thegreenhornetTitre du film : Le frelon vert
Réalisateur : Michel Gondry
Année : 2011
Origine : Etats-Unis
Durée : 117 minutes
Avec : Seth Rogen (Brit Reid / Le frelon vert), Jay Chou (Kato), Cameron Diaz (Lenore Case), Christoph Waltz (Chudnofsky), etc.

FICHE IMDB

Résumé : Les aventures du frelon vert, un super-héros atypique, créé de toutes pièces par un homme riche et insouciant, qui cherche par tous moyens à s'amuser.


Avec Le frelon vert, Michel Gondry (Eternal sunshine of the spotless mind) remet au goût du jour un super-héros pour le moins atypique.

Le fameux frelon vert était apparu dans les années 60 par le biais d'une série télévisée américaine diffusée entre 1966 et 1967. Michel Gondry a donné un sacré coup de jeune à ce super-héros avec un style bien à lui.

Le réalisateur français, très en vue aux Etats-Unis, se lance donc dans un genre très présent actuellement : celui des super-héros. Sauf qu'ici on est bien loin d'un Batman ou d'un Superman.

Certes, comme dans les films précités il est question de violence (voir la première scène d'action du film avec le russe) avec  et de corruption. De plus, ce super-héros est une nouvelle fois le fils d'un richissime entrepreneur. Le père de Brit Reid, alias le frelon vert, possédait ainsi un empire médiatique avec entre autres un journal au nom évocateur du Daily sentinel. Cependant, le parallèle avec les films typiques de super-héros s'arrête là.

Car dans Le frelon vert il y a d'abord et surtout un super-héros qui n'est pas aussi sérieux que ses compères. Brit Reid est un jeune homme fêtard, un peu lourdingue qui aime avant tout s'amuser et rigoler. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Michel Gondry a attribué le rôle principal du film à Seth Rogen. Cet acteur qui a une bonne bouille a été vu à plusieurs reprises dans les productions de Judd Apatow. Dans ce film, son rôle est proche des comédies où on l'a déjà vu, à savoir jouer un grand adolescent, insouciant, qui cherche avant tout à s'amuser. Quand il voit une jeune femme, par exemple Lenore Case (Cameron Diaz), il ne peut s'empêcher de la draguer tout en conservant son langage assez peu élaboré : « Ouah vous êtes super calé ! Putain ! » Dès lors, en découvrant de nombreux gadgets, il est de la même façon comme un enfant !

Et puis là encore où le film est bien différent des autres longs métrages de super-héros, c'est par le fait que le fidèle serviteur du héros n'est pas qu'un faire-valoir. Bien au contraire. Si Brit Reid se sort de situations périlleuses en tant que frelon vert, c'est d'une part grâce aux armes sophistiquées dont il dispose (y compris la voiture Black beauty truffée de gadgets en tous genres) et d'autre part grâce à son « collaborateur en chef », Kato, qui est un expert en arts martiaux. Mais la relation entre Brit et entre Kato n'est nullement celle d'un chef et de son valet. Ce sont plutôt des potes qui se font plaisir. C'est bien dans ce sens qu'est pensé la relation, avec un Brit qui n'hésite pas à dire à Kato : « C'est vraiment des chieuses ces filles ! Heureusement qu'on s'est trouvé toi et moi. »

Bien entendu, comme dans toute relation, il peut y avoir des heurts. Comme la hiérarchie n'est pas figée – même si Brit est dans la vie quotidienne le patron de Kato – les rapports de force évoluent souvent, comme on peut le voir lors de cette scène surréaliste où les deux camarades se tapent dessus. Les deux camarades s'amusent également à faire des crasses à l'autre de temps à autre, comme ce moment où Kato met des couches à Brit une fois que ce dernier s'est tirée dessus avec un « hornet gaz ».

Et puis ce n'est pas tout. Le frelon vert et son compère ne se considèrent pas comme des gentils. Ils cherchent avant tout à faire parler d'eux et à s'amuser (lors de leur première sortie nocturne, ils chantent Gangsta's paradise de Coolio dans la voiture). Pour preuve, le frelon vert fait à un moment donné un bras d'honneur à un policier !

Il y a un sacré décalage dans ce film par rapport aux super héros habituels. Ces derniers paraitraient bien lisses et bien trop sérieux dans un tel film.

On sent du début à la fin que Michel Gondry s'est beaucoup amusé à faire ce film. En ancien clippeur, il se plaît à faire des accélérés au début du film pour évoquer un Brit Reid particulièrement superficiel qui aime épater les femmes en leur montrant ses nombreuses voitures. A l'inverse, les ralentis qui ont lieu pendant les scènes de combat ont pour but de décomposer les mouvements et de donner un vrai côté fun à ce long métrage. Au demeurant, les scènes d'action sont dynamiques et plutôt réussies. Elles apportent un plus à ce film qui vaut déjà nettement le coup rien que par son ton décalé par rapport aux autres films de super-héros. Même le super-méchant se révèle plutôt marrant : en voulant lui aussi obtenir la notoriété d'un green hornet, il décide de se faire appeler Hemoglobinesky au lieu de Chudnofsky ! Décidément l'humour est omniprésent.

Au final, Le frelon vert est un film de super-héros où de manière originale c'est le héros à la double personnalité qui crée lui-même son mythe. Film complètement décomplexé et pas sérieux pour deux sous, Le frelon vert est une excellente surprise. Ce film mérite donc bien plus d'être vu qu'un certain Scott Pilgrim, beaucoup trop référentiel aux jeux vidéo. Ici, le réalisateur Michel Gondry a réussi à se démarquer de tout pour créer un film drôle et prenant de bout en bout. A voir sans plus tarder.