theinhabitedislandTitre du film : The inhabited island

Réalisateur : Fyodor Bondarchuk

Année : 2010

Origine : Russie

Durée du film : 115 minutes

Avec : Vasily Stepanov (Maxim Kamerrer), Pyotr Fyodorov (Gai Gaal), Yuliya Snigir (Rada Gaal), etc.

FICHE IMDB

Résumé : En 2157, un vaisseau spatial s'écrase sur une planète lointaine habitée, qui fait face à de graves problèmes sociaux.

Sorti fin 2008 en Russie, The inhabited island est un film du cinéaste Fyodor Bondarchuk, où il adapte le roman des frères Strougatski. En quelques années, on a donc l'occasion de voir une fois de plus un film de genre russe, après la saga des Night watch (2004) et Day watch (2006). Ici, on est dans un pur film de science-fiction avec une action qui se situe en 2157. Les humains se sont alors développés sur de nombreuses planètes et ont fait disparaître les notions de guerre ou encore de famine. Maxim Kamerrer, un cosmonaute, dont le vaisseau a été touché par une météorite, s'écrase sur une planète lointaine, Sarkash. Le scénario de base rappelle quelque peu La planète des singes de Pierre Boule. Mais la suite va plutôt faire penser à Dune de Frank Herbert. En effet, sur cette planète, une guerre nucléaire a engendré une crise environnementale et sociale.

Il y a d'un côté le peuple qui vit dans une belle cité ultra-moderne et de l'autre côté des gens qui ont été manifestement contaminés par les dommages collatéraux de la guerre nucléaire, nommés les dégénérés. Cette planète a à sa tête cinq gouverneurs dits les pères inconnus qui ont la capacité de manipuler la conscience des habitants.

theinhabi1Sur le plan scénaristique, The inhabited island se révèle plutôt intéressant en développant des thématiques diverses tels que l'asservissement, la volonté de pouvoir, le lien entre politique et finance. Ce n'est certainement pas un hasard si ces thèmes sont développés par un cinéaste russe. Il demeure assez évident que les éléments qu'il développe ne sont pas sans rappeler les heures sombres de la Russie voire même certains éléments actuels. On s'intéresse donc d'autant plus à ce film qui montre des financiers corrompus, des politiques avides de pouvoir, un peuple qui est nourri par une propagande mensongère. Pendant que des dégénérés sont tués, le peuple ne pense pas à autre chose. A ce peuple on lui croire des choses sur l'existence de l'univers qui se révèlent inexactes ou encore sur les raisons de l'implantation des tours.

Le film bénéficie également d'une très belle photographie qui donne un effet très classe à l'ensemble. Une des raisons de la réussite du film sur le plan visuel tient à la multitude d'effets spéciaux que contient le film. Le film est beau à regarder, notamment lors des scènes nocturnes. Voilà pour les qualités du film.

Celui-ci n'est pas pour autant exempt de défauts, loin s'en faut. D'abord, le rôle principal du film tenu par Vasily Stepanov n'est pas des plus fameux. Ce beau blondinet donne vraiment l'impression d'avoir été choisi uniquement pour son physique et non pour son jeu d'acteur. Car côté interprétation celui-ci est loin d'être au top. Très souvent il sourit ou a l'air surpris. Sa palette de jeu est pour le moins très limité. C'est donc d'autant plus difficile d'imaginer Maxim dans une sorte de rôle de messie (personnage qui n'est pas sans rappeler un Paul Atréides dans Dune, étant en tout état de cause comme lui du côté des opprimés), celui-ci ayant des capacités particulières : il a des talents incroyables de militaire ; il peut mémoriser un livre en une demi-heure ; il réussit à atténuer les douleurs vécues par les dégénérés par les radiations des tours.
Le reste des acteurs n'est pas non plus au top, même si c'est moins pire que l'interprétation de Vasily Stepanov.

theinhabi3Ajoutez à cela que plusieurs scènes du film tombent un peu comme un cheveu sur la soupe : Maxim tombe immédiatement  amoureux de la belle Rada Gaal (jouée par Yuliya Snigir) et on a droit à une petite musique romantique au piano.
Certains choix scénaristes sont également pour le moins contestables sur le plan de la vraisemblance : Maxim a la chance car il se trouve sur une planète où il peut respirer normalement (il ne pense d'ailleurs à aucun moment de mettre une combinaison de cosmonaute) ; il tombe comme par hasard à un moment donné dans un trou qui le ramène à la vieille forteresse.

Enfin, la mise en scène est dans sa globalité contestable. Le cinéaste Fyodor Bondarchuk se laisse aller aux tics visuels très actuels dans la cinématographie contemporaine, avec une utilisation abusive de ralentis ou d'accélérés lors des scènes d'action, notamment pour figurer que Maxim est fort.

La fin du film, qui se termine en queue de poisson, avec une intrigue qui n'est pas résolue, laisse clairement entendre qu'il y aura une suite à The inhabited island. Ca sera le cas avec The inhabited 2, avec de nouveau derrière la caméra Fyodor Bondarchuk.

En somme, The inhabited island est un film inégal, qui demeure plaisant sur le plan thématique mais qui souffre d'une interprétation très moyenne et d'une mise en scène inadaptée.