lesratsdemanhattan2Titre du film : Les rats de Manhattan (Rats, night of terror de son titre original)

Réalisateur
: Bruno Mattei alias Vincent Dawn

Année
: 1984

Origine : Italie

Durée : 1h37

Avec
: Richard Raymond, Janna Ryan, Alex McBride, Richard Cross, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Dans un univers ravagé par les désastres de la bombe atomique, un groupe d'individus, à la recherche de nourriture, s'introduit dans un bâtiment. Le groupe va alors être confronté à des rats géants...

En 1980, le réalisateur Bruno Mattei, grand spécialiste de films Z, nous livrait un long métrage d'une incroyable débilité : Virus cannibale. Ce film est depuis lors devenu un véritable bijou pour les amateurs de films Z car il y a de quoi se marrer entre séquences surréalistes et mise en scène torchée n'importe comment. Sans compter dans ce film un jeu d'acteurs pour le moins hasardeux.
En 1984, Bruno Mattei remet le couvert avec un film de haut niveau par rapport à l'échelle du Z : Les rats de Manhattan. Entendant surfer sur la vague des films post-apocalyptiques, le cinéaste transalpin décide de concocter un film où le monde aurait été victime des bombes atomiques. C'est ainsi qu'en 2015, les bombes auraient détruits notre monde actuel. La plupart des gens se seraient réfugiés dans les souterrains, d'autres erreraient à la surface. On suit dans ce film un groupe de bikers qui se sont aventurés dans une bâtisse aux fins d'y trouver de la nourriture.
A peine commencé, le film propose déjà une scène un peu incongrue. Ayant trouvé de la nourriture, ces hommes et femmes décident de jouer avec et de faire les idiots. Le ton du film est complètement décalé par rapport à son sujet. De plus, on sent que le jeu des acteurs risque d'être aléatoire.
Enfin bon, passons. L'essentiel est ailleurs. Car le pitch du film est tout de même assez incroyable pour que l'on s'y attarde. L'action se situe 225 ans après la bombe (soit a priori en 2240). Le monde a complètement changé, à tel point que nos "héros" vont comprendre à leurs dépens que les rats sont devenus des créatures intelligentes ("dotés d'une intelligence incroyable", dixit une voix enregistrée sur un magnétophone). C'est ainsi que les rats s'organisent pour tuer un à un les membres qui sont venus dans cette maison. Evidemment, difficile de ne pas rire devant un tel sujet. Il fallait tout de même oser. Eh bien Bruno Mattei l'a fait. Et il réussit le tour de force de développer cette intrigue de base tout au long du film. On n'y croit pas une minute mais ça n'est pas grave. Au contraire, l'amateur de films Z va avoir la possibilité de se marrer singulièrement. Ainsi, les rats attaquent les êtres humains alors que l'on voit à l'écran que nos petits rongeurs ont l'air bien inoffensifs, pensant avant tout à manger les petites graines qu'on leur met à disposition. Et puis on nous montre de temps à autre un rat blanc, qui est censé être le chef des rats et qui leur donnerait des instructions.

lesratsdemanhattanOn nage en plein délire et les acteurs sont là pour faire croire à cette histoire. Les dialogues sont savoureux : "les rats ont attaqué les isolés [...] évidemment les rats réfléchissent" ; "ils [les rats] cherchent à profiter de notre frousse" ; "ce monde désormais vous [en parlant des rats] appartient."
Alors ce qui est tout de même exceptionnel c'est que Bruno Mattei essaie de donner un semblant de réalisme à son histoire branque avec quelques effets spéciaux rudimentaires : lâchers de rats pour faire croire à des attaques ; truquages en tous genres pour alimenter la thèse des rongeurs tueurs avec notamment une scène surréaliste où les rats sortent d'un corps.
D'ailleurs, Bruno Mattei n'est pas avare en scènes inattendues ou irréalistes. Il y a d'abord le fait que les protagonistes décident de rester et de se barricader au lieu de fuir ! Le coup de réussir à trouver une serre en parfait état de fonctionnement est également d'une grande logique. Mais que dire de la fin qui réserve un twist certes relativement prévisible mais complètement débile.
Pour ne rien arranger, les acteurs sont d'une nullité sans nom. Soit ils ne montrent aucune expression soit sur leur visage soit ils tentent de montrer la peur qui est censée les envahir en criant dans tous les coins. Le sur-jeu est total et accroît le côté zédar de l'ensemble. Un petit mot sur le nom des protagonistes à l'écran : la jeune femme noire s'appelle Chocolat ; le spécialiste en technologie s'appelle Vidéo. Si ça c'est pas fin !
Bruno Mattei réalise avec Les rats de Manhattan le premier film post-apocalyptique en huis-clos car l'action se déroule de manière quasi exclusive dans la bâtisse ! Doté d'un scénario invraisemblable, d'effets spéciaux amateurs, d'acteurs de deuxième zone, le cinéaste transalpin prouve qu'avec rien, on peut faire un film, même s'il est raté.
Dans tous les cas, ce film s'adresse avant tout aux amateurs de films Z qui seront ravis de voir un film à la hauteur de leurs espérances.