The_Pervert's_Guide_to_Cinema

Réalisé par : Sophie Fiennes
Presenté par :Slavoj Zizek

Genre : documentaire.

pays : Royaume uni

Année : 2006.

Lien IMDB

 

 

" Le problème n'est pas que notre désir soit ou non satisfait. Le problème est de savoir quel est notre désir. Il n'y a rien de spontané ni de naturel dans les désirs humains. Nos désirs sont artificiels. On doit nous apprendre à désirer. Le cinéma est l'art ultime de la perversion. Il ne vous donne pas ce que vous désirez, il vous dit comment désirer. ".

Partant de cette assertion, Slavoj Zizek, philosophe marxiste et psychanalyste d’obédience lacanienne, d'origine slovène, nous entraîne dans une vertigineuse analysedu cinéma et de ses liens avec nos pulsions les plus intimes.

Très éclectique, Zizek illustre ses propos par des extraits de films aussi divers que Possessed (1931) de Clarence Brown, Dogville (2003) de Lars von Trier, en passant par Duck Soup (1933) de Leo McCarey et The Matrix (1999) de Andy and Lana Wachowski. Il convoquera même Pluto dans Pluto's Judgement Day (le jour du jugement dernier de Pluto, 1935) de David D. Hand, un animé réalisé pour Disney. Zizek, iconoclaste, semble prendre un malin plaisir à prendre à contre-pied son auditoire. Si de nombreuses références sont faites, comme des concessions obligatoires, à Alfred Hitchcock, dont il reconnaît volontiers le retentissement sur le cinéma contemporain, et qu'il établit des ponts évidents entre le cinéma de Hitchcock et celui de Lynch, il est plus inhabituel de s'appuyer sur Matrix ou Dune, pour développer une réflexion basée sur la réalité de nos fantasmes dans le cinéma.

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Non content de dérouter, peut-être, par le recours à des extraits de films à priori inattendus dans un tel exercice (comme en témoignent la présence d'extraits de Star Wars ou Alien, la résurrection), Zizek n'hésite pas à proposer des conclusions choc propres à bousculer nos conceptions préétablies. Ainsi pose-t-il la terrible question : et si les images projetées constituaient non pas nos fantasmes refoulées, comme cela est généralement admis, mais constituait plutôt la réalité de notre personnalité, conclusion permettant de mieux cerner l'impact de certaines images sur certaines personnes, et d'en saisir le retentissement.

Zizek, visiblement amateur de cinéma, s'exprime avec sa fougue traditionnelle et nous communique sa passion, se mettant en scène, avec le regard complice de la caméra de Sophie Fiennes, dans les décors même où on été tourné les films qu'il évoque.

 

Loin d'être un exercice fastidieux, « a pervert's guide to cinema » se révèle ludique, Zizek, par la seule force de sa personnalité et de son propos, nous maintenant en haleine au cours des 2h30 de ce documentaire qui fait aimer le cinéma.