kincsem4_51c91Titre du film : Kincsem

Réalisateur : Gabor Herendi

Année : 2017

Origine : Hongrie

Durée : 2h01

Avec : Ervin Nagy, Andrea Petrik, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : 1848. L’Empire austro-hongrois vit des heures agitées. Entraîneur de pur sang, l’aristocrate Blaskovich est tué par son ancien ami, l’officier von Oettingen, venu l’arrêter pour trahison. Devenu orphelin, son fils Ernö est chassé du château confisqué par le traitre pour sa fille Klara. Des années plus tard, Ernö mène une vie aventureuse entre les champs de courses et les conquêtes féminines. Mais le sentiment de vengeance ne l’a pas quitté. Sa revanche va prendre les traits d’un cheval réputé indomptable : Kincsem.

Kincsem est le nom d’une mythique jument hongroise, qui a remporté 54 victoires sur les hippodromes du monde entier en... 54 courses ! Avec ce film, le réalisateur hongrois Gabor Herendi traite la destinée hors du commun de ce cheval.

En se basant sur des faits historiques unanimement reconnus, la production a imaginé un drame romantique. Kincsem est évidemment la star à qui rien ne résiste. Pour autant, c’est une autre histoire qui retient l’attention du public féminin à qui est destiné ce long métrage. On suit ainsi les aventures hautes en couleurs du comte Erno Blaskovich, décidé coûte que coûte à faire payer son ennemi, le responsable militaire autrichien Otto von Oettingen, lequel a tué jadis son père suite à l’échec de la révolution hongroise de 1848. Et le hasard va non seulement lui permettre de se venger grâce à la réussite de Kincsem, mais va surtout dresser sur son chemin la belle Klara von Oettingen, la fille d’Otto, dont il est éperdument amoureux.

kincsem3_3dfe0Si l’issue de cette romance ne laisse guère de doute, il n’empêche que l’on passe un très bon moment à suivre ce jeu de dupes et cette séduction permanente entre deux personnes que tout devrait opposer. Mais l’amour n’a pas de frontières et Erno Blaskovich fait son maximum pour se rapprocher de sa belle. Le plus difficile pour le comte sera alors de choisir entre son amour pour Klara ou sa vengeance. Cruel dilemme !

Le réalisateur a eu la bonne idée de multiplier les genres. Outre la romance et le drame, la comédie est à l’œuvre à plusieurs reprises. Le personnage d’Erno Blaskovich vaut à lui seul le déplacement, tant il est survolté et épris de liberté. Noble désargenté et flambeur, il a bien des difficultés à payer ses créanciers, allant même jusqu’à réclamer un prêt à une mère maquerelle avec beaucoup d’humour : « certaines émotions ne survivent pas si elles sont prisonnières de question d’argent. » De plus, les amateurs d’animaux sont à la fête avec une très amusante complicité entre le chat dénommé Schultz et la fameuse Kincsem.

Il y a même un petit côté historique avec le rappel de la purge ayant suivi l’échec de la révolution hongroise. Le père d’Erno Blaskovich représente l’un de ces nombreux nobles ayant tenté de rétablir les droits et libertés du peuple hongrois, et l’a payé de sa vie, comme plus d’une centaine d’insurgés. Il y a donc la grande Histoire, dramatique, et la petite histoire, bien plus joyeuse, celle de Kincsem.

Bien qu’étant d’une durée plutôt conséquente (2h), ce film parvient à retenir l’attention du spectateur. Il faut dire que la production a mis les petits plats dans les grands avec un budget de 9 millions d’euros, faisant de Kincsem le long métrage le plus cher jamais produit sur le sol hongrois. Et le budget mis à l’œuvre se voit bien à l’écran, qu’il s’agisse des très belles demeures d’époque, des hippodromes, des magnifiques costumes portés par les nombreux acteurs mais aussi le soin apporté à la photographie aux couleurs chatoyantes.

 kincsem2_1c6a8La réalisation est par ailleurs très dynamique, notamment lors des courses de chevaux. On sent bien que la mise en scène a été très travaillée, avec de beaux mouvements de caméra. On regrettera simplement quelques tics visuels (des ralentis lorsque le comte Erno Blaskovich chevauche Kincsem), tout à fait dispensables.

Enfin, on retiendra au niveau de la distribution le beau duo constitué du Hongrois Ervin Nagy, à l’aise dans le rôle de l’impétueux Erno Blaskovich, et de la Serbe Andrea Petrik, pas insensible au charme de l’ennemi de son père. Et puis il convient de signaler l’importance de la relation entre le comte Blaskovich et sa jument : on sent qu’il se passe quelque chose de fort entre l’homme et ce cheval, qui n’est sans doute pas étranger à leurs succès.

Derrière la réalité historique incroyable d’une jument surdouée, Kincsem met l’accent sur une romance certes prévisible mais agréable à regarder. Pas un grand film, mais une œuvre qui devrait ravir les amateurs de romance.

 

Critique parue à l'origine sur le site avoir-alire.com à l'adresse suivante :

https://www.avoir-alire.com/kincsem-la-critique-le-test-blu-ray