kickass2Réalisé par Matthew Vaughn
Année : 2010
Origine : Etats-Unis
Durée : 117 minutes

Avec : Aaron Johnson (Dave Lizewski / Kick-ass), Nicolas Cage (Damon Macready / Big daddy), Chloe Moretz (Mindy Macready / Hit girl), Mark Strong (Frank d'Amico), Christopher Mintz-Plasse (Chris d'Amico / Red Mist), Lyndsy Fonseca (Katie Deauxma), etc.

FICHE IMDB

Résumé : Un adolescent un peu timide décide du jour au lendemain de devenir un super-héros et de combattre le crime.

Réalisé par Matthew Vaughn, Kick-ass est l'adaptation d'une bande dessinée. C'est l'histoire d'un garçon banal, Dave Lizewski, qui aime lire des comics et retrouver ses potes. A la différence de ses héros de BD, il n'a aucun super-héros. Ou plutôt il en a : celui d'être invisible aux yeux des filles !

Dès le début du film, l'ambiance est installée avec un long métrage qui va utiliser le mode de l'humour pour prendre le contre-pied du film de super héros. Et déjà pour cette raison, le film est une réussite certaine.

 

Dave Lizewski décide du jour au lendemain d'acheter un habit de super-héros, ce qui devrait lui permettre de devenir un super-héros. Mais finalement pour être un super-héros, il faut avant tout accomplir des actes de bravoure. C'est la raison pour laquelle ce garçon timide, qui juste-là se faisait raquetter par des jeunes de son quartier, va prendre la défense d'un jeune homme et se battre contre plusieurs caïds. Cet acte de bravoure, de quasi folie, qui est filmé par une vidéo amateur, va passer sur Internet et le buzz va se faire de lui-même. Ce héros masqué, Kick-ass, devient une véritable star.

 

Bien entendu, ce nouveau justicier qui s'en prend aux caids de la mafia, ne va pas faire que des amoureux. Apprécié de la population, Kick-ass va devoir faire face à de dangereux criminels, qui sont dirigés par un inquiétant Frank d'Amico (Mark Strong). Heureusement, Kick-ass, qui est tout de même un héros particulièrement maladroit qui sait surtout recevoir les coups mais pas vraiment en donner, va bénéficier du soutien de deux autres néo super-héros de chocs avec Big Daddy (Nicolas Cage) et sa très jeune fille Hit girl (hilarante Chloe Moritz), qui ne sont pas sans rappeler dans leurs attitudes et par leurs combinaisons un duo connu tel que Batman et Robin.

 

Le film vaut d'ailleurs aussi pour son côté clairement orienté action. Ainsi, on ne peut être qu'halluciné de voir l'armada d'armes qu'il y a dans la famille Macready (le nom de famille de Big daddy et de Hit girl). Ces deux personnes, qui s'amusent à se faire des quizz autour des armes, sont véritablement armés jusqu'aux dents et ont du répondant en cas de problème. Il faut dire que ces deux personnes souhaitent, en plus d'aider Kick-ass, se venger du chef de la mafia Frank d'Amico. Les scènes d'action où sont présents Big Daddy et Hit girl déménagent et en mettent plein la vue au spectateur. On peut citer entre autres le massacre d'un dealer et de son équipe par la jeune Hit girl ou le carton fait par Big daddy dans un entrepôt détenu par la mafia. Si les scènes d'action ne sont pas toujours très lisibles, elles ont de quoi satisfaire les fans d'action, en étant très dynamiques et en offrant un côté « fun » évident. Évidemment, de ce point de vue, le final est un modèle de drôlerie et de scène d'action ultra bourrine avec des personnages qui en font des tonnes, qui utilisent des armes de destruction très lourdes (bazooka), le tout sur de la musique bien dynamique qui reprend tout aussi bien un standard du western italien (le morceau culte de Pour quelques dollars de plus d'Ennio Morricone) que la musique de 28 jours plus tard (le morceau culte de John Murphy).

 

Mais Kick-ass n'est pas qu'un film d'action qui joue uniquement la carte de l'humour. C'est aussi un film qui offre une réflexion intéressante sur le fait d'être adolescent avec toutes les questions qu'on se pose quand on est dans cette période de la vie. La timidité de Dave Lizewski fait particulièrement vraie et son incapacité à parler ou à approcher les filles qu'il apprécie fait de lui un « boy next door », un garçon finalement typique parmi d'autres de son âge. On s'amusera du quiproquo qui lui permet de fréquenter la fille qu'il aime : en effet, cette dernière pense qu'il est gay ! Dans le même ordre d'idée, le jeune Dave Lizewski ne peut pas avouer qu'il est le héros masqué, Kick-ass, adulé par certains.

 

Le film vaut également par sa capacité à rappeler que chacun à sa manière peut devenir un héros. Pour cela, il faut d'abord prendre son courage à deux mains et décider de changer les choses. Ainsi, lorsque quelqu'un se fait agresser dans la rue, il serait bon de venir en aide à cette personne. Dave Lizewski rappelle à juste titre que la peur nous amène à ne rien faire dans la majeure partie des cas. C'est ça aussi être un héros : dépasser sa peur.

 

Le film nous amène également à nous interroger sur la notion de violence. Kick-ass a beau être un film « fun », enlevé, il n'en reste pas moins que la mort rôde. C'est drôle à regarder mais on assiste tout de même au massacre de gangsters par une jeune fille. En prêtant les traits de la violence et du meurtre à une jeune fille, le film nous amène immanquablement à nous poser des questions sur notre société et sur notre rapport à la violence. Est-ce normal qu'une jeune fille, aidée de son papa, n'ai finalement aucun ressentiment sur les meurtres qu'elle cause. Et puis l'armada d'armes dont dispose Big daddy et Hit girl est également une critique évidente de la société américaine, où le nombre d'armes détenu par habitant est énorme.

 

Enfin, Kick-ass se donne la peine de rappeler le rôle majeur que prend désormais les nouvelles technologies et notamment Internet. Si la popularité grandissante de Kick-ass est dû sans conteste à la toile, à t-on pour autant le droit de tout voir ? Le réalisateur pose cette question à travers une scène marquante du film, où le spectateur se retrouve dans la position délicate du voyeur et pas pour voir quelque chose de très agréable. La mort programmée par les gangsters de Kick-ass et de Big daddy s'apparente à un snuff-movie. Alors, les chaînes télévisées ou via Internet peuvent-elles tout montrer ? Ne doivent-elles pas se poser la question de leurs sources et de l'implication des documents projetés ? Ces questions méritent d'être soulevées.

 

Offrant une vision alternative intéressante du film de super-héros, mélangé à la sauce du teen movie, le tout enrobé d'un zeste de thématiques sous-jacentes fort appréciables, Kick-ass est un film beaucoup plus intelligent qu'il n'y paraît à première vue. Si le film n'est peut-être pas en soi un chef-d'oeuvre, il mérite largement d'être vu. Et même d'être écouté car la bande son  ne manque pas de punch avec, en plus de ce qui a déjà été cité : Prodigy, Primal scream ou encore Mika (« We are young we are strong... »).