penanceaffichRéalisé par Fred Vogel

Année : 2007

Origine : U.S.A.

Durée : 84 minutes

Avec : Fred Vogel, Cristie Whiles, Shelby Vogel, Anthony Matthews...

FICHE IMDB

Après ses terribles August underground et August underground’s mordum, le réalisateur Fred Vogel pouvait-il aller encore plus loin dans l’horreur à tendance « snuff » ? Vraisemblablement non, puisque ce August underground’s penance, s’il gagne en netteté avec une image « propre », sera quand même légèrement moins déviant, tout en restant quand même sérieusement gratiné.
Le script suit le quotidien d’un couple de tueurs en série s’acharnant sur des victimes torturées et mutilées dans une cave.

Après une courte séquence introductive nous montrant un homme attaché et bâillonné tentant de s’enfuir avant d’être rattrapé et assassiné, replaçant ainsi tout de suite le spectateur dans le contexte, le métrage s’attachera à suivre le quotidien du tueur déjà vu dans les deux précédents films (et toujours interprété par Fred Vogel), mais cette fois-ci, celui-ci sera affublé d’une compagne avec laquelle il se filmera dans diverses activités quotidiennes banales ou souriantes (le ketchup), avant qu’une première incursion dans leur sous-sol ne vienne rappeler frontalement au spectateur qu’il est bien dans un August underground puisque nous verrons le tueur s’amuser avec une victime déjà salement amochée (avec quelques clous plantés dans le corps en sus de sa plaie à la tête) dans un décor sordide aux murs couverts de sang et de photos pornographiques.

Ensuite, l’intrigue alternera les va-et-vient dans cette cave nauséabonde pour nous faire suivre de multiples sévices, dont un éventrement extrêmement réaliste exposant clairement ces boyaux sanglants ou encore un fœtus extrait manuellement du ventre de sa mère quand ce ne sera pas un reste de cadavre que les meurtriers finiront de découper à la scie, avec d’autres séquences en « extérieur » plus anodines, avec au hasard une soirée entre amis pour sniffer de la coke ou nourrir un petit crocodile dans un vivarium avec une souris qui elle sera une vraie victime du film, ou encore une visite au zoo où notre couple pourra nourrir un énorme lion avec les membres d’une biche auparavant découpée chez eux, quand notre couple ne s’amusera pas à harceler de façon brutale et sarcastique un punk endormi sous un pont.

Mais au-delà des séquences sanglantes et glauques de la cave, qui resteront le tronc commun de la trilogie de Fred Vogel, le réalisateur arrivera une nouvelle fois à choquer son auditoire, non plus en abusant de tortures plus ou moins gores et déviantes (même si…), mais au travers d’une séquence particulièrement dérangeante au cours de laquelle notre duo d’assassins va s’en prendre à une famille en pleine période de Noël, pour assommer le père à coups de marteau en pleine face, violer et tuer la mère et surtout nous faire partager l’agonie et le meurtre par strangulation de la petite fille de ce couple qui n’avait rien demandé à personne et dont les deux meurtriers vont aller jusqu’à violer l’intimité en ouvrant et saccageant les cadeaux disposés au pied du sapin, montrant bien ainsi leur inhumanité totale.

Pour bien se différencier des deux films le précédent, ce August underground’s penance pourra déjà s’appuyer sur une image d’une netteté contrastant complètement avec celle dégradée et floue choisie auparavant, laissant ainsi s’étaler devant la caméra les abominations avec une précision écoeurante, mais cela n’empêchera pas Fred Vogel d’opter à nouveau pour un style de mise en scène cherchant de manière affirmée et convaincante à faire croire à la véracité des faits exposés, même si cela implique à nouveau de brusques changements de sujets, au gré de ce que voudra bien filmer le couple.

Ensuite, pour la première fois dans la trilogie, le tueur sera accompagné dans son odyssée sanglante par une véritable petite amie tout aussi dépravée que lui, n’hésitant pas à se masturber pendant que son compagnon viole la mère au cours de la terrible séquence citée plus haut ou encore à s’amuser elle aussi avec une victime comme s’il s’agissait de son bébé, mais cette relation amoureuse « spéciale » (voir le coït violent dans les toilettes du concert) apportera également une dimension dramatique qui explosera dans le dernier acte du film tout en augmentant encore le malaise occasionné par ces deux assassins, par exemple lorsqu’ils s’emploieront à « nettoyer » la cave, mais l’aspect sexuel des déviances sera ici en partie mis de côté au profit d’une violence sanglante plus graphique.

Enfin, l’interprétation sera ici bien plus convaincante, avec notamment la jeune Cristie Whiles dont la détérioration psychologique s’associera à celle physique bien réelle et visible. Mais surtout, les effets spéciaux réalisé en grande partie par Fred Vogel (dont il ne faudra pas oublier qu’il a été à bonne école en travaillant avec Tom Savini) seront ici d’un réalisme étonnant et dérangeant en versant dans un gore nauséeux plus que volontaire et graphique, mais sans jamais tomber dans l’outrance.

Donc, ce August underground’s penance achèvera de manière largement appréciable cette trilogie définitivement « autre » et d’une extrême déviance, tout en étant quand même moins jusqu’auboutiste que August underground’s mordum, le plus frappé des trois films !