Blade runnerTitre du film : Blade runner 2049

Réalisateur : Dennis Villeneuve

Année : 2017

Origine : États-Unis

Durée : 2h44

Avec : Ryan Gosling (Officier K), Harrison Ford (Rick Deckard), Jared Leto (Niander Wallace), Ana de Armas (Joi), Sylvia Hoeks (Luv), Robin Wright (Lieutenant Joshi), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé.


Après une première incursion réussie dans la science-fiction, le canadien Denis Villeneuve poursuit sur sa lancée en s'attaquant à un monument : la suite de Blade runner (1982). Trente cinq ans après la sortie du long métrage de Ridley Scott, les attentes des fans du film original, un des chefs d’œuvre de la science-fiction, sont forcément énormes.

Heureusement on sait que derrière la caméra il y a Denis Villeneuve, un réalisateur qui a déjà fait ses preuves. Et dans le rôle principal, c'est Ryan Gosling qui interprète l'officier K, un blade runner chargé d'éliminer les androïdes récalcitrants, n'acceptant pas de se soumettre aux hommes.

bladerunner5Dès le départ, on est très agréablement surpris par l'univers s'ouvrant devant nos yeux. Denis Villeneuve a sans nul doute bénéficié de moyens importants, car le background est extrêmement développé, et on se situe bien dans un monde futuriste dans la lignée de Blade runner. Ici, on est en 2049, dans une société où l'Homme cohabite avec des répliquants (sortes d’humanoïdes en principe dénués d'émotion).

La Tyrell Corporation, créatrice des premiers répliquants dans Blade runner premier du nom, a été rachetée par la société de Niander Wallace, qui est cette fois parvenu à faire des répliquants de véritables esclaves pour l'Homme.

Comme pour le film de 1982, Blader runner 2049 constitue une œuvre à mi-chemin entre le film noir et le film de science-fiction. Alors que l'officier K est chargé de mener une enquête pour mettre fin aux agissements de « mauvais » répliquants, il va apprendre beaucoup de choses surprenantes qui vont remettre en question son sens de la vie.

Blade runner 2049 a le mérite de développer des thématiques déjà bien installées dans Blade runner : la notion d'âme, d'humanité est-elle concevable chez un répliquant ? Et mieux encore un répliquant pourrait-il être en mesure de procréer ? Voilà des questions passionnantes qui sont mises en valeur et invitent le spectateur à s'y pencher.

D'ailleurs, en se projetant en 2049, Denis Villeneuve a très bien saisi les bouleversements technologiques que connaît notre société depuis des années. Dès lors, il introduit une très intéressante réflexion concernant l'intelligence artificielle. Sur ce point, le personnage de Joi est fondamental. Il s'agit d'un hologramme domestique constituant la compagne de route de K. Mais c'est bien plus que ça. On est en droit de penser que cette petite amie par procuration n'est pas uniquement là pour matérialiser les envies de son possesseur. On a l'impression qu'elle ressent des émotions et que son statut évolue au fur et à mesure que le film avance.

bladerunner2De la même manière, on sent bien que la « méchante » de 2049, Luv, une androïde très développée, souhaite prendre plus de liberté et être plus que le bras droit de son créateur, Niander Wallace.

Cette société du futur, finalement pas si lointaine, est quelque part assez effrayante. Va-t-on à l'avenir, comme K avec Joi, connaître l'amour par procuration ? Les fameux robots, qui tendent à s'humaniser, seraient-ils in fine le fléau de l'Homme ? L'avenir le dira mais on espère des lendemains différents comparés à ce qui est proposé dans la série Battlestar Galactica.

Dans Blade runner 2049, outre de sublimes effets spéciaux, une mise en scène très fluide et des thèmes riches, on retrouve avec plaisir dans le dernier tiers du film le personnage de Rick Deckard, joué par un Harrison Ford toujours en forme pour son âge et faisant preuve de beaucoup de charisme. L'acteur Ryan Gosling est bon, on le sent impliqué mais cela ne vaut pas la prestation de son aîné. Surtout que le film nous promet une confrontation effrayante entre Deckard et Niander Wallace (superbement interprété par Jared Leto), un personnage pas franchement aimable.

Blade runner 2049 est une incontestable réussite qui prolonge très bien l'expérience sensitive vécue au travers de Blade runner. Toutefois, cette œuvre n'arrive pas au niveau de l'original. En cause, deux raisons principales. D'abord, une durée trop longue. Le film a beau être superbe sur le plan esthétique et passionnant par les thèmes qu'il met à jour, on ne peut nier que l'action finit par tourner un peu en rond. D'autant que le film dure tout de même 2H44 ! Un autre point pouvant nous amener à tempérer notre enthousiasme concerne la musique du film. Si Hans Zimmer livre une partition tout à fait plaisante à l'écoute, rappellant évidemment sur certains morceaux l'oeuvre originale, il va sans dire qu'elle n'égale jamais la BO signée Vangelis, qui apportait sans conteste un surplus d'émotion.

Au final, en dépit des quelques défauts évoqués ci-dessus, Blade runner 2049 constitue une excellente surprise. Denis Villeneuve parvient à mettre en scène avec brio une suite de qualité par rapport au fabuleux Blade runner. Ce film sera sans doute un des meilleurs de cette année 2017. On attend évidemment avec intérêt la prochaine création de Denis Villeneuve.

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