mazinger1Titre du film : Mazinger Z infinity

Réalisateur : Junji Shimizu

Année : 2017

Origine : Japon

FICHE IMDB

Synopsis : Dix ans sont passés depuis que Kôji Kabuto (Alcor), aux commandes du super robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, Kôji Kabuto n’est plus pilote, il a pris le chemin de son père et grand-père en devenant scientifique. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Il détecte de mystérieux signes de vie. Il s’en suit de nouvelles rencontres, de nouvelles menaces et bientôt, un nouveau destin pour l’humanité.

 

En France, l’oeuvre du mangaka Go Nagai est principalement connue via la série télévisée culte Goldorak, diffusée à partir de 1978 sur Antenne 2. Et pourtant, Goldorak n’est pas l’oeuvre fondatrice des mechas (ces robots gigantesques pilotés par des êtres humains). En effet, six ans auparavant, le manga Mazinger Z avait déjà été adapté à la télévision au Japon.

Réalisé à l’occasion des 45 ans de la franchise Mazinger, Mazinger Z infinity fait donc son apparition en France dans les salles obscures. Ce film d’animation ne devrait sans doute pas rencontrer un succès public important, en raison de la faible connaissance du public français de Mazinger Z (pourtant considéré au Japon comme un manga fondamental, bien plus important que Goldorak !) et d’une médiatisation très relative.

Pourtant, Mazinger Z infinity est un film d’animation très intéressant qui recèle de nombreuses qualités. Evidemment, au départ, le spectateur lambda risque d’être quelque peu décontenancé en voyant des personnages qu’il ne connaît pas ou peu. D’ailleurs, même en regardant ce long métrage en français, le héros s’appelle Koji Kabuto, dont le nom est… Alcor dans Goldorak !

mazinger2Passé un temps de découverte de l’univers Mazinger Z, ce film d’animation a de quoi ravir les nostalgiques. On retrouve avec plaisir des héros d’antan, mis au goût du jour. Car l’animation d’aujourd’hui n’a évidemment rien à voir avec l’année 1972. Les images de synthèse sont désormais monnaie courante. Pour autant, la technologie actuelle est mis au service de l’animation, et non l’inverse. Mazinger Z infinity profite des images de synthèse qui lui permet d’obtenir une fluidité certaine et de belles images lors des combats dantesques que se livrent les « gentils » et les « méchants ». Mais l’essentiel de l’animation est fait à l’ancienne, avec le crayon qui donne un côté authentique à l’ensemble.

Mais revenons en au scénario en lui-même. Comme on peut fortement s’en douter, dans une œuvre considérée comme « basique » où les gentils mechas affrontent des mechas monstres, les combats sont très nombreux. De ce point de vue, le spectateur en a pour son argent avec des batailles gigantesques à gogo, des explosions dans tous les sens et des combats d’une grande fluidité.

Cela n’est clairement pas le plus intéressant, même si c’est un passage obligé dans ce genre de film d’animation. Au passage, il convient de noter que le chara-design est très réussi avec des personnages très bien caractérisés.

Ce film ne s’arrête heureusement pas à de belles images et de beaux combats. Ainsi, il va sans dire que l’étrange personnage de Lisa apporte sa pierre à l’édifice. Elle est présentée comme une sorte d’humanoïde, créée dans des temps anciens (par l’homme?) et revenue des entrailles de la Terre (pour sauver l’homme?). Son personnage est vraiment riche car il fait le lien entre le monde des Humains et les mondes parallèles qui nous entourent. Avec son côté bienveillant, Lisa apparaît clairement comme la clé de voûte pour vaincre l’ennemi. Si certains pourront se gausser d’une certaine naïveté du propos (l’amour pouvant être plus fort que tout), est-ce vraiment un tort de déclarer que l’on est toujours mieux armé ensemble que seul ? Après tout, en ces temps où le terrorisme est une plaie qui n’a pas fini de faire des dégâts, Mazinger Z infinity est une œuvre actuelle qui entend elle aussi résoudre cette question. Sauf que les tueurs ont ici été remplacés par des savants fous et autres mechas monstrueux.

mazinger3Là n’est pas le seul attrait de Mazinger Z infinity sur le plan scénaristique. Ce film nous amène également de façon assez surprenante vers des contrées inconnues. En effet, ces mondes parallèles posent la question de la vie extraterrestre. Et puis il y a ces magnifiques séquences où le héros, Koji, navigue dans un autre temps, évoquant cette fois la question du choix (prendre un nouveau départ, devenir père) et n’est pas sans rappeler une des thématiques fortes du Premier contact de Denis Villeneuve .

Comme quoi, derrière le côté attendu de ce film de mechas et quleques délires comico-érotiques franchement dispensables, Mazinger Z infinity est bien qu’un simple hommage à l’oeuvre de Go Nagai. C’est un film synthétisant parfaitement l’univers de la science-fiction que l’on connaît avec des robots géants, n’omettant pas au passage de glisser quelques considérations socio-politiques actuelles.

Le rappel incessant à la photo-énergie est d’ailleurs sans doute une façon de nous interpeller sur le fait que l’on n’arrête pas de gaspiller les ressources de notre planète, sans tenter de trouver une alternative véritablement viable pour les générations futures. Nos amis Japonais sont encore une fois sensibles à toutes ces considérations écologiques. Souvenez-vous de Mon voisin Totoro.