solo1Titre du film : Solo : a Star Wars story

Réalisateur : Ron Howard

Année : 2018

Origine : États-Unis

Durée : 2h15

Avec : Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Embarquez à bord du Faucon Millenium et partez à l’aventure en compagnie du plus célèbre vaurien de la galaxie. Au cours de périlleuses aventures dans les bas-fonds d’un monde criminel, Han Solo va faire la connaissance de son imposant futur copilote Chewbacca et croiser la route du charmant escroc Lando Calrissian…

 

Depuis que Disney a racheté la franchise Star Wars, les films sur l’une des sagas les plus célèbres se multiplient à la vitesse grand V. Et la qualité n’est pas souvent au rendez-vous, à l’image des épisodes VII et VIII qui ont sans nul doute déçu les fans de la première heure.

Histoire d’épuiser le filon jusqu’au bout, les producteurs ont même eu l’idée de créer des histoires indépendantes. C’est ainsi que Rogue one a vu le jour, film d’ailleurs très réussi. Désormais, l’idée est de s’intéresser à des personnages mythiques de la saga. Quoi de mieux que de commencer par la jeunesse de Han Solo.

Sauf que dès le départ on émet deux grosses réserves. En effet, la réalisation est confiée à Ron Howard (Da Vinci Code), un pur yes man, dont les films n’ont aucune personnalité. Et puis, immanquablement, on risque de penser sans cesse au personnage de Han Solo joué par le charismatique Harrison Ford.

Ces réserves naturelles sont légitimes. Toutefois, Solo : a Star Wars story, s’avère bien moins catastrophique que ce que l’on aurait pu imaginer.

solo2Déjà, le film s’avère original de par son histoire. Ne rêvons pas. Ce long métrage n’est pas d’une incroyable complexité. Toutefois, c’est la première fois dans l’histoire de la saga que l’on n’assiste pas à un duel entre l’Empire d’un côté et la Rébellion de l’autre. Non, ici on assiste aux combats impitoyables que se livrent des mercenaires, des truands, prêts à tout pour arriver à leurs fins.

Le jeune Han, qui deviendra rapidement Han Solo, quitte une planète où il n’a aucun avenir, pour rejoindre une bande de malfrats. Avec eux, il compte devenir riche et changer de vie. Plusieurs scènes d’action s’avèrent remarquables et relativement variées. Que ce soit l’attaque d’un train lancé à vive allure ; une révolte sur une planète inhospitalière ou encore une bataille spatiale au milieu d’astéroïdes, le fan de science-fiction en a pour son argent.

Malheureusement, tout n’est pas rose pour ce film et le « côté obscur de la force » reprend ses droits à plusieurs reprises. Le plus gênant – et qui est sans doute lié à la mainmise de Disney sur Lucasfilms – est sans conteste l’absence de tension. On se doute bien que Han Solo va s’en sortir. Mais il est fort dommageable qu’aucune scène ne fasse frissonner le spectateur. Le héros ne rencontre jamais de situation le mettant dans une position délicate. Il a toujours (et rapidement) solution à tout, que cela soit seul ou avec son ami de toujours, Chewbacca, que l’on prend plaisir à revoir. Les quelques scènes qui pourraient nous faire tressaillir de notre fauteuil sont par ailleurs annihilées par une musique bien trop présente, qui étouffe le reste. A trop vouloir formaté une saga de plus en plus destinée à un public familial voire jeune, Disney ôte le semblant d’âme qu’il restait à Star Wars. Et c’est bien regrettable.

Un autre point négatif tient à un scénario totalement attendu. On n’est jamais surpris par ce qui se passe et même si certaines trahisons donnent un peu de piment au film, la linéarité de l’œuvre est impressionnante.

Quant à la 3D, elle n’a strictement aucun intérêt. Encore une fois, c’est un pur aspect marketing qui n’a d’autre but que de faire (sur)payer la place de cinéma au spectateur. Cette 3D est d’autant plus insignifiante que les combats spatiaux sont peu nombreux.

solo3Solo : a Star Wars story n’en demeure pas moins un film agréable à regarder. A la différence des épisodes VII et VIII, les acteurs sont plutôt bons. Contrairement aux dires de certains, Alden Ehrenreich, interprétant un jeune Han Solo n’est pas du tout mauvais. Il a évidemment moins d’aplomb et d’assurance qu’Harrison Ford. Mais cela paraît bien normal puisqu’il joue un personnage bien plus jeune, et qui n’a encore aucune expérience. Ce n’est encore qu’un mercenaire en devenir. Quant aux autres acteurs, les producteurs ont eu raison de penser à la belle Emilia Clarke. La « reine des dragons » (Le trône de fer) joue parfaitement le rôle du premier amour de Han Solo, une femme à la fois fragile en apparence et perverse. Quant au vétéran Woody Harrelson, il est crédible en vieux baroudeur, qui initie le jeune Han Solo. L’acteur apporte même d’une certaine façon un côté comique au film, comme avait pu le faire naguère… Harrison Ford !

L’épilogue de Solo : a Star Wars story laisse clairement entendre que cette histoire indépendante connaîtra une ou plusieurs suites. Et finalement, cela n’est pas une mauvaise nouvelle. Certes, le film ne nous surprend guère et manque d’intensité, mais on a tout de même affaire à un blockbuster de qualité (des scènes d’action valant le coup d’œil, de bons acteurs, un background riche) qui remplit son cahier des charges. Ni plus ni moins. Et ce n’est déjà pas si mal. Même avec Ron Howard aux manettes !