REC4Titre du film : REC 4

Réalisateur : Jaume Balaguero

Année
: 2014

Origine : Espagne

Durée : 1h35

Avec : Manuela Velasco (Angela Vidal), Paco Manzanedo (Guzman), Héctor Colomé (Docteur Ricarte), Maria Alfonsa Rosso (la vieille femme), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : La survivante d'une terrible catastrophe est placée en quarantaine sur un bateau.

Jaume Balaguero aurait-il des problèmes d'argent pour mettre en scène un film aussi navrant que REC 4 ? Pour rappel, en 2007, le cinéaste espagnol avait surpris son monde avec un found footage des plus efficaces où l'on suivait en direct la présentatrice d'une émission télé qui allait vivre une journée cauchemardesque avec son caméraman. Très bien mis en scène et installant le spectateur dans un sentiment de peur, REC se suffisait à lui-même.
Mais Jaume Balaguero remettait le couvert avec une suite regardable mais clairement inutile. Toujours pas décidé à stopper sa saga REC, Jaume Balaguero laissait la place à son compère Paco Plaza pour un troisième épisode dont le virage comique se révélait une bien mauvaise idée.

REC43En 2014, ce quatrième opus de REC que l'on annonce (enfin) comme le dernier, se révèle une véritable purge.
Le fait que l'action se déroule sur un bateau est probablement une des rares bonnes idées du film. Le problème est qu'il ne suffit pas de se dire que l'on va filmer dans un lieu en particulier. Encore faut-il se creuser les méninges. Or, au regard de la qualité très relative de l'histoire, les scénaristes ont dû faire la grève durant le tournage.
Difficile de savoir par où commencer tant les défauts de cette “œuvre” sont multiples. Bon, allez jetons-nous à l'eau !
La première chose qui nous surprend est de faire un raccord direct entre REC premier du nom et de cet opus. C'est comme si REC 2 et REC 3 n'avaient jamais existé. Peut-être que Jaume Balaguero s'est dit que Ripley (Sigourney Weaver) ressuscitait dans Alien 4 et qu'il ne pourrait donc pas faire pire. Soit, mais Alien 4 demeure un bon film.

REC 4 n'est pas vraiment du même acabit. Pendant une bonne demi-heure, on s'ennuie ferme avec une Angela Vidal qui est retenue prisonnière par des scientifiques, convaincus qu'elle porte en elle le germe qui transforme les gens en zombies assoiffés de sang. Et justement, voilà un autre gros hic du film, c'est que l'on attend sacrément longtemps avant de voir surgir des zombies.
Et quand ceux-ci apparaissent à l'écran, c'est avec la finesse d'un éléphant. Jaume Balaguero a dû trop regarder des jeux vidéo car on se croirait en plein shoot'em up. Pas de tension ou de peur dans le film, juste des personnes transformées en zombies qu'il faut dégommer.

Mais me direz-vous, le cinéaste espagnol aurait-il profité du déroulement de son film en pleine mer ? Eh bien non ! Là encore les scénaristes n'ont pas dû se creuser la tête – peut-être ont-ils été victimes du virus – puisque l'espace du bateau n'est utilisé qu'à ouvrir ou fermer des portes avec hublots pour empêcher des zombies d'entrer.
Sur ce même bateau, on découvre la présence de singes contaminés. Mais ces derniers ne vont mettre leur grain de sel qu'en de rares occasions. Sûrement une façon de tenter de réveiller le spectateur qui serait pris d'envies de somnolence.

REC44Car ce ne sont pas les personnages du film qui risquent de relever l'intérêt de celui-ci. La pauvre Manuela Velasco, qui interprète le rôle principal d'Angela, paraît complètement perdue. C'est certainement l'actrice elle-même qui se demande ce qu'elle est venue faire dans une pareille galère. Il faut dire qu'elle n'est aidée par ses autres compatriotes. Tous les personnages du film ne sont rien d'autre que des pures caricatures : les scientifiques sont là pour faire leurs expériences et les militaires sont là en renfort. Ces derniers tirent dans le tas dès qu'un danger semble pointer le bout de son nez. Dans ces conditions, il est parfaitement impossible de s'identifier à l'un des personnages. Il peut leur arriver n'importe quoi, on s'en moque royalement.

Avec REC 4, Jaume Balaguero parvient donc à un coup du maître : tout est raté. Pour celui qui a tout de même mis en scène des films aussi remarquables que REC (premier du nom, of course !), Darkness ou encore Fragile, il fallait faire fort pour tomber aussi bas. Le cinéaste espagnol a manifestement vendu son âme cinématographique pour des raisons mercantiles – si ce n'est pas le cas c'est encore plus grave.

Au final, REC 4 clôt de la façon la plus indigne qui soit une saga qui aurait dû en rester au premier film. Ah au fait j'ai oublié de vous dire que ce long métrage ne dispose plus d'un filmage personnel (comme dans les opus précédents) puisqu'il n'y a plus de caméra qui filme en direct mais à la rigueur on s'en moque puisque tout est déjà raté. En fin de compte, le mieux reste sans doute l'affiche du film. Vous l'avez vu. Bon bah vous avez tout vu. Vous pouvez donc passer à autre chose. Dans ce film qui se déroule en mer, on touche réellement le fond. Voilà un navet qui sera difficile à détrôner au niveau des flops de 2014.

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