Déjantés du ciné

Site indépendant proposant plus d'une centaine de critiques de films américains, asiatiques et européens.

17 décembre 2008

W. d'Oliver Stone

WRéalisé par Oliver Stone
Année : 2008
Origine : Etats-Unis
Avec : Josh Brolin, Elizabeth Banks...
Durée du film : 130 minutes

FICHE IMDB

Résumé : Un biopic sur le président des Etats-Unis George W. Bush

Pas vraiment au meilleur de sa forme lors de ses derniers films (Alexandre ; World trade center), Oliver Stone nous revient en 2008 avec un film, W., qui ne va manifestement pas lui permettre de revenir sur le devant de la scène.

Avec ce titre, W. (le film bénficie d'un titre plus long pour la France, à savoir W. l'improbable président), Oliver Stone s'intéresse au président actuel des Etats-Unis, George W. Bush.

Connaissant Oliver Stone, on aurait pu s'attendre à un film polémique. D'ailleurs, dans les médias, le film a été vendu comme tel. Le film aurait d'ailleurs eu des difficultés pour être diffusé dans les salles de cinéma aux Etats-Unis.

Pourtant, après avoir vu le film, on ne peut être qu'étonné de la publicité qui a été faite autour du film.

A mon sens, Oliver Stone s'est pris les pieds dans le tapis. Reconnaissons tout de même que tout n'est pas à jeter dans ce film.

La première partie du film comporte quelques éléments intéressants. Ainsi, Oliver Stone nous montre le président des Etats-Unis à partir de 2002 (le choix a été fait de démarrer peu de temps après les événements du 11 septembre 2001, ce qui en soi peut se concecoir puisque les attentats du 11 septembre ont eu un effet traumatique et ont déclenché l'envoi de troupes américaines en Irak).

On voit alors un président hésitant, qui ne sait pas vraiment quelle position adopter. Peu de temps après, on assiste au célèbre fait divers qui a amené George W. Bush à s'étouffer avec  des bretzels !

Oliver Stone émaille la première partie de son film de nombreux flashbacks qui mettent en évidence le passé peu glorieux de George W. Bush : alcoolique, fainéant, instable dans ses choix professionnels. Bref, on est loin de penser que cet homme va être 30 ans plus tard élu deux fois consécutivement président des Etats-Unis.

On appréciera également dans W. les rapports conflictuels qui ont eu lieu entre George Bush père et George W. Bush. Le film montre plutôt bien ce rapport de force qui semble avoir marqué George W. Bush.

Voilà pour les points positifs du film.

Mais ce film m'a globalement nettement déçu. Je m'attendais à plus de finesse de la part d'Oliver Stone. Or, de ce côté là, c'est plutôt l'inverse qui semble avoir prévalu.

D'abord, la mise en scène est par moments exaspérante. Pour donner du rythme à, son film, Oliver Stone s'est plu à faire des mouvements de caméra à l'épaule ou à d'autres moments à  faire tourner la caméra autour de personnages. Tout ceci n'est nullement justifié. Je ne suis pas plus convaincu des images télévisées qui donnent l'impression qu'on assiste par instants à un documentaire.

Par ailleurs, et c'est là le plus grave dans le film (en tout cas ce qui m'a carrément gêné), c'est que le réalisateur américain a fini par rentrer en empathie avec le personnage de George W. Bush. Sur une musique douce qui tend à apporter une vague d'émotion au spectateur, Oliver Stone nous propose des scènes de la vie privée entre W. et son épouse Laura (jouée par Elizabeth Banks) ou des scènes de la vie publique entre W. et plusieurs de ses collaborateurs. George W. Bush, considéré dans la vie comme un gaffeur et un personnage peu fin, est ici présenté comme un président assez sûr de ses choix (même s'il reconnaît certaines erreurs, erreurs qu'il ne va pas jusqu'à citer, évidemment) et qui fait tout pour son pays. Le réalisateur de Platoon va jusqu'à nous présenter un président très religieux et qui fait tout pour le bien-être de son peuple. On est quasiment dans la démagogie. Et le problème est qu'Oliver Stone ne prend pas vraiment de distanciation par rapport à un personnage qu'il est censé à la base dénoncer. Du coup, ce qui aurait dû être une critique des années de George W. Bush à la tête des Etats-Unis finit par donner lieu à un film particulièrement inoffensif.

D'ailleurs, Josh Brolin, qui interprète George W. Bush, se montre assez bon en tant qu'acteur ce qui asseoit la thèse (dans le film) d'un W. sûr de ses choix et personnage au final assez charismatique. Ce qui est un comble !

En somme, on comprendra aisément que ce film très orienté ne m'a pas du tout convaincu. J'en attendais beaucoup de la part du réalisateur de Platoon et je reconnais être au final assez loin de mes exigences.

En plus, on pourra se poser la question de savoir quel impact peut avoir un tel film alors que George W. Bush arrive au terme de son mandat de président (la même remarque valait pour Karl Zéro lorsqu'il a sorti son film Dans la peau de Jacques Chirac).

A mon sens, W. est une des grandes déceptions de l'année cinématographique 2008.

Posté par nicofeel à 13:21 - Histoire, péplum - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2008

la ronde de nuit de Peter Greenaway

la_ronde_de_nuit

La ronde de nuit de Peter Greenaway

2007

Film canadien, britannique, français, allemand, polonais, néerlandais.

Acteurs principaux : Martin Freeman, Emily Holmes, Michael Teigen

durée : 2 h 20

FICHE IMDB

résumé : Rembrandt en réalisant un tableau en fait une accusation contre ceux qu'il représente.

On connait l'intérêt de Peter Greenaway pour la peinture, et l'art pictural en général, depuis son célèbre « meurtre dans un jardin anglais », intérêt confirmé par « the pillow book » et nombre de ses courts métrages ( « a walk through H » en tête, court-métrage composé d'une suite de plans sur des cartes peintes par le réalisateur lui-même ).

Il était donc naturel, après avoir mis en scène des peintres fictionnels, qu'il retrace la vie d'un peintre de renom : Rembrandt.

C'est au travers de l'élaboration du tableau “La Compagnie de milice de Frans Banning-Cocq et Willem Van Ruytenburch”, plus connu sous le nom de « la ronde de nuit », que Peter Greenaway s'essaie à l'exercice du biopic.

Peter Greenaway lui-même peintre confiera à propos du film : « Quatre idées, quatre questions en fait, sont à l’origine du film. J’y ai réfléchi, sous une forme ou une autre, depuis le milieu des années 60, quand je faisais mes études d’art et que chez tous mes professeurs, la réputation de Rembrandt était inattaquable.
Ces idées pourraient être résumées en quatre thèmes : l’argent, le sexe, la conspiration, et la peinture en soi. La première question est d’ordre social, la seconde relève du voyeurisme, la troisième de l’intellect, et la quatrième de la philosophie ».

c'est donc au travers de ses hypothèses et de la réalisation du tableau susnommé que Greenaway nous convie à une véritable enquête sur les raisons du déclin de Rembrandt alors au sommet de sa gloire.

Sur le plan historique, l'année 1642, semble être une année charnière : Rembrandt est à l'apogée de sa renommée et de sa richesse, aussi se voit-il confié la réalisation de « la ronde de nuit », tableau qui allait devenir le plus célèbre de son auteur et le plus représentatif également. Or , Rembrandt verra sa carrière et ses richesses anéanties par la suite. Ce basculement aussi mystérieux que les peintures du grands maitre ne pouvait que servir de support aux spéculations de Greenaway cherchant à reconstituer une scène du crime bien particulière celle-ci : celle d'un artiste par une société rongée par l'argent et les affaires. En effet, à la même période, la Hollande est une nation dominante sur le plan économique.

Le film s'ouvre sur un cauchemar du peintre craignant de perdre la vue ( véritable castration pour un peintre de renommée ), suite à une scène de lynchage. Nous sommes en 1654, et cela replonge Rembrandt en 1642, alors qu'il réalisait « la ronde de nuit », tableau commandé par les mousquetaires d'Amsterdam, une milice composée d'amateurs, pour la plupart issus de milieux bourgeois.

Rembrandt, qui déteste cordialement cette milice suffisante, n'accepte cette commande que pour satisfaire aux besoins de son futur enfant qui est sur le point de naitre.

Lors de la réalisation de celle-ci, il aura  connaissance d'une conspiration visant à cacher un meutre, aussi décide-t-il de faire de son tableau une dénonciation des coupables, ce qui provoquera sa chute.

L'oeuvre de Rembrandt, par son utilisation si particulière du clair-obscur, semble propice à dévoiler ( tout en camouflant ) de noirs desseins, à receler des secrets.

C'est dans la profondeur des noirs de  « la ronde de nuit » que Greenaway va traquer une «  vérité » sur son auteur et les raisons de son déclin. Car, il ne faut pas s'y tromper, si le film regroupe tous les éléments d'un film traitant d'une enquête, à ceci près qu'elle est menée par un peintre désireux de faire savoir qu'il sait qu'on lui cache des choses, Greenaway se penche plus sur les éléments qui ont fait basculer le peintre, puisque son film ne s'arrête pas à la révélation de Rembrandt ( que lui prête Greenaway ) par tableau interposé. Mieux, il en décode pour nous tout le langage qui aurait pu nous échapper.

Dans la forme , le film épouse le style si particulier du peintre, la photographie recréant cette impression de tableau vivant que l'on trouve justement dans l'oeuvre de Rembrandt « la ronde de nuit », oeuvre dont les critiques s'accordent à dire qu'elle rompt avec la peinture classique puisqu'elle représente un groupe non pas de manière statique mais en mouvement, et que le clair-obscur vise à diriger notre regard vers les personnages centraux : Frans Banning-Cocq et Willem Van Ruytenburch. Le groupe est lui-même disposé de manière  asymétrique, renforçant l'idée de groupe en mouvement.

Si le film reprend l'esthétique rigoureuse du tableau, il en reprend aussi les « bizarreries » qui ont pu faire naitre les spéculations de Greenaway, pour en faire une réflexion poussée sur le cinéma, la notion de représentation dans l'art en général.

Ainsi, pourquoi l'un des personnages est-il habillée comme un comédien ? Pourquoi d'autres portent des couvre-chef ridicules décridibilisant le sérieux du rôle de mousquetaire ? Pourquoi un autre charge-t-il son mousquet de la mauvaise façon, et ce d'une façon aussi ostensible ?? que signifie la présence de la jeune fille au milieu du tableau ? Pourquoi Rembrandt s'est-il représenté au fond du tableau, ne laissant apparaitre que son oeil dirigé vers nous ?

Toutes ses interrogations, sommes toutes assez ludiques, combinées au déclin de Rembrandt qui semble suivre ce tableau, laissent penser à Greenway que cette commande à précipiter sa chute, et que les énigmes du tableau n'y sont pas étrangères.

À la façon de « meurtre dans un jardin anglais », nous assistons à une enquête hors du commun menée par Rembrandt lui-même ( représentant objectivement le point de vue de Greenaway), une enquête qui verra ses conclusions immortalisées dans le tableau même. Si l'affiliation de ce film avec « meurtre dans un jardin anglais » semble évidente, il faut noter que la «  ronde de nuit » est moins hermétique et théorique. Là où Greenaway prenait un malin plaisir à faire naitre un suspens à partir d'un tableau recélant des indices sur un crime qui nous aurait échapper, il nous explique ici, de manière explicite, l'enquête ayant un côté plus concret et matériel ( on assiste même à une reconstitution de scène de crime), ce qui relève du complot et les tenants et aboutissant de celui-ci.

Le film pourrait ressembler à une tragédie grecque, l'unité de lieu étant respectée, le film se déroulant exclusivement dans la chambre de Rembrandt, chambre qui est également son atelier.le lit ressemblant curieusement à un théâtre ambulant, impression renforcée lors de certaines scènes où des chevaux bondissent à travers le cadre de la scène, délimité pa le lit.

L'affiliation au théâtre n'est pas anodine, la mise en scène étant elle-même théâtrale, appuyant par là-même le sentiment de tableau animé.

Une scène du film montre une pièce de théatre, l'acteur apparaissant dans la toile de Rembrandt plus tard. La représentation d'un acteur au sein même du groupe de mousquetaire, s'il décrédibilise la volonté de ceux-ci d'être reconnu comme des gens sérieux, ce que dénoncera un des mousquetaires se plaignant du traitement infligé par le peintre à sa commande, et à ceux auxquels il serait redevable, pose également la question de la notion de représentation dans une oeuvre d'art.

Cela nous amène aux interrogations de Greenaway : l’argent, le sexe, la conspiration, et la peinture en soi.

La première est en lien avec la richesse personnelle de Rembrandt.

En 1642, lorsqu'il reçoit la commande de « la ronde de nuit », celui-ci est un peintre de renom, qui, bien que de basse extraction sociale, s'est considérablement enrichi.

Au même moment, la hollande est elle-même une nation dominant l'économie mondiale.

Les miliciens, que Rembrandt sera amener à peindre, sont eux-même de riches bourgeois dont certains sont anoblis.

Si le tableau évoque un groupe asymétrique (comme nous avons pu le voir), cette asymétrie se reflète dans la construction même du film qui nous décris dans un premier temps un Rembrandt célèbre et riche, se moquant de la bourgeoisie et des mousquetaires, avant de voir sa réputation et sa richesse mise à mal par ceux-là même qu'il à dénoncé.

L'argent joue un rôle moteur, jusque dans la peinture où chacun est placé et représenté en fonction de la somme qu'il a versé ( la somme grandissant en fonction de l'importance que l'on occupe au sein de la toile ), dans la société Hollandaise, la réputation de chacun lui étant intimement lié.

Il est donc normal qu'en représailles, les mousquetaires cherchent d' abord à ruiner celui qui les à discrédité.

La question du sexe est toute autre : elle revoie à la place des femmes dans la vie de Rembrandt.

Celui-ci connaitra trois femmes dans sa vie : Saskia, Geertje, Hendrickje.

La première sera sa seule épouse légitime, le mariage relevant, lui, d'une véritable association d'intérêt. En effet, Saskia gère les affaires de son époux qui se révèle trop inconstant pour cela.

La fin du tableau correspond avec la mort de celle-ci, mettant fin aux années dorées de Rembrandt qui sombre dans une douleur qui ne semble s'apaiser que dans les bras de Geertje, dont Greenaway suppose qu'elle est l'instrument des mousquetaires pour amener le peintre à se perdre dans les plaisirs charnels et l'alcool en dilapidant sa fortune et en ternissant sa renommé.greenaway en profite pour puiser dans son imagerie érotique et fantasmatique habituelle, faisant de chaque étreinte une composition picturalement renversante.

Le relation qui suivra, avec Hendrickje, une servante de 20 ans de moins que lui, sera d'ordre plus classique et sentimentale, marquant une forme de retour au calme et à la sérénité.

Ces trois « stades » soulignent le caractère fragile et inconstant de notre héros que Greenaway dépeint sans fard, et sans ménagement, ce qui là aussi peut passer pour un hommage au style de Rembrandt : celui-ci réalisait des auto-portraits sans fioritures, ne cherchant pas à travestir la réalité, reproduisant même les rides sur son visage vieillissant. Le personnage du film dira même qu'il ne peut peindre que ce qu'il voit, qu'il est incapable se faire mentir sa peinture.

On le voit, Greenaway tisse des liens très étroits avec la peinture à laquelle il se réfère, faisant preuve d'une érudition qui n'a d'égale que son admiration pour Rembrandt.

La troisième question est celle de la conspiration. Elle a pu naitre d'un déclin aussi soudain qu'inexpliqué. Il fallait des forces extérieurs liguées contre le peintre pour faire chuter celui-ci, du moins semble le croire Greenaway.

Comme à son habitude, c'est dans une enquête  ludique que le réalisateur nous entraine, relevant pour nous les indices suspects, qu'il aurait autrefois caché au sein même de cette image qu'il s'attache à nous décoder aujourd'hui pour mieux étayer son propos.

Greenaway voit son imagination féconde relayée par les nombreuses zones d'hombres du tableau : les couvre-chef ridicules, la jeune fille mystérieuse, l'hombre de la main de  Frans Banning-Cocq sur le bas-ventre de  Willem Van Ruytenburch ( laissant supposer une homosexualité), la maladresse d'un mousquetaire qui ne charge pas son mousquet comme il faut, le coup de feu tiré par l'un des personnages dont la trajectoire semble se perdre...

Greenaway semble jubiler à multiplier les indices comme autant de preuves irréfutables. L'hypothèse du complot peut donc prendre corps et  être affirmée et dénoncée par peinture interposée.

La quatrième question soulevée par Greenaway est celle de la peinture, question que l'on serait tenter d'élargir au théâtre et au cinéma tant les liens semblent étroits.

La principale question soulevée est celle de la représentation : en introduisant un acteur dans son tableau, Rembrandt semble nous indiquer, lui qui voulait restituer la réalité, que son tableau n'est qu'une représentation de celle-ci, une représentation où son point de vue aurait prit le dessus.

Le lien au théâtre est souligné à plusieurs reprise : par l'évocation d'une pièce, l'acteur dans le tableau, mais aussi par la mise en scène et les décors dépouillés mettant en avant le moindre détail ( comme chez Rembrandt, justement).

Si la question de la représentation (et sa signification) relève de la philosophie, Greenaway ne se perd pas en discours, préférant la démonstration avant tout.

Greenaway, décidément très joueur, donne à son film même la forme d'une ronde, celui-ci se bouclant sur sa scène d'ouverture : le lynchage du peintre au cours duquel il perdra la vue. Cette cécité renvoie à l'amblyopie supposée de Rembrandt, celle-ci étant déjà évoquée dans l'aveu fait à Hendrickje ( j'ai un oeil qui ne voit pas bien) et nous éclaire du même coup sur la raison pour laquelle Rembrandt n'a représenté que l'un de ses yeux sur le tableau même.La forme de la ronde et le l'espace choisi ( la chambre ), font de cette ronde de nuit un cauchemar éveillé où Rembrandt ( à l'image de Greenaway) projetterai ses fantasmes et craintes les plus intimes.

Aussi nous montre-t-il un peintre écrasée par une société qu'il n'aimait guère et dont il n'épousait pas les codes : son non-respect des apparences, sa naissance de basse condition sociale, son mépris du mariage (lui qui à connu trois femmes).

Si la reconstitution à laquelle nous convie Greenaway est passionnante, cruelle et truculente ( à l'image de son héros et de l'univers de Greenaway en général), elle nous montre que même un génie ne saurait échapper aux code de la société.

La BA en vost

Posté par peepingtom21 à 12:00 - Histoire, péplum - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1