Ken1Réalisé par Takahiro Imamura
Année : 2006
Origine : Japon
Durée : 100 minutes
Personnages principaux : Kenshirô, Raoh, Reina, Shû, Souther, Toki.

FICHE IMDB

Résumé : Dans un monde dévasté, des personnages disposant d'un art martial surpuissant pour conquérir le pouvoir ( comme Souther ou Raoh) ou pour ramener la paix (comme Kenshirô).

« Ken survivant de l'enfer Ken souvent croise le fer Ken dans le chaos des esprits Ken contre les fous les bandits... ». Ca vous dit quelque chose tout ça ? Eh bien il s'agit du générique français de la cultissime série animée Ken (diminutif de Kenshirô) le survivant qui passait sur TF1 dans les années 80 sur le Club Dorothée et dont la programmation avait été interrompée car cette série était soi-disant trop violente, en particulier pour les enfants qui la voyaient.
Notre valeureux guerrier (qui a fait plaisir à de nombreux enfants tous les mercredis, dont je faisais partie) revient dans un long métrage qui est sorti en 2006 au Japon mais qui n'arrive en salles qu'en mai 2008 en France.
Ce long métrage, réalisé par le japonais Takahiro Imamura s'intéresse aux origines de Ken et à celles des principaux protagonistes, à savoir Raoh, Toki, Shû et Souther.

Il faut rappeler pour les néophytes que l'univers Ken se déroule dans un monde post-apocalyptique. D'ailleurs, au tout début du métrage, on nous rappelle que les guerres atomiques auxquelles se sont livrées les hommes ont abouti à la destruction du monde. Les survivants sont divisés en deux groupes : des civils qui ne cherchent qu'à survivre et à l'opposé des êtres sanguinaires, des bandits (à l'allure de punks, qui font irrémédiablement penser aux méchants dans Mad Max) qui volent, qui pillent, qui violent, etc.

Dans cet univers chaotique, des êtres humains, héritiers d'un grand maître japonais (pure invention des scénaristes) ont appris les techniques du Hokuto. Ces techniques permettent de tuer son adversaire avec une prise particulière. Les héritiers du Hokuto, à savoir Ken (qui fait notamment exploser ses adversaires), Raoh, Toki, Shû ont un ennemi commun, Souther dit l'empereur sacré, qui utilise pour sa part la technique du Nanto. Tout l'intérêt de ce long métrage consiste en la confrontation entre ces deux techniques martiales. On est donc proche ici du film de chevalerie chinoise (wu xia pian) ou du film de chambarra japonais (dont le représentant illustre est le fameux héros aveugle Zatoichi). Il est d'ailleurs question des mêmes thèmes. Par amitié ou amour, un héros solitaire décide par vengeance d'accomplir une quête.

Mais au fait que vaut ce fameux Ken l'ère de Raoh ? Comme dit précédemment, on retrouve les mêmes personnages que ceux de la célèbre série. Le chara design (l'aspect des personnages) de Shingo Araki (qui s'est notamment occupé de celui des Chevaliers du zodiaque, à savoir Saint Seya) est toujours le même. Et force est de constater que les traits des personnages sont tout de même un peu trop « carrés ». Mis à part les enfants et les jeunes femmes du métrage, les principaux protagonistes font vraiment bien brutaux. On hallucine notamment de voir un Raoh qui a quasiment deux à trois fois la taille d'un être humain normal. A l'instar d'un autre série animée, à savoir Jojo the bizarre adventure, les personnages ont un peu trop l'air de surhomme. Le trait est un peu trop forcé. Surtout, l'animation ne s'est pas améliorée depuis les années 80. Il faut bien reconnaître que l'animation est assez pauvre et que les décors sont assez peu développés. Malgré tout, on prend toujours à plaisir coupable à retrouver des héros qui ont bercé notre enfance. Surtout, les combats sont pour leur part toujours aussi sympathiques. Si le long métrage est un peu moins violent que la série, on a quand même droit à des combats sanglants, à de nombreux meurtres et aux combats entre les maîtres du Hokuto et du Nanto. Le mano a mano entre Ken et Souther est bien violent, même s'il par moments involontairement drôle, tant les dialogues sont ridicules : « J'ai réussi en me concentrant à découvrir où sont tes points vitaux! » ; « J'ai réussi à te toucher en utilisant ma force psychique ».

Ken, dont le chara design et le côté solitaire n'est pas sans rappeler un certain John Rambo, a comme idée fixe d'exterminer le terrible Souther, qui agit comme un véritable despote. Ce dernier se prend pour le maître de l'univers et n'a aucune pitié. Un personnage comme Raoh, qui lui aussi est pourtant sanguinaire, apparaît plus humain que Souther. D'ailleurs, ce long métrage ne s'appelle-t-il pas l'ère de Raoh ? Ce qui est très logique puisque celui-ci est très présent. On a d'ailleurs droit à un intéressant développement du rapport entre Raoh et la belle Reina, qui lui est dévouée et qui l'aime.
D'ailleurs, on s'attache à plusieurs personnages du métrage. Toki, a notamment utilisé sa technique du Hokuto, pour soigner des gens malades. C'est un être fondamentalement bon. Dans le clan « ennemi » à savoir celui qui utilise la technique du Nando, on retrouve Shû. Placé sous l'étoile de la vertu, celui-ci est convaincu que Ken est l'élu et il va tout faire pour l'aider, notamment avec son fils.

Si le propos développé dans cet animé est parfois un peu naïf (ce que l'on ne remarque pas lorsque l'on est un enfant), le fond n'est en revanche pas contestable. On nous rappelle à plusieurs reprises que la guerre ne sert à rien et que les enfants sont l'avenir du monde.

Au final, Ken l'ère de Raoh satisfera les fans de Ken dont je fais partie. Pour les autres, je les invite à découvrir le long métrage d'un animé culte. A défaut d'être très réussi, Ken l'ère de Raoh reste une honnête découverte.