2019photo_nanarlandTitre du film : 2019, après la chute de New York

Réalisateur : Sergio Martino

Année : 1983

Origine : Italie

Durée du film : 1h31

Avec : Michael Sopkiw (Parsifal), George Eastman (Big Ape), Edmund Purdom (le président de la confédération pan-américaine), Valentine Monnier (Giara), Serge Feuillard (le commandant Eurak), Anna Kanakis (Ania), etc.

FICHE IMDB

Résumé : Après l'utilisation de la bombe atomique, le monde a changé. Il n'y a plus qu'une seule femme au monde qui est capable d'enfanter. Cette personne est donc l'objet de toutes les convoitises.


Capable de réaliser d'excellents giallo et films policiers (La queue du scorpion, Torso), Sergio Martino, en véritable yes man, est aussi capable du pire (Le continent des hommes-poissons, Le grand alligator).

Avec 2019, après la chute de New York, on a largement dépassé le stade du pire pour entrer dans une nouvelle dimension.

Le pitch du film est loin d'être inintéressant, surtout aux heures actuelles où la question du nucléaire est mise en avant avec les problèmes rencontrés par le Japon. On apprend au début du film que 20 ans se sont écoulés depuis la guerre nucléaire et que la Terre est devenue un désert putride et radioactif. Certaines personnes ont subi des transformations. Et plus grave encore, la stérilité est générale : il n'y a plus de naissances sur Terre. La ville de New York est aux mains de la monarchie des Euraks, sortes de nazis, qui sont tout de noir vêtus.

Avec la complicité de mercenaires, les Euraks prennent des cobayes pour tenter de remédier à la stérilité. Car il existerait une femme au monde qui pourrait encore enfanter.

Voilà donc pour le scénario qui se situe parfaitement dans un univers post-apocalyptique. Sur le papier, cela tient à peu près la route.

Sauf que la transcription à l'écran de ces idées est loin d'être au même niveau. Tout est ringard dans ce film et fait sans conteste de 2019, après la chute de New York un des plus grands nanars que le monde ait connu.

Ainsi, les décors paraissent bien souvent en carton-pâte quand ils n'ont pas la chance de se limiter à filmer des usines désaffectées et des sous-sols de centrales nucléaires. Quand aux vaisseaux qui ont été imaginés, ils font vraiment cheap et sont dignes d'une série télévisée telle que San Ku Kai. Les voitures ont été quelque peu transformées pour donner un aspect moyen-âgeux, comme si l'on se trouvait dans Mad Max. Le cinéaste Sergio Martino ne s'est d'ailleurs pas gêné pour pomper allégrement sur deux films sortis juste avant celui-ci : Mad Max 2 de George Miller (1982) pour le côté post-apocalyptique et New York 1997 de John Carpenter pour le héros qui doit récupérer une personne importante. Ici, ce n'est pas Snake Plissken qui se rend à New York pour retrouver le président mais un certain Parsifal qui doit partir à la recherche de la dernière femme en mesure d'avoir des enfants.

S'il n'est pas très fin de faire référence à des films cultes de manière très explicite, 2019, après la chute de New York doit son statut nanar par son incapacité à faire mieux que du sous-Mad Max 2 et du sous-New York 1997.

Les combats, qui sont si nombreux dans les films cités précédemment, sont ici d'une ringardise totale. Les acteurs se battent ridiculement avec des mouvements qui vont à deux à l'heure. On se croirait dans un film d'Andy Sidaris (le côté érotique en moins) tellement c'est mal fait et mal filmé. Et puis pour achever ces combats il y a des rayons lasers ou des rayons paralysants qui font vraiment tocs.

Côté acteurs, ne rêvons pas d'un Kurt Russell ou d'un Mel Gibson. Pour ce long métrage, le réalisateur a dû faire avec les moyens du bord et proposer un acteur de deuxième zone avec Michael Sopkiw dans le rôle principal. L'acteur est loin d'être crédible dans le rôle principal de parsifal mais il y a nettement pire que lui. George Eastman, connu pour son rôle dans le film Anthropophagous (1982) de Joe d'Amato, interprète rien de moins qu'un homme-singe. Et côté cabotinage il en fait des tonnes. Il réussirait presque à éclipser les interprétations pour le moins hasardeuses des autres acteurs.

Si le film est aussi débile, il le doit aussi sans nul doute à une succession de scènes et d'explications plus grotesques les unes que les autres. Au rang des meilleurs morceaux choisis, citons tout d'abord le fait que notre héros, Parsifal, gagne un combat en voiture dont le trophée est une personne hermaphrodite. Par ailleurs, lorsque l'on apprend qu'une femme vit saine à New York, il est indiqué qu' « elle peut avoir 500 ovulations » ! De son côté, Parsifal est engagé par la confédération pan-américaine qui est terrée de manière secrète en Alaska, car à cet endroit, la Terre serait peu radioactive. Le président de cette confédération promet à Parsifal de lui garder une place pour une autre planète où l'air sera respirable s'il lui ramène la femme qui peut enfanter. On voit bien que plus le scénario avance, plus cela devient abracadabrantesque. D'autant que nos héros s'en sortent toujours, même quand la situation semble des plus compromises.

Il y a vraiment matière à rigoler en regardant ce film. Surtout que les dialogues sont par moments vraiment grandioses : « Nous avons une vingtaine de sous-marins qui sont en alerte constante » (dixit un eurak) ; « J'ai fait à une femelle chimpanzé deux enfants » (Big Ape, joué par un George Eastman au sommet de sa forme) ; « Celle qu'on recherche est comme le conte de la belle au bois dormant » (dixit le nain de l'histoire, eh oui il y a même un nain !).

Au final, 2019, après la chute de New York constitue certes un film raté mais ce sont justement ses nombreux défauts qui en font une œuvre fun, décomplexée et franchement très marrante. Pour les curieux et pour les amateurs de nanars, ce long métrage reste un modèle du genre.