passengers1Titre du film : Passengers

Réalisateur : Morten Tyldum

Année : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h57

Avec : Chris Pratt, Jennifer Lawrence, Michael Sheen, Laurence Fishburne

FICHE IMDB

Synopsis : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…

 

A première vue, Passengers s'apparente à un énième film de science-fiction où les membres d’une expédition spatiale doivent faire face à un dysfonctionnement majeur.

Dans les faits, ce long métrage a plusieurs cordes à son arc, tout en étant multi genres : on est à la fois dans le film de science-fiction, le drame, la comédie et surtout la romance.

Au début du film, on apprend qu’un vaisseau spatial, comprenant 5 000 passagers à son bord, a été placé en pilotage automatique le temps d’amener tout ce beau monde vers une planète lointaine, prête à être colonisée. Le temps du voyage étant estimé à 120 ans, il est donc fondamental de placer tout le monde en hibernation ! Évidemment, les choses ne se passent pas comme prévu (sinon, quel intérêt de faire un film!) et l’un des passagers, Jim Preston, est accidentellement réveillé.

passengers2De la même façon que Tom Hanks dans Seul au monde, Jim Preston, interprété par le séduisant Chris Pratt (Les gardiens de la galaxie), se retrouve tout seul dans ce vaisseau à qui il reste l’équivalent de 90 ans de voyage avant d’arriver à destination. Jim Preston comprend rapidement qu’il vit un cauchemar éveillé et qu’il ne peut faire grand-chose : il ne peut pas être replongé en sommeil artificiel, il ne dispose pas de l’accès aux commandes centrales du vaisseau, le temps pour communiquer avec la terre prend plusieurs années… Bref, les choses sont compliquées. A cet égard, le film s’apparente à ce moment à un drame car il montre bien à quel point la solitude est pesante. Certes, au début cela peut paraître sympathique de disposer pour soi d’un gigantesque vaisseau avec de multiples hobbies à disposition : jeux vidéo interactifs, piscine, salles de sport, etc. Y compris un robot humanoïde barman qui lui fait la discussion. Mais tout cela ne remplace pas l’être humain. La solitude devient de plus en plus dure à vivre et le désespoir finit par l’emporter.

Pour se sortir de cette spirale infernale, Jim Preston fait le choix difficile, et contestable sur le plan moral, de ramener plus tôt que prévu à la vie un autre être humain. Notre homme jette son dévolu sur une jeune femme, Aurora Lane, incarnée par l’actrice Jennifer Lawrence. La deuxième partie du film vise alors à nous montrer l’évolution de la relation entre ces deux naufragés de l’espace, avec la grande question que l’on a au bout des lèvres : Jim osera-t-il avouer son méfait alors qu’il est de plus en plus proche de cette femme ? On se doute bien qu’il y aura forcément à un moment donné un grain de sable, sinon l’histoire serait d’une banalité sans nom.

Dans le même temps, afin d’intéresser le spectateur à cette histoire ne comptant généralement que deux personnages, on constate que le vaisseau devient de plus en plus instable et qu’il sera nécessaire de prendre des risques pour éviter le pire.

Bien que cette œuvre dure près de deux heures et qu’elle se concentre donc sur deux personnages, on est finalement surpris de suivre avec un certain plaisir ces aventures spatiales peu communes pour nos deux Robinson Crusoé.

Passengers constitue sans doute l’un des rares films alliant romance et science-fiction avec réussite, avec comme fil directeur le poids de la solitude (finir sa vie dans un vaisseau spatial n’est pas franchement réjouissant). En plus, pour ne rien gâcher, ce long métrage conserve jusqu’au bout un certain suspense.

Passengers3Ce film n’est toutefois pas exempt de défauts. Loin s’en faut. Si les effets spéciaux sont franchement probants avec un vaisseau plus vrai que nature et un soin particulier apporté au background, il faut reconnaître que la mise en scène est impersonnelle.Morten Tyldum (à qui l’on doit Imitation game en 2015 avec Benedict Cumberbatch et Keira Knightley) est aux commandes du film mais il pourrait s’agir de n’importe qui. Quant au scénario, si on peut louer les thématiques développées et la capacité à tenir en haleine le spectateur, on ne peut passer sous silence certaines séquences totalement improbables. Elles sont nombreuses et il n’est pas utile de les citer, afin de ne pas révéler des éléments-clés de l’histoire. Heureusement, le côté science-fiction du film nous laisse penser que tout cela peut être possible. On peut toujours y croire…

Au niveau de la distribution, le casting est plutôt solide. Les spectateurs romantiques seront sans doute ravis de retrouver un beau couple, formé de Chris Pratt et de Jennifer Lawrence. Dans un film de science-fiction où la part belle est souvent laissée aux effets spéciaux, les acteurs ont ici tout loisir de s’exprimer. Car Passengers privilégie l’aspect romantique à celui du film d’action. Les acteurs profitent donc du temps qui leur est octroyé pour développer leur relation de façon crédible.

C’est aussi pour cela que Passengers constitue une œuvre auquelle on s’attache, malgré ses nombreux défauts d’écriture et sa mise en scène très conventionnelle. Bref, voilà un long métrage fort sympathique et qui change de ce que l’on a l’habitude de voir.