springbreakersTitre du film : Spring breakers

Réalisateur : Harmony Korine

Année : 2013

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h32

Avec : James Franco (Alien), Vanessa Hudgens (Candy), Selena Gomez (Faith), Ashley Benson (Brit), Rachel Korine (Cotty), etc.

Synopsis : Des étudiantes braquent un fast-food pour financer leur spring break. Arrivées sur leur lieu de vacances, elles vont connaître des excès en tous genres.

 

Aux Etats-Unis, les vacances de printemps sont choisies par certains étudiants Américains pour se rendre sur des lieux de vacances, proches de la mer. Là, tout le monde se lâche et on assiste à des excès en tous genres : alcool, sexe et drogue.

Le cinéaste atypique Harmony Korine (Mister Lonely) a décidé de se baser sur ce phénomène de société pour raconter à sa façon un spring break et les dérives de celui-ci.

Si on prend Spring breakers au premier degré, le film est une sorte de comédie dramatique complètement débile avec des jeunes qui font la fête (la première scène avec ces jeunes s'éclatent sur une plage, sans aucune pudeur, est bien révélatrice du spring break) et qui commettent des actes répréhensibles, sans qu'à aucun moment il n'y ait une prise de conscience. Au premier abord, on peut avoir l'impression d'assister à un film stupide calibré pour les adolescents puisqu'il y retrouvent des “bombasses” en bikini, qu'interprètent les jeunes et jolies Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine (la femme du cinéaste). D'ailleurs, le réalisateur ne cesse de les mettre en valeur puisqu'on les voit en maillots de bain fluorescents, avec des poses plutôt suggestives.

 

springbreakers2Maintenant, si l'on analyse les thématiques du film, on voit qu'Harmony Korine a bel et bien quelque chose à raconter. A sa façon, il filme le vide d'une société américaine qui se voile la face. Que font ses 4 héroïnes ? Rien d'intelligent. Elles participent à des fêtes orgiaques : ça fume, ça boit, ça fait l'amour. Alors oui, la vie paraît facile ainsi. Mais tout a un prix dans la vie et on ne fait pas n'importe quoi. Nos jolies demoiselles, les fameuses spring breakers, commencent par braquer un fast-food local et tout s'enchaîne de mal en pis : elles sont arrêtées par la police lors d'une fête bien arrosée ; puis l'une d'entre elles est blessée et tout se termine par une fusillade à grande échelle.

Harmony Korine filme de son côté ce que l'on pourrait nommer l'anti rêve américain. Ici, on s'amuse, on gagne (ou on vole) de l'argent facile sans travailler, on possède des armes, on tue des gens comme si on jouait à un jeu vidéo.

Le film est effrayant dans le sens où ses protagonistes n'ont jamais de prise de conscience de leurs actes. Les spring breakers restent avant tout des post-adolescentes qui ne réfléchissent pas à ce qu'elles font. Elles souhaitent seulement s'amuser. Elles sont restées des gamines, comme le prouvent les fringues qu'elles portent : si elles sont habillées comme des gangsters, elles ont une cagoule rose , des baskets rose et un maillot de bain avec une tête de tigre. Elles sont très féminines et sexy mais ne réfléchissent pas des masses.

En utilisant le mode de l'humour, Harmony Korine se moque de ses héroïnes sans cervelles. Les actrices Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine s'en donnent à coeur joie pour jouer les bimbos idiotes. Mais la personnalité la plus remarquable est incontestablement James Franco, qui est méconnaissable dans le rôle d'Alien, une sorte de chanteur et gangster local. Avec ses dents argentées, son style, son tatouage, ses nattes et son rap un peu reggae, il fait penser à Sean Paul, même si visiblement le réalisateur s'est inspiré du rappeur Riff Raff. James Franco est énorme et très drôle (ou pathétique, c'est selon) quand il chante des chansons super naïves sur son piano. C'est ce personnage d'Alien, qui ne cesse de répéter le terme de spring break de façon cool – comme si la vie n'était qu'un amusement – qui amène nos spring breakers girls vers de bien mauvais horizons.

La fin se termine vers une fusillade générale. Mais ici Harmony Korine n'en a que faire de sa scène d'action : son héros se fait tuer stupidement dès le départ ; les meurtres ont lieu avec des ralentis exagérés ; les jeunes filles, qui a priori ne sont pas des as de gachette, ne ratent pas leurs cibles alors qu'à l'inverse elles ne se font jamais toucher.

 

springbreakers3C'est bien l'irresponsabilité de ses héroïnes (qui s'en sortent comme des fleurs) et de manière plus générale une société américaine obnubilée par la possession d'armes que le réalisateur pointe du doigt. Il critique aussi une société qui se dit puritaine et bien pensante, alors que si l'on gratte le vernis, on voit que des attitudes excessives sont à l'oeuvre, à l'image de ces spring breaks.

Comme quoi, on voit que les apparences sont parfois trompeuses et que Spring breakers a plus de choses à raconter que ce que l'on image au départ. Ce long métrage n'est pas (seulement) réservé à des jeunes venus voir des belles filles dans des tenues légères en train de s'amuser.

Et puis, cerise sur le gateau, le film bénéficie d'une excellente BO, très énergique et éclectique. On y retrouve du rap, de la techno, de la pop avec Britney Spears (Everytime et Hit me baby one more time) et lors du générique de fin le très bon Lights d'Ellie Goulding.

Je tenais tout de même à terminer en délivrant une mention spéciale à Vanessa Hudgens qui est véritablement allumée dans le film et est hallucinante en fausse blonde fofolle.

En synthèse, Spring breakers est une comédie dramatique survitaminée, qui dresse un constat assez amer sur la société américaine. Le cinéaste Harmony Korine, scénariste sur Kids, continue de s'intéresser à une jeunesse dépravée, à côté de la plaque. Voilà un film réservé à un public averti qui ne plaira pas à tout le monde mais qui a le mérite d'exister.