darkimpulse1Titre du film : Dark impulse

Réalisateur : Mariano Barroso

Année : 2012

Origine : Espagne

Durée : 1h33

Avec : Leonor Watling, Miguel Angel Silvestre, Nathalie Poza, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Eva, qui a toujours eu le contrôle sur les événements de sa vie, va voir son existence chamboulée... En effet, elle doit élucider une affaire de meurtre et va se laisser prendre à un jeu très dangereux avec son témoin principal.

 

Sorti dans les bacs au début du mois de mars 2014, Dark impulse avait donc mis plus de 2 ans à arriver en France, en le faisant directement par le biais de la vidéo. De quoi soulever des doutes quant à ses qualités de thriller ibérique, genre bien aimé, mais un peu à la traîne depuis quelques années. Le titre, Dark impulse, farouchement inscrit dans la série B, titille pourtant nos envies, on a bien envie de goûter à ce "Désir sombre", surtout quand le rôle principal est tenu par la belle Leonor Watling, inoubliable de sensualité dans Son de mar de Bigas Luna (2001).

Cependant, les spectateurs les plus avertis qui espèrent un DTV hot du genre “Hollywood night” où le thriller n’est que le prétexte à des scènes érotiques assez osées, y seront pour leurs frais. Quant aux plus cinéphiles nourrissant l’ambition d’une œuvre d’une grande complexité, ils ressortiront également frustrés car Dark impulse n’est rien d’autre qu’un thriller banal handicapé par un scénario sans finesse.

darkimpulse5-0839aOn suit Eva, une jeune juge, qui a tout sacrifié pour en arriver là où elle est. Elle enquête sur une affaire de meurtre de strip-teaseuse, et soupçonne un gros industriel local. Manque de chance, le coupable est connu dès le départ.

Tout l’enjeu de Dark impulse est alors de savoir si la justice va disposer des preuves suffisantes pour envoyer le tueur derrière les barreaux. Le réalisateur, Mariano Barroso, ne va pas s’embarrasser d’un scénario sinueux. Il va mettre sur la route d’Eva un jeune séducteur, qui se prénomme Rocco. Un gigolo ! Il la manipule de façon criarde, mais c’est bien connu, l’amour rend aveugle et Eva ne s’en rend donc jamais compte.
Le spectateur cochon, propre aux séries B, n’est-ce pas, ne pourra pas tirer grand-chose de cette histoire d’amour ; les scènes osées sont bien timides et se déroulent pour l’essentiel dans l’obscurité.

L’enquête judiciaire se suit de façon impersonnelle dans un degré de banalité accentué par les quelques rebondissements qui émaillent l’intrigue. Il faudra s’endormir devant son écran, chose probable, pour être surpris par le volte-face de l’un des témoins à charge. Mais ne soyons pas totalement médisant. Dark impulse a tout de même quelques qualités. Les acteurs Leonor Watling et Miguel Angel Silvestre sont plutôt bons et ils évoluent dans un thriller psychologique rythmé qui évite la gratuité gore, à la différence des ersatz de Saw.

Et puis cette œuvre brosse un assez beau portrait d’une jeune femme contemporaine, belle, riche, sportive mais désespérément seule. Elle est bien représentative de cette société individualiste où l’être humain est au cœur de tout mais où le relationnel est réduit à peau de chagrin.

L’approche de son personnage, au passé ambigu, est plutôt subtile et confère par instants une ambiance assez pesante à ce long métrage. Quant au côté dark de la personnalité d’Eva – qui a appris à juger mais pas à pardonner – il est plutôt pertinent.
Au final,
Dark impulse donne le sentiment d’un certain gâchis. Le manque de crédibilité de la manipulation dont est victime Eva finit par amuser le spectateur, tellement les ficelles sont grossières. Cet élément combiné avec la prévisibilité du script, vous aurez compris que l’on n’est pas face à la renaissance du cinéma de genre ibérique tant espérée.