americannight41Titre du film : American nightmare 4 (titre original : the first purge)

Réalisateur : Gerard McMurray

Année : 2018

Origine : États-Unis

Durée : 1h38

Avec : Y’lan Noël (Dimitri), Lex Scott Davis (Nya), Joivan Wade (Isaiah), Marisa Tomei (docteur Updale), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Pour faire passer le taux de criminalité en-dessous de 1% le reste de l’année, les « Nouveaux Pères Fondateurs » testent une théorie sociale qui permettrait d’évacuer la violence durant une nuit dans une ville isolée.

 

La saga American nightmare (The purge en anglais) semble inépuisable. Évidemment, comme elle est très rentable, pas question de l’arrêter. Le premier épisode était bien sûr le plus original puisqu’il évoquait le concept de la purge. Le principe : aux Etats-Unis, pendant 12 heures, les gens peuvent librement tuer leurs congénères sans être inquiétés en retour. Destinée à faire baisser la criminalité, cette purge permet de relancer le marché des armes et des appareils de sécurité (on est jamais mieux que chez soi en cas de guerre civile). Mais surtout elle est très contestable sur le plan humain et moral.

C’est sur ce postulat que l’on avait droit à un premier film bien prenant, un second sympathique mais faisant trop dans la redite et un troisième qui se renouvelait en mettant l’accent sur la politique. Ce quatrième épisode peut être considéré comme le numéro 0 puisque l’on se situe aux origines de la purge.

Pour American nightmare 4, James DeMonaco, réalisateur des trois premiers films, a laissé la place de metteur en scène à Gerard McMurray. Toutefois, il est toujours présent, en étant scénariste et producteur du film.

americannight42Dans cet opus, Gerard McMurray ne s’embarrasse pas de scènes d’exposition. En quelques minutes, on apprend que la société américaine est en plein désarroi (économie en berne, taux de chômage élevé, criminalité importante) et que les élections ont mené au pouvoir « les nouveaux pères fondateurs » aux rennes du pouvoir. Le président en place décide d’expérimenter la purge dans une ville-test.

Le spectateur ne sera pas vraiment surpris par la tournure des événements. Malgré cela, American nightmare 4 s’avère un opus efficace. Gerard McMurray met en avant plusieurs points saillants : une classe politique usant de stratagèmes bien souvent contestables pour aboutir à ses fins ; une purge ciblant avant tout les couches populaires de la société ; des combats urbains dignes des films virils des années 80.

American nightmare 4 pointe du doigt des dirigeants politiques profitant d’une situation socio-économique trouble pour mettre en place des actions inadmissibles. On se croirait revenu aux heures les plus sombres de notre histoire.

La légitimation de la violence pose question. Et pour assurer la réussite de cette purge, le gouvernement offre des primes à ceux qui resteront chez eux et des sommes encore plus rondelettes à ceux qui participeront activement à la purge. Il est clair que l’on profite de la misère humaine. Ce sont bien sûr les classes défavorisées qui trinquent dans ce cas-là. Il eut été surprenant que cette expérience ait lieu à Beverly Hills !

Dans le secteur où se déroule la purge, on est à l’abri nulle part. Même les lieux de culte ne sont pas sûrs. C’est ce qui rend ce film encore plus prenant. D’autant que de façon encore plus nette que les trois autres opus, American nightmare 4 glisse progressivement vers le pur film d’action.

On peut d’ailleurs « s’amuser » à compter le nombre de victimes à l’écran. Entre les participants de la purge, les gangs qui en profitent pour régler leurs comptes, et les mercenaires que l’on introduit délibérément pour augmenter le chaos existant, il y a du monde à l’œuvre ! Et les morts s’amoncellent en tout lieu et à tout moment, ce qui tend à montrer le succès de cette purge alors en phase de test.

americannight43Alors que les choses virent à la boucherie pure et simple, les scénaristes d’American nightmare 4 ont eu la bonne idée d’introduire un véritable anti-héros, un peu à la manière de Snake Plissken chez Carpenter (New York 1997, Los Angeles 2013). Il s’agit cette fois d’un chef de gang qui va révéler son courage et sa pugnacité, bien décidé à ne pas laisser les activistes de la purge dézinguer à tout va les citoyens en toute impunité. Cela n’est évidemment pas anodin si le héros est un noir, interprété de façon probante par l’acteur Y’lan Noël. Cela ajoute à la dimension lutte des classes de ce film : d’un côté les Blancs, possesseurs de l’argent et du pouvoir, et de l’autre les classes malheureuses, subissant les actions des noirs. En somme, on a les dominants et les dominés.
Devant ce film efficace et qui monte progressivement en puissance, on regrettera toutefois que la charge contre la politique ne soit pas plus développée. Le réalisateur critique ouvertement une Amérique violente, ultra-sécuritaires, où les forts oppressent constamment les faibles. Mais ces sujets ne sont pas parfois qu’effleurés, privilégiant une action à tout bout de champ.

American nightmare 4 demeure n’en demeure pas moins un spectacle largement recommandable. Les amateurs de la saga sont en terrain conquis tandis que ceux apprécient les films d’action/d’horreur peuvent y trouver leur compte.