Déjantés du ciné

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30 août 2026

The mafu cage de Karen Arthur (critique film)

Titre du film : The Mafu cage

Réalisatrice : Karen Arthur

Date de sortie au cinéma : 1978

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h42

Avec : Lee Grant, Carol Kane, Will Geer, James Olson, Will Sherwood

Synopsis : Dans une maison envahie d'art africain, Ellen vit avec Cissy, sa jeune sœur démente qui garde dans une cage un primate hérité de son père anthropologue. A force de maltraitance, il meurt : comme les précédentes fois, elle réclame alors un nouveau singe.


Après Legacy, The mafu cage est le second film (et malheureusement le dernier !) de cinéma de la réalisatrice Karen Black, qui se tournera ensuite vers la télévision. Il s'agit de l'adaptation d'une pièce de théâtre française, Toi et les nuages d'Eric Westphal.

N'y allons pas par quatre chemins, The mafu cage est un implacable huis-clos débutant gentiment pour progressivement distiller son venin. Le film s'ouvre ainsi par la découverte d'un salon où sont jonchées de nombreuses plantes exotiques, des objets et meubles africains. C'est dans cet univers pour le moins singulier que se repose dans un hamac une jeune femme à la mine angélique, Cissy. Elle vit dans cette grande maison avec sa sœur aînée, Ellen. La cinéaste Karen Black prend son temps – peut-être un peu trop d'ailleurs, mais on ne le regrettera pas – pour exposer la situation.

Juste à côté du salon, se trouve une cage destinée à un singe, prénommé mafu. Ce macaque est destiné à occuper les journées de la fameuse Cissy, puisqu'elle passe toutes ses journées dans la maison (ou au mieux dans le jardin) en attendant le retour de sa sœur Ellen qui elle travaille en tant qu'astronome. Avec ce singe présent dans le quotidien de Cissy, on peut s'attendre à une histoire dans le style de Max mon amour (1986) de Nagisa Oshima. Cela n'est absolument pas le cas. Dans le film d'Oshima, il est question d'un amour hors-normes, contre-nature. Dans le film de Karen Black, le (pauvre) singe sert d'exutoire à la folie de Cissy.

Car la jeune femme est malade et c'est la raison pour laquelle elle ne sort jamais. Elle est sujette à de nombreuses crises et s'en prend dans ces cas-là à tout ce qu'elle a sous la main, en l’occurrence le singe.

Incontestablement, The mafu cage est un film sur l'enfermement. Evidemment, le singe est enfermé dans sa cage où les barreaux et les chaînes le destinent à un avenir funeste. Mais Cissy est également enfermée à la fois sur le plan matériel puisqu'elle est isolée dans cette maison et victime également de sa psyché détraquée, l'empêchant de vivre normalement comme tout un chacun. De son côté, sa sœur Ellen est enfermée dans un quotidien morne dont elle ne parvient pas à s'échapper. Elle ne peut se permettre d'avoir une relation stable et épanouie avec un homme, sa sœur l'accaparant. Surtout qu'elle cache (protège?) sa sœur du monde extérieur.

Quelle solution s'offre à Ellen ? Elle refuse de faire faire voir à un psychiatre et encore moins à l'enfermer dans une institution. On voit bien qu'elle prend soin de sa sœur et doit s’accommoder à ses nombreuses crises de folie. Sans être un thriller, le film crée un véritable suspense car on se demande bien comment Ellen va maintenir l'équilibre fragile de cette famille. D'ailleurs, on peut se demander si elle n'est pas elle-même sous l'emprise de sa sœur qu'elle tente de protéger. La question mérite d'être posée et la réponse n'est pas si évidente.

Comme on peut s'en douter, ce fonctionnement en vase clos engendre des frustrations. Le film aborde de façon insidieuse la question de la frustration sexuelle qui gagne les deux sœurs et engendre des réactions très différentes. D'un côté, Ellen tente un échappatoire en étant sensible aux avances d'un collègue de travail. De l'autre, Cissy, obsédée par la figure masculine du père, s'en prend à ces pauvres singes. Au milieu de tout cela, on semble s'aventurer sur un autre territoire mouvant, avec la question d'un inceste latent.

Lorsqu'il est bien lancé, The mafu cage est implacable. Et comme on peut s'en douter, tout cela risque de mal terminer. Le spectateur n'est d'ailleurs pas au bout de ses surprises avec une fin particulièrement nihiliste qui risque d'en laisser plus d'un sur le carreau.

Nul doute que ce film brillant ne serait pas réussi sans une distribution au top. L'actrice Carol Kane crève l'écran dans le rôle de Cissy. Avec sa bouille angélique, elle est épatante en jouant cette femme-enfant désoeuvrée, sujette à des crises d'une violence inouïe. Carol Kane fait corps avec son personnage alors que dans un rôle aussi difficile, on a tôt fait de tomber dans un excès ridicule, ce qui n'est pas le cas ici.

Au final, The mafu cage est une excellente adaptation d'une pièce de théâtre mais aussi un sacré tour de force de traduire à l'écran une maladie mentale. C'est un cas psychanalytique passionnant à étudier. Le film reste toutefois à conseiller à un public averti, car la violence psychologique et les thèmes évoqués ne seront pas du goût de tous.

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20 août 2026

Centurion de Neil Marshall (critique film)

Titre du film : Centurion

Réalisateur : Neil Marshal

Date de sortie au cinéma : 7 juillet 2010

Origine : Royaume-Uni

Durée : 1h37

Avec : Michael Fassbender, Olga Kurylenko, Dominic West, Imogen Poots, Liam Cunningham, etc.

Synopsis : 117 après Jésus-Christ : l’Empire Romain règne sur tout l’Occident. Pourtant, aux confins glacés du nord de l’Angleterre, l’armée romaine se heurte à la tribu des Pictes, des barbares sanguinaires qui maîtrisent parfaitement l’environnement.


Le britannique Neil Marshall s'est fait un nom dans le milieu du cinéma (horrifique) avec des longs-métrages comme Dog soldiers (2002) et Doomsday (2008) mais surtout le magistral The descent (2005). Avec Centurion (2010), Marshall s'attaque au péplum. Le scénario est relativement simple : une légion romaine est massacrée par une tribu sauvage, des Pictes, qui refusent de se soumettre à Rome. Le seul survivant, le centurion (d'où le titre du film) Quintus Dias rejoint une autre légion romain.

S'il s'agit d'un péplum, Centurion est dans la continuité de l'oeuvre de Marshall. Il peut se résumer à une traque qui se termine en « survival ». On assiste ainsi à la lutte entre les rescapés d'une légion romaine et une tribu de guerriers pictes, dont le général est un ancien romain.

Le rythme du film est frénétique, les scènes d'action sont nombreuses et efficaces. Elles sont particulièrement lisibles et très brutales. Neil Marshall fond parfaitement ses thématiques dans ce péplum. Il retranscrit bien l'aspect violent de cette époque (cf l'attaque du camp picte au début).

On appréciera la présence de nombreux figurants, donnant une ampleur à ces séquences. Centurion ne fait absolument pas fauché. Il a été tourné quelques années après le succès de The descent, ce qui a dû aider Marshall à disposer des moyens de ses ambitions. On songe notamment à ce premier combat marquant où la neuvième légion subit une déroute.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce long-métrage n'a rien de manichéen. D'ailleurs, Neil Marshall critique plus les Romains que les Pictes. Les Romains sont prêts à tout pour étendre leur royaume, quitter à sacrifier leurs propres soldats. Les hommes de cette neuvième légion ne sont que des pions et on comprend leur dégoût. Le général de cette légion n'a toutefois rien à voir avec les aristocrates romains qui tirent les ficelles. C'est un homme de terrain faisant corps avec ses hommes. C'est un beau personnage. Autre personnage masculin remarquable : le centurion Quintus Dias (Michael Fassbender, excellent). Ce fils de gladiateur s'est affranchi et a acquis la nationalité romaine. Il est de plus en plus dégoûté de la guerre et a conscience d'être utilisé par les Romains. Il se bat plus pour ses camarades de traque que pour Rome.

Comme dans The descent ou dans Doomsday, Marshall fait la part belle à ses personnages féminins. Ce qui n'est pas évident pour des films d'action très axés « testostérone ». Ici, la guerrière picte, Etain (Olga Kurylenko, un de ses meilleurs rôles) est une héroïne sanguinaire ayant ses raisons d'agir ainsi. C'est un personnage très intéressant dont on découvre progressivement les motivations. Quant à Arianne (Imogen Poots, belle sensibilité déployée), c'est une picte considérée comme une sorcière. Mise au ban de sa société, elle est condamnée à vivre dans un lieu hors du monde. Elle devient la bouée de sauvetage du centurion. Les deux personnages nous offrent de belles scènes d'émotion.

On notera également que Neil Marshall tire parti de magnifiques décors naturels : montagneux, forestiers, enneigés. Le réalisateur alterne efficacement les plans larges sur les scènes de traque et les plans plus resserrés sur les scènes de combat ou intimistes.

En synthèse, Centurion se situe largement au-dessus de la mêlée. Il transcende un scénario convenu par son aspect débridé, son rythme trépidant et sa distribution de qualité. Il bénéficie tout de même de la prestation affirmée d'acteurs tels que Michael Fassbender, Olga Kurylenko et Imogen Poots. Ce péplum méconnu mériterait de sortir de l'ombre.

10 août 2026

David de Phil Cunningham et Brent Dawes (critique film + blu ray)

Titre du film : David

Réalisateurs : Phil Cunningham et Brent Dawes

Date de sortie au cinéma : 18 mars 2026

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h49

Avec les voix de : Elie Semoun, Fabienne Carat, Timéo, Jessie Amseli, etc.

Synopsis : David est un jeune berger drôle et pétillant, dont la voix envoûtante émerveille sa famille et le roi Saül. Lorsque le géant Goliath vient terroriser son peuple, David, armé uniquement d'une fronde, de quelques pierres et d'une foi inébranlable, s'avance.

Editeur : Saje Distribution

En blu ray et en DVD depuis le 17 juillet 2026
 

Saje Distribution est une société spécialisée dans la diffusion de films d'inspiration chrétienne. Cette année, elle a distribuée en blu ray et DVD Le roi des rois, un film d'animation sur la vie de Jésus-Christ. C'est un long métrage destiné à toute la famille vulgarisant l'histoire du Christ. Avec David, Saje édite un autre film d'animation, traitant cette fois du plus célèbre roi d'Israël. Le but est manifestement le même que pour Le roi des rois, à savoir dépoussiérer un mythe chrétien et le rendre accessible au plus grand nombre.

Ce choix s'avère payant puisque le film David a connu un grand succès aux Etats-Unis (sortie le 19 décembre 2025), rapportant 83 millions de dollars au box office. En France, Saje distribution l'a sorti en salles le 18 mars 2026 de manière plus confidentielle.

Réalisé par les Sud-Africains Phil Cunningham et Brent Dawes de Sunrise Animation Studios, David est une œuvre agréable à regarder. Ce film d'animation respecte dans les grandes lignes l'histoire de David. Il s'agit d'un gardien de mouton, appelé par le roi Saül pour le calmer par ses chants. Evidemment, on a droit à l'épisode avec le géant Goliath, le plus dangereux des Philistins. Et puis progressivement le roi Saül devient jaloux de la notoriété grandissante de David.

Il est donc finalement logique que ce film d'animation comporte plusieurs scènes chantées, qui sont entraînantes et même parfois émouvantes. Il est évident que David est destiné à un public jeune ou à un public familial. D'ailleurs, les personnages font paraissent globalement enfantins. Pour autant, leurs traits ont bien été travaillés.

L'animation en elle-même se révèle de qualité. L'environnement est très détaillé et rend ce dessin animé fort sympathique à visionner. Pour ne rien gâcher, l'animation est fluide et sans temps mort. Qu'il s'agisse des scènes chantées (qui ont toutes du sens), des scènes d'action ou de scènes plus intimistes, on ne s'ennuie pas une minute.

Les catholiques devraient apprécier le message religieux véhiculé tout au long du film. En effet, le film est émaillé de nombreuses références à Dieu : « Avec Dieu à nos côtés, moi je l'affronterai » (David à propos de Goliath) ; « La couronne appartient au seigneur » ; « Mon seul désir : le voici. Etre avec le seigneur. » Les personnes non croyantes seront sans doute moins réceptives à ce propos.

En synthèse, David est un petit film ludique sans prétention, bénéficiant d'une belle animation, d'images magnifiques et de scènes chantées agréables (mention spéciale à Shalom). Le doublage français avec les voix de Timéo, de Fabienne Carat, de Jessie Amseli et d'Elie Semoun est lui aussi de qualité et n'a rien à envier à la version originale. Voilà autant de raisons de découvrir l'histoire de David, symbole de la justice, de la pureté et du désintéressement.

Caractéristiques du blu ray édité par Saje Distribution :

L'image : elle est resplendissante. Rien à redire, les couleurs sont chatoyantes.

Le son : il est très réparti dans l'espace, qu'il s'agisse de la version française en 5.1 ou de la version originale (des sous-titres français sont disponibles) également en 5.1. On louera l'initiative de Saje distribution d'avoir mis en place deux options : l'audiodescription et des sous-titres pour sourds et malentendants.

Les suppléments : Le premier bonus est une interview de l'équipe du film (16mn10). Il s'agit en fait de courtes interventions des personnes ayant participé au doublage français à savoir Elie Semoun, Fabienne Carat, Timéo, Jessie Amseli mais aussi Georges Costa, le directeur artistique du doublage. On apprend peu de choses, sinon que ces doubleurs ont beaucoup apprécié de travailler sur ce film d'animation qu'ils trouvent magnifique. Le second bonus comporte les clips (12mn09 en cumulé) de Adventure song, Shalom, Tapisserie et Vers la lumière. Dans ces clips reprenant des images du film, on aperçoit par moment les doubleurs en pleine action.

1 août 2026

The stuff de Larry Cohen (critique film + blu ray)

Titre du film : The stuff

Réalisateur : Larry Cohen

Date de sortie au cinéma : 1985

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h27

Avec : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Scott Bloom, Paul Sorvino, etc.

Synopsis : Tout le pays ne parle que de ça, une nouvelle substance au goût irrésistible, baptisée The Stuff. C'est devenu LE dessert à la mode. Agacée, la concurrence charge David Rutherford, un ex-flic aux méthodes douteuses, de découvrir le secret de ce produit miracle.

En coffret blu ray + DVD + livret de 24 pages « Du Blob au dessert » rédigé par Marc Toullec chez Rimini Editions le 7 août 2026

Après avoir édité Meurtres sous contrôle (1976) et Epouvante sur New York (1982), l'éditeur Rimini Editions sort un nouveau film de Larry Cohen (1936-2019) : The stuff. Rappelons que Larry Cohen est le créateur de la célèbre série Les envahisseurs (1967-1968). Il est aussi connu pour ses petits films d'horreur des années 70-80, en particulier Le monstre est vivant (1974) et le paranoïaque Meurtres sous contrôle.

Avec The stuff, qu'il produit, écrit et réalise, Larry Cohen livre une comédie horrifique satirique d'excellente tenue. Comme à son habitude, il va droit au but. Dès le départ, une substance blanche - délicieuse - sortie de terre est rapidement commercialisée en tant que crème glacée. Elle devient le produit incontournable que tout le monde s'arrache. Mais le stuff (que l'on peut traduire en argot par le mot drogue) est quelque chose de spécial. C'est un être vivant venant de l'espace finissant par prendre le contrôle des gens qui l'ingurgitent à haute dose.

Larry Cohen renoue avec la thématique d'invasion extraterrestre et la paranoïa qu'elle engendre. On songe évidemment à L'invasion des profanateurs de sépultures (1956) de Don Siegel ou à la série des Envahisseurs. Une différence notable toutefois : le ton du film. The stuff n'a rien d'une œuvre sérieuse et se révèle une comédie sarcastique. Doté d'un rythme trépidant, ce long métrage suit les pérégrinations d'un détective privé chargé de découvrir les secrets de fabrication du stuff. Michael Moriarty, déjà acteur principal dans Epouvante sur New-York, incarne à merveille cet enquêteur déterminé et espiègle.

Si le film date de plus de 40 ans, son propos est toujours d'actualité. Il critique à tout-va notre société de consommation jusqu'au-boutiste. Larry Cohen constate la dépendance à cette crème glacée addictive, dont la nocivité est claire (mais bien cachée). Il pourrait faire la même démonstration avec le tabac, l'alcool ou la drogue. Plus proche de nous, on pourrait citer le smartphone dont de nombreuses personnes sont accros.

A l'époque de The stuff, Cohen ciblait le Coca-Cola dont on ignore la composition exacte et qui est mauvais pour la santé. La firme Coca-Cola met sans cesse en avant sa marque à grand renfort de publicité.

A cet égard, on appréciera dans The stuff les nombreuses (fausses) publicités crées pour l'occasion afin de vanter les mérites du stuff. La première publicité est hallucinante avec ces femmes en maillot de bain, vêtues en fourrure, vantant les mérites de la crème glacée. Et que dire des slogans accompagnant les diverses pubs : « The stuff le dessert qu'on prend sans avoir faim » ; « Stuff le dessert qui vous rend heureux ». On ne parle évidemment jamais du contenu du stuff. Tous les coups sont permis pour vendre ce produit addictif.

La société capitaliste est dans le viseur de Larry Cohen avec ces grands groupes industriels, peu scrupuleux et prêts à tout pour faire de l'argent. Si le côté horrifique du film plaira aux amateurs du genre, c'est bien la description d'un monde capitaliste sans foi ni loi et d'une société consumériste qui constitue son attrait principal.

Franc-tireur du cinéma indépendant américain, Larry Cohen s'en est donné à cœur joie sur ce film. The stuff est toujours aussi mordant actuellement pour son propos caustique. Voilà une œuvre impertinente et intelligente à (re)découvrir.

Caractéristiques du blu ray édité par Rimini Editions :

L'image : elle est superbe. Aucun défaut constaté. On peut aisément remplacer le DVD édité naguère avec le magazine Mad Movies à la fin des années 2000.

Le son : il est disponible en version originale sous-titrée français ou en version française. La version originale est à privilégier car elle relate précisément les propos des différents acteurs. Cela n'est pas toujours le cas du doublage français qui modifie le sens de certaines phrases.

Les suppléments : Rimini Editions nous a gâté pour cette nouvelle édition de The stuff. On a d'abord une présentation du film par Mylène Da Silva (13mn58). Cette dernière évoque de manière pertinente les différentes thématiques de The stuff. Elle nous révèle également plusieurs anecdotes croustillantes, notamment tout le marketing que souhaitait mettre en place Larry Cohen lors de la sortie de son film. Voilà un complément idéal au film qu'il est préférable de regarder après avoir vu The stuff.

Le second bonus est un (ancien) documentaire intitulé Le stuff, vous n'en aurez jamais assez ! Doté d'une durée conséquente (52mn08), il comporte des interviews croisées de Larry Cohen, de l'actrice Andrea Marcovicci, d'un co-producteur du film, d'un responsable des effets spéciaux et d'un critique cinéma. Chacun évoque ses souvenirs du film et du tournage. C'est un bonus dédié aux fans « hardcore » de The stuff qui souhaitent en savoir plus sur les origines du film et sur le tournage de celui-ci. On apprend par exemple que l'idée du stuff est venue à Larry Cohen lorsqu'il prenait sa douche ! Le réalisateur se plaît également à mentionner qu'il en demande beaucoup à ses acteurs lors du tournage. Enfin, le stuff est différent selon les situations du film : c'est parfois une mousse en latex, un véritable yaourt, de la crème à raser ou du ciment liquide. Documentaire sympathique mais dispensable.

22 juillet 2026

L'Odyssée de Christopher Nolan (critique film)

Titre du film : L'Odyssée

Réalisateur : Christopher Nolan

Date de sortie au cinéma : 15 juillet 2026

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h53

Avec : Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Zendaya, Robert Pattinson, Charlize Theron, etc.

Synopsis : L'Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d'Ulysse vers Ithaque.
 

L'Odyssée est une adaptation du poème d'Homère par l'incontournable Christopher Nolan (la trilogie Dark knight, Interstellar, Dunkerque, etc.). On retrouve donc un genre largement passé de mode, le péplum mythologique. Le film respecte globalement les éléments connus de l'Odyssée, même si Nolan s'est permis quelques libertés. Certains épisodes sont étrangement absents (la séquence avec les lotophages) et d'autres sont notoirement modifiés (on pense à la célèbre scène avec le cyclope). Comme quoi, le réalisateur britannique a choisi de donner sa version de l'Odyssée et pas forcément ce que les gens imaginaient.

Dès le départ, le récit est déstructuré avec une alternance du présent et du passé, mais aussi des lieux. On débute à Ithaque avec les prétendants de la reine et en parallèle on découvre Ulysse sur l'île de la nymphe Calypso. L'Odyssée est le film idéal pour Nolan puisqu'il lui donne l'occasion de déployer un de ses thèmes favoris : le temps (cf Inception, 2010 ; Interstellar, 2014 ; Tenet, 2020). Les flashbacks émaillant le récit illustrent la notion du temps qui passe avec Ulysse racontant l'interminable siège de Troie (10 ans). Le retour dans sa patrie sera tout aussi long. Ce temps perdu génère frustration, lassitude et regrets chez un Ulysse qui n'a jamais paru aussi humain. On est loin de la figure héroïque dressée par Homère. Cet Ulysse se démarque également du personnage joué naguère par un Kirk Douglas sûr de sa force, dans ce film de 1954 faisant jusqu'alors référence sur l'Odyssée.

Ulysse version Christopher Nolan, parfaitement interprété par Matt Damon, est un héros désenchanté. Il s'interroge sur ses choix, y compris sa ruse ayant mené à la chute de Troie et de nombreux morts. Ses compagnons sont tout aussi las et impatients de rentrer à Ithaque. A tel point qu'ils remettent en question les décisions d'Ulysse et finissent par organiser une mutinerie. Comme quoi, rien n'est immuable.

Autre fait moderne de cette version de l'Odyssée : son aspect pro-féminin. Anne Hathaway campe une Pénélope forte, fidèle à son époux et repoussant de manière incessante les prétendants cherchant à remplacer le roi d'Ithaque. La magicienne Circé est également très bien décrite. Elle est un des personnages clés de l'histoire. On comprend qu'elle a souffert du harcèlement de certains hommes. Cela n'est pas un hasard si elle les transforme en porcs. Autre personnage féminin fondamental, la déesse Athéna (jouée par une Zendaya convaincante) qui aide et guide Ulysse pour son retour dans sa patrie. Elle est le seul dieu que l'on voit à l'écran. Enfin, la nymphe Calypso retient Ulysse sur une île pendant de nombreuses années, à tel point qu'il finit par perdre la notion du temps et son identité.

Que les amateurs de l'Odyssée se rassurent, Christopher Nolan n'oublie jamais l'aspect extraordinaire de la quête d'Ulysse. Sa grande réussite est de faire apparaître le merveilleux dans le quotidien le plus banal. Cela rend les événements d'autant plus surprenants et parfois inquiétants. Toutefois,la vue de certains monstres demeure furtive, qu'il s'agisse par exemple de la scène des sirènes ou celle avec Charybde et Scylla. On se demande si ce ne sont pas pour le réalisateur avant tout des passages obligés...

En fin de compte, le personnage de Télémaque, le fils d'Ulysse, est symptomatique du point de vue de Nolan. Cela n'est pas la destination qui l'intéresse (le fait de retrouver son père) mais le chemin entrepris pour y arriver. L'Odyssée est plus que jamais pour Télémaque un récit initiatique qui va le révéler en tant qu'Homme.

C'est bien l'humanité, avec ses failles, qui intéresse Nolan. Cela n'empêche pas d'assister à des scènes spectaculaires, comme les combats pour la prise de Troie, le massacre des prétendants ou la scène avec le cyclope. Le cinéaste de la trilogie du Dark knight prouve sa capacité à allier des scènes intimes à des scènes épiques.

Côté distribution, tous les acteurs s'en sortent bien, en particulier les principaux rôles tenus par Matt Damon (Ulysse), Anne Hathaway (Pénélope), Tom Holland (Télémaque), Robert Pattinson (Antinoos), Zendaya (Athéna) et Charlize Theron (Calypso). Seul point contestable : le physique des acteurs ne change pas d'un iota durant les 20 ans séparant le début de la guerre de Troie du retour d'Ulysse. Cela n'est pas très crédible même si cela ne change rien à la pertinence du film.

Au final, l'Odyssée de Christopher Nolan constitue une œuvre sombre d'une grande modernité. Le cinéaste britannique met en avant l'Homme dans toute sa complexité avec son meilleur représentant : Ulysse. Animé par ses sentiments, c'est un grand homme mais il reste un homme avec ses forces et ses faiblesses.

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15 juillet 2026

La légende de Zatoïchi : Le fugitif de Tokuzô Tanaka (critique film + blu ray)

Titre du film : La légende de Zatoïchi : Le fugitif

Réalisateur : Tokuzô Tanaka

Date de sortie au cinéma : 10 août 1963

Origine : Japon

Durée : 1h26

Avec : Shintarô Katsu, Miwa Takada, Masayo Banri, Jutaro Hojo, Jun’ ichirô Narita, etc.

Editeur : Roboto Films

Synopsis : Zatoïchi est pourchassé par les hommes de main d’un yakuza local. Il défait ses ennemis et, au cours d’une rixe, tue un jeune yakuza, attiré par la récompense.

 

Quatrième volet des aventures du plus célèbre sabreur aveugle, La légende de Zatoïchi : Le fugitif est à nouveau réalisé par Tokuzô Tanaka. Dans la mesure où le film précédent privilégiait le drame, on aurait pu s’attendre à une œuvre dans la continuité.

Etrangement, cela n’est pas le cas. Le cinéaste Tokuzô Tanaka propose au contraire un pur chambara (film de sabre japonais) avec de multiples combats. Evidemment, notre sabreur aveugle, Zatoïchi, est sur tous les fronts. Il faut dire que sa tête est mise à prix et attise les convoitises. On ne tarde pas à le constater. Le film a tout juste démarré qu’un jeune yakuza s’en prend à Zatoïchi. C’est le début d’une série de combats dans un film qui n’en manque pas.

De ce point de vue, la fin du film s’achève de manière dantesque avec un dernier quart d’heure hallucinant. Animé alors par un désir de vengeance (sentiment nouveau chez notre héros), Zatoïchi fait face à des dizaines d’adversaires qu’il attaque tous azimuts. Si la vraisemblance laisse à désirer (comment un seul homme peut s’en sortir dans une telle situation ?), les combats sont diablement bien chorégraphiés et filmés. Et puis cerise sur le gâteau, comme dans les westerns, on a droit à un duel final avec un samouraï particulièrement coriace.

On notera que Zatoïchi a également l’occasion de montrer son incroyable maîtrise du sabre à d’autres occasions. On songe notamment à cette scène, rappelant celle de la bougie du Masseur aveugle, où il se tient devant une assemblée de chefs yakuza et affiche sa dextérité dans l’art du sabre.

Fort heureusement, La légende de Zatoïchi : Le fugitif ne se limite pas à une succession de scènes d’action. Le cinéaste Tokuzô Tanaka en profite pour dresser (une fois encore) un tableau particulièrement sombre de cette société féodale japonaise. Les yakuzas sont obnubilés par les notions de pouvoir et d’argent. Ils sont prêts à tout pour y arriver, comme le constate très justement un samouraï : « Certains ont de sombres desseins. Même s’ils évoquent sans cesse l’honneur des yakuzas, beaucoup ont le cœur noir. » Dans ce long métrage, les pires défauts de l’être humain sont mis en exergue : traîtrise, lâcheté, mensonge, couardise, jalousie.

Peu de personnages sont à sauver dans cette histoire. Outre Zatoïchi, prêt à défendre la veuve et l’orphelin, seuls deux personnages féminins redorent le blason de l’être humain. Il s’agit d’une vieille femme, dont le fils s’est imprudemment confronté à Zatoïchi, et Onabu, la courageuse fille de l’aubergiste aspirant à se marier avec l’héritier d’un clan yakuza. Même Otane, l’amour passé de Zatoïchi se révèle plus ambiguë que ce que l’on imagine. Mais Zatoïchi croit toujours en elle : « Nous portons tous les marques de l’inévitable saleté de la vie. » L’émotion est au rendez-vous dans cette œuvre, même si elle est moins présente que dans le volet précédent.

Quelques mots sur les acteurs. Shintarô interprète avec beaucoup de conviction un Zatoïchi (quasi) invincible lors des scènes de combat mais très humble quant à sa condition de masseur aveugle itinérant. Son personnage est toujours autant rejeté par la société et honni par les yakuzas. Autre personne à signaler, la jeune actrice Miwa Takada, alors âgée de 16 ans, et toujours dans le bon ton. Elle jouera dans de nombreux films de la Daiei, avant de tourner de manière étonnante en 1982 dans un célèbre roman porno (film érotique japonais), Lady Karuizawa. Enfin, Masayo Banri incarne pour la dernière fois avec beaucoup d’émotion le personnage d’Otane. Elle est ici mariée à un samouraï rustre etimpitoyable.

En synthèse, La légende de Zatoïchi : Le fugitif effectue un difficile équilibre entre les nombreuses scènes d’action et les séquences intimistes. On a l’impression que le scénario a été moins travaillé et que l’intrigue devient plus routinière. Cela n’en reste pas moins un film très bien mis en scène et joué. S’il s’agit du film le moins intéressant de la saga jusque-là, le public a pourtant été largement au rendez-vous. La légende de Zatoïchi : Le fugitif a rapporté 150 millions de yens, un record. De quoi donner des envies à continuer la légende de notre sabreur aveugle.

 

Caractéristiques du blu ray édité par Roboto Films :

L'image : elle est de très bonne qualité dans l’ensemble.

Le son : on peut voir le film uniquement en version originale sous-titrée français. Le son en DTS-HD master 2.0 est excellent. On entend parfaitement la voix des protagonistes.

Les bonus : le seul bonus présent est une présentation par Clément Rauger (12mn46) qui revient de façon concise et efficace sur le film. Il évoque également les acteurs principaux, et notamment la jeune Miwa TAKADA à la carrière singulière. Il constate que ce quatrième opus a engrangé 150 millions de yens, un record sans précédent. Il considère que la saga est une grande série ayant influencé la pop culture sur plusieurs générations.

Cette section bonus comporte également les trailers d'éditions de Roboto Films : Zatoïchi, le fugitif (2mn09) ; Gamera : la trilogie Heisei (1mn32) ; Great jailbreak (1mn37) et Violent streets (3mn01).

6 juillet 2026

Trois hommes et un couffin de Coline Serreau (critique film + blu ray)

Titre du film : Trois hommes et un couffin

Réalisatrice : Coline Serreau

Date de sortie au cinéma : 18 septembre 1985

Origine : France

Durée : 1h46

Avec : Roland Giraud, Michel Boujenah, André Dussollier, Philippine Leroy-Beaulieu, Dominique Lavanant, etc.

Synopsis : Pierre, Jacques et Michel, trois célibataires endurcis, voient leur assurance virile mise à mal par l'arrivée inopportune dans leur quotidien d'un nourrisson.

Sortie en combo blu ray + DVD le 17 juillet 2026 chez Rimini Editions

Enorme succès des années 80, Trois hommes et un couffin (1985) de Coline Serreau a atteint 10 millions d'entrées au cinéma et a glané 3 Césars ! Ce film culte resté à l'affiche pendant près d'un an et demi, a même eu droit à des remakes dans d'autres pays.

Il s'agit d'une œuvre exclusivement féminine puisque le scénario, les dialogues (extrêmement écrits, et pourtant hilarants) sont de Coline Serreau. La force de Trois hommes et un couffin est d'être un film féministe...sans la présence de femmes ! A partir d'un synopsis incongru, un bébé abandonné devant le palier de l'appartement de trois célibataires, ce long métrage aborde mine de rien des sujets de société.

Il est important de le replacer dans son époque. Aujourd'hui, les hommes aident beaucoup plus leurs épouses à s'occuper des enfants. Certains vont même jusqu'à éduquer l'enfant en posant un congé parental. En 1985, on était loin de cette situation. L'homme laissait totalement la charge des enfants et aurait même été moqué si cela avait été le cas. La femme était la seule à élever l'enfant et on trouvait cela normal.

Le film joue donc sur son étonnant scénario avec ces trois hommes livrés à eux-mêmes, n'ayant d'autre choix que de prendre soin de ce bébé sorti de nulle part. Trois hommes et un couffin présente une étonnante famille avec ces trois hommes et un enfant. On n'est pas du tout dans la famille classique : homme, femme et enfant. On est d'autant plus amusé de la maladresse de ces trois gaillards, particulièrement gauches au départ. En soi, rien d'extraordinaire que de gérer un bébé. Et pourtant, c'est très amusant de voir ces hommes changer les couches, donner le biberon ou encore chanter une comptine (ah ce Au clair de la lune au-dessus du berceau, comme s'ils étaient les rois mages).

Coline Serreau avait sans doute en tête que le film pourrait au bout d'un moment lasser le spectateur. Pour relancer son action, elle a donc intégré des sous-intrigues très amusantes. On pense notamment aux scènes avec les policiers où les « pères » du bébé cherchent à cacher de la drogue ! Et puis il y a la venue de la nurse, madame Rapon – qui se fait écorcher son nom – joué par une excellente Dominique Lavanant prise à parti.

En connaissant la filmographie de Coline Serreau et son amour pour ses personnages, on ne sera pas surpris que ce long métrage joue parfaitement la carte de l'émotion. La réalisatrice multiplie les gros plans sur le bébé (ou plutôt les différents bébés utilisés pour l'occasion) fort mignon. Et puis surtout, le film montre que nos célibataires s'attachent progressivement à cet enfant, comme si c'était le leur. D'une certaine façon, Coline Serreau développe le côté maternel de ces hommes emplis d'amour pour cet enfant.

Sans conteste, le film doit beaucoup à son magistral trio d'acteurs. On sent une véritable alchimie entre tous les trois. Si Roland Giraud sort du lot, jouant admirablement le côté comique mais aussi émotionnel, ses deux autres compères ne sont pas en reste. Michel Boujenah participe grandement à l'émotion et Dussolier amuse par ses aspects de dragueur patenté. Coline Serreau nous gratifie de dialogues bien sentis qui font mouche : « au royaume des cons, les crétins sont rois. »

Si l'aspect comédie est éminemment présent, le film aborde des questions faisant sens, que l'on n'a pas l'habitude de voir. Ainsi, ces « pères » sont obligés de poser des jours de congés et d'établir un programme pour s'occuper à tour de rôle du bébé. Cela montre bien qu'élever un enfant prend du temps. Indirectement, c'est une façon de signaler les difficultés d'une mère pour allier vie privée et vie professionnelle. La charge mentale est importante.

Au final, plus de 40 ans après sa sortie en salles et son extraordinaire succès, Trois hommes et un couffin est toujours aussi drôle et dans le même temps témoin d'une époque. L'implication des pères dans l'éducation de l'enfant évoluera par la suite.

Caractéristiques du blu ray édité par Rimini Editions :

L'image : le film a été restauré sous la supervision de Coline Serreau et le résultat est impressionnant. L’image est magnifique, on a jamais vu le film dans de telles conditions. La qualité est remarquable par rapport au DVD des Editions Montparnasse sorti en janvier 2003.

Le son : il est de bonne facture, sans aucun défaut constaté. On aurait juste apprécié qu’il soit un peu plus puissant.

Les compléments : un bonus exclusif de cette nouvelle édition du film : un entretien avec Brigitte Rollet (28mn45), enseignante et chercheuse, spécialiste des questions de genre et de sexualité au cinéma et à la télévision, enregistré à Paris le 27 avril 2026. Madame Rollet revient sur la genèse du film et la difficulté de le monter car personne ne croyait à ce projet. De la même façon, Coline Serreau n’a pas eu les acteurs qu’elle souhaitait, à part Michel Boujenah. Pour autant, le film a été un immense succès qui a surpris tout le monde. Madame Rollet met en avant l’originalité du film (un film féministe...sans femmes) mais aussi le fait que le trio d’acteurs fonctionne très bien. Elle élargit le prisme avec les films des années 80 et notamment ceux réalisés par des femmes. Le succès de Trois hommes et un couffin prouve qu’une femme peut faire des films drôles et rentables. Dix ans plus tard, Josiane Balasko réalisera Gazon maudit qui fera 5 millions d’entrées.

Les deux autres bonus présents sur le blu ray sont une reprise de bonus anciens. Il s’agit d’un entretien avec l’équipe du film (23mn46) daté de 2002. On a ainsi des interviews de Coline Serreau, Roland Giraud, Michel Boujenah et André Dussolier. Chacun y va de son petit commentaire. Coline Serreau définit l’idée générale de son film comme « trois crétins qui deviennent intelligents. » Elle précise que c’est un long métrage sur la maternité des hommes. On apprend des détails amusants : Boujenah aurait fait sur une séquence un record de 52 prises et Giraud aime chanter. D’ailleurs, Roland Giraud était persuadé depuis le départ que le film allait marcher.

Le dernier bonus est un entretien avec Coline Serreau (6mn07)daté de 2002. Cet entretien est assez court. Il permet tout de même à Coline Serreau de mentionner les changements en train de s’opérer dans la société entre hommes et femmes. Ces dernières savent ce qu’elles ne veulent plus. Trois hommes et un couffin n’est pas une œuvre ayant un point de vue contre les hommes. Elle mentionne l’aspect comique qui vient du tragique : l’abandon d’un enfant. On apprend qu’elle est fan de Capra et de Lubitsch.

Les bonus s’achèvent avec le film-annonce (2mn16).

26 juin 2026

Les monstres de la préhistoire de Junji Kurata (critique film + blu ray)

Titre du film : Les monstres de la préhistoire

Réalisateur : Junji Kurata

Date de sortie au cinéma : 29 avril 1977

Origine : Japon

Durée : 1h55

Avec : Tomoko Kiyoshima, Nobiko Sawa, Tsunehiko Watase, Fuyukichi Maki,

Synopsis : Suite à la récente activité volcanique du Mont Fuji, des dinosaures se réveillent d'un long sommeil et sèment la terreur près d'un lac peuplé de nombreux touristes.

Édition scanavo avec fourreau comportant un blu ray et un livret de 28 pages écrit par Nicolas Jeantet, depuis le 16 juin 2026 chez Roboto Films
 

Sorti en 1975, Les dents de la mer de Steven Spielberg emporte tout sur son passage. Certains producteurs sont bien décidés à surfer sur la vague, en proposant des plagiats plus ou moins réussis. Ainsi, en 1977, la firme japonaise Toei demande au cinéaste Junji Kurata, alors spécialisé dans le film de ninja, de mettre en scène un film de dinosaures en reprenant la trame des Dents de la mer.

Cette idée incongrue donnera naissance aux Monstres de la préhistoire. L’histoire se déroule durant l’été 1977 au pied du Mont Fuji. Une des (rares) qualités du film est d’ailleurs la beauté de ses décors naturels avec ce mont mythique en toile de fond. Il est à noter que Les monstres de la préhistoire est un film bis totalement improbable.

Le cinéaste Junji Kurata ne se contente pas de reproduire dans les grandes lignes des scènes entières des Les dents de la mer. Il pioche également dans d’autres films très connus. Lorsqu’une jeune femme tombe dans une grotte remplie d'oeufs gigantesques de reptiles préhistoriques, la référence à Alien est évidente. Dans ces conditions, ce gloubi-boulga cinématographique aboutit à une création unique en son genre.

En outre, les monstres ne sont pas représentés par des acteurs costumés comme dans un kaiju eiga (films de monstres géants japonais). Les deux dinosaures sont ainsi réalisés en latex. Effort louable mais résultat catastrophique : les monstres ont des têtes ridicules et sont faits grossièrement. On peine à croire que le film ait disposé d’un budget confortable. Indubitablement, les plus heureux devraient être les amateurs de nanar.

Et ce n’est pas tout. Ce long métrage accumule les idées étonnantes. Alors qu’il s’agit en principe d’un film destiné aux enfants (la présence des dinosaures), il comporte plusieurs scènes gore. On doute fort que nos chères têtes blondes soient ravies de voir le cadavre d’un cheval sans tête ; des personnes démembrées ou encore une mare de sang dans un lac. On n’imagine même pas la réaction des parents ! Dans un autre registre, la bande son du film est tout aussi surprenante : une musique jazzy/disco qui détonne lors des scènes de meurtre. On est vraiment dans une oeuvre « WTF » (what the fuck).

Les réjouissances ne s’arrêtent pas là. Un pseudo mystère se met en place autour de personnes disparues, de poissons morts, et c’est la réaction des scientifiques qui interpelle ! Certains avancent des théories fumeuses, ce qui accroît l’aspect sympathique de ce long métrage. D’après certains scientifiques, un des dinosaures ressemblerait au monstre du Loch Ness !

Et ce n'est pas tout. Les monstres de la préhistoire propose forcément un affrontement entre le plésiosaure (grand reptile marin) et le ptérodactyle. Le semblant de combat entre les deux dinosaures est peu convaincant. Les amateurs de films d’action risquent d’être déçus !

Quant à la distribution, le jeu des acteurs ne laisse aucun souvenir impérissable. On sent que leurs personnages n’ont aucun intérêt dans cette histoire. Ils font uniquement le lien entre les différentes séquences, et servent (parfois) de chair à canon aux dinosaures.

Au final, la qualité intrinsèque de Les monstres de la préhistoire dépend de ce que l’on en attend. Si on prend le film sérieusement, le temps peut sembler long avec des défauts très présents. En revanche, si l’on est amateur de nanars ou d’œuvres bien barrées, on a tout lieu d’être ravi devant cet objet filmique non identifié. Un véritable trésor à sa façon !
 

Caractéristiques du blu ray édité par Roboto Films :

L'image : une belle qualité d’image pour un film qui a près de 50 ans !

Le son : le film est disponible aussi bien en version originale sous-titré français qu’en version française. A noter que le son est enregistré relativement bas en version française.

Les compléments : Le principal bonus est une Présentation par Fabien Mauro (21mn20) du film. Cet auteur/essayiste nous explique la genèse des Monstres de la préhistoire (sortie des Dents de la mer, regain d’intérêt pour les films de dinosaures). Il trouve curieux que ce film destiné à la jeunesse comprenne des séquences gore. Fabien Mauro n’élude pas les défauts du film avec des dinosaures ridicules ou encore un duel entre les deux monstres décevant. Il constate que la bande son funk/disco est décalée pour un film d’horreur. Il en conclut que c’est une œuvre étrange et divertissante. Les monstres de la préhistoire n’a pas marché au Japon mais est devenu par la suite un petit film culte.

Le second bonus, daté de 2026, est une Revue de collection avec Jean-Baptiste Pujolle (4mn35). Ce grand collectionneur est un fan des Monstres de la préhistoire dont il dispose sous divers supports : VHS, laser disc, DVD d’éditeurs étrangers, blu ray américain, BO du film, photos ou encore des affiches rares et le synopsis. Sa passion fait plaisir à voir.

Le blu ray comporte également des bandes-annonces (BA) de l’éditeur Roboto films : L’homme invisible 1 et 2 (1mn15), Tora-San (3mn45, concerne les 5 films édités), Guerre des gangs à Okinawa (2mn21)

19 juin 2026

C'est dur d'être un homme (critique des films 2 à 5 + des blu ray)

C’est dur d’être un homme (Tora-San), critiques des films 2,3,4 et 5

- Maman chérie de Yoji Yamada (1969, 1h33) ;

- Le grand amour de Azuma Morisaki (1970, 1h30) ;

- Le millionnaire de Shun’ichi Kobayashi (1970, 1h32) ;

- La nostalgie de Yoji Yamada (1970, 1h28).


 

La saga des films japonais C’est dur d’être un homme (Tora-San) a connu une longévité hors norme au Japon : 50 films de 1969 à 1997 ! Tora-San est considéré comme le Charlie Chaplin japonais et est adoré dans son pays toutes générations confondues. Le premier film (critiqué ici-même) donne une bonne illustration de l’état d’esprit de la saga.

Car les films suivants vont reprendre une trame générale qui sera adoptée de manière récurrente. Le rôle principal de l’enjoué Tora-San (qui s’appelle Torajiro Kuruma) est tenu constamment par l’acteur Kiyoshi Atsumi. Au démarrage du film, il chantonne en se présentant comme Tora le vagabond. C’est un homme joyeux, à l’esprit libre, voyageant dans tout le Japon. Mais comme pour mieux rappeler ses attaches, il retourne toujours (au début de chaque film) dans sa ville natale de Shibamata. Là, il y retrouve sa famille, des personnages secondaires que l’on prend plaisir à retrouver : son oncle et sa tante, sa sœur et son beau-frère, les voisins.

Autre point commun aux différents films : Tora tombe systématiquement amoureux d’une jeune femme, qu’il s’agisse de la fille d’un professeur, de la patronne d’une auberge ou encore de la fille de sa patronne. Il se montre alors d’une gentillesse extrême mais fait preuve aussi d’une certaine maladresse. Il est aux anges et donne l’impression que le monde lui appartient. Mais il ne parvient jamais à sortir avec ces femmes car il apprend rapidement qu’elles sont fiancées ou déjà engagées ! Le pauvre Tora n’a donc pas l’occasion de connaître la joie effective de l’amour. Ces déceptions amoureuses sont temporaires et notre homme, fondamentalement positif, reprend rapidement son habituel enthousiasme.

Car ces quatre films sont déjà significatifs de la saga C’est dur d’être un homme, à savoir une comédie familiale bon enfant véhiculant des valeurs positives : la solidarité, l’honnêteté, le courage, l’amour. En utilisant le mode de la comédie, les films mettent en avant le personnage incorrigible de Tora le vagabond, qui crée parfois des situations embarrassantes (et s’excuse toujours de les avoir causées) à son entourage familial. Sur le fond, ces longs-métrages laissent la part à des gens simples connaissant des bonheurs mais aussi les tracas de la vie. De manière plus générale, ces films sont un miroir de nos vies. On peut comprendre qu’à l’époque les Japonais se soient identifiés à cette famille de gens du peuple dont ils suivent les pérégrinations avec amusement.

Cela étant, l’aspect familial de l’ensemble n’empêche pas de traiter de sujets sérieux. La nostalgie (1970) insiste sur la valeur « travail » et voit pour la première fois Tora avoir un emploi régulier, à savoir vendeur de tofu. Comme lui dit sa sœur, « avoir un petit travail, c’est un trésor. » Les quatre films abordent aussi des thématiques plus difficiles comme la mort, l’abandon d’un enfant ou encore le suicide (sujet souvent évoqué chez les Japonais). Comme quoi, ces longs-métrages ne sont pas déconnectés de la réalité, ce qui en fait presque des témoignages sociologiques. D’autant que le cinéaste Yoji Yamada, qui a mis en scène la plupart des films sur Tora-San (ici le second et le cinquième épisode, comme par hasard les plus prenants), s’est toujours intéressé aux gens de condition modeste et à leur vie quotidienne. Sans jamais tomber dans le misérabilisme mais au contraire avec beaucoup de respect et de bienveillance pour ces gens tout autant méritants que les autres. Il en ressort une belle humanité.

Après avoir vu les cinq premiers films de C’est dur d’être un homme (Tora-San), édités dans l’excellent coffret de l’éditeur Roboto films, on comprend pourquoi les Japonais se sont pris d’affection pour Tora et sa famille, et lui vouent un véritable culte. On espère désormais que ce coffret rencontrera un beau succès et qu’il permettra de voir d’autres films avec l’inénarrable Tora le vagabond !

Caractéristiques des blu ray 2 et 3 du coffret « Tora-San » édité par Roboto Films :

L'image : la qualité est au-rendez pour les quatre films présents sur ces deux blu ray, qui ont tous été restaurés et bénéficient de bonnes copies.

Le son : les films sont disponibles uniquement en version originale sous-titré français.

Les compléments : les blu ray 2 et 3 du coffret « Tora-San » comportent uniquement des bandes-annonces (BA) de l’éditeur Roboto films. Sur le blu ray 2, il s’agit des BA de L'homme invisible (1mn15) et de Theater of life 1 et 2 (1mn22). Quant au blu ray 3, il s’agit des BA de Zatoïchi : les années Daei (2mn29) et de Gamera : les années Showa (1mn56).

Pour information, le coffret rigide « Tora-San » en digipack 3 volets comportant 3 blu ray , édité par Roboto films, dispose également d’un livret de 48 pages (essai de Claude Leblanc et photos d'exploitation) et de cartes postales.

A noter que l’ensemble des bonus figurent sur le premier blu ray (critiqué ici-même), et dont je rappelle le contenu détaillé :

Le premier bonus est une interview de Yoji Yamada (23mn07). Cette interview a été réalisée récemment par Claude Leblanc avec un Yoji Yamada très âgé. Pour autant, le cinéaste a encore toutes ses facultés ! Il évoque dans le détail les origines de Tora-San, l'acteur Kiyoshi Atsumi ou encore le fil conducteur des différents films de la série. Yoji Yamada parvient même à différencier les films de la saga en apportant des exemples à l'appui. Chapeau !

Le second bonus est une visite de Shibamata (6mn42) effectuée en novembre 2025 et commentée en voix off par Claude Leblanc en 2026. Il évoque les statues de Tora-San et de sa sœur, la rue commerçante de la saga et le temple datant de 1629.

On continue les pérégrinations avec une visite du musée Tora-San (3mn10). Situé à une centaine de mètres du temple, se trouve ce musée. On y découvre différentes pièces vues dans le film, l'imprimerie où travaille le beau-frère de Tora-San ou encore les costumes de ce dernier. Tout est expliqué très clairement par la voix off de Claude Leblanc.

Juste après le musée de Tora-San, on pénètre pour une visite du musée Yoji Yamada (4mn42). L'auteur des Mouchoirs jaunes du bonheur (1977), symbole d'espoir pour les Japonais, a droit à son musée. On peut notamment voir les bandes annonces de tous ses films (plus d'une quarantaine) dans une petite salle de cinéma. C'est intéressant d'avoir un musée de son vivant. Comme d'habitude, Claude Leblanc commente en voix off tout ce que l'on peut voir dans ce musée.

Le bonus suivant est intrigant, c'est le Tora-San summit 2025 (14mn17). Il s'agit d'un événement ayant lieu chaque année depuis 2015 à Shibamata durant deux jours. C'est une façon pour les Japonais de célébrer Tora-San et de l'idée d'un Japon ancien, à une époque où tout change de manière effrénée. C'est au contraire une façon pour les festivaliers de célébrer quelque chose d'immuable. Yoji Yamada participe chaque année à une table ronde avec des acteurs de la saga toujours en vie. C'est aussi le moment privilégié de découvrir des spécialités culinaires des régions traversées par Tora-San. Claude Leblanc nous apprend que beaucoup de jeunes viennent ces dernières années, car Tora-San constitue un point de repère. Tora-San est le Charlot japonais que tout le monde adore !

12 juin 2026

Les titans de Duccio Tessari (critique film + blu ray)

Titre du film : Les titans

Réalisateur : Duccio Tessari

Date de sortie au cinéma : 4 mai 1962 (en Italie)

Origine : Italie

Durée : 1h55

Avec : Giuliano Gemma,‎ Antonella Lualdi, Jacqueline Sassard, Pedro Armendariz, Serge Nubret, etc.

Synopsis : Dans la Grèce antique, Cadmus, roi de Crête, se fait proclamer dieu et bannit toute autre forme de religion. Il provoque la colère de Zeus, qui décide de le punir en armant Kryos, le chef des titans : Zeus lui promet que ses frères, enfermés aux Enfers, seront libérés s’il mène à bien sa tâche.

En combo blu ray + DVD (nouvelle restauration du film, pour la première fois en blu ray) le 16 juin 2026 chez Rimini Editions
 

Duccio Tessari (1926-1994) est un cinéaste touche-à-tout. Il a oeuvré dans le western italien avec Un pistolet pour Ringo (1965), Le retour de Ringo (1965), le giallo avec Un papillon aux ailes ensanglantées (1971), L'homme sans mémoire (1974), le film policier avec Big guns (1973) ou encore le film de cape et d'épée avec Zorro (1975) où l'on retrouve dans le rôle-titre un certain Alain Delon.

Les titans (1962) constitue son premier long métrage. On est alors en pleine période d'âge d'or du péplum qui s'achèvera en 1965. Le péplum était alors revenu en force grâce au film Les travaux d'Hercule (1958). Dans un genre très codifié, Duccio Tessari apporte dans le film une bonne dose d'originalité. Le rôle principal, celui du chef des titans, Kryos, est tenu par l'acteur Giuliano Gemma. Bien loin des culturistes misant tout sur leur musculature pour incarner Hercule ou tout autre héros, Gemma est au contraire un jeune homme fluet, à la chevelure peroxydée. Dès le départ, on comprend que Duccio Tessari prend une certaine distanciation par rapport au genre.

Il y a beaucoup d'ironie dans Les titans. Kryos est ainsi un personnage souvent moqueur au détriment de ses différents opposants, qu'il s'agisse de Cadmus, le roi de Crète ou de ses soldats. S'il sait manier l'arme avec aisance, il utilise avant tout son intelligence pour vaincre ses adversaires. Voilà une idée forte qui dénote à l'époque : en effet, les spectateurs avaient alors l'habitude de héros body-buildés faisant usage de la force. On peut même penser qu'il y a là un propos sous-jacent : dans une société italienne patriarcale, c'est un pied de nez de montrer que l'on peut s'en sortir en utilisant son cerveau et pas uniquement ses muscles. La violence n'est pas une fin en soi. Comme quoi, contrairement à ce que pensent certains critiques, Les titans est un film certes ironique mais nullement parodique.

De la même façon, on appréciera la réflexion politique en question. Le roi de Crète est considéré comme un véritable despote. On peut y voir une critique du fascisme. D'ailleurs, une phrase est sans équivoque : « A bas la tyrannie, vive la liberté. » En 1962, ce discours a une résonance forcément particulière dans un pays tel que l'Italie ayant connu le fascisme durant la deuxième guerre mondiale. On retrouve également une allégorie d'un État totalitaire avec ce roi ayant enfermé sa fille depuis son plus jeune âge.

Si l'on l'intéresse uniquement à l'aspect péplum, le film regorge de scènes savoureuses. Les titans multiplie les péripéties à un rythme endiablé. Tout en s'intéressant à différents mythes, dynamisant ainsi le récit. Les combats également ne manquent pas d'attrait, on se croirait parfois dans un film de cape et d'épée avec notre héros bondissant, enjoué, cherchant à délivrer sa belle princesse.

Il faut dire que le film comporte des scènes romantiques tout à fait appréciables avec un Giuliano Gemma excellent en gentilhomme pour séduire sa princesse, jouée par la belle française Jacqueline Sassard. Un morceau choisi parmi d'autres : « Ton sourire est si lumineux que je sens que je vais m'envoler vers le ciel. »

En dehors de ces moments de douce romance, Les titans peut compter sur de magnifiques décors. Signalons notamment des grottes où la multiplication de fumées et de couleurs donnent un aspect merveilleux. On se croirait dans le Hercule contre les vampires (1961) de Mario Bava. Un régal pour les yeux !

Voilà autant de raisons justifiant de regarder ce fort sympathique péplum, certes décalé mais jamais parodique. Les titans est une œuvre jubilatoire et un péplum culte en France.
 

Caractéristiques du blu ray édité par Rimini Editions :

L'image : elle est vraiment impeccable avec une palette de couleurs magnifique. Le gain qualitatif est gigantesque par rapport au DVD sorti il y a longtemps chez René Château.

Le son : le film dispose d'un doublage français en DTS-HD tout à fait correct. On peut aussi voir le film en « version originale » sous-titrée français en DTS-HD, sachant qu'il y avait à l'époque une post-synchronisation des voix. Pour information, le DVD de René Château ne comportait que la version française.

Les compléments : Rimini Editions nous fait plaisir avec des bonus de qualité et récents. Le premier bonus est une Présentation du film par Stéphane Lacombe (33mn07) enregistrée à Paris le 17 mars 2026. Ce responsable éditorial chez Frenezy commence par évoquer le réalisateur Duccio Tessari dont c'est le premier long métrage. Il en profite pour signaler que Les titans, est considéré à tort par certains comme une parodie de péplum. Il s'agit d'un film ironique mais en aucun cas d'une parodie. Stéphane Lacombe loue les qualités du film : l'utilisation de beaux décors de montagne, l'originalité pour un péplum (ce qui compte c'est l'intelligence pas les muscles), la volonté de moderniser le genre. Il revient sur la personne de Giuliano Gemma, acteur ô combien polyvalent. Monsieur Lacombe distingue les péplums d'inspiration biblique et d'inspiration mythologique. On apprend que Les titans a rencontré un succès honnête Italie et encore plus grand en France avec près d'1,5 million de spectateurs.

Le second bonus est plus anecdotique. Il s'agit d'un Entretien avec Ariane Mnouchkine (14mn48), enregistré le 8 avril 2026. La fondatrice du théâtre du Soleil revient sur ses souvenirs d'époque, en rappelant que son père a produit ce long métrage. Elle conserve un excellent souvenir de l'équipe du film.

Le troisième bonus, Les péplums mythologiques italiens (36mn25) permet de remettre en perspective Les titans dans l'impressionnante production de péplums de cette époque. Laurent Aknin, historien du cinéma, détaille dans l'ordre chronologique un nombre impressionnant de films, plus ou moins connus. Avec son humour habituel, il évoque l'attrait de ses films, en donnant un avis de cinéphile passionné et parfois assez tranché. Ce bonus, comportant des SFX de Jean Manuel Costa, permet notamment de disposer d'extraits de chacun des films qui sont évoqués. Voilà une véritable mine d'or pour les aficionados du péplum.

Le blu ray comporte également une Galerie photos (5mn07) où l'on voit des photos et affiches du film, ainsi que des Films-annonces (8mn38) permettant de visionner des bandes-annonces différentes des Titans, dédiés à des marchés distincts (films-annonces en français, en allemand et en anglais).

Voilà un blu ray très complet en terme de bonus !

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