rienadeclarerTitre du film : Rien à déclarer
Réalisateur : Dany Boon
Année : 2011
Origine : France
Durée : 108 minutes
Avec : Dany Boon (Mathias Ducatel), Benoît Poelvoorde (Ruben Vandevoorde), Christel Pedrinelli (Olivia Vandevoorde), Joachim Ledeganck (Leopold Vandevoorde), Julie Bernard (Louise Vandevoorde), Jean-Paul Dermont (le père Vandevoorde), Karin Viard (Irène Janus), François Damiens (Jacques Janus), Bouli Lanners (Bruno Vanuxem), Olivier Gourmet (le prêtre de Chimey), Bruno Lochet (Tiburce), etc. 

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Résumé : A la veille de la suppression des douanes aux frontières, un douanier français et un douanier belge vont inaugurer la première brigade volante franco-belge.


Après l'énorme succès de Bienvenue chez les Ch'tis (2008), Dany Boon a décidé de remettre le couvert. Cette fois l'action de son film se déroule à la veille de l'ouverture des frontières de l'espace Schengen, c'est-à-dire des pays membres de la Communauté Économique Européenne (CEE) le 1er janvier 1993. Ne cherchez pas d'autres références historiques dans ce film. Ce rappel historique n'est qu'un prétexte et le titre Rien à déclarer n'a d'autre but que de rappeler que ce long métrage va s'intéresser à des douaniers.

Dès le départ, il faut accepter que ce film est avant tout une petite comédie qui n'a d'autre but que de divertir le spectateur. Il ne faut pas chercher une quelconque réflexion dans Rien à déclarer car il n'y a effectivement à rien à déclarer. Dany Boon ne se sent pas beaucoup plus concerné au niveau de la mise en scène qui – en dehors de quelques petits mouvements de caméra – se limite bien souvent à de simples champs et contre champs.

Mais alors pourquoi regarder Rien à déclarer ? D'abord parce qu'on peut se douter que ce film qui bénéficie d'un incroyable battage médiatique, va être le succès de l'année au niveau des entrées en salles. De là à battre l'incroyable raz-de-marée de Bienvenue chez les Ch'tis (20,5 millions de spectateurs), il y a une marge qui paraît tout de même très importante.

D'un point de vue intrinsèque, outre le phénomène que va certainement représenter Rien à déclarer au niveau des recettes, il faut bien reconnaître que le film mérite d'être vu avant tout grâce à son casting. Car dans cette histoire de douaniers, il y a la confrontation de deux pays :  D'un côté, Benoît Poelvoorde joue le rôle de Ruben Vandevoorde, un douanier belge fier de son pays et qui ne veut pas se laisser envahir par les « camemberts » ! De l'autre côté, Dany Boon se donne une nouvelle fois le rôle d'un personnage un peu timide mais tendre en la personne de Mathias Ducatel, un douanier français qui sort depuis un an avec Louise Vandevoorde, la soeur de Ruben Vandevoorde !

Tout cela est évidemment tiré par les cheveux mais le principal est encore une fois de distraire les spectateurs.

Et sur ce point il faut reconnaître que la mayonnaise prend plutôt bien avec Benoît Poelvoorde qui fait du Poelvoorde, à savoir un homme un peu cinglé qui n'hésite pas à gueuler et à employer la manière forte (il tire sur des gens) pour se faire respecter ! A l'inverse, Dany Boon dans le rôle de Mathias est beaucoup plus calme. Il cherche avant tout à se faire accepter – en tant qu'ami – par Ruben puisqu'il cherche à se faire accepter au sein de cette famille belge nationaliste. Les choses ne sont pas faciles car entre les camemberts et les bouffeurs de frites, ce n'est pas la franche amitié!

Alors quand les deux vont se retrouver ensemble au sein de la douane volante, on comprend aisément qu'il risque d'y avoir des étincelles. Surtout que les débuts sont laborieux avec une douane volante nantie de moyens pour le moins microscopiques : un téléphone portable qui capte très mal ; un tout petit chien, Grizzly (!) qui a plus l'aspect d'une mascotte que d'un chien de douanier ; et surtout une voiture 4 L pour débusquer les contrebandiers ! Évidemment, tout cela n'est pas crédible pour deux francs belges, mais la sauce prend avec scènes réellement drôles. On retiendra par exemples les premiers ratés de cette fine équipe ou à l'inverse le moment où, fiers d'eux (une fois que la 4 L est transformée en 4 L tuning plus rapide qu'une ferrari), ils reviennent solidaires sur les routes de leur exploit avec comme fond musical I believe I can fly de R Kelly.

Tout ceci n'est pas très sérieux et ce ne sont pas les personnages secondaires du film qui vont me faire mentir. Karine Viard et François Damiens interprètent le couple Janus (eh oui leur établissement est situé entre la France et la Belgique, d'où la référence au dieu romain) qui tient un restaurant qui va être l'objet de toutes les attentions. Karine Viard est une madame Janus prête à tout pour continuer de faire marcher son restaurant, quitte à rentrer dans une totale illégalité. Quant à François Damiens, il est un mari gentil mais complètement pataud et incapable de faire preuve d'un minimum d'intelligence.

Côté intelligence, on est servi avec Bruno Lochet (un des Deschiens) qui joue un truand de deuxième zone, qui va avoir à chaque fois la malchance de tomber sur notre célèbre couple de douaniers franco-belge. Les scènes avec Bruno Lochet sont franchement hilarantes, et notamment le moment où il se fait « capter » par le chien ! Voilà pour les seconds rôles les plus marquants du film. 

Rien à déclarer qui privilégie dans sa première partie à fond la carte de l'humour certes un peu lourd mais rigolo s’essouffle un peu par la suite en ramenant l'attention sur l'histoire d'amour contrariée entre Mathias Ducatel et Louise Vandevoorde. Cette deuxième partie du film est un peu plus convenue, et n'apporte pas grand chose à un récit qui n'est finalement jamais aussi intéressant que dans les moments où les scènes humoristiques correspondent à du grand n'importe quoi, avec des acteurs qui s'y mettent à cœur joie dans une direction quasi jusqu'au-boutiste.

Cela dit, en calmant un peu le jeu, Dany Boon recentre son histoire sur des valeurs déjà développées sur le film Bienvenue chez les Ch'tis, à savoir l'amitié, le fait de combattre les préjugés et le racisme, l'amour sincère et l'importance de la famille.

Au final, Rien à déclarer n'est rien de moins qu'un petit film comique sans prétention et sans ambition qui devrait pourtant rencontrer le succès par la venue massive de spectateurs, curieux de voir le nouveau film du réalisateur de Bienvenue chez les Ch'tis.

Rien à déclarer est loin d'être un chef d’œuvre mais il a le mérite de remplir son but, à savoir divertir et amuser les gens.