belfast0Titre du film : Belfast

Réalisateur : Kenneth Branagh

Année : 2022

Origine : Royaume-Uni

Durée : 1h34

Avec : Caitriona Balfe, Jamie Dornan, Jude Hill, Ciaran Hinds, Judi Dench, etc.

Editeur : Universal Pictures France (site internet, facebook, twitter)

En DVD et Blu-Ray depuis le 6 juillet ainsi qu'en VOD et Achat digital

Synopsis : Été 1969 : Buddy, 9 ans, sait parfaitement qui il est et à quel monde il appartient, celui de la classe ouvrière des quartiers nord de Belfast où il vit heureux, choyé et en sécurité. Mais vers la fin des années 60, alors que le premier homme pose le pied sur la Lune et que la chaleur du mois d’août se fait encore sentir, les rêves d’enfant de Buddy virent au cauchemar. La grogne sociale latente se transforme soudain en violence dans les rues du quartier.

 

Kenneth Branagh est bien connu pour ses adaptations à l’écran de classiques allant de Shakespeare comme Beaucoup de bruit pour rien (1993) et Hamlet (1996) à Agatha Christie avec Le crime de l’Orient-Express (2017) et Mort sur le Nil (2022). On imagine beaucoup moins que l’intéressé est né à Belfast et qu’il y a vécu jusqu’à l’âge de neuf ans.

belfast1Belfast est vu par Kenneth Branagh comme une œuvre autobiographique, à ceci près qu’il a changé des éléments de sa vie personnelle pour les besoins de cette fiction. Il évoque donc la ville de son enfance, faisant partie de l’Irlande rattachée au Royaume-Uni, et les affrontements entre la minorité catholique et la majorité protestante dans les années 60.

Le film débute d’ailleurs le 15 août 1969 avec son personnage principal Buddy (une représentation évidente de Kenneth Branagh jeune), un garçon de neuf ans, qui observe les débuts de cette guerre civile entre protestants et catholiques.

Le cinéaste n’a pas choisi d’axer son propos sur ces conflits – même s’ils ne cessent d’émailler le film – mais plutôt de s’intéresser à la cellule familiale de Buddy. Le garçon est issu d’une famille modeste dont le père est obligé de s’expatrier en Angleterre pour s’en sortir.

Filmé à hauteur d’enfant, Belfast nous montre deux choses ambivalentes. Côté face on la difficulté d’une famille à boucler les fins de mois et les tensions latentes que cela génère, avec en arrière-plan ces rixes de plus en plus fréquentes entre protestants et catholiques. Côté pile on a la joie de vivre d’un enfant parfaitement intégré dans un cocon familial et qui découvre le bonheur d’aller au cinéma et de voir des films à la télévision. On se régale d’ailleurs de voir des extraits – en couleurs, une façon de signifier qu’il s’agit des moments de joie – de westerns tels que L’homme qui tua Liberty Valance.

Certes, Belfast n’apporte rien de vraiment neuf et Kenneth Branagh n’approfondit pas le contexte explosif de l’époque. Il était nécessaire à ce moment de choisir son camp, on pouvait difficilement rester neutre.

belfast2Toutefois, il compense la faiblesse d’un scénario trop balisé avec une belle réussite au niveau de la chronique sociale. L’enfant Buddy, joué par le charmant Jude Hill, est extraordinaire de naturel. Ce gamin est super mignon et on suit avec intérêt sa vie de famille à travers son regard d’enfant. Comme dans toute famille, celle de Buddy comporte son lot de moments de bonheur et de tristesse. On voit aussi clairement que cette famille, notamment la mère, est très attachée à la ville de Belfast (la fin alternative du film, que l’on retrouve sur le DVD, est de ce point de vue plus riche sur le plan émotionnel). C’est un peu une part de ces gens qui vit et vivra toujours dans Belfast.

Si le film est chargé en émotion, il comporte aussi plusieurs séquences d’humour que l’on doit aussi bien à la petite copine de Buddy, une voleuse patentée, mais aussi le grand-père toujours décontracté et philosophe à sa façon : « les femmes sont des créatures mystérieuses ».

Belfast peut aussi se targuer d’une très belle photographie en noir et blanc qui inscrit d’autant plus l’action dans un passé révolu. La musique d’époque est elle aussi plaisante qu’elle soit jazzy ou plus rock, voire même dans un style proche de la country. Dans une magnifique séquence célébrant l’amour, on prend un plaisir évident à regarder se déhancher les parents de Buddy sur le hit Everlasting love du groupe Love Affair (1967).

On appréciera enfin la bonne tenue de la distribution, qui comporte quasiment que des Irlandais au casting, qu’il s’agisse de l’émouvante Caitriona Balfe (l’actrice culte de la série Outlander) dans le rôle de la mère ou encore du beau Jamie Dornan, Monsieur 50 nuances de Grey. Une pensée aux seconds rôles tenus par d’excellents Ciaran Hinds, Judi Dench.

En somme, si Belfast est sans doute un film mineur dans la filmographie de Kenneth Branagh, il n’en reste pas moins une œuvre plaisante et émouvante à regarder qui a su séduire un public, au regard des différents prix récoltés.

 jamiedornan3Caractéristiques du DVD édité par Universal Pictures France  :

L’image : une copie très propre qui rend grâce à la magnifique photographie en noir et blanc.

Le son : un dolby digital 5.1 de très bonne facture qui permet d’apprécier la belle BO du film.

Les bonus : On débute avec une fin alternative (5 mn23) qui constitue une fin sans doute plus nostalgique que celle retenue au final. On poursuit avec trois scènes coupées d’une durée totale de 2 mn38. Totalement anecdotiques, on comprend que ces dernières n’aient pas été conservées au montage. Une ville d’histoires : le making of de Belfast est donc un court making of (9 mn24) laissant la parole à Kenneth Branagh et aux principaux protagonistes. Il permet d’en savoir plus sur le contexte du film. L’enfant qui est en vous (1 mn50) est un module inutile où les acteurs indiquent leur plat préféré et leur jouet préféré lorsqu’ils étaient enfants. On garde le meilleur pour la fin avec la possibilité de visionner le film avec le commentaire audio de Kenneth Branagh (avec sous-titres français).

Lien vers la fiche Cinetrafic du film :

https://www.cinetrafic.fr/film/64457/belfast