carnageRéalisé par Tony Maylam

Année : 1981
Origine : U.S.A.
Durée : 91 minutes
Avec : Brian Matthews, Leah Ayers, Brian Backer, Larry joshua...

FICHE IMDB

Parmi la vague de slashers ayant déferlé au début des années quatre-vingt suite au succès du "Halloween" de John Carpenter et du premier "Vendredi 13", ce "The burning" (sorti à l’époque chez nous sous le titre passe-partout de "Carnage") fait aisément partie du haut du panier, en étant aussi bien généreux en suspense qu’en scènes gore très graphiques.
Le script prend place dans une colonie de vacances pour y suivre la vengeance sanglante d’un moniteur ayant été victime quelques années auparavant d’une mauvaise blague ayant mal tourné.

La séquence d’introduction nous fera donc suivre les préparatifs et l’exécution de cette farce macabre élaborée par plusieurs gamins et destinée à effrayer un surveillant acariâtre et brutal en déposant à côté de son lit un crâne gluant dont les yeux seront illuminés par des bougies. Mais cette farce sera encore plus efficace que prévue et la victime dans la panique balancera le crâne sur son lit, l’enflammant et le brûlant sous les regards mi-horrifiés mi-amusés des jeunes qui regarderont l’homme sortir de sa cabane sans l’aider, lui laissant le soin de se jeter dans une rivière toute proche pour éteindre les flammes.

L’intrigue laissera passer quelques temps pour continuer à s’intéresser à ce personnage qui aura survécu tout en étant grièvement brûlé au point d’effrayer les infirmiers, pour nous faire suivre sa sortie de l’hôpital où, le visage masqué par une écharpe et un chapeau, il s‘empressera d’aller se dénicher une prostituée qui sera bien entendu terrifiée lorsqu’elle découvrira le faciès (que le réalisateur se gardera bien de nous montrer) de son client, déclenchant ainsi chez lui une fureur meurtrière puisqu’il l’assassinera à coups de ciseaux.

Après cette introduction certes classique dans son agencement (la blague), mais se permettant une petite incursion  urbaine dans un univers dignement hérité du "Maniac" de William Lustig, le métrage s’installera dans ce camp de vacances pour nous présenter ses personnages principaux, aussi bien les moniteurs que les petits vacanciers, de manière certes classique mais évitant tout humour potache pour plutôt s’attarder sur des relations et des situations réalistes qui se suivront sans ennui, surtout que le réalisateur laissera entrevoir rapidement la présence sur place d’une ombre menaçante armée d’une longue cisaille à haie, tout en multipliant de fausses alertes cohérentes (dont une scène de douche gentiment détournée) qui parviendront à faire monter une petite tension, tout comme cette histoire racontée au coin du feu qui sera remarquablement présentée.

Mais il faudra attendre qu’une partie des vacanciers accompagnés de plusieurs moniteurs partent en excursion en canoë pour que  l’intrigue n’invite véritablement son assassin à passer à l’acte pour une série de séquences alternant judicieusement un suspense tendu avec des plans sanglants terriblement volontaires lorsque par exemple le tueur s’en prendra sauvagement à un groupe évoluant sur un radeau de fortune, en infligeant de multiples plaies avec sa cisaille, alors que d’autres scènes demeureront plus prévisibles (le couple s’étant isolé à des fins amoureuses), mais toujours en laissant planer le doute sur le moment choisi par le meurtrier pour frapper.

Le dernier acte, après le massacre d’une bonne partie du casting, respectera les codes du genre, même si ici ce ne sera pas une pauvre demoiselle qui devra s’enfuir à travers bois poursuivie par l’assassin, tout en apportant une petite révélation minimaliste et basique sur l’intérêt particulier porté par le tueur à ce groupe précis et en nous offrant une double confrontation finale rondement menée en laissant présager le pire avant un acte héroïque d’un personnage jusqu’ici malmené, avant de nous gratifier d’un dernier plan complice.

Si l’intrigue pourra sembler bien classique aujourd’hui, il faudra projeter le métrage à son époque pour en apprécier plus particulièrement certaines finesses (dont le dernier sursaut du tueur, élément qui deviendra presque obligatoire par la suite, tout comme la découverte des victimes par le(s) dernier(s) survivant(s) !) et reconnaître les évidentes qualités narratives et visuelles de l’ensemble. En effet, si la phase de mise en situation pourra paraître quelque peu longuette en laissant se passer beaucoup de temps entre le meurtre de la prostituée du début et le premier égorgement dans les bois, cela permettra au spectateur de bien s’imprégner des différents personnages, rendant ainsi leur mort tout à tour plutôt douloureuse ou jouissive, et, contrairement à bon nombre de slashers, les victimes ne seront pas ici que de jeunes adultes adeptes de la fornication et de la fumette, puisque même des gamins périront sous les coups de cisaille du meurtrier qui n’épargnera ainsi personne.
Mais l’un des principaux intérêts du film résidera bien sûr dans les séquences débouchant sur un meurtre, et le moins que l’on puisse dire c’est que celles-ci sont orchestrées de façon magistrales, entre une utilisation judicieuse de la caméra subjective, l’apparition surprise du tueur et bien entendu les effets sanglants appuyés, entre égorgements, doigts sectionnés et autres plaies causées par cette cisaille déjà très graphique.
En plus, l’interprétation sera ici plutôt convaincante, avec de jeunes interprètes crédibles et concernés par leur rôle, alors que la mise en scène de Tony Maylam sera  efficace en augmentant les effets lors des scènes chocs du film.
Les effets spéciaux, œuvre de Tom Savini, alors dans sa grande période gore, seront tout simplement incroyables de réaliste (la cisaille plantée dans une gorge, par exemple) et deviendront pour certains carrément culte (la séquence du radeau).

Donc, ce "The burning" mérite plus que largement d’être (re)découvert, par son efficacité et sa générosité en matière d’effets sanglants !