chappie1Titre du film : Chappie

Réalisateur : Neil Blomkamp

Année : 2015

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h54

Avec : Dev Patel (Deon), Hugh Jackman (Vincent), Sigourney Weaver (Michelle Bradley), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Dans un futur proche, à Johannesburg, la police a été largement robotisé. Un des robots, en partie détruit lors d'un combat, est reprogrammé par son créateur et commence à penser de lui-même.

 

Neil Blomkamp est un jeune réalisateur sud-africain, auteur du prometteur District 9 et du plus conventionnel Elysium. Chappie constitue son troisième long métrage.

On retrouve plusieurs des préoccupations de ce réalisateur, avec notamment la distinction entre les gens : l'apartheid était en toile de fond de district 9, la distinction entre riches et pauvres était vivace dans Elysium ; dans Chappie il y a à nouveau cette différence entre riches et pauvres, qui est évoquée.

Une autre thématique qui tient à coeur à Neil Blomkamp est évoquée dans Chappie, et qui rejoint pour partie ce qui vient d'être évoqué : le droit à la différence. Le fameux Chappie est à la base un robot qui a été conçu pour aider la police. Mais à partir du moment où son créateur lui injecte une puce lui permettant de penser, Chappie devient une nouvelle personne. Il est capable de penser, il a désormais même une conscience, comme un véritable être humain. Tel un enfant qui vient de naître, il ne sait pas faire la différence entre le bien et le mal, et ses actions dépendent des gens qui vont faire son éducation.

chappie2Chappie donne aussi l'occasion d'aborder un thème essentiel de la science-fiction, à savoir l'intelligence artificielle. Evidemment, ce point a déjà été évoqué dans d'autres films comme A.I. Intelligence artificielle ou même dans des séries comme le sublime Battlestar Galactica. Chappie propose ainsi un prolongement intéressant de cette thématique, via une séquence finale particulièrement ouverte. On appréciera l'idée que l'être humain peut lui-même voir sa conscience transférée vers un ailleurs qui n'est pas organique.

Signalons également que dans ce film Neil Blomkamp critique ouvertement la position de certaines sociétés qui ne sont là pour faire que du profit. C'est le cas de l'entreprise qui commercialise ces robots, qui n'en a que faire de leur utilisation mais cherche uniquement à en vendre le plus grand nombre à l'armée. On ne doute pas que ce côté mercantile pourrait mener cette société à vendre ses robots à des personnes mal atentionnées, si elles allongaient une somme d'argent plus importante sur la table.

Vu comme cela, Chappie pourrait donner l'impression d'être un film majeur de la science-fiction contemporaine. Malheureusement, ce long métrage est en partie troué en raison d'un ton utilisé qui n'est pas des plus fameux.

Il est fort dommage que Neil Blomkamp ait décidé que son film dispose d'un humour omniprésent, car cela annihile le côté sérieux de l'entreprise. A la rigueur, que le robot Chappie nous fasse sourire par son côté “enfant”, pourquoi pas. Mais là où on a beaucoup plus de mal, c'est par ce choix d'inscrire Chappie dans une sorte de film de djeuns. Ainsi, plusieurs des protagonistes du film sont des petites frappes, des bandits à deux sous, qui ne pensent qu'à détourner des convoyeurs de fonds ou à trouver le moindre plan qui leur permette de se faire de l'argent. L'humour qui sied à ces personnages est franchement lourdingue, et passe mal. Du coup, le film a un peu le cul entre deux chaises, avec d'un côté tout le développement lié à la conscience d'un robot qui est réussi et de l'autre les pitreries de bandits lourdauds qui fait peine à voir.

chappie3De même, le film laisse plutôt dubitatif devant son rapport à la violence. Quand on regarde Chappie, on a presque l'impression que c'est marrant de se battre dans la rue, de flinguer des gens notamment quand ils appartiennent à la police, et que rien n'est plus cool qu'un gangster. Ce n'était sûrement pas la volonté de Neil Blomkamp que d'arriver à un tel résultat, mais toujours est-il que cette question de la violence est très mal abordée.

Il y a un vrai déséquilibre dans le ton employé dans Chappie. On passe sans transition de scènes réussies, où l'émotion est parfois palpable à des scènes d'action ou d'humour complètement débiles.

C'est franchement dommage car il y avait moyen de mettre en scène un excellent film de science-fiction.

Au niveau de la distribution, dans le rôle du scientifique qui a créé Chappie, on retrouve Dev Patel (qui a connu son heure de gloire dans le rôle principal de Slumdog millionaire) qui est tout de même assez fade dans son jeu. L'acteur Hugh Jackman, qui constitue l'un de ses opposants dans le film, est beaucoup plus convaincant. Il dégage un vrai charisme et le côté “méchant” de son personnage ne laisse personne indifférent. A noter que Sigourney Weaver dispose également d'un petit rôle dans le film. On la retrouvera sans nul doute dans un rôle pluq à sa mesure dans le prochain long métrage de Neil Blomkamp, qui sera Alien 5, attendu par toute une cohorte de fans de la saga.

En synthèse, il convient de conclure au sujet de Chappie. Ce troisième long métrage de Neil Blomkamp laisse un goût amer dans la bouche, tant on sent que le cinéaste aurait pu faire bien mieux, s'il s'était abstenu d'un humour djeuns assez malvenu. Gageons que son prochain film, le très attendu Alien 5, relève considérablement le niveau. C'est tout le bien qu'on lui souhaite.