crazystupidTitre du film : Crazy, stupid, love

Réalisateurs : John Requa et Glenn Ficarra

Année : 2011

Origine : Etats-Unis

Durée du film : 1h58

Avec : Steve Carell (Cal), Ryan Gosling (Jacob), Julianne Moore (Emily), Emma Stone (Hannah), Marisa Tomei (Kate), Kevin Bacon (David Lindhagen), Annaleigh Tipton (Jessica), Jonah Bobo (Robbie), Joey King (Molly), etc.

FICHE IMDB

Résumé : Un père de famille voit sa vie s'écrouler lorsque sa femme lui apprend qu'elle souhaite divorcer et qu'elle le trompe avec un autre homme.

 

Après leur sympathique comédie I love you Philip Morris (2010), John Requa et Glenn Ficarra sont de retour derrière la caméra avec Crazy, stupid, love.

Si le titre du film ne laisse rien augurer de bon, il ne faut pas s'y fier. En effet, sans avoir l'air d'y toucher, le film constitue ni plus ni moins à l'heure actuelle que la meilleure comédie de l'année 2011. Et vu la la qualité du film, il sera difficile de faire mieux d'ici la fin de l'année.

Crazy, stupid, love ne doit pas son intérêt à son sujet, lequel se révèle finalement assez banal : une mère de famille, Emily (Julianne Moore), annonce à son époux, Cal (Steve Carell), avec qui elle est mariée depuis plus de 20 ans, qu'elle souhaite divorcer. Elle profite de cette occasion pour dire à Cal qu'elle a une relation avec son collègue de travail, David Lindhagen. Le film va donc très logiquement montrer un Cal qui cherche à retrouver les faveurs de son épouse.

Sauf que si l'issue du film dans ses grandes largeurs est relativement prévisible, tout le reste est pour le moins inattendu. Il y a d'abord le déroulement du film qui donne lieu à des dialogues et à des scènes pour le moins surprenants. Dès les premières minutes du film, on est mis dans l'ambiance avec Cal qui saute brusquement de la voiture alors qu'Emily est en train de lui expliquer les raisons pour lesquelles elle veut divorcer.

La suite de Crazy, stupid, love est du même acabit. A titre non exhaustif, on peut citer un Cal qui va se faire relooker de la tête aux pieds ou encore un Cal qui va connaître une nuit particulièrement mouvementée avec une institutrice accro au sexe.

Les dialogues ne sont pas en reste, proposant au spectateur des moments vraiment hilarants. Il en est ainsi par exemple lorsque Cal demande à une serveuse de s'en aller (après qu'il l'ait appelé) et de ne jamais revenir, la femme qu'il fréquentant lui ayant avoué qu'elle est une ancienne alcoolique et qu'elle n'a pas bu d'alcool depuis 5 ans ! Dans un autre style, on a droit également à de l'humour pince sans rire lorsque Cal déclare à l'homme qui sort avec sa fille qu'il a acheté une arme à feu sur un site louche afin de mettre l'arme sur sa tempe ! Et puis que dire de la scène où la belle Hannah, étonnée par le physique musculeux de Jacob lorsque celui-ci ôte son haut, déclare que c'est du photoshop !

Complètement décomplexé, le film joue aussi beaucoup sur la permanence des situations, ce qui provoque chez le spectateur une bonne tranche de rigolade. C'est notamment le cas quand Cal n'arrête pas répéter au bar : « Ma femme a couché avec David Lindhagen. » C'est aussi le cas quand on voit le nombre impressionnant de femmes qui tombent sous le charme du beau Jacob (Ryan Gosling) ou quand Cal lui-même devient un véritable sex-symbol.

L'aspect humoristique du film est sans conteste une grande réussite. D'autant que le film ne connaît pas de baisse de rythme sur ce point.

Pour autant, cela ne serait pas rendre justice au film que de le résumer à une simple comédie plaisante à regarder. Le film vaut beaucoup mieux que cela.

Car derrière son côté amusant, le film a quelque chose à raconter. Il évoque d'abord avec un certain brio que la routine peut détruire un couple. C'est à ce moment que l'on comprend pleinement la signification du titre du film : Crazy, stupid, love est là pour rappeler que l'amour est une chose irrationnelle, folle, qui nous amène parfois à faire des choses insensées, mais dans un seul but : montrer que l'on aime l'autre tout le temps, et pas seulement de temps en temps. L'amour est un sentiment très fort entre deux personnes et le film n'a de cesse de le rappeler, comme lorsqu'il aborde l'amour adolescente du fils de Cal qui croit en son « âme sœur » ou toutes les tentatives de Cal pour reconquérir sa femme. Il en va ainsi pour tous les personnages du film qui sont à la recherche de leur âme sœur.

Même s'il peut paraître par instants assez direct et trash, il n'empêche que sur le fond le propos du film est plutôt classique et sans ambiguïté sur la question : dans la vie, tout le monde cherche à trouver et à vivre avec sa moitié.

C'est pourquoi Cal accepte de se remettre en question et d'écouter les conseils du beau Jacob, qui va jouer pour lui le rôle de coach. Sur ce point, le film rappelle sans conteste le premier long métrage de Judd Apatow, à savoir 40 ans toujours puceau (2005), où Steve Carell interprétait déjà le rôle principal, celui d'un homme toujours puceau à 40 ans et qui allait bénéficier de conseils pour pouvoir fréquenter une femme. Les parallèles que l'on peut faire entre les deux films sont loin d'être anodins : d'un côté, on a un homme qui n'a jamais couché avec une femme, de l'autre on a un homme qui n'a connu qu'une femme dans toute sa vie et qui ne sait plus comment agir une fois que celle-ci le quitte.

Les deux réalisateurs de Crazy, stupid, love, ont eu la bonne idée de confier le rôle-titre à Steve Carell. Dans ce film, il prouve une nouvelle fois qu'il est un acteur de talent, capable de susciter une émotion sincère. Ici, il interprète avec justesse le rôle d'un homme en plein doute qui va tout faire pour retrouver son amour de toujours. Ce long métrage ne se limite pas à la performance de Steve Carell. Toute la distribution du film est à féliciter. Ryan Gosling est excellent en coach sexuel qui va lui-même voir changer certaines de ses certitudes sur la question de l'amour. Le jeune Jonah Bobo est très bon en adolescent amoureux fou. Les rôles féminins ne sont pas en reste avec des Julianne Moore, Marisa Tomei et Emma Stone qui ne se contentent pas d'apporter une touche sexy au film mais qui interprètent des personnages eux aussi en quête de l'amour sincère.

Au final, Crazy, stupid, love constitue à mon sens la meilleure comédie depuis Very bad trip, et l'un des meilleurs films de l'année 2011.