30 minutes de sursis de Sydney Pollack (critique film + blu ray)
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Titre du film : 30 minutes de sursis
Réalisateur : Sydney Pollack
Date de sortie au cinéma : 1965
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h38
Avec : Sidney Poitier, Anne Bancroft, Telly Savalas, etc.
Synopsis : Alan est bénévole dans un centre d'appels d'urgence. Un jour, au bout du fil, il y a Inga, une femme désespérée qui vient de prendre une dose mortelle de comprimés et souhaite parler à quelqu'un avant de mourir. Aidé d'un psychiatre et d'un inspecteur de police, Alan n'a que peut de temps pour localiser sa correspondante.
En blu ray et DVD depuis le 7 avril 2026 chez Rimini Editions
30 minutes de sursis est un film important car il s'agit du premier long métrage de Sydney Pollack (1934-2008). Ce cinéaste américain a marqué les années 70-80 avec le western Jeremiah Johnson (1972), l'épopée romantique Nos plus belles années (1973), le thriller paraoïaque Les trois jours du Condor (1975), la comédie Tootsie (1982) et évidemment l'incontournable romance Out of Africa (1985).
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Dans 30 minutes de sursis, Sydney Pollack fait donc ses gammes au cinéma après avoir été l'assistant réalisateur de John Frankenheimer qui lui donne ici sa chance. Sorti en 1965, 30 minutes de sursis (le titre original The slender thread, littéralement le fil fin est plus significatif) est une œuvre extrêmement maîtrisée pour un premier long métrage.
Sydney Pollack peut compter sur un duo d'acteurs de premier plan, Sidney Poitier et Anne Bancroft. Le premier joue un étudiant en médecine, Alan, bénévole dans une « clinique de crise » (centre d'appels d'urgence). La seconde interprète le rôle d'Inga, une femme au bout du rouleau, s'étant administrée une surdose de somnifères pour mettre fin à ses jours. Ces deux personnages vont être liés le temps d'une soirée, puisque Alan va tout faire pour sauver cette femme, Inga, qui l'appelle à l'aide.
Une des grandes originalités de 30 minutes de sursis tient à son montage. On alterne en permance entre la clinique de crise où se situe Alan et la chambre d'hôtel d'où appelle Inga. On ne verra jamais les deux personnages principaux ensemble ce qui constitue un parti pris audacieux, notamment pour l'époque (1965).
Autre fait notable sur le plan de la mise en scène : l'utilisation de flashbacks. Ceux-ci dévoilent progressivement le quotidien d'Inga et les raisons de sa tentative de suicide. Cette alternance entre les scènes de huis-clos, les extérieurs naturels de Seattle (ville que l'on voit rarement à l'écran) évitent toute monotonie pour le spectateur et alimentent une tension permanente.
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Car ce 30 minutes de sursis est construit comme un thriller. L'objectif d'Alan, aidé d'un psychiatre et de la police, est de tracer l'appel pour secourir cette femme à temps. Il s'établit une relation de confiance entre Alan et Inga qui demeure toutefois précaire. A tout moment, elle peut raccrocher le téléphone ou tout simplement tomber dans le coma en raison des pilules absorbées. On comprend bien qu'elle est engourdie et qu'elle finit par respirer faiblement. Le temps est compté et jusqu'à la fin on se demande bien comment tout cela va se terminer.
En plus de son sujet principal, 30 minutes de sursis a le mérite d'aborder frontalement des faits sociétaux. Dans une société américaine en pleine mutation, le film s'en prend à un système patriarcal, à une religion catholique hypocrite ou encore à un mal-être évident avec la question du suicide. Sur le tableau de la clinique de crise, on lit les mots suivants : « toutes les deux minutes, quelqu'un essaie de se suicider aux Etats-Unis. » Voilà qui montre bien une société malade. Sidney Poitier est excellent dans son personnage d'étudiant en médecine faisant tout son possible pour sauver cette femme au bord du précipice. Et que dire d'Anne Bancroft, elle aussi formidable dans le rôle de cette femme esseulée, ne trouvant plus rien pour se raccrocher à la vie : qu'il s'agisse de la famille, des amis ou des collègues de travail. On la sent étouffée par cette ville tentaculaire de Seatlle où elle ne trouve plus sa place.
Avec 30 minutes de sursis, Sidney Pollack signe un premier long métrage de qualité, où le thriller psychologique lui permet aussi d'aborder en toile de fond des thématiques sociétales importantes. Avant de continuer une brillante carrière avec son acteur fétiche Robert Redford, Sydney Pollack avait déjà frappé un grand coup !
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Caractéristiques du blu ray édité par Rimini Editions :
L’image : un superbe noir et blanc, sans aucun défaut. On a du mal à croire que le film date de 1965.
Le son : le film dispose d'un son tout à fait probant, aussi bien en version originale sous-titrée français qu'en version française. Le doublage d'époque est correct.
Les bonus : on a droit à un entretien avec Nathalie Bittinger (22mn33), enregistré à Paris le 19 janvier 2026. Cette maître de conférences en cinéma analyse de façon très détaillée le film, ses thématiques, sa modernité. Elle aborde en premier lieu les débuts de carrière de Sydney Pollack. En second lieu, elle évoque en quoi ce film sorti en 1965 est un jalon entre le classicisme hollywoodien et le nouvel Hollywood. Puis elle s'intéresse aux thématiques sous-jacentes du film et évidemment aux deux acteurs principaux. On apprend que 30 minutes de sursis a été très bien acueilli à sa sortie, ce qui a lancé la carrière de Pollack. Voilà un complément idéal au film. On espère de nouvelles analyses de madame Bittinger sur d'autres bonus de films édités par Rimini Editions.
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