12 juillet 2008
Sleepaway camp de Robert Hiltzik
Année : 1983
Durée : 88 minutes
Avec : Felissa Rose, Jonathan Tiersen, Karen Fields...
Bien souvent catalogué parmi les nombreux ersatz de "Vendredi 13", ce "Sleepaway camp" (titré chez nous "Massacre au camp d’été") n’en possède pas moins une intrigue bien plus intelligente que la moyenne, doublée d’une étude sur l’adolescence intéressante, mais ce sera surtout sa dernière séquence qui permit au métrage d’acquérir une réputation flatteuse au point de devenir même "culte" pour certains.
Le script envoie un préadolescent et sa cousine dans une colonie de vacances qui va être le témoin de plusieurs "accidents" étranges et de meurtres perpétrés par un inconnu.
Après un générique saisissant promenant lentement la caméra dans ce camp de vacances déserté, la première séquence verra un père de famille et ses deux enfants être les victimes d’un accident causé par un hors-bord, conduit par deux jeunes voulant effrayer une troisième qui faisait du ski nautique à leur suite, qui viendra percuter le bateau de la petite famille, tuant le père et l’un des enfants. Le métrage fera un bond en avant de huit années pour nous présenter alors ses deux personnages principaux, Ricky et sa cousine Angela (que l’on devinera être la rescapée de la séquence précédente), deux jeunes adolescents en partance pour une colonie de vacances et devant subir les dernières recommandations de la mère excentrique de Peter, avant que l’intrigue ne s’installe dans ce camp où nous allons suivre l’arrivée des jeunes.
Ensuite, le métrage va s’attacher à nous faire participer à la vie de cette petite communauté, tout en s’intéressant particulièrement au cas d’Angela, celle-ci restant recluse, muette et ne participant à aucune activité, devenant de fait le souffre-douleur de ses "camarades" alors que dans cette situation seul un garçon semblera attiré par elle. Mais rapidement, un premier "accident" va survenir, ébouillantant un cuisinier pervers qui avait quelque temps auparavant cherché à s’offrir les faveurs d’Angela lors d’une scène suggestive mais néanmoins osé et explicite sur les intentions du bonhomme, puis ce sera au tour d’un gamin s’étant moqué d’Angela de périr noyé après une promenade en bateau nocturne alors qu’un troisième sera attaqué par un essaim d’abeilles jeté dans les toilettes dans lesquelles il aura été enfermé par une main malveillante.
Mais le métrage ne se focalisera pas sur ces séquences mortelles comme la plupart des "slashers", la preuve en étant que l’ensemble ne cédera jamais à la facilité du gore à outrance, pour également se livrer à une analyse très vivante et réaliste de l’adolescence et des maux qu’elle engendre, entre amourettes, attitudes non naturelles de jeunes s’éveillant à la sexualité et cherchant ainsi à se mettre en valeur et bien entendu cette propension à trouver un bouc émissaire à dénigrer pour se sentir supérieur, qui verra donc ici Angela subir moqueries et brimades de ses condisciples et surtout des demoiselles présentes dans le camp et en particulier de Judy, une adolescente précoce cherchant à s’affirmer par sa méchanceté, tandis que l’intrigue suivra de près la relation confuse qu’Angela va entretenir avec ce jeune tout heureux de la séduire et de réussir à la faire communiquer.
Si la première partie du métrage souffrira quand même d’un rythme parfois défaillant et pourra par moments sembler quelque peu longuet (la partie de base-ball, par exemple), un événement en apparence anodin et rentrant tout à fait dans l’étude des mœurs adolescentes va faire basculer le métrage et la présence meurtrière va accélérer le rythme pour massacrer allégrement et de façon plus directe les personnes ayant humilié Angela, pour nous amener vers le dernier acte et surtout cette terrible séquence finale, ahurissante et imprévisible, qui donnera rétrospectivement encore plus de profondeur à l’ensemble tout en nous offrant un des twists les plus audacieux de cette période bénie pour les "slashers" nous obligeant à reconsidérer tout ce qui a été vu précédemment !
En plus, le métrage, s’il ne s’attaquera pas de manière frontale au gore pur, sera régulièrement très cru dans sa démonstration, n’hésitant pas à évoquer l’homosexualité ou encore à tuer non pas de jeunes adultes mais des enfants, ce qui replacé dans son contexte d’époque, sera quand même largement audacieux, même si d’autres films avaient déjà ouvert la voie (le "The burning" de Tony Maylam, par exemple), et il faut aussi compter sur le climat régulièrement bien angoissant et entretenu de façon probante par le jeune réalisateur qui saura remarquablement semer le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité du mystérieux assassin.
L’interprétation est convaincante, avec de jeunes acteurs crédibles, dont une Felissa Rose (qui ne reviendra devant la caméra que sur le tard pour profiter de l’aura acquise par ce film) terriblement persuasive dans le rôle d’Angela, alors que la mise en scène du réalisateur est adaptée, certes parfois peu soutenue, mais gérant avec efficacité ses effets et notamment l’emploi d‘une caméra subjective efficace.
Les effets spéciaux, œuvre du spécialiste Ed French, sont probants pour agencer le résultat de ces "accidents", et avancer ainsi quelques petits plans graphiques.
Donc, ce "Sleepaway camp" soutiendra largement sa bonne réputation et se montrera captivant de bout en bout et effroyable dans sa scène finale !
06 juin 2008
Snuff 102 de Mariano Peralta
Réalisé par Mariano Paralta
Année : 2007
Origine : Argentine
Durée : 105 minutes
Avec : Andrea Alfonso, Silvia Paz, Yamila Greco...
Film évidemment sujet à controverse déjà rien que par son sujet plus que sensible, ce Snuff 102 s’appuie sur des séquences extrêmement graphiques et dérangeantes pour avancer son analyse de la violence réelle et cinématographique en la poussant dans ses derniers retranchements.
Le script suit conjointement une jeune reportrice interviewant un critique de cinéma sur l’existence des fameux "snuff movies" (films ou des personnes seraient réellement tuées devant la caméra) et le calvaire de trois jeunes femmes livrées aux mains d’un tortionnaire brutal et pervers qui prendra un malin plaisir à les torturer sous l’œil de la caméra.
Après deux panneaux annonçant que certaines séquences issues de documentaires montrés dans le film sont bien réelles et un autre définissant la perversion, et un premier bref stock-shot montrant le martyr d’un singe sujet d’expériences, le métrage avancera d’entrée une première séquence terriblement glauque où un homme s’occupera de découper le bras d’un cadavre gisant dans une baignoire, mettant ainsi tout de suite le spectateur en condition avec cette utilisation d’un noir et blanc crasseux, tandis que la bande-son évoque un visionnage à l’aide d’un projecteur super 8. La suite enfreindra tout aspect linéaire pour continuer d’exposer son univers, avec cette mise à mort réelle d’un cochon incrusté de la définition du "snuff", tandis que de brèves images placeront une jeune demoiselle bâillonnée dans la salle de bains de la première scène, avant que l’intrigue ne se décide à se lancer véritablement pour nous immiscer dans l’appartement d’une demoiselle qui suite à un reportage télévisuel ( plaçant encore d’autres images morbides) sur les agissements d’un serial-killer va se décider à écrire un article sur la violence.
Ensuite, le métrage fera se succéder différentes situations suivies en parallèle, notre reportrice en action sur la toile où elle ira se renseigner sur les "snuffs", invitant alors le réalisateur à mettre en avant d’autres stock-shots rapides d’une réalité incertaine, tandis qu’une femme enceinte se droguera avec son petit ami, et nous pénétrerons dans cette pièce dépouillée où siègeront une puis trois demoiselles attachées sur une chaise et bâillonnées par un homme masqué.
En plaçant ses sous intrigues de la sorte, le réalisateur pourra ainsi alterner les scènes violentes et brutales avec d’autres plus "intellectuelles" lorsque la journaliste sera reçue par un critique de cinéma avec lequel elle s’entretiendra sur la véracité des "snuffs", pour voir cet homme partir dans des réflexions philosophiques très intéressantes sur notre société actuelle et le pouvoir de l’image, qui seront régulièrement graphiquement imagées par des retours sordides dans la chambre à tortures.
Bien entendu, ce seront ces passages qui s’avéreront être profondément dérangeantes puisque le réalisateur n’hésitera pas un instant à étayer son discours de scènes d’une brutalité absolue avançant des sévices sordides lorsque l’assassin se chargera de violenter la première des trois femmes, enceinte de huit mois, pour d’abord la frapper au visage avant de l’étouffer avec un sac plastique pour pouvoir ensuite lui sectionner les doigts d’une main avant de lui asséner de violents coups de pied à la tête et… sur le ventre, fracassant en quelques instants un des derniers tabous modernes, pour finalement parachever son œuvre en enfonçant un couteau directement dans la vagin de la malheureuse victime pour l’éventrer. Bien sûr, tout ne sera pas directement exposé devant la caméra, limitant les effets véritablement gores aux doigts coupés, mais la violence suggestive du reste sera suffisamment aliénante pour troubler le spectateur.
Mais ce ne sera pas tout, puisque le métrage proposera d’autres sévices tout aussi volontaires, avec ces dents cassées au burin et au marteau (pour une autre séquence très graphique), tandis qu’un œil sera négligemment enlevé de son orbite et que la seconde victime, après ces tortures ignobles, sera en plus violée, laissant juste après son bourreau lui uriner dessus avant de la découper en morceaux.
Au-delà même des ces séquences marquantes, le métrage optera pour le déroulement de son intrigue pour une montée en puissance d’une diabolique efficacité, se sortant ainsi peu à peu du carcan de la démonstration à caractère philosophique racoleuse pour progressivement faire monter une tension bien réelle et palpable, au sein même de la chambre à sévices, puisque la troisième jeune femme kidnappée pourra entrevoir l’espoir d’une évasion en profitant d’un morceau de verre traînant à ses pieds et du désintérêt que lui portera le tortionnaire bien occupé par ailleurs à assouvir ses penchants dégénérés sur les deux autres victimes, impliquant de la sorte le spectateur qui rentrera encore plus dans cet environnement malsain en diable pour suivre conjointement les exactions du tueur et la progression du coupage des liens de la troisième jeune femme. Et même la partie de l’intrigue sise dans l’appartement du critique de cinéma nous réservera une chute bien glauque à tendance nécrophile.
L’impact et la force sauvage des situations seront parfaitement renforcés par un traitement de l’image adéquat, donnant véritablement l’impression d’assister à un film amateur tourné par une caméra posée dans la pièce par le tortionnaire, même lorsque l’intrigue et la caméra se mettront en mouvement pour aller lorgner du côté du slasher « normal » pour son final lui aussi bien méchant, surtout que le choix d’utiliser uniquement la couleur pour les situations mettant en scène les sévices augmentera leur impact tout en donnant un caractère quelque peu hors du temps à l’interview du critique et aux scènes de la vie normale des personnages.
L’interprétation est cohérente, avec des victimes remplissant leur rôle correctement en laissant transpirer leur douleur, alors que la mise en scène du réalisateur Mariano Peralta est toujours adaptée aux situations et donne complètement l’impression d’images prises sur le vif.
Les effets spéciaux sont ici terriblement réussis pour rester méchamment réalistes, peut-être bien aidés également par cette image pas vraiment nette et claire, mais leur impact sera bien réel.
Donc, ce Snuff 102 restera une expérience troublante dans l’avancement de situations sordides et glauques définitivement immorales et brutales, en repoussant encore un peu plus loin les limites de ce qui peut être montré sur un écran dans une volonté évidente de choquer le spectateur !
20 mai 2008
Teeth de Mitchell Lichtenstein
Réalisé par Mitchell Lichtenstein
Année : 2007
Origine : Etats-Unis
Durée : 96 minutes
Avec : Jess Weixler, John Hensley, Hale Appleman, Lenny von Dohlen, Vivienne Benesch, Ashley Springer...
FICHE IMDB
Résumé : Une adolescente s'aperçoit qu'elle dispose d'un vagin muni de dents.
Seconde réalisation du peu connu Mitchell Lichtenstein, Teeth est une comédie horrifique assez originale. Et pour cause. On suit les déboires de la jeune Dawn, une adolescente qui vit dans une ville bien rurale (très forestière) des Etats-Unis. Elle essaie de contenir sa sexualité naissante en étant une membre particulièrement active du club de chasteté de son lycée. Suite à une mésaventure avec un garçon dont elle était tombée sous le charme, elle se rend compte que son vagin a des dents ! D'où le titre du film puisque le terme anglais teeth signifie dents.
Mélangeant avec une réussite certaine critique sociale, drame, humour et horreur, Teeth est par son idée centrale, le fameux vagin denté, dans la droite lignée de curiosités que constituent des films comme Killer condom (1996) de Martin Walz où l'on se retrouve avec un pénis tueur ou Penetration angst (2003) de Wolfgang Buld, avec un vagin qui fait disparaître ses victimes.
Teeth brasse pour sa part une multitude de thèmes.
D'abord, à l'instar de la firme indépendante Troma (qui a donné naissance à des oeuvres contre le nucléaire comme les Toxic avenger ou les trois Class of nuke'em high), le film est particulièrement critique à l'égard du nucléaire. D'ailleurs, lors du premier plan du film, la caméra nous montre deux immenses tours d'une centrale nucléaire, qui sont disposées en plein milieu de la nature, juste à côté de la ville où se déroule l'action du film. En évoquant à de nombreuses reprises ces deux tours, le réalisateur laisse entendre que le côté monstrueux de la jeune Dawn serait lié à cette centrale nucléaire. Mais le danger du nucléaire n'est pas la seule critique du film.
Mitchell Lichtenstein s'en prend également au puritanisme des Américains. Dawn participe à de nombreuses réunions où elle fait valoir l'importance de rester chaste. Elle prône l'abstinence avant le mariage (the promise c'est-à-dire la promesse, comme il est inscrit lors de ces réunions). Elle-même répète à plusieurs reprises le terme pureté lorsqu'elle est proche de céder à la tentation de l'amour charnel. On ne peut également qu'être étonné quand, dans une scène, on voit que les étudiants du film voient une représentation du pénis de l'homme alors que le vagin de la femme est caché par un sticker. On se croirait retourné à des temps moyen-âgeux.
Ce refus du sexe se retrouve d'ailleurs dans la spécificité de Dawn qui dispose d'un vagin denté. Dawn devient malgré elle un véritable monstre. On peut d'ailleurs faire un parallèle entre elle et la Gorgone (Méduse) qui est évoquée à plusieurs reprises dans le film (Dawn lit un livre sur la Grèce antique où l'on voit le visage de la Méduse ; à un autre moment on assiste à un extrait de The gorgon , le film de Terence Fisher daté de 1964). Dawn comme la Méduse peuvent être considérées comme de véritables castratrices. D'après le mythe de la Méduse, celui qui croise son regard est immédiatement changé en pierre. Quant à Dawn, avec son vagin denté, elle sectionne à plusieurs reprises les pénis d'hommes qui souhaitent abuser d'elle. Il est à ce propos intéressant de noter que l'héroïne, qui est d'abord horrifiée par sa découverte, finit par s'accomoder de son vagin denté, lequel lui permet de disposer d'une arme très efficace contre des hommes mal attentionnés.
La vision des hommes dans le film est d'ailleurs peu reluisante : Brad, le « demi-frère » de Dawn, détestable à de multiples reprises (aucune considération pour ses parents ou pour sa copine) souhaite surtout coucher avec elle. Quant à son premier petit copain, le lycéen Tobey, il veut lui aussi coucher avec, quitte à la violer. Un autre étudiant, le jeune Ryan est prêt pour sa part à la droguer pour ensuite gagner le pari de coucher avec celle qui prône l'abstinence au sein de son lycée. On en arrive à avoir aucun ressentiment par rapport aux horribles événements dont ces hommes vont être les victimes. A fortiori, le métrage mélange assez judicieusement des scènes d'horreur avec un humour noir savoureux. Le sectionnement de pénis, de doigts d'un gynécologue donnent lieu aux rares scènes gore du film. Le clou du spectacle a sans aucun doute lieu quand un des protagonistes perd son pénis et que celui-ci est ensuite mangé par un chien ! Lors du générique de fin du film, le réalisateur signale de façon amusante qu'aucun homme n'a été blessé durant le tournage du film !
Plus sérieusement, Teeth est également le très beau portrait d'une adolescente qui a du mal à devenir une femme et qui est tiraillée entre l'idée de sortir avec des jeunes de son âge (comme le montre notamment une scène où elle fantasme en se touchant et en imaginant que le jeune Tobey lui fait l'amour) et celle de rester vierge. Dawn reste une héroïne pure, quasi virginale : elle déclare au gynécologue qu'elle va voir qu'elle n'est pas sexuellement active. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle représentée à plusieurs reprises en blanc et si on la voit prendre un bain moussant (voir l'affiche du film). Ce blanc est évidemment l'opposé du rouge, à savoir le sang des victimes de Dawn.
Dawn peut également être vue comme la représentation de la vengeance de la Femme. Alors que cette dernière a été dans l'Histoire victime de l'Homme à plusieurs reprises et que chaque année de nombreuses femmes sont violentées et même violées, Dawn est « l'ange de la vengeance ». A ce propos, il est intéressant de noter que Dawn, dans une des premières scènes où elle prend conscience de l'existence de son vagin denté, est apeurée et se lave comme si elle avait été victime d'un viol. Mais c'est au contraire elle qui détient le pouvoir. Elle arrive d'ailleurs progressivement à le contrôler et à s'en servir quand elle le souhaite, principalement en regardant sa victime (autre parallèle que l'on peut donc faire avec la Méduse). Sous son air timide, angoissée, frêle, assez renfermée, Dawn cache son terrible secret. Jess Weixler interprète parfaitement toute la subtilité du personnage principal du film. On peut considérer que ce personnage est le symbole de la revanche de la femme. Le côté féministe du film est évident.
Enfin, la mise en scène très classique (mais à aucun moment télévisuelle) de Mitchell Lichtenstein contribue à intégrer son histoire dans un environnement tout ce qu'il y a de plus banal. L'incroyable peut survenir n'importe où et n'importe quand.
Film qui joue sur plusieurs tableaux (drame, horreur, comédie), Teeth comporte également plusieurs degrés de lecture. Il serait donc dommage de passer à côté de Teeth.
04 mai 2008
August underground's penance de Fred Vogel
Année : 2007
Origine : U.S.A.
Durée : 84 minutes
Avec : Fred Vogel, Cristie Whiles, Shelby Vogel, Anthony Matthews...
Après ses terribles August underground et August underground’s mordum, le réalisateur Fred Vogel pouvait-il aller encore plus loin dans l’horreur à tendance « snuff » ? Vraisemblablement non, puisque ce August underground’s penance, s’il gagne en netteté avec une image « propre », sera quand même légèrement moins déviant, tout en restant quand même sérieusement gratiné.
Le script suit le quotidien d’un couple de tueurs en série s’acharnant sur des victimes torturées et mutilées dans une cave.
Après une courte séquence introductive nous montrant un homme attaché et bâillonné tentant de s’enfuir avant d’être rattrapé et assassiné, replaçant ainsi tout de suite le spectateur dans le contexte, le métrage s’attachera à suivre le quotidien du tueur déjà vu dans les deux précédents films (et toujours interprété par Fred Vogel), mais cette fois-ci, celui-ci sera affublé d’une compagne avec laquelle il se filmera dans diverses activités quotidiennes banales ou souriantes (le ketchup), avant qu’une première incursion dans leur sous-sol ne vienne rappeler frontalement au spectateur qu’il est bien dans un August underground puisque nous verrons le tueur s’amuser avec une victime déjà salement amochée (avec quelques clous plantés dans le corps en sus de sa plaie à la tête) dans un décor sordide aux murs couverts de sang et de photos pornographiques.
Ensuite, l’intrigue alternera les va-et-vient dans cette cave nauséabonde pour nous faire suivre de multiples sévices, dont un éventrement extrêmement réaliste exposant clairement ces boyaux sanglants ou encore un fœtus extrait manuellement du ventre de sa mère quand ce ne sera pas un reste de cadavre que les meurtriers finiront de découper à la scie, avec d’autres séquences en « extérieur » plus anodines, avec au hasard une soirée entre amis pour sniffer de la coke ou nourrir un petit crocodile dans un vivarium avec une souris qui elle sera une vraie victime du film, ou encore une visite au zoo où notre couple pourra nourrir un énorme lion avec les membres d’une biche auparavant découpée chez eux, quand notre couple ne s’amusera pas à harceler de façon brutale et sarcastique un punk endormi sous un pont.
Mais au-delà des séquences sanglantes et glauques de la cave, qui resteront le tronc commun de la trilogie de Fred Vogel, le réalisateur arrivera une nouvelle fois à choquer son auditoire, non plus en abusant de tortures plus ou moins gores et déviantes (même si…), mais au travers d’une séquence particulièrement dérangeante au cours de laquelle notre duo d’assassins va s’en prendre à une famille en pleine période de Noël, pour assommer le père à coups de marteau en pleine face, violer et tuer la mère et surtout nous faire partager l’agonie et le meurtre par strangulation de la petite fille de ce couple qui n’avait rien demandé à personne et dont les deux meurtriers vont aller jusqu’à violer l’intimité en ouvrant et saccageant les cadeaux disposés au pied du sapin, montrant bien ainsi leur inhumanité totale.
Pour bien se différencier des deux films le précédent, ce August underground’s penance pourra déjà s’appuyer sur une image d’une netteté contrastant complètement avec celle dégradée et floue choisie auparavant, laissant ainsi s’étaler devant la caméra les abominations avec une précision écoeurante, mais cela n’empêchera pas Fred Vogel d’opter à nouveau pour un style de mise en scène cherchant de manière affirmée et convaincante à faire croire à la véracité des faits exposés, même si cela implique à nouveau de brusques changements de sujets, au gré de ce que voudra bien filmer le couple.
Ensuite, pour la première fois dans la trilogie, le tueur sera accompagné dans son odyssée sanglante par une véritable petite amie tout aussi dépravée que lui, n’hésitant pas à se masturber pendant que son compagnon viole la mère au cours de la terrible séquence citée plus haut ou encore à s’amuser elle aussi avec une victime comme s’il s’agissait de son bébé, mais cette relation amoureuse « spéciale » (voir le coït violent dans les toilettes du concert) apportera également une dimension dramatique qui explosera dans le dernier acte du film tout en augmentant encore le malaise occasionné par ces deux assassins, par exemple lorsqu’ils s’emploieront à « nettoyer » la cave, mais l’aspect sexuel des déviances sera ici en partie mis de côté au profit d’une violence sanglante plus graphique.
Enfin, l’interprétation sera ici bien plus convaincante, avec notamment la jeune Cristie Whiles dont la détérioration psychologique s’associera à celle physique bien réelle et visible. Mais surtout, les effets spéciaux réalisé en grande partie par Fred Vogel (dont il ne faudra pas oublier qu’il a été à bonne école en travaillant avec Tom Savini) seront ici d’un réalisme étonnant et dérangeant en versant dans un gore nauséeux plus que volontaire et graphique, mais sans jamais tomber dans l’outrance.
Donc, ce August underground’s penance achèvera de manière largement appréciable cette trilogie définitivement « autre » et d’une extrême déviance, tout en étant quand même moins jusqu’auboutiste que August underground’s mordum, le plus frappé des trois films !
29 avril 2008
Rec de Jaume Balaguero et Paco Plaza
Réalisé par Jaume Balaguero et Paco Plaza
Année : 2007
Origine : Espagne
Durée : 80 minutes
Avec : Manuela Velasco, Ferran Terraza...
FICHE IMDB
Résumé : Une présentatrice télé et son caméraman se retrouvent enfermés dans un immeuble où ont lieu des événements étranges.
Avec REC (qui correspond au bouton d'enregistrement sur une caméra) les réalisateurs de la nouvelle vague du cinéma d'horreur hispanique, Jaume Balaguero (auteur du film surestimé à mes yeux La secte sans nom mais des excellents Darkness et Fragile) et Paco Plaza (connu pour son film Les enfants d'Abraham) nous livrent un film d'horreur très original. Ils ont d'ailleurs obtenu pour ce film le prix du Jury et le prix du Public au festival du film fantastique de Gérardmer en 2008.
L'approche de REC est pour le moins novatrice. On suit ainsi la belle, jeune et impétueuse Angela (jouée par Manuela Velasco), présentatrice aux dents longues d'une émission télé qui met l'accent sur les gens qui travaillent la nuit. Avec son caméraman Manu (Ferran Terraza), elle a décidé de suivre cette nuit une équipe de pompiers en les filmant dans leur quotidien, dans l'espoir d'assister à une intervention. Angela, constamment dans l'optique de l'audimat qu'elle va pouvoir tirer de ce reportage en « live », fait l'intéressante avec les pompiers et interroge à de nombreuses reprises son caméraman (« t'as bien filmé ça ? » ; « Si c'est nul, tu coupes »).
Le film commence à réellement prendre son envol lorsque les pompiers sont appelés car il y a un problème dans un immeuble. Angela et son caméraman les accompagnent.
Une fois que les différents personnages se trouvent sur place (les habitants de l'immeuble, les policiers, les pompiers, Angela et Manu, son caméraman), le long métrage prend une nouvelle dimension. On se demande quel est le problème dans cet immeuble. Le mystère est particulièrement bien gardé, jusqu'à l'arrivée d'un médecin dans une tenue qui laisse penser que l'on a affaire à un virus. Avec un filmage caméra à l'épaule qui a lieu du début à la fin du film, le spectateur assiste à une sorte de spectacle « live ». Les réalisateurs prennent un plaisir certain à détourner les émissions de reality TV. Par ailleurs, la méthode de filmage de REC rappelle aussi un certain Projet Blair Witch. La grande différence est qu'ici le filmage en vue subjective a lieu tout le temps. Le spectateur n'a jamais un temps d'avance sur les protagonistes du film. D'ailleurs, on appréciera que le film joue quelque peu sur un côté interactif avec le spectateur (le film fait alors penser que l'on se retrouve dans une sorte de jeu vidéo, à l'instar de Silent Hill) : selon que Manu, le caméraman, est autorisé à filmer, on a à l'écran des coupes en direct. On a aussi, comme dans un Funny games, un rembobinage à l'intérieur du film (suite à une demande d'Angela qui souhaite revoir une scène pour savoir si son caméraman a bien filmé l'action précédente). On a aussi par moments une vision quasiment dans l'obscurité avec simplement la torche de la caméra ou encore une vision en infrarouge lorsque la torche est cassée. On a même à un moment simplement la voix des personnages dans le noir. Tout cela sert bien évidemment à alimenter la sensation de peur.
D'autant que les différents personnages sont rapidement mis en quarantaine. Ils ne peuvent plus sortir de l'immeuble car celui-ci a été isolée par les autorités. Cela ajoute à la tension qui est parfaitement ressentie par le jeu des différents acteurs. Paco Plaza et Jaume Balaguero nous montrent un groupe qui doit s'entendre mais dont les membres s'accusent mutuellement, comme le montre la caméra de Manu lorsque Angela interviewe les différentes personnes de l'immeuble. Sur les relations qui s'établissent entre les différents personnages, le film est alors dans la droite lignée de Romero avec des films comme La nuit des morts-vivants ou Zombie.
Dans la mesure où aucun événement ne peut être prévisible puisqu'on les découvre en même temps que Manu et sa caméra, cela rend la sensation de peur encore plus présente et les scènes d'horreur bien flippantes. Par son côté transmission de virus, le film rappelle un certain 28 semaines plus tard. D'ailleurs, on appréciera les effets gore du film qui font vraiment très réalistes.
Un autre aspect bien mis en scène est la survenance des différents morts (cela arrive par moments très brutalement) et des différentes attaques des « monstres ».
Le film, notamment dans sa deuxième partie, est bien tendu. Le côté hystérique est vraiment intéressant avec des personnages qui crient, notamment la jeune Angela qui comprend que si elle veut s'en sortir, il va falloir qu'elle prenne son courage à deux mains. Mais elle est, comme tout le monde en pareille circonstance, apeurée. Aidée notamment d'un des pompiers et de son caméraman, Angela fait vivre au spectateur une action bien éprouvante. Le film tourne à plein régime, notamment dans sa deuxième partie. La peur est bien palpable. Rien que pour cela, il mérite d'être vu.
Sans concession (la révélation finale, sans doute l'oeuvre de Paco Plaza, est bien dans le style de son film Les enfants d'Abraham), Rec est particulièrement bien mis en scène et très réaliste, avec des personnages qui ne sont pas des archétypes mais des gens comme vous et moi.
Un film d'horreur vraiment original et captivant, même s'il met un peu de temps à démarrer à mes yeux.
23 avril 2008
The burning de Tony Maylam
Année : 1981
Origine : U.S.A.
Durée : 91 minutes
Avec : Brian Matthews, Leah Ayers, Brian Backer, Larry joshua...
Parmi la vague de slashers ayant déferlé au début des années quatre-vingt suite au succès du "Halloween" de John Carpenter et du premier "Vendredi 13", ce "The burning" (sorti à l’époque chez nous sous le titre passe-partout de "Carnage") fait aisément partie du haut du panier, en étant aussi bien généreux en suspense qu’en scènes gore très graphiques.
Le script prend place dans une colonie de vacances pour y suivre la vengeance sanglante d’un moniteur ayant été victime quelques années auparavant d’une mauvaise blague ayant mal tourné.
La séquence d’introduction nous fera donc suivre les préparatifs et l’exécution de cette farce macabre élaborée par plusieurs gamins et destinée à effrayer un surveillant acariâtre et brutal en déposant à côté de son lit un crâne gluant dont les yeux seront illuminés par des bougies. Mais cette farce sera encore plus efficace que prévue et la victime dans la panique balancera le crâne sur son lit, l’enflammant et le brûlant sous les regards mi-horrifiés mi-amusés des jeunes qui regarderont l’homme sortir de sa cabane sans l’aider, lui laissant le soin de se jeter dans une rivière toute proche pour éteindre les flammes.
L’intrigue laissera passer quelques temps pour continuer à s’intéresser à ce personnage qui aura survécu tout en étant grièvement brûlé au point d’effrayer les infirmiers, pour nous faire suivre sa sortie de l’hôpital où, le visage masqué par une écharpe et un chapeau, il s‘empressera d’aller se dénicher une prostituée qui sera bien entendu terrifiée lorsqu’elle découvrira le faciès (que le réalisateur se gardera bien de nous montrer) de son client, déclenchant ainsi chez lui une fureur meurtrière puisqu’il l’assassinera à coups de ciseaux.
Après cette introduction certes classique dans son agencement (la blague), mais se permettant une petite incursion urbaine dans un univers dignement hérité du "Maniac" de William Lustig, le métrage s’installera dans ce camp de vacances pour nous présenter ses personnages principaux, aussi bien les moniteurs que les petits vacanciers, de manière certes classique mais évitant tout humour potache pour plutôt s’attarder sur des relations et des situations réalistes qui se suivront sans ennui, surtout que le réalisateur laissera entrevoir rapidement la présence sur place d’une ombre menaçante armée d’une longue cisaille à haie, tout en multipliant de fausses alertes cohérentes (dont une scène de douche gentiment détournée) qui parviendront à faire monter une petite tension, tout comme cette histoire racontée au coin du feu qui sera remarquablement présentée.
Mais il faudra attendre qu’une partie des vacanciers accompagnés de plusieurs moniteurs partent en excursion en canoë pour que l’intrigue n’invite véritablement son assassin à passer à l’acte pour une série de séquences alternant judicieusement un suspense tendu avec des plans sanglants terriblement volontaires lorsque par exemple le tueur s’en prendra sauvagement à un groupe évoluant sur un radeau de fortune, en infligeant de multiples plaies avec sa cisaille, alors que d’autres scènes demeureront plus prévisibles (le couple s’étant isolé à des fins amoureuses), mais toujours en laissant planer le doute sur le moment choisi par le meurtrier pour frapper.
Le dernier acte, après le massacre d’une bonne partie du casting, respectera les codes du genre, même si ici ce ne sera pas une pauvre demoiselle qui devra s’enfuir à travers bois poursuivie par l’assassin, tout en apportant une petite révélation minimaliste et basique sur l’intérêt particulier porté par le tueur à ce groupe précis et en nous offrant une double confrontation finale rondement menée en laissant présager le pire avant un acte héroïque d’un personnage jusqu’ici malmené, avant de nous gratifier d’un dernier plan complice.
Si l’intrigue pourra sembler bien classique aujourd’hui, il faudra projeter le métrage à son époque pour en apprécier plus particulièrement certaines finesses (dont le dernier sursaut du tueur, élément qui deviendra presque obligatoire par la suite, tout comme la découverte des victimes par le(s) dernier(s) survivant(s) !) et reconnaître les évidentes qualités narratives et visuelles de l’ensemble. En effet, si la phase de mise en situation pourra paraître quelque peu longuette en laissant se passer beaucoup de temps entre le meurtre de la prostituée du début et le premier égorgement dans les bois, cela permettra au spectateur de bien s’imprégner des différents personnages, rendant ainsi leur mort tout à tour plutôt douloureuse ou jouissive, et, contrairement à bon nombre de slashers, les victimes ne seront pas ici que de jeunes adultes adeptes de la fornication et de la fumette, puisque même des gamins périront sous les coups de cisaille du meurtrier qui n’épargnera ainsi personne.
Mais l’un des principaux intérêts du film résidera bien sûr dans les séquences débouchant sur un meurtre, et le moins que l’on puisse dire c’est que celles-ci sont orchestrées de façon magistrales, entre une utilisation judicieuse de la caméra subjective, l’apparition surprise du tueur et bien entendu les effets sanglants appuyés, entre égorgements, doigts sectionnés et autres plaies causées par cette cisaille déjà très graphique.
En plus, l’interprétation sera ici plutôt convaincante, avec de jeunes interprètes crédibles et concernés par leur rôle, alors que la mise en scène de Tony Maylam sera efficace en augmentant les effets lors des scènes chocs du film.
Les effets spéciaux, œuvre de Tom Savini, alors dans sa grande période gore, seront tout simplement incroyables de réaliste (la cisaille plantée dans une gorge, par exemple) et deviendront pour certains carrément culte (la séquence du radeau).
Donc, ce "The burning" mérite plus que largement d’être (re)découvert, par son efficacité et sa générosité en matière d’effets sanglants !
02 avril 2008
Evil aliens de Jake West
Réalisé par Jake West
Année : 2005
Origine : Royaume-Uni
Durée : 93 minutes
Avec : Emily Booth, Christopher Adamson, Sam Butler...
Déjà responsable d’un sympathique mais brouillon et inachevé Razor blade smile, le réalisateur Jake West nous livre avec ce Evil aliens un authentique délire gore complètement décomplexé et rigolard parfaitement maîtrisé.
Le script suit une équipe de télévision partie enquêter sur un enlèvement extra-terrestre dans une région isolée qui va rapidement se retrouver confronté à un invasion d’aliens belliqueux.
Après une séquence d’introduction annonçant clairement la couleur avec ce couple en pleine fornication en plein air au milieu de dolmens qui va se faire déranger par l’arrivée d’extra-terrestres qui vont les enlever et leur faire subir divers sévices dans leur vaisseau ( dont une sodomie à l’aide d’une perceuse redoutable ! ), le métrage nous présente son personnage principal, une demoiselle présentatrice d’une émission vouée au surnaturel et plus précisément aux phénomènes d’apparitions de soucoupes volantes et autres événements liés aux aliens, ce qui permettra au réalisateur de se gausser de ce genre d’émissions, notamment au travers d’une reconstitution ringarde au possible rendue forcément comique.
L’héroïne au quête d’un nouveau sujet porteur s’intéressera donc à cette jeune femme prétendant avoir été enlevée et inséminée par des aliens et concoctera avec son patron une équipe de "choc" pour se rendre sur place, procédant ainsi à une brève et toujours humoristique introduction des autres protagonistes.
Le petit groupe va donc se rendre dans cette région isolée et arriérée du Pays de Galles afin d'interviewer leur témoin pour tomber sur une ferme décrépie aux relents nauséabonds et cabalistiques d'un autre âge, avant de rencontrer d'abord les trois frères abrutis et passablement dangereux ( pour une séquence excellente renvoyant directement au "survival" et ses tueurs dégénérés ) puis une jeune femme calmer son monde.
En plus de son aspect délibérément porteur d'un comique assez "gras", cette mise en situation s'amusera également à induire des éléments hérités d'un Projet Blair Witch avec ces images tournée par le caméraman du groupe lors de l'exploration de la ferme, avant que l'intrigue ne s'emploie, après une première apparition d'un vaisseau sans conséquences, à singer le Signes de M. Night Shyamalan le temps de la découverte de faux signes dans un champ de maïs qui déclencheront le courroux du scientifique de la bande espérant enfin avoir trouvé là une authentique preuve de la vie extra-terrestre.
Ensuite, après une reconstitution qui permettra à la jeune femme enlevée de raconter entièrement son histoire ( avec des flash-back assez sanglants ), le groupe se retrouvera enfin aux prises avec ces aliens pour un premier assaut nocturne jouissif ( les vaches ) qui déclenchera les hostilités et fera basculer le métrage dans un délire non-stop à base d'attaques sanglantes et de répliques toutes aussi débridés de la part des humains ingénieux dans l'art de trouver de quoi se défendre, pour une seconde partie terriblement volontaire et référentielle.
En effet, on trouvera pêle-mêle des scènes renvoyant directement au western lors de duels, mais aussi des affrontements lorgnant plutôt du côté du film d'action, mais le tout sera toujours accompagné d'un aspect sanglant omniprésent et diversifié à base de décapitations et de démembrements très visuels et grand-guignolesques, alors que plusieurs clins d'œil viendront titiller l'amateur, avec notamment un empalement franchement inspiré de celui du Cannibal holocaust De Ruggero Deodato et surtout un équarrissage d'aliens qui renverra obligatoirement au final du Brain dead de Peter Jackson.
Mais même au milieu de ces atrocités, le métrage arrivera à conserver un humour salvateur qui donnera au gore un aspect comique débridé et jouissif, avec par exemple cette excellente séquence au cours de laquelle un des personnages va conduire une moissonneuse-batteuse pour éliminer dans le sang les aliens présents dans un champ.
Alors, dans un tel contexte, l'élément science fictionnel sera bien entendu relégué au second plan, pour nous réserver quand même quelques surprise lors de la visite du vaisseau spatial des extra-terrestres, ainsi qu'un autre hommage, cette fois-ci au Phantasm de Don Coscarelli , et ce sera surtout au niveau de ceux-ci qu'il faudra chercher le spectacle.
Car les aliens de Jake West, en plus d'avoir un look assez kitsch ayant un vague ressemblance avec le "Predator" ( surtout au niveau des armes et de leur combinaison ) auront une propension sauvage à mutiler fatalement leurs victimes, mais également à se faire dessouder dans la bonne humeur par leur inexpérience du genre humain et de son environnement.
Si les personnages flirtent continuellement avec les stéréotypes, entre l'héroïne qui accentue les tics de présentatrice et ne s'intéresse pas vraiment à ses sujets, puisque ce n'est pour elle qu'un moyen de gagner sa vie, ce scientifique boutonneux trop sérieux ou encore cette bimbo un peu stupide mais qui se découvrira des talents cachés dans sa lutte pour survivre, ils finiront quand même par devenir croustillant en véhiculant eux aussi un humour probant et en se découvrant des talents cachés dans l'art de démastiquer de l'alien, et seront aidés par une interprétation convaincante épaulée par la toute mignonne Emily Booth et un Christopher Adamson effrayant à souhait.
La mise en scène de Jale West sera définitivement survoltée en osant des plans et des cadrages fous, qui aideront aisément le film à gagner en rythme, alors que le jeu des couleurs sera parfaitement rendu.
Les effets spéciaux resteront un autre point fort du métrage, en étant plus que graphiques et volontaires dans un panel de mutilations diverses et variées, aspergeant les personnages de sang et transformant parfois le sol en un magma sanglant du plus bel effet, mais on pourra quand même regretter certains inserts numériques trop voyants.
Donc, ce Evil aliens nous offrira un spectacle furieusement jouissif au cours duquel le réalisateurs 'est défoulé dans une bonne humeur qui deviendra rapidement communicative !
24 mars 2008
Men behind the sun de Tun Fei Mous
Année : 1988
Origine : Hong-Kong
Durée : 105 minutes
Avec : Wang Gang, Wu Dai Yao, Wang Run Shen...
Film controversé s’il en est, ce Men behind the sun, également connu sous le titre de Camp 731, ne peut en tout cas laisser indifférent devant les atrocités montrées à l’écran, le tout sur un ton documentaire rendant encore plus glauque et réalistes les méfaits de ces japonais dignes cousins des "scientifiques" nazis !
En effet, le script suit, vers la fin de la seconde guerre mondiale, les activités macabres et expérimentales de soldats et de scientifiques japonais ayant installé un camp de prisonniers dans la Manchourie chinoise annexée, afin d'y créer des armes bactériologiques et chimiques en se servant de chinois et de russes captifs comme cobayes.
Après un petit rappel géographique et historique des faits et lieux, le métrage suivra en parallèle l'arrivée dans ce fameux "Camp 731" d'un nouveau responsable des opérations et de nouvelles recrues, des gamins à peine adolescents qui vont devoir s'acclimater des conditions rudes de vie dans ces lieux, amenant même un trio à essayer de s'évader sans succès puisqu'ils se feront reprendre et l'un d'eux périra même.
Mais rapidement, le métrage va plus ou moins reléguer au second rang ces jeunes dont nous ne suivrons que quelques entraînements éreintants et d'autres situations plus légères ( notamment lorsqu'un des jeunes se liera d'amitié avec un jeune chinois vivant en dehors au travers d'un jeu de balle ), pour s'intéresser aux expériences toutes plus cruelles les unes que les autres de ce tortionnaire qui n'hésitera pas par exemple à casser des doigts congelés, à arracher la peau d'une femme dont les mains ont été gelées puis ébouillantées, quant ce ne sera pas un homme qui sera placé dans un caisson pour voir sa réaction si on en augmente la pression, entraînant une descente d'organe épouvantable, pour une succession de séquences malsaines et dérangeantes, filmées sur un ton neutre et détaché.
Mais l'entrée en guerre des U.S.A. et les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki finiront par avoir raison du bellicisme du Japon et amènera les dirigeants du "Camp 731" à chercher à effacer dans le sang les vestiges de leur actes immoraux et abjects, lors d'un dernier acte également bien barbare.
Alors que penser devant un tel spectacle qui, sous couvert de dénoncer les horreurs commises par de japonais vraiment peu éloignés de leurs cousins germaniques du moment aussi bien au niveau des expériences terribles que d'un nationalisme qui sera exacerbé lors du final, mettra en avant des séquences extrêmement dérangeantes et flirtant même avec le "snuff", notamment lors de scènes cruelles mettant en scène des animaux qui eux seront vraisemblablement véritablement sacrifiés pour le film, avec ce chat jeté dans une fosse où grouillent d'innombrables rats qui vont bien entendu se charger d'occire dans le sang cette pauvre bête, ou encore ces mêmes rats qui seront incendiés dans la dernière partie et que nous verrons courir enflammés.
Mais le métrage laissera également planer le doute sur une autre séquence, l'autopsie d'un jeune enfant, celui-là même qui avait sympathisé avec une des jeunes recrues, montrant ainsi bien le peu de sentiments faits par ces bourreaux qui ne manqueront pas de demander à ce jeune soldat d'amener son ami dans le camp pour l'éviscérer afin de recueillir ses organes, avec un tel réalisme écoeurant que l'on pourrait être amené à penser que…
Alors, après de telles abominations, d'autres idées morbides et plus farfelues, comme ces bombes de porcelaine qu'ils voudront faire éclater dans un champ où des chinois seront crucifiés pour voir le résultat sur le corps humains, paraîtront moins efficientes, mais cela n'empêchera pas d'autres situations de se montrer effroyables, comme lorsque le métrage s'égarera dans les sous-sols du camp où les cadavres sont négligemment brûlés dans un four.
Si certains ne manqueront pas de taxer ce Men behind the sun de film crapuleux, honteux et largement complaisant, on ne pourra quand même pas négliger l'impact évident qu'il génère, surtout que la réalisation sans aucune fioriture ni artifice quant il s'agit de montrer les méfaits commis donnera à l'ensemble un aspect documentaire volontairement travaillé, jusque dans les détails relatifs aux avancements des opérations sur le front de la guerre, sans aucune pudeur ni tabous, et parvenant sans équivoque à dénoncer les aberrations engendrées par cette guerre, même si l'on sait que le gouvernement chinois a participé au financement du film.
L'interprétation est convaincante, sans aucun surjouage qui aurait pu nuire à la crédibilité globale du film, et même l'interprète du détestable Dr. Shiro Ishii brillera par une sobriété toute aussi dérangeante.
La mise en scène du réalisateur est tout simplement adaptée au propos du métrage, impartiale et posée, mais ne reculant devant aucun gros plan vomitif.
Les effets spéciaux sont par contre plutôt mitigés car, en effet, certaines mutilations resteront primaires et porteuses de trucages presque visibles, qui trancheront avec l'extrême réalité d'autres séquences déjà évoquées.
Donc, ce Men behind the sun restera une œuvre définitivement différente, difficilement supportable et même insupportable selon les sensibilités, mais qui aura le mérite de s'acharner à montrer une réalité peu souvent avancée ! Défendre l'indéfendable, pourquoi pas !
15 mars 2008
August Underground's Mordum de Fred Vogel
Réalisé par Fred Vogel
Année : 2003
Origine : U.S.A.
Durée : 77 minutes
Avec : Fred Vogel, Christie Whiles, Michael T. Schneider...
Après son déjà terriblement déviant, glauque et immoral August Underground, le réalisateur Fred Vogel remet le couvert pour ce August Underground's Mordum au même contexte prenant l'apparence d'un "snuff movie" et surtout avec vraisemblablement la volonté d’aller encore plus loin dans l’abject et la provocation. Alors, mission accomplie ? Oui et non !
Le script met cette fois-ci en scène non plus deux mais trois assassins ignobles passant leur temps à martyriser et à humilier leurs victimes au cours de "jeux" bien évidemment pervers et sanglants.
D'entrée, le métrage s'approprie à nouveau ce côté amateur qui faisait en partie la réussite du premier film, nous donnant l'impression de réellement suivre les personnages filmant leur vécu, pour ainsi découvrir que nous allons avoir affaire à une demoiselle n'hésitant pas un instant à s'automutiler en se scarifiant le ventre suite à une dispute avec le caméraman, alors que juste après, nous suivrons les deux personnages se rendant chez une tierce personne pour un premier meurtre brutal mais soft car pratiqué en hors champ, avant que le film ne s'aventure véritablement dans son sujet scabreux et glauque ensuite au travers de séquences nous invitant à partager les brimades et les humiliations subies par des victimes séquestrées par les trois compères, tout en laissant libre cours à ce triangle amoureux des plus bizarres et bien entendu amoral.
Dans sa volonté provocatrice avérée, le réalisateur Fred Vogel pousse ici le bouchon très, très loin en multipliant les actes de barbarie innommables, à base de nécrophilie bien répugnante lorsque le plus fou des trois personnages se livrera à un acte sexuel dans la plaie béante ventrale d'un cadavre, d'humiliations vomitives quand la demoiselle du trio s'amusera à vomir copieusement sur deux jeunes femmes kidnappées, tout en donnant encore un accent sexuel à l'ensemble des autres sévices étalés devant la caméra, telle cette auto-castration au but inavouable filmée en gros plan, alors que d'autres débordements sanglants viendront également se mêler à l'ensemble, avec égorgements et autres supplices prodigués sur les corps des malheureuses victimes, masculines et féminines.
Mais hélas, ces actions profondément dérangeantes seront quelque peu noyées dans des séquences certes donnant véritablement l'impression d'être réelles en étant tournées en de longs plans-séquences, mais justement s'étirant bien souvent en longueur au point de presque lasser le spectateur, notamment la scène du "vomi" qui semblera se répéter à l'infini, diminuant de la sorte considérablement son impact, et, même si le réalisateur aura bien pris soin de se diversifier dans les sévices montrés, on aura quand même l'impression d'assister à la même séquence plusieurs fois.
En plus, certains événements viendront parasiter le propos du film de façon complètement inutile ( la coupe de cheveux notamment, ainsi que la séquence de concert, par ailleurs définitivement inaudible ) et l'aspect sexuel bien plus mis en avant que dans le premier August underground donnera parfois l'impression d'assister à un vulgaire porno déviant, tout en diminuant l'ambiance glauque et malsaine, même si la bonne humeur régnant entre les différents protagonistes aura toujours de quoi incommoder le spectateur et que l'aspect repoussant des certains décors, atrocement putrides et sales, sera également de la partie pour déstabiliser un peu plus.
Mais cette orientation suspecte et l'exacerbation de l'utilisation de cette caméra plus que virevoltante donnant parfois l'impression que Fred Vogel en fait trop ne viendront que partiellement diminuer l'impact du métrage qui restera quand même extrêmement transgressif et méchant (même si la violence sèche semble elle aussi avoir quasiment disparue, passé le premier meurtre ), repoussant encore un peu plus loin les limites de l'acceptable pour se livrer aux pires abominations, en laissant une nouvelle fois le spectateur seul face à ce trio de dégénérés complètement dépravés et inhumains, rencontrant même au passage un quatrième larron tout aussi détraqué avec ses cadavres putréfiés, sans apporter le moindre jugement et surtout sans les condamner le moins du monde avec un quelconque retournement de situation.
L'interprétation est largement convaincante puisque les différents acteur se laissent aller aux pires méfaits naturellement et la mise en scène de Fred Vogel, si elle peut finir par donner le tournis à grand renfort de mouvement de caméra, saura donner à l'ensemble un aspect "réel" parfaitement bluffant et troublant, surtout du fait de la longueur des séquences, au cours desquelles se succèdent parfois des effets spéciaux parfaitement réalisés.
Justement, les effets spéciaux du film sont incroyablement réussis dans un tel contexte et participent ainsi activement à la réussite du métrage, tout en avançant un gore généreux mais loin d'être expansif en se voulant le plus crédible possible ( l'éventration répugnante d'une des victimes et cette terrible castration aux ciseaux ), alors que les maquillages seront eux aussi royalement exécutés.
Donc, ce August Underground's Mordum n'atteindra que partiellement son objectif, en étant parfois trop orienté vers ce côté sexuel vulgaire, mais ne semble ne pas connaître de limites et offrira quand même à son spectateur ce qui se fait de pire dans l'abject, et bien entendu, sera à réserver à un public majeur, adulte et largement endurci !
07 mars 2008
Storm Warning de Jamie Blanks
Année : 2007
Origine : U.S.A.
Durée : 82 minutes
Avec : Nadia Farès, Robert Taylor, David Lyons, John Brumpton...
Fatigué de devoir se battre avec les studios américains pour mener à bien ses projets ( son dernier film, Mortelle Saint-Valentin ayant été bafoué et vidé de toutes ses séquences sanglantes ), le réalisateur Jamie Blanks ( également auteur du premier Urban legend) a préféré retourner dans son Australie natale pour réaliser ce Storm warning, un "Survival" radical, oppressant et au final brutal et sanglant.
Le script suit les déboires d'un couple qui, après s'être égaré au retour d'une partie de pêche, va trouver refuge pour s'abriter d'une tempête montante dans une ferme isolée dans la lande.
Mais les trois hommes habitant la maison vont se révéler être de dangereux psychopathes.
Le métrage lance directement la présentation de ses deux principaux personnages, un avocat et sa jeune compagne, une artiste française, en route pour une journée de pêche au large d'un estuaire australien, tout en limitant le plus possible cette partie d'exposition pour juste nous permettre de faire connaissance avec ce couple tranquille dont la tempête montante va perturber leur sortie et précipiter un retour d'autant plus évasif qu'ils vont se perdre au milieu des méandres de la rivière et plus précisément dans une canalisation agricole où ils vont finir par accoster pour continuer leur chemin à pied, alors que les éléments commencent à se déchaîner.
Si l'entame du métrage parviendra de suite à générer une certaine tension, notamment en insistant bien sur la montée en puissance de cette tempête, première menace pour le couple, ce ne sera que pour mieux ensuite s'en servir pour rendre encore plus sombre et violent le décor de l'intrigue, avec cette pluie plus que soutenue et ces éclairs sporadiques, notifiant bien ainsi la précarité de la situation des deux personnages qui vont bien entendu chercher à s'abriter dans le premier refuge venu.
Et c'est ce qu'ils feront, non sans auparavant avoir aperçu des hommes à bord d'un pick-up malmenant un jeune homme, lorsqu'ils vont tomber sur cette ferme perdue au milieu de nulle part, apparemment inhabitée dans laquelle ils vont s'empresser de rentrer.
La visite, nécessitée par la recherche d'un éventuel téléphone, de cette endroit décrépi et nauséabond commencera à laisser entrevoir la personnalité de ses occupants, entre cette poupée gonflable négligemment abandonnée sur un canapé et ces murs tapis de photos érotiques, tandis que l'ensemble baignera dans un état d'insalubrité notoire glauque et repoussant.
Notre avocat aura juste le temps de découvrir dans une grange attenant à la ferme une énorme plantation de marijuana avant que les propriétaires ne reviennent ( au hasard à bord d'un pick-up ), pour une confrontation aussi inévitable qu'oppressante.
Après un bref affrontement verbal plus que tendu, obligeant le couple à justifier sa présence dans la ferme, l'intrigue ne va que progressivement faire monter la pression dans ce huit-clos, d'abord en ne présentant que deux des trois occupants des lieux ( le troisième étant monté dans sa chambre par l'un des deux autres sans que nous ne puissions le voir ), mais surtout en imposant au couple d'"invités" une série de brimades et d'humiliations de plus en plus précises et à la limite de la perversité, alors que les deux frères qui habitent cette ferme laisseront largement sous-entendre leur personnalité psychotique et hargneuse.
Ce ne sera qu'après un repas "spécial" et un premier accès de violence physique, commençant à trancher avec celle plus psychologique utilisée jusqu'alors, que le métrage va basculer, lorsque le couple sera conduit dans une autre grange pour y passer la nuit, puisque les deux frères vont enfin révéler leurs véritables intentions dépravées envers leur victime féminine, interrompues par l'arrivée du troisième larron, le père ( un personnage imposant au faciès d'une dureté incroyable ), qui va salement corriger ses fils, avant de laisser le couple seul dans la grange, leur laissant ainsi tout le loisir de préparer une revanche qui éclatera dans le dernier acte du film, pour des rebondissements sanglants ( les hameçons ), mais aussi originaux dans la volonté farouche de la demoiselle de se protéger des assauts sexuels de ses tortionnaires, avant d'exploser dans un final terriblement gore et jouissif.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur Jamie Blanks n'y a pas été de main morte pour donner à son "Survival" un caractère excessif et virulent, en dosant parfaitement chacun des éléments nécessaires à sa réussite, tout en restant toujours crédible et réaliste.
Ainsi, les décors y ont été remarquablement travaillés, entre la beauté et la pureté des décors naturels de la phase d'exposition, qui s'opposeront rapidement avec la déliquescence ambiante à venir, aussi bien avec l'extérieur boueux de la ferme que son intérieur peu ragoûtant ressemblant à un taudis.
Ensuite, les personnages ont été véritablement étudiés, avec cet avocat taciturne qui aura bien du mal à s'imposer et aura vraiment le rôle de la victime, alors que sa compagne, pourtant sujette à la convoitise vicieuse, sera bien plus belliqueuse et inventive, renversant ainsi la tendance de sa personnalité d'origine ( s'indignant par exemple de la mort d'un poisson que son compagnon venait de pêcher ). Mais surtout, les trois détraqués auront droit aux faveurs du réalisateurs, qui laissera clairement transpirer leurs spécificités propres, malgré de petites facilités trop évidentes ( le plus jeune frère timide et moins agressif ), au travers des situations intervenant lors de la phase de violence psychologique du film, pour mieux laisser s'exprimer ensuite le père, tout aussi peu fréquentable.
Enfin, en plus de proposer des rebondissements réguliers, ne cédant que très rarement aux figures imposées du genre ( avec juste un début de fuite bien vite stoppé, qui semblera bien facile, et ce même aux personnages, avançant ainsi clairement la lucidité du réalisateur ), le métrage va se lâcher de manière frontale et virulente dans une violence d'une brutalité jusqu'auboutiste qui n'hésitera pas à avoir recours à des effets sanglants terriblement volontaires et graphiques ( avec même une légère impression d'en faire un peu trop lors du final ), tout en faisant peser sur l'ensemble du film une tension écrasante qui ne faiblira pas un instant et ne laissera pas de répit au spectateur avec une absence complète d'humour ( seul le sous-entendu zoophile du programme télévisuel regardé par les habitants de la ferme pourra faire rapidement sourire ).
L'interprétation aidera largement le film à se montrer crédible grâce à une implication totale des acteurs, avec une mention particulière à l'actrice française Nadia Farès à l'aise dans un rôle aussi physique qu'éprouvant, mais aussi à John Brumpton, imposant de charisme dans le rôle du père.
La réalisation de Jamie Blanks est en totale adéquation avec le sujet et colle de près à l'action lorsque celle-ci devient expansive, tout en n'usant qu'avec parcimonie d'effets d'autant plus efficaces.
Les effets spéciaux, essentiellement sanglants, sont probants et réalistes, sans au final être si nombreux que cela.
Donc, ce Storm warning se révèlera être une excellente surprise, furieuse, violente et jusqu'auboutiste dans un climat de tension permanente !





