thecrossroadsTitre du film : The cross roads

Réalisateur : David Aboucaya

Année : 2007

Origine : France

Durée du film : 106 minutes

Avec : Manuel Gonçalves, David Aboucaya, etc.

FICHE IMDB

Résumé : Europe, automne 1944. Au sein d'une section de soldats américains de la 82ème aéroportée, des erreurs de commandement vont isoler un petit groupe d'hommes dirigés par le Sergent Pallumbo.

 

Un petit article paru dans le numéro de novembre 2009 de « Les années laser » avait éveillé ma curiosité et en même temps, m'avait révolté... Comment était-il possible qu'un film français soit sorti un peu partout dans le monde et pas chez nous? Cette aberration est enfin réparée grâce à Aventi, qui nous offre en plus la meilleure édition dvd actuelle.

En effet, le premier long métrage de David Aboucaya a connu différentes éditions, mais aussi différents montages. Après des éditions « simples » sorties notamment en Angleterre, en Hollande ou encore au Japon, le film a été édité en Allemagne dans une version remaniée et accompagnée d'un making of. L'édition française reprend également ce making of, mais en plus, le film a été une nouvelle fois retouché afin de nous offrir la meilleure version de celui-ci.

« La croisée des chemins » ou « The cross roads » est un film de guerre dont l'originalité, pour un film français, est de mettre en scène des héros américains, en les suivant de leur point de vue. Ceux-ci vont donc s'exprimer en français, ce qui pourra peut-être gêner certains ou du moins surprendre au premier abord... Il est donc conseillé d'appréhender le film comme s'il s'agissait d'un doublage français, afin que cela soit peut-être moins dérangeant.

Le réalisateur signe en tous cas avec ce film un tour de force, puisqu'il est ici ,entre autres, producteur, réalisateur, scénariste, compositeur et acteur! Bel exploit donc, même si ce premier long métrage est loin d'être parfait... Le manque de moyens se ressent par exemple dans certains effets spéciaux qui sont assez rudimentaires, ce qui se voit par exemple lors de certaines explosions. Le côté amateur de certains acteurs se ressent également lors de certains dialogues, dont certains peuvent apparaître comme quelque peu inutiles. La première scène dans l'Utah ou encore la première apparition du couple de villageois sont deux scènes, qui auraient pu être supprimées, car elles n'apportent pas grand chose et de plus, elles ne sont pas très bien jouées.

Mais malgré ces petites imperfections, « The cross roads » regorge de qualités et notamment grâce à ses scènes de guerre très efficaces et très bien réalisées. Filmées de façons assez réalistes, souvent caméra sur l'épaule, celles-ci démontrent que David Aboucaya a un réel talent et qu'il est capable de beaucoup de choses malgré de faibles moyens. Alors on imagine ce qu'il pourrait faire s'il avait un budget conséquent!

De plus, le film est mis en valeur par sa photographie très réussie, qui contribue à la surprise que l'on a à la vision de ce dernier. On est surpris également par le souci des détails au niveau des costumes et des accessoires et on imagine bien le travail de recherches que cela a dû demander!

Au niveau des acteurs, c'est surtout la prestation de Manuel Gonçalves (ami de longue date du réalisateur et premier rôle dans tous ses films) que l'on retiendra, mais on regrettera également que David Aboucaya ne se soit pas attribué un rôle plus important tant son charisme et son jeu d'acteur retiennent l'attention.

En plus de nous faire passer un agréable moment, le film rend hommage de bien belle manière au courage des soldats américains morts au combat pour nous libérer durant l'occupation nazie et joue ainsi un rôle de devoir de mémoire très important.

N'hésitez pas à découvrir « The cross roads », car ce film autoproduit et indépendant mérite vraiment votre attention, malgré ses petites imperfections.

Par flo001fg