louisewimmerTitre du film : Louise Wimmer

Réalisateur : Cyril Mennegun

Année : 2012

Origine : France

Durée du film : 80 minutes

Avec : Corinne Masiero (Louise Wimmer), Jérôme Kircher (Didier), Anne Benoit (Nicole), Marie Kremer (Séverine), Jean-Marc Roulot (Paul), Frédéric Gorny (le manager de l'hôtel), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Louise Wimmer, âgée de 50 ans, vit dans sa voiture et cherche à obtenir un logement social.


Premier film de fiction du français Cyril Mennegun, Louise Wimmer apparaît clairement comme un film social. Si ce long métrage ne se veut pas un manifeste contre notre société, il n'en montre pas moins certains dysfonctionnements, avec nombre de nos concitoyens dont la situation est préoccupante.

Celle de Louise Wimmer en est un exemple criant. Cette femme âgée de 50 ans est dans un état critique sur le plan économique et social.

Au niveau économique, elle ne peut compter que sur ses (faibles) revenus de femme de ménage dans un hôtel alors qu'elle a les huissiers qui sont sur le point de lui saisir les rares biens qu'elle possède. Elle n'arrive pas à rembourser ses dettes. Elle en est arrivée à un stade où elle est obligée de dormir dans sa voiture.

Pour s'en sortir, Louise Wimmer a choisi un système D qui l'amène parfois à commettre des actes illégaux : elle mange « à l'oeil » dans une sorte de Flunch en prenant l'assiette d'un client une fois que celui-ci a terminé son repas ; elle siffone l'essence d'un chauffeur routier ; elle prend des douches chez Total. Et puis toujours sur le mode de la débrouille elle se fait remplacer la culasse de sa voiture gratuitement par l'ami d'un ami.

Pour ne rien arranger à sa situation, Louise Wimmer doit faire avec un lien social qui s'est particulièrement effiloché. Ainsi, elle est séparée de son mari qui a refait sa vie avec une nouvelle femme. Quant à ses rapports avec sa fille, ils sont quasiment insignifiants, la seule rencontre ayant lieu lorsque celle-ci lui demande un service.

louisewimmer2Malgré tout, Louise Wimmer refuse de se laisser abattre. Elle est une anonyme qui trouve un équilibre précaire auprès d'autres anonymes. Il y a Nicole, la tenancière d'un bar-tabac, qui lui fait crédit et la soutient. Il y a aussi son copain Didier avec qui elle fait quelques paris sportifs. Et puis il y a cet homme qu'elle rejoint de temps à autre dans une chambre d'hôtel afin d'assouvir ses pulsions sexuelles.

Le film Louise Wimmer est très intéressant par sa capacité à faire de son « héroïne » le symbole de notre époque où la crise est omniprésente. A ce titre, on est proche du documentaire, milieu dans lequel a évolué auparavant le réalisateur Cyril Mennegun.

Louis Wimmer constitue aussi tout simplement un très beau portrait de femme. L'actrice Corinne Masiero est impressionnante de naturel dans le rôle de Louise Wimmer. Elle donne corps à cette femme qui est dans une situation compliquée mais qui souhaite coûte que coûte s'en sortir. Le réalisateur français ne fait jamais dans le misérabilisme car Louise Wimmer est une battante. Elle cherche à quitter la galère qu'elle connaît actuellement.

La seule aide qu'elle demande à la société est l'octroi d'un logement social. On la voit à plusieurs reprises en entretien avec une assistante sociale d'un CCAS.

De manière générale, Louise Wimmer est une femme qui entend conserver sa dignité et même si les événements sont parfois difficiles, elle prend toujours soin de se laver et de se coiffer. Car si son condition économique est malaisée, elle n'en demeure pas moins la même personne. C'est quelqu'un qui a envie de vivre. Ce que prouve par exemple cette très belle scène où on l'observe en train de danser et de s'abandonner sur la musique ô combien rythmée et caractéristique de la chanteuse Frida intitulée « I know there's something going on. » Dans le même ordre d'idée, cette rage de vivre se matérialise lors de ce moment où elle se met à danser seule, en faisant face à la ville.

louisewimmer3Et puis comme pour apporter dans cet environnement un signe d'espoir, voire même indiquer que tout est possible si on s'en donne les moyens, le réalisateur Cyril Mennegun a choisi de conclure son film par un happy-end.

On ne peut que se satisfaire de l'issue apportée à Louise Wimmer, avec la très belle chanson The day of Pearly Spencer de Rodolphe Burger lors du générique de fin.

Film ramassé sur seulement 80 minutes, Louise Wimmer est porté à bout de bras par son actrice principale, qui impressionne par sa justesse de ton. Ce film n'est pas franchement facile à regarder car il dresse un portrait juste mais critique de notre société. L'émotion vraie qui se dégage de ce long métrage, par l'utilisation notamment de nombreux gros plans sur l'actrice principale du film, est une raison de plus d'aller voir Louise Wimmer.