lediscoursdunroiTitre du film : Le discours d'un roi
Réalisateur : Tom Hooper
Année : 2011
Origine : Royaume-Uni
Durée : 105 minutes
Avec : Colin Firth (George VI), Helena Bonham-Carter (Reine Elizabeth), Geoffrey Rush (Lionel Logue), Guy Pearce (Edouard VIII), Eve Best (Wallis Simpson), etc.

FICHE IMDB

Résumé : L'histoire du roi d'Angleterre George VI, qui a souffert de bégaiement avant son arrivée sur le trône.

 

Plutôt cantonné jusque-là à la réalisation de séries télévisées (Cold feet ; Suspect n°1 ; Elizabeth I), Tom Hooper se lance dans un de ses premiers films de cinéma avec Le discours d'un roi. Il s'agit d'un biopic qui raconte l'accession au trône d'Angleterre de George VI, père d'Elizabeth II. Si l'histoire des rois passionne toujours autant les gens, celle-ci à de quoi intéresser car initialement George VI n'aurait dû devenir roi d'Angleterre. Son frère aîné, Edouard VIII a renoncé au trône pour vivre avec une américaine en instance de divorce. Dès lors, c'est son frère cadet, le duc d'York Albert, qui devait reprendre sa place. Sauf que ce duc d'York, surnommé Bertie, est bègue. Il va donc devoir combattre son handicap pour monter sur le trône d'Angleterre.

Le réalisateur Tom Hooper montre très bien l'histoire de cet homme, devenu roi contre toute attente. Mais avant d'en arriver là, le duc d'York doit résoudre son problème de bégaiement. Car il est bien difficile d'être un homme public et de faire de nombreux discours lorsque l'on est un roi. D'ailleurs, cela n'est pas un hasard si le film débute par un discours que prononce le duc d'York. Il montre toute la difficulté pour cette homme de faire face à pression due à son rang et à la pression d'être un homme public. Son incapacité à parler distinctement révèle son problème de bégaiement et est pour lui un grand moment de solitude.

Dès lors, on comprend pourquoi il cherche le moyen de se débarrasser de son handicap. C'est le cœur même du film que la relation qui va 'établir entre un orthophoniste hors normes et ce futur roi. Le thérapeute en question est Lionel Logue, un acteur raté qui officie dans un endroit miteux, loin des fastes des rois. Malgré la différence de classe sociale qu'il y a entre ces deux hommes, dès le départ Lionel Logue tient à ce que la relation soit d'égal à égal. C'est la raison pour laquelle il appelle le duc d'York Bertie. Les méthodes employées par Lionel Logue pour « guérir » le futur George VI sont loin d'être académiques. En effet, le duc d'York se met à danser et à chanter. Et puis il se met à proférer des insultes, ce qu'il ne fait jamais en raison de son étiquette. En fait, Lionel invite Bertie à se déstresser et à faire le vide autour de lui. Le film ne tombe à aucun moment dans une sorte de niaiserie ou à tout le moins dans une évolution logique qui amènerait les deux hommes à devenir immédiatement des amis ou des complices. Non, la relation est émaillée de vrais conflits entre le thérapeute et son malade.

On appréciera dans ce film le fait que le duc d'York s'ouvre à cet homme, permettant de comprendre que son bégaiement est lié à un traumatisme dont il a été victime étant jeune : un frère aîné qui s'est moqué de lui ; l'obligation d'être droitier alors qu'il était gaucher ; une nourrice tyrannique.

Si le film est intéressant par sa capacité à mélanger avec brio petite et grande histoire, il vaut surtout par sa distribution quatre étoiles.

Ce film ne serait rien sans ses acteurs. Colin Firth est bluffant dans le rôle de cet homme qui souffre à cause de son bégaiement. L'acteur a dû faire un sacré travail au niveau de sa diction pour arriver à un tel résultat. A ce sujet, il convient bien évidemment de voir ce film en version originale sous-titrée. Colin Firth dégage un vrai charisme dans le rôle de ce roi George VI. Il est d'ailleurs très probant lors de la dernière scène du film où il doit lire le discours qui va engager l'Angleterre en guerre contre l'Allemagne. Déterminé à dépasser son handicap dû au bégaiement et à apporter tout son soutien à son peuple, le roi George VI va, avec l'aide en coulisses de Lionel Logue, lire ce discours qui est émotionnellement très fort. La chose n'est pas aisée car ce discours passe à la radio, moyen de communication qui se développe à cette époque. Voilà en tout cas une scène qui clôt de belle manière ce film.

Colin Firth, qui a obtenu l'oscar pour sa prestation dans Le discours d'un roi, n'est pas le seul à féliciter sur ce film. Geoffrey Rush est parfait dans le rôle de Lionel Logue, véritable trublion qui fait sortir de ses gonds son futur roi, mais tout cela dans le but de lui faire oublier son bégaiement. Tour à tour drôle et touchant, Geoffrey Rush rend bien la pareille à Colin Firth.

De son côté, Helena-Bonham-Carter, révèle également un personnage charismatique, en jouant l'épouse de George VI. C'est elle qui va trouver Lionel Logue et c'est elle qui pousse le père de ses deux enfants à se motiver. Elle n'est pas pour autant obnubilée par le pouvoir, comme le prouve cette scène où elle avoue à son époux que si elle l'a épousé, c'est qu'elle pensait qu'il ne serait jamais roi et qu'elle aurait donc une vie privée, ce qui n'est pas le cas des têtes couronnées et de leur famille.

Bénéficiant d'une histoire forte et d'acteurs de grande classe, Le discours d'un roi n'est pas pour autant le film incontournable. L'histoire ne comprend pas vraiment de véritables rebondissements, si ce n'est les querelles entre George VI et Lionel Logue. Surtout, la mise en scène est plus fonctionnelle qu'autre chose.

Au final, Le discours d'un roi demeure un film intéressant par son scénario où pour une fois à l'écran le bégaiement n'est pas destiné à faire rire mais il est considéré comme un handicap. Par ailleurs, ce film mélange adroitement petite et grande histoire et bénéficie d'excellents acteurs. Ce sont là des qualités suffisantes en soi permettant de recommander ce film à autrui.