansel et Gretel a été précédé par la bande annonce du film très étrange Valerie, a week of wonders.

Mon avis sur le film : Réalisé par le sud-coréen Yim Pil-Sung, Hansel et Gretel est le second film de ce cinéaste. Il a commencé sa carrière dans le long métrage avec Antartic city, une sorte de variation psychologique sur The thing de Carpenter, qui révélait un auteur capable de faire de beaux plans mais qui était dans l'ensemble plutôt ennuyeux.

Dans Hansel et Gretel, Yim Pil-Sung offre au spectateur un nouveau film étonnant où il s'inspire évidemment du mythe des frères Grimm avec notamment une forêt inquiétante ; les friandises qui sont servies au début du long métrage ou encore le fait de changer les gens en statuettes.
Dans sa trame, le film peut également faire penser au très beau Alice ou la dernière fugue de Chabrol, même si ici la fin est plus heureuse.

Par rapport à Antartic journal, Yim Pil-Sung rend une copie beaucoup plus intéressante. Ce conte pour enfants, très noir (la question de la pédophilie est clairement abordée), bénéficie de décors superbes, d'une belle photo, d'une musique ambiante parfaitement adaptée au sujet et d'une interprétation très satisfaisante.

Une des choses que l'on aurait éventuellement à redire, est l'impression que le film tourne par moments un peu en rond avec le personnage principal qui n'arrive pas à s'échapper de cette maison dirigée par des enfants à la recherche de bons parents pour s'occuper d'eux. Quant à l'élément fantastique, il est bien abordé par son aspect conte horrifique. En revanche, la piste du film de fantôme n'est pas vraiment heureuse.

De manière plus large, le film peut être vu comme une évocation de la difficulté des liens entre parents et enfants au sein de la cellule familiale. La fin du film est cependant assez optimiste, permettant la cohésion entre parents et enfants.

Au final, Hansel et Gretel est un conte horrifique plus que recommandable.


 

Dimanche 5 avril 2009 :

Perverse et docile de Jean-Louis Van Belle : Dimanche 5 avril 2009 à 13 heures

Le visionnage du film Perverse et docile a été précédé par la bande annonce du très marquant Thriller a cruel picture.

Mon avis sur le film : Réalisé par Jean-Louis Van Belle, Perverse et docile a vu son titre changer à plusieurs reprises. Initialement, le film devait s'intituler « Une femme ». Ensuite, le distributeur a choisi « Une femme tue » et enfin il a été retenu le titre « Perverse et docile ».

Le film, que l'on pourrait voir de prime abord comme la description d'une serial-killer, se révèle en fait un véritable rape and revenge (littéralement viol et vengeance), genre très en vogue dans les années 70 et dont les fleurons sont des films tels que La dernière maison sur la gauche de Wes Craven, I piss on your grave ou encore Thriller a cruel picture.

On comprend à la fin du film les agissements de Françoise, l'héroïne du film jouée par une Carole Lebel qui n'hésite pas à user de ses charmes mais dont le jeu d'actrice paraît quelque peu statique.

Le cinéaste Jean-Louis Van Belle prend d'ailleurs un plaisir certain à filmer son actrice principale sous toutes les coutures. Il y a d'ailleurs dans le film de nombreux plans coquins avec plusieurs jeunes femmes qui se mettent nues pour des raisons plus ou moins valables.

Le spectateur, avide de jolies formes, prendra quant à lui forcément du plaisir, notamment lors d'un travelling astucieux où il apercevra le dos et les fesses de plusieurs jeunes femmes. Ensuite, le cinéaste montrera dans les plans suivants ces mêmes femmes de face, en faisant de gros plans sur leurs seins. La nudité est d'ailleurs un des leitmotivs de ce film avec par exemple un photographe qui se plaît à travailler au milieu de filles nues qu'il fouette de temps en temps.

Quant à notre héroïne, une belle jeune femme rousse, elle passe son temps à voyager : on la retrouve à Dusseldorf, à Paris, à Londres, à Naples, à Rome et à Berlin. Elle n'a pas le temps de s'ennuyer.

D'ailleurs, elle n'a de cesse d'user de ses charmes auprès d'hommes quelque peu libidineux, trop contents de pouvoir mettre la belle dans leur lit ! Mais ces hommes, qui sont loin d'être dotés d'une finesse d'esprit, ne se doutent nullement qu'ils ont affaire à une femme dangereuse. Celle qui est appelée au début du film « Pervertissima » et qui accepte d'être « docile » a tout de la mante religieuse (elle est souvent habillée en rouge, couleur évoquant le sang).

Signalons que comme dans d'autres de ses films, le cinéaste Jean-Louis Van Belle propose au spectateur des meurtres originaux où l'image et le son ne sont pas synchrones et où l'ellipse est utilisée de manière parfois curieuse.

Si le film n'est pas parfait en raison notamment de faux raccords et de dialogues sortis de nulle part, il n'empêche que Perverse et docile est une oeuvre attachante.

Au demeurant, le cinéaste retombe parfaitement sur ses pattes puisque la fin de Perverse et docile explique clairement le début du film et les agissements de l'héroïne.

 

Après la projection du film, Jean-Louis Van Belle a répondu à plusieurs questions du public, en faisant preuve comme à son habitude de beaucoup d'humour, d'auto-dérision et d'humilité :
- Lorsqu'il tourne un film, il n'a pas besoin de scénario ni de titre. Il réfléchit la nuit et note alors les scènes pour le lendemain. D'ailleurs, quand il tourne un film, il pense déjà au suivant.
- Pour lui, la trouvaille et la spontanéité des comédiens sont des choses essentielles.
- Il n'a aucune influence cinématographique. Il n'a jamais fait d'école de cinéma.
- Il a travaillé comme agent de renseignement à la SNCF ce qui permet d'expliquer son plaisir à filmer des scènes de train dans le film Perverse et docile.
- Pour lui, il est essentiel de faire des films. Le reste est accessoire. Il explique que lorsque des amis lui prêtaient de l'argent, il leur rendait ensuite le double de la somme prêtée. Comme il le dit si bien, « Si tu veux bien déjeuner, partage ton repas avec celui qui t'invite ».


Paris interdit de Jean-Louis Van Belle : Dimanche 5 avril 2009 à 15 heures

Le visionnage de Paris interdit a été précédé par les bandes annonces de films en rapport plus ou moins direct avec le film. Ainsi, on a eu droit à la bande annonce de Mondo cane et de Mondo pazzo.

Mon avis sur le film : Réalisé par Jean-Louis Van Belle en 1970, Paris interdit est un reportage-fiction où son auteur n'a filmé que ce qu'il a vu, l'a étonné, l'a réjoui.

Des mots mêmes de son réalisateur, Paris interdit est un enfant de Mondo Cane. Les producteurs français ont d'ailleurs voulu faire une copie de ce dernier film.

Paris interdit a fait l'objet d'une censure, laquelle a exigé 161 mètres de coupe.

Le film Paris interdit est un melting pot de personnes (authentiques comme le rappelle Jean-Louis Van Belle) aux habitudes de vie pour le moins particulières.

On croise d'abord dans le film un coiffeur des morts qui va se mettre à raser un homme qui est toujours en vie ! On retrouve dans ce long métrage tout un tas de personnages étonnants. Certains se révèlent vraiment marquants comme le fakir avec ses fakirettes : lorsqu'une lame transperce son cou, le spectateur peut se sentir tout à la fois révulsé et amusé. Une autre scène marquante est l'épisode de la vieille dame qui vient faire empailler son chien : le cinéaste nous montre tout le processus pour arriver jusqu'à l'empaillement ce qui est pour le moins bien dégueu !

Jean-Louis Van Belle nous présente également différentes sectes : celle des adorateurs du feu ; celle des adorateurs d'Hitler et à la fin du film celle des témoins de l'Arché de Noé.

Toutes ces visions pour le moins spéciales qu'offre Paris interdit pourrait choquer certaines âmes sensibles.

Mais Jean-Louis Van Belle désamorce en partie le processus dramatique en faisant parler en voix off les protagonistes et en instaurant tout au long du film un narrateur qui se révèle pour le moins décalé. Ce dernier explique de manière souvent très drôle des choses en rapport avec ce que l'on voit à l'écran. Par exemple, avant de présenter des femmes qui prennent en banlieue des cours de strip-tease, le narrateur évoque des HLM « uniformément uniformes » et un « excès de régularité dans le régularisme » ».

Toujours étonnant, souvent drôle, Paris interdit est même parfois touchant avec par exemple ce club de danse classique pour handicapés physiques.

La force du réalisateur Jean-Louis Van Belle est d'avori réussi à s'immiscer au milieu de ces personnes et à filmer leurs bizarreries.

Film atypique par excellence, Paris interdit est une sacrée curiosité.

Après la projection du film, Jean-Louis Van Belle a répondu à plusieurs questions du public :
- Il a rappelé que l'on a vu une version censurée de son film. Il pense pouvoir sortir une version double DVD de Paris interdit par le biais de l'éditeur américain Mondo Macabro.
- Il a signalé que pour trouver ces personnages authentiques, il a traîné dans Paris.


 

 

coldCold prey de Roar Uthaug : Dimanche 5 avril 2009 à 19h45

Le visionnage du film Cold prey a été précédé par la bande annonce de Murder Rock (un des pires films de Fulci !) et celle de The burning.

Mon avis sur le film : Film norvégien réalisé en 2006 par Roar Uthaug, Cold prey est un pur slasher. On suit les pérégrinations d'un groupe de cinq jeunes (trois garçons, deux filles) qui trouvent refuge dans un hôtel abandonné, après que l'un des leurs se soit blessé en faisant du sport.

L'intérêt de Cold prey est d'abord le milieu dans lequel se déroule l'action. On est en montagne et ainsi tout l'hôtel est entouré de neige. On comprend vite que l'on va assister à une sorte de huit clos puisqu'un échappatoire pour nos cinq protagonistes est quasi impossible.

Une autre qualité de ce long métrage est de faire monter la sauce progressivement. Les meurtres, qui sont la marque de fabrique de tout slasher qui se respecte, n'interviennent pas immédiatement dans le film. Le cinéaste prend son temps pour présenter les personnages et pour poser une ambiance.

C'est par une mise en scène en caméra subjective et par des apparitions fugitives que le spectateur comprend qu'un tueur rôde. Heureusement, le cinéaste a la bonne idée de nous faire découvrir l'apparence de ce tueur relativement tardivement.

Par ailleurs, les amateurs de films d'horreur apprécieront le fait que les meurtres soient secs, bien brutaux.

Cependant, tout n'est pas parfait. Le scénario est relativement prévisible et Cold prey dispose de quelques scènes illogiques. Mais cela n'entame pas le plaisir que l'on a à visionner ce slasher très efficace.

A noter que le succès commercial de Cold prey a engendré de nombreux rejetons, dont un Cold prey 2.



cold_prey2Cold prey 2 de Mats Stenberg : Dimanche 5 avril 2009 à 21h45

Le visionnage du film Cold prey 2 a été précédé par la bande annonce de Sleepaway camp et celle de Slumber party massacre.

Faisant suite au succès de Cold prey, Cold prey 2 est apparu sur les écrans de cinéma norvégiens en novembre 2008.

Le réalisateur a changé. Il s'agit cette fois de Mats Stenberg.

Le film commence exactement là où Cold prey premier du nom se termine. Si les premières minutes laissent espérer un slasher du niveau de Cold prey, le spectateur déchante rapidement.

Non content de faire dans la redite, Cold prey 2 se retrouve avec moults défauts qu'avait réussi à éviter Cold prey. Ainsi, Cold prey 2 donne l'impression de se retrouver avec un tueur dans le style de Jason Vorhees. Le tueur semble increvable et comme par magie il ressuscite.

Autre défaut qui est vraiment pour le coup dommageable : le fait que l'on voit systématiquement le tueur. Là encore, on pense à Jason avec ce tueur qui avance à deux à l'heure et tue ses victimes de façon mécanique. Dans ces conditions, la tension que l'on pouvait ressentir à la vue de Cold prey n'existe quasiment plus dans Cold prey 2.

Par ailleurs, l'action du film, à savoir un hôpital, rappelle étrangement Halloween 2. En somme, on ne peut pas dire que sur le plan du scénario les intervenants se soient foulés.

Mais bon, pour autant Cold prey 2 n'est pas une sombre bouse. Les quelques scènes d'horreur, même si elles font dans la surenchère, demeurent assez efficaces.

En fait, le seul point vraiment positif du film est l'actrice principale Ingrid Bolso Berdal (déjà vu dans Cold prey) qui prend son rôle très à coeur et se révèle assez convaincante.

Au final, Cold prey 2 est un film d'horreur parfaitement dispensable.


 

Lundi 6 avril 2009 :

propositionThe proposition de John Hillcoat : lundi 6 avril 2009 à 19h45

Le visionnage du film The proposition a été précédé par la bande annonce des films Cut-throats nine (un western visiblement bien sanglant) ; Companeros ; Keoma et Le grand silence.

Mon avis sur le film : The proposition est la troisième réalisation du cinéaste australien John Hillcoat. Au scénario mais aussi à la musique, on retrouve le musicien Nick Cave qui avait déjà participé au scénario du précédent film de John Hillcoat.

The proposition est un western crépusculaire qui rappelle le cinéma de John Ford ou encore plus récemment celui de Clint Eastwood avec Impitoyable dans sa manière de filmer en plans larges le bush australien ou dans sa façon de filmer les couchers de soleil.

L'ambiance très étrange de ce film donne également l'impression que l'on ait à la lisière du fantastique de manière continuelle. On pense dès à présent au chef d'oeuvre du cinéma fantastique australien, à savoir Pique nique à Hanging rock de Peter Weir.

Mais par sa violence brutale le film revient de manière impromptue à des éléments plus réalistes. Cette violence exacerbée rappelle sans conteste le western italien.

Mais que raconte au juste The proposition ? Un capitaine de police australien, Stanley, use de son pouvoir et fait une proposition ignoble à un homme, Charlie Burns (superbement interprété par l'acteur Guy Pearce, qui se fond dans un rôle de personnage quasiment taciturne) : retrouver et tuer son frère aîné, accusé des pires méfaits et recherché par la police locale, pour sauver son autre frère qui est menacé de la pendaison le jour de Noël.

The proposition est un film clairement mélancolique, comme le prouvent les nombreux couchers de soleil mais aussi très belle bande son du film. C'est le cas de la musique d'introduction notamment avec la voix d'un enfant ou encore dans d'autres morceaux avec la voix de Nick Cave qui donnent le sentiment au spectateur d'écouter une complainte.

On a l'impression d'assister à une quête sans solution, à l'instar du film comme Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia d'un autre cinéaste désenchanté, Sam Peckinpah.

The proposition tire également sa force dans sa capacité à montrer une humanité inhumaine. Car finalement si les frères Burns agissent tels des sauvages sans véritable but, les autres personnes qui sont présentées ne valent guère mieux. Car pendant que l'on critique les méfaits des frères Burns, on massacre allègrement la population aborigène. Le parallèle que l'on peut faire entre la naissance des Etats-Unis (massacre des Indiens) et celle de l'Australie (massacre des Aborigènes) est évident. Le réalisateur implore à sa façon le pardon des aborigène par un message inscrit juste au début du film et par un générique de fin où il montre plusieurs photos authentiques d'aborigènes qui ont été torturés.

Au final, pas forcément facile d'accès, The proposition est un western lent où la violence est latente et extrêmement brutale lorsqu'elle arrive. Ce western à la lisière du fantastique est avant tout psychologique. D'ailleurs, de simples regards sur les protagonistes en disent long sur leur émotions. Voilà un film mélancolique qui mérite d'être découvert.


Le marché sexuel des filles de Noboru Tanaka : lundi 6 avril 2009 à 21h45

Le visionnage du film Le marché sexuel des filles a été précédé de trois bandes annonces. Comme chacune des bandes annonces était uniquement en japonais, je serais bien incapable de dire de quels films il s'agit.

J'ai simplement constaté que la première bande annonce concernait un film de sabre aux relents érotiques ; que la seconde bande annonce évoquait a priori un film de tortures, là encore assez érotique et que la troisième bande annonce avait un côté lesbien.

Bref de sacrés curiosités, rien qu'au niveau des bandes annonces !

 

Mon avis sur le film : Réalisé par Noboru Tanaka, Le marché sexuel des filles est une production de la Nikkatsu. Il s'agit d'un roman porno ou pinku eiga (attention ce n'est nullement un film pornographique, cela correspond chez nous à un film érotique), genre dans lequel a beaucoup oeuvré Noboru Tanaka. Le marché sexuel des filles est le premier grand succès critique de cet auteur.

Si le film comporte son lot de scènes érotiques, qui montrent d'ailleurs des femmes qui sont loin d'être enjouées par cet acte sexuel, Le marché sexuel des filles peut aussi être vu comme une chronique familiale et sociale.

Chronique familiale car le film dresse le portrait d'une famille qui est dans une situation peu enviable sur le plan économique : la mère se prostitue, la fille se prostitue et le fils est handicapé mental.

Chronique sociale car le réalisateur du film nous décrit véritablement les bas-fonds avec des hommes vieux, libidineux, qui payent pour s'offrir des prostitués. Ce commerce du sexe est évidemment critiqué en substance par l'auteur du film.

Le film de Noboru Tanaka est loin d'être lisse : non seulement la mère et la fille se prostituent mais en outre la fille fait plaisir à son frère en lui faisant des petites gâteries.

Comme on le sait, la censure japonaise interdit de montrer des poils pubiens. Comme souvent, les cinéastes rivalisent d'ingéniosité pour détourner la censure. Ici, le réalisateur montre par exemple montre la jeune fille qui fait une fellation à son frère. Mais on ne voit jamais le sexe de l'homme qui est caché par le gant de toilette qui est utilisée à cette fin par la jeune fille. On a également droit à plusieurs scènes fort coquines où le cinéaste insiste soit sur le postérieur soit sur les seins des femmes.

Mais le film ne se réduit pas à des scènes érotiques plus ou moins choquantes. C'est aussi un drame humain qui se matérialise par plusieurs morts tragiques.

D'ailleurs, l'une des originalités du film est son changement de couleur vers la fin. Ainsi, alors que la majeure partie du film est en noir et blanc (représentation des bas fonds), il passe par deux fois en couleur lorsque l'horizon semble s'améliorer.

Au final, même si Le marché sexuel des filles comporte plusieurs scènes érotiques quelque peu redondantes, son approche sociale le rend intéressant de bout en bout.