thecrazies1Titre du film : The crazies

Réalisateur : Breck Eisner

Année : 2010

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h41

Avec : Timothy Olyphant (David), Radha Mitchell (Judy), Joe Anderson (Russell), Danielle Panabaker (Becca), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Un virus transforme les habitants d'une ville en dangereux assassins.

 

Réalisé par Breck Eisner, The crazies n'est rien d'autre que le remake de La nuit des fous-vivants (1973) de George A. Romero. Ce dernier est d'ailleurs producteur exécutif du film.
Le film ne s'embarrasse pas à tenter un remake original. Ici, la trame du film de George A. Romero est respectée à la lettre ; certainement trop d'ailleurs. Dans une petite ville des Etats-Unis d'environ 1000 habitants, on assiste à des changements pour le moins étranges dans le comportement des habitants.
Ainsi, on voit par exemple un homme qui brûle la maison où se trouvent sa femme et son fils. Certaines personnes semblent avoir perdu la tête et souhaitent tuer leurs congénères, tout en ayant dans le même temps un regard vide qui en dit long sur leur santé mentale. Au départ le shérif de la ville, David (Timothy Olyphant) pense que le mal provient d'un taux d'alcoolémie trop élevé. Puis il y a la théorie d'une eau infectée, à la manière du film Cabin fever.

thecrazies3On comprend plus tard que le virus, qui touche quasiment toute la population de cette ville, est le résultat d'une arme biologique envoyée par l'armée. Cette dernière se sert de cette ville comme base d'expérimentation. Comme souvent chez Romero – puisque le cinéaste Breck Eisner se contente finalement de reprendre certaines idées du film original – l'armée en prend pour son grade. Ici, les militaires apparaissent vraiment comme des salauds, des espèces de robots qui se soucient nullement de la vie d'autrui. Enveloppés dans leurs combinaisons, ils constatent la réussite de leur opération et n'hésitent pas à tuer et à brûler des gens infectés. Pire, ils ne font pas la différence entre ceux qui sont infectés et ceux qui ne le sont pas. Les militaires ne se posent pas de questions. Ils tuent des gens et font exploser des voitures.

A l'instar du film original, Breck Eisner va nous montrer la tentative d'un petit groupe de personnes d'échapper aux « fous » et aux militaires en quittant la ville. Malheureusement, alors que le film original comportait une ambiance très étrange et où la suspicion était de mise pour savoir si les personnages sont atteints ou non du virus, The crazies version 2010 ne fait preuve d'aucune finesse. Si les amateurs de films d'horreur pourront se satisfaire de quelques scènes gore plutôt bien faites, il n'empêche que l'ensemble manque cruellement d'originalité et de saveur. Le climat d'étrangeté du film original n'est plus présent et la psychologie des personnages est réduite comme peau de chagrin.

En fin de compte, on assiste à un énième film d'horreur qui joue la carte de l'action et du virus bactériologique. Sans être mauvais, les acteurs principaux, joués par Timothy Olyphant et Radha Mitchell, ne parviennent guère à susciter l'émotion.
Il faut dire qu'ils ne sont pas aidés par un scénario qui est loin de jouer la carte de la finesse et qui comporte plusieurs scènes irréalistes. Dans le genre « on y croit pas du tout », on a droit au shérif décidant de libérer un militaire prisonnier tout simplement parce que ce dernier déclare qu'il ne répètera rien. On a aussi le shérif adjoint qui accepte de se sacrifier pour créer une diversion en faveur de son boss et de son épouse, alors que quelques minutes auparavant il était à deux doigts de les tuer. Le scénario n'est pas non plus des plus crédibles quand on voit à de nombreuses reprises qu'un personnage, sorti quasiment de nulle part, se trouve au bon endroit et au bon moment pour sauver un autre personnage.

thecrazies2Quant à la mise en scène, elle n'a rien de génial non plus. Elle est dans l'ensemble assez classique et les quelques originalités dont elle fait preuve s'avèrent assez mal choisies. Ainsi, il y a des contre-plongées qui montrent des gens qui sont observés, en nous donnant des indications sur la population ou la situation géographique. Ces contre-plongées qui font office de raccords, s'avèrent peu fines et globalement plutôt inutiles.
Enfin, au sujet de la photographie du film, on constatera que l'image paraît un peu trop propre, notamment par rapport au film original. Du coup, l'ambiance tendue du film original n'est pas du tout rendue ce qui est fort dommageable pour un long métrage censé jouer justement sur une ambiance quasi schizophrène. D'autant que la ville a été mise sous quarantaine.

Pour terminer, notons que le happy end final tire vraiment en longueurs. Heureusement, le twist final est plutôt bienvenu, et rachète (en partie) les raccords peu fins qui nous ont été montrés tout au long du film.
En synthèse, l'intérêt du remake d'un film passionnant de George A. Romero est des plus limités. Il vaut mieux aller voir le film original en DVD et oublier ce remake qui, sans être nullissime, s'avère un long métrage inutile.

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