Shinealight1Réalisé par Martin Scorsese
Année : 2008
Origine : Etats-Unis
Durée : 122 minutes

Avec : Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood, Charlie Watts, Jack White, Buddy Guy, Christina Aguilera, Martin Scorsese...

FICHE IMDB

Résumé : Martin Scorsese a filmé les Rolling Stones dans le cadre de deux concerts de  leur tournée A Bigger Bang en 2006.

Martin Scorsese s'intéresse depuis longtemps à la musique et notamment dans son film The last waltz, réalisé trente ans auparavant (1978) où il avait filmé le dernier concert (daté de 1976) du groupe The band. Entrecoupés d'interviews des membres du groupe, The last waltz réunissait des invités tels que Neil Young, Eric Clapton ou encore Bob Dylan.

Ayant fait l'ouverture du 58ème festival de Berlin, Shine a light correspond à la mise en scène par Martin Scorsese de deux concerts des Rolling Stones au Beacon theater de New York dans le cadre de leur tournée A Bigger Bang. Ce sont les Stones qui sont allés demander à Martin Scorsese de les filmer. D'ailleurs, on constatera que les quatre membres des Rolling Stones, à savoir Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood et Charlie Watts sont producteurs exécutifs du film.

Dans Shine a light, on voit au début du film, en noir et blanc, « Marty » (surnom de Scorsese) qui donne ses directives et qui explique comment doit selon lui se dérouler le concert qu'il va filmer. Mais très rapidement Scorsese s'efface pour laisser les Stones en action. C'est alors qu'on a droit à de la couleur(Shine a light !). Scorsese filme les Stones de manière très classique, à l'ancienne, avec certes de nombreuses caméras mais en privilégiant l'incroyable vitalité des Stones. Scorsese filme le mouvement des Stones. Il n'y a pas chez Scorsese de mise en scène clippesque à la MTV. Le spectateur croirait qu'il se trouve dans la salle de concert. On en prend plein les yeux et les oreilles. Ce qui impressionne c'est l'incroyable longévité et surtout l'incroyable vitalité des Stones sur scène. Pourtant, comme chacun sait, les Stones ne sont pas de jeunes loups : Mick Jagger est né en 1943 comme Keith Richards tandis que Ron Wood est né en 1947 et Charlie Watts, le batteur, est né en 1941 ! Les Rolling Stones sont un groupe, autoproclamé comme étant le plus grand groupe de rock, qui continue de durer. Jagger court toujours dans tous le sens. Keith Richards a toujours l'air quand même bien allumé et il nous offre des moments bien sympathiques avec notamment l'autre guitariste du groupe, Ron Wood. La scène paraît vraiment être un autre monde pour ce groupe, comme le dit si bien Keith Richards.

Dans ce film, Scorsese montre les Stones interpréter 18 titres de leur répertoire, dont de nombreux morceaux cultes. On a ainsi droit entre autres à Sympathy for the devil (titre d'ailleurs du film que Godard a fait sur les Stones), Start me up, Shine a light, (I can't get no) Satisfaction (ce titre, comme un symbole, clôt d'ailleurs le concert). Mick Jagger tout comme Keith Richards sont dans une forme olympique et ils participent amplement à la réussite du concert et par extension du film. On a droit à quelques invités lors de ce concert qui évoquent un éclectisme certain du groupe. Ainsi, le bluesman Buddy Guy se joint aux Stones sur le morceau Champagne and reefer. On retrouve également Jack White des White Stripes (groupe de rock américain fondé en 1997 par Jack White et Meg) qui interprète Loving cup avec Mick Jagger. Enfin, ce dernier nous offre un duo très sensuel avec Christina Aguilera sur Live with me. Le groupe montre à plusieurs reprises qu'il est certes un groupe de rock, mais qu'il a été très influencé par le blues. Par ailleurs, les Rolling Stones s'amusent à interpréter un titre purement country, Far away eyes.

Le concert est entrecoupé de quelques images d'archives, où les membres des Rolling Stones déclaraient à l'époque (dans des interviews qui remontent pour certaines aux origines du groupe, dans les années 60) qu'ils ne pensaient pas spécialement que le groupe allait durer. Mais progressivement, les images d'archives montrent que les Stones se voient faire du rock de plus en plus longtemps, Jagger signalant à un moment donné qu'il se verrait bien sur scène jusqu'à 60 ans. Le groupe a toujours été ensemble, il n'y a jamais eu de séparation. Il y a certainement eu des dissentions notamment avec Ron Wood et Charlie Watts qui pourraient être jaloux de la renommée de Jagger et de Keith Richards mais le groupe a toujours paru soudé (comme le montrent les images d'archives) et continue de paraître souder sur la scène. D'ailleurs, le concert contient plusieurs moments assez drôles qui prouvent la complicité des Rolling Stones. Ainsi, Mick Jagger s'amuse comme un fou avec Keith Richards. Il se plaît aussi à présenter les membres du groupe, déclarant au guitariste Ronnie Wood : « Ils [les spectateurs] t'aiment Ronnie ! » ou encore s'amuse lorsqu'il introduit Charlie Watts, le très effacé batteur du groupe (pourtant présent sur un instrument qui demande beaucoup de dynamisme). Jagger lui demande de dire quelque chose. Il dit alors : « Bonsoir » et Jagger plaisante en signalant : « Il parle ! ».

On voit enfin, au vu de ce concert, que les Stones sont quelque part rentrés dans le rang. Ceux qu'on a souvent présentés comme des rebelles sont certes toujours aussi dynamiques – Mick Jagger et ses acolytes étant de véritables bêtes de scènes – mais le fait pour Jagger de chanter avec Christina Aguilera montre que le groupe a quelque peu changé. Par ailleurs, on reste assez médusé quand on voit que Bill Clinton introduit avant le concert les membres de sa famille (sa fille Chelsea, Hillary et la mère de cette dernière !) à toute l'équipe des Stones, lesquels n'échappent pas à ce formalisme. Enfin, Clinton est celui qui présente les Stones lors du concert.

Au final, Shine a light est un concert très stimulant, pour peu que l'on apprécie les Rolling Stones.