harbinger1Titre du film : Harbinger down

Réalisateur : Alec Gillis

Année : 2015

Origine : Etats-Unis

Durée : 82 minutes

Avec : Lance Henriksen (Graff), Camille Balsamo (Sadie), Milla Bjorn (Svet), Matt Winston (Stephen), Winston James Francis (Big G), Reid Collums (Bowman), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Un groupe d'étudiants diplômés embarquent sur le Harbinger, chalutier de pêche, pour étudier les effets du réchauffement climatique sur un groupe d'orques.

 

Depuis maintenant plusieurs années, les films d'horreur de qualité sont devenus une denrée rare. On a plus souvent affaire à des films insipides ou à des remakes sans grand intérêt. Dans ces conditions, le visionnage d'Harbinger down a quelque chose de revigorant. Et ce pour plusieurs raisons.

D'abord, le film retient l'attention par son sujet, qui n'est pas sans rappeler le chef d'oeuvre de John Carpenter, The thing (1982). En effet, on suit un groupe d'étudiants, ayant embarqué sur un chalutier de pêche, qui ont fait remonter à la surface une épave spatiale sovétique endormie depuis de nombreuses années sous la glace. A bord de ce vaisseau spatial, on trouve un cosmonaute mort depuis longtemps mais surtout un organisme sur le point de se réveiller...

Le monstre que l'on va suivre tout au long du film est loin d'être sympathique. On peut même aller jusqu'à dire que c'est une véritable plaie. Il est capable d'imiter toute forme de vie, et prendre une consistance solide ou liquide, selon ses besoins. Il est donc très difficile de combattre cette chose.

harbinger2Ensuite, comme dans The thing, le réalisateur d'Harbinger down, Alec Gillis, a eu la bonne idée de rejeter les effets spéciaux numériques pour créer les différents monstres en utilisant des effets à l'ancienne. Et ce réalisateur est un spécialiste du sujet puisqu'il a travaillé quasiment toute sa vie à la conception de maquillages et autres effets spéciaux. C'est à lui que l'on doit les créatures de l'excellent Starship troopers ou plus récemment le monstre du remake de... The thing !

 

Ici, dans Harbinger down, qui constitue son premier long métrage, Alec Gillis nous sert un joyeux programme à base d'effets animatroniques, de maquillages divers et variés, et évidemment le tout chargé de latex comme au bon vieux temps. En somme, on se croirait revenu dans les années 80 ! Et ce choix se révèle particulièrement payant car les monstres visqueux font plus vrais que nature. Ces êtres répuglants aux tentacules démesurées sont vraiment effrayants et d'une redoutable efficacité.

Autre source de satisfaction : l'ambiance d'Harbinger down. Alors que nombre de longs métrages horrifiques mettent l'accent sur un ton humoristique pas franchement bienvenu, le premier film d'Alec Gillis laisse le spectateur dans une tension permanente du début à la fin. Il ne le laisse pas respirer une minute et c'est tant mieux. On s'intéresse d'autant plus au sort des personnages du film qui disposent de bien peu d'échapattoires. Ils sont sur un bateau, isolés en plein océan arctique. La possibilité de fuir est particulièrement maigre.

Et puis Alec Gillis ne se limite pas à transposer le film The thing de Carpenter sur un bateau. Il ajoute quelques éléments personnels, qui vont encore une fois complexifier les affaires de l'équipage. Car le danger ne provient pas uniquement du monstre. La vérité est ailleurs...

Dès lors, on comprend aisément que l'on ne s'ennuie pas une seconde durant les quatre vingt deux minutes que dure Harbinger down.

harbinger3Au niveau de la distribution, on remarque la présence de Lance Henriksen dans le rôle du capitaine du bateau. L'acteur chevronné, inoubliable dans le rôle de Bishop (Aliens, 1986), est très bon en vieux loup de mer qui reste le chef en toute occasion, quelle que soit la situation. Malheureusement, et c'est sûrement le seul bémol du film, les autres acteurs n'ont pas son charisme. On songe notamment au personnage principal du film, Sadie, interprété par la belle Camille Balsamo. Cette dernière ne convaint pas. Elle n'a pas l'énergie d'une Sigourney Weaver (la saga Alien) et son jeu paraît assez limité. C'est dommage que le rôle principal du film ait été donné à une actrice dont on doute franchement de sa capacité à se tirer d'un bien mauvais pas.Les autres acteurs du film ne sont pas non plus extraordinaires, se contentant de faire le job.

Heureusement, ce petit défaut n'entame pas le plaisir à regarder ce film “old school” qui bénéficie d'une mise en scène dynamique et d'effets spéciaux à l'ancienne. Quant au scénario, il ne se contente pas de reprendre l'idée générique de The thing. Il crée d'autres intrigues qui donnent e l'épaisseur à cette histoire. En étant vraiment sévère, on pourra toujours pinailler sur la fin du film, moins noire que dans The thing. Ce long métrage aurait été encore meilleur avec un côté jusqu'au-boutiste assumé jusqu'au bout.

Mais peut-être que Alec Gillis a déjà en vue un Harbinger down 2. Ce qui ne serait pas pour nous déplaire !