thelostcity1Titre du film : The lost city of Z

Réalisateur : James Gray

Année : 2017

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h21

Avec : Charlie Hunnam (Percy Fawcett), Sienna Miller (Nina Fawcett), Tom Holland (Jack Fawcett), Robert Pattinson (Henry Costin), Angus Macfadyen (James Murray), etc.

Synopsis : L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle. Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d'Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie.

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Avec The Lost City of Z, James Gray adapte le roman La Cité perdue de Z écrit par David Grann. Il s’intéresse de ce fait à la vie de Percy Fawcett, un explorateur du Xxème siècle qui a réellement existé.

Au même titre que de grands films d’aventures métaphysiques tels que Aguirre la colère de Dieu de Werner Herzog ou Apocalypse now de Francis Ford Coppola, The lost city of Z est l’histoire d’une obsession : celle de Percy Fawcett qui cherche coûte que coûte à découvrir une cité ancienne, qu’il nomme la cité perdue de Z.

James Gray laisse la part belle à cette quête qui semble de prime abord inaccessible. A plusieurs reprises, Percy Fawcett va se rendre dans la forêt amazonienne. Le cinéaste américain met en scène des images splendides de cette forêt verdoyante qui recèle bien des dangers : serpents, fièvre, piranhas, courants rapides, etc. On est abasourdi par la beauté de ces paysages naturels, filmés avec une grande fluidité et une maîtrise incomparable. Ce long métrage nous propose quelques scènes spectaculaires, dignes de tout bon film d’aventures : le voyage en radeau avec des eaux qui peuvent se révéler bien difficiles ; des conditions climatiques rendant le voyage dans la forêt chaotique ; la réception d’indigènes qui ne sont pas tous bienveillants.

thelostcity3The lost city of Z est aussi l’occasion pour James Gray de remettre en perspective la notion de races et d’égalité des peuples. Dans The immigrant, il mettait en cause l’égalité des sexes avec une condition féminine bien difficile, notamment dans les basses couches de la société. Dans The lost city of Z, il traite cette fois de l’égalité des peuples. Ces « étrangers » qui vivent dans les forêts verdoyantes d’Amazonie sont-ils des sauvages, inférieurs dans leur statut aux Européens ? Sont-ils tous des cannibales, dénués d’intelligence ? Evidemment, James Gray apporte une réponse bien plus nuancée que les Lords britanniques de l’époque, à travers le personnage de Percy Fawcett.

Ce dernier est d’ailleurs un héros qui s’intègre parfaitement à l’univers de James Gray. Pour cet homme qui a un honneur à recouvrer, il fait tout pour redorer le blason de sa famille. Ainsi, il n’hésite pas à répondre favorablement à la demande de la société géographique royale d’Angleterre en se rendant en Amazonie. Puis il participe au conflit mondial de 1914-1918. Epris de justice, Percy Fawcett est un homme droit sur qui on peut compter. Il faut noter que l’intérêt du film tient aussi à la personnalité de son personnage principal, lequel fait preuve constamment de courage (voire de témérité) et de droiture en toutes circonstances. Des notions qui de nos jours ont tendance à s’estomper de plus en plus.

A sa façon, The lost city of Z apparaît comme la quête majestueuse d’un homme qui traverse les époques, les lieux différents, les guerres, mais avec une idée constante : trouver son graal. Certaines scènes quasi oniriques sont sublimes et attestent de l’obsession qui a gangrenée le cerveau de Percy : on songe ainsi à cette inoubliable scène où il rencontre une voyante qui finit par le transporter dans sa cité rêvée. Ou encore à l’une des scènes finales qui apparaît plus que jamais comme un songe.

Au demeurant, ce père, pourtant aimant, sacrifie dans sa quête sa famille. Sienna Miller tient ici un de ses meilleurs rôles, celui d’une femme qui accepte les nombreuses périodes d’absence de son époux. Elle s’en accommode, même si on voit bien qu’il lui manque. Si son rôle dans cette histoire peut apparaître mineur en comparaison des exploits de Percy Fawcett, il n’empêche que James Gray dresse un beau portrait de femme.

thelostcity2Outre Sienna Miller, c’est évidemment le rôle de Charlie Hunnamn en Percy Fawcet qui retient l’attention. L’acteur est vraiment excellent et les effets de maquillage sont vraiment bien rendus, puisque l’on assiste au cours du film à son vieillissement « naturel ». Cela donne de la profondeur à cette aventure qui ne pourra pas durer éternellement. Dans le rôle de l’ami fidèle de Percy Fawcett, Robert Pattinson version barbu, interprète un Henry Costin crédible.

Au final, The lost city of Z constitue sans nul doute un des films les plus ambitieux de James Gray. C’est un film d’aventure dans le sens le plus noble du terme, qui peut se targuer d’une mise en scène de très bon niveau. On est happé par cette histoire qui dure pourtant 2h21. Mais James Gray n’ennuie jamais son spectateur, puisqu’il conduit le spectateur dans plusieurs lieux et plusieurs époques. De la même façon, rêve et réalité se côtoient e façon pertinente. Sous ses allures de film classique, The lost city of Z est une œuvre fondamentalement novatrice. Une aventure comme on en fait quasiment désormais, à l’heure du numérique. Voilà donc un film hautement recommandable.