americanyakuzaTitre du film : American yakuza

Réalisateur : Frank A. Cappello

Date de sortie du film : 1993

Origine : Etats-Unis

Durée : 96 minutes

Avec : Viggo Mortensen, Ryo Ishibashi, Michael Nouri, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Chargé d'infiltrer une organisation criminelle japonaise qui officie sur le sol américain, un agent du FBI sauve la vie d'un yakuza et gagne son respect.

 

ll y a des débuts de carrière difficile, comme semble en témoigner ce American yakuza, aussi connu sous le titre de l'arme blanche.

Viggo Mortensen se voit offrir l'une de ses première tête d'affiche, après avoir participé à des films de l'envergure de Witness ou de l'enfant miroir.

Ici, il change radicalement de registre : American yakuza se veut un polar nerveux, traitant de la confrontation entre un gang de yakuza qui cherche à s'implanter, et la mafia américaine, forcément d'origine italienne, le tout vu sous l'angle de notre héros, policier infiltré.

Le film lorgne allègrement du côté du cinéma hong kongais, qui commençait alors à trouver son public, notamment outre-atlantique : de nombreux shotgun à la John Woo viennent en attester.

L'ennui, dans le métrage de Capello, c'est que rien ne fonctionne et que tout se résume à une suite de poncifs éculés de mauvais goût, ce jusque dans les dialogues.

Ainsi, lorsque par le biais de Mortensen nous « découvrons » les coutumes japonaises, les dialogues atteignent des sommets. Assis autour d'une table avec ses nouveaux employeurs, Mortensen s'exclame : « ben, ça alors, moi qui croyais que vous mangiez par terre... ».

 americanyakuza2Le reste est à la hauteur : un naufrage que rien ne vient sauver. Le filmage est digne d'une mauvaise série, avec un montage à l'emporte-pièce rendant les scènes d'actions incompréhensibles et illisibles.

La photographie rappelle vaguement les films érotiques bas de gamme avec des des filtres dont on ne comprend pas bien le sens et qui outrepassent les lois du bon goût.

Le rythme du film est poussif et hiératique, et le réalisateur se révèle incapable de ménager le moindre suspense, ce qui est un comble pour un film de ce style.

Le jeu des acteurs est à l'unisson : les acteurs sont en surjeu total, et ne parvienent jamais à masquer les incohérences du scénario. En effet : Mortensen est censé infiltrer le gang de yakuza, mais sans que l'on en connaisse bien la raison et les objectifs.

Il est « trahi » par ses amis policiers, mais semble lui-même avoir un attrait tout particulier pour le gang respectueux de certains codes que la police elle-même ne respecte plus, ou pas.

Il finira d'ailleurs par choisir son camp pour aider les yakuza dans leur « guerre » contre la mafia italienne.

À ce propos, outre l'indigence de son scénario, Capello ne parvient jamais à masquer la faiblesse de son budget : pire même, il insiste sur des détails rendant ce qui est filmé comique. Ainsi, lors d'une scène, nous voyons le « parrain » (du pauvre), interprété par Michael Nouri, de la mafia italienne, jouer au golf et parler avec l'un de ses acolytes (toujours le même, les autres doivent être occupés...) tout en parlant de sa gigantesque maison avec 14 chambres (pourquoi 14 ?), nous voyons clairement que celle-ci n'est qu'un modeste pavillon de banlieue, et que le coin de pelouse sur lequel il joue au golf ne comporte qu'un trou...

J'ai déjà évoqué le jeu des acteurs, dont le point d'orgue me semble être la mort de Michael Nouri, qui se fend à cette occasion de la pire expression qui soit.

Bref, vous l'avez compris, ce film ne figure pas dans le haut du panier de la carrière de Mortensen.

Le scénario, bien que classique, aurait pu se révéler intéressant, à condition de rencontrer un metteur en scène digne de ce nom.

Cronenberg offrira à Mortensen dans les promesses de l'ombre l'occasion de se montrer bien plus convainquant dans une thématique à peu près similaire.

 Le film est à découvrir pour les amateur d'anti cinéma et de nanar bien drôles malgré eux. Pour les autres.... ce sera bien indigeste.