Interview de Cyril Despontin, directeur du festival Hallucinations collectives :

Pendant le festival Hallucinations, son directeur, Cyril Despontin, a eu la gentillesse de m'accorder une interview avec sa bonne humeur habituelle.

Photos-0138Salut Cyril. Comment t'es venue l'idée l'organiser ce festival ?

Je suis moi-même spectateur de festivals dans différents villes (Neuchâtel, Paris, Sitges, Lausanne), qui permettent de regarder des films un peu bizarres, qui sortent de l'ordinaire. Je me suis dit que c'était dommage car sur Lyon il n'y avait pas une telle manifestation. Il y avait bien un festival de films asiatiques mais c'était assez épisodique, avec peu de films de genre.

Avec une bande de potes lyonnais, qui partageaient la passion du cinéma, j'ai lancé l'idée d'un festival et on a essayé de formaliser ce projet de manière concrète.

Bien sûr, il a d'abord fallu trouver un lieu. On a fait une demande auprès du cinéma Le Comoedia fin 2006. Ce dernier, qui venait juste d'ouvrir, a d'abord souhaité faire une année de test pour voir comment il allait fonctionner. On a fait le premier festival en 2008.

Depuis cette date, tous mes amis passionné de cinéma ont donné de leur temps et de leurs compétences. Et on a tous gagné en connaissance et en professionnalisme au fur et à mesure des années. C'était déjà très pro la première année : films en 35 mm, volonté de passer les films dans les meilleures conditions possibles, des invités un peu pointus avec par exemple la clôture du festival avec Jean Rollin.

Comme cela nous a plutôt réussi, on a continué sur cette voie là.


Alors, tu es le directeur du festival mais il y a bien entendu d'autres personnes qui travaillent à tes côtés pour organiser Hallucinations collectives ?

On est un peu moins d'une dizaine, sachant que c'est un travail qui est énorme pour chaque personne. C'est en se répartissant les tâches selon les compétences et les affinités de chacun que l'on y est arrivé.

AnneLauredeBoissieuPour organiser le festival, on est réparti en différents pôles. Il y a un pôle de communication constitué de deux personnes : Anne-Laure de Boissieu et Fabien Thévenot. Ils gèrent en amont toutes les remontées d'informations auprès des journalistes, centralisent les demandes d'accréditations, essaient de trouver des axes publicitaires. C'est vraiment toute la partie communication.

A côté de cela il y a une partie technique où il s'agit de récupérer les films, les faire sous-titrer, les projeter. Ce sont Norman Clouzeau et François Henry qui s'en occupent.

Ensuite il y a la direction artistique qui est assurée par Pierre-Yves Landron. Il crée l'affiche du festival et tous ses dérivés avec le catalogue.

Il y a aussi la gestion des invités : contacter les invités quand on les a choisis c'est-à-dire voir avec eux pour leurs horaires de train, réserver leur hôtel, s'occuper de les chercher à la gare. C'est Nicolas Felgerolles qui est donc « l'homme-invités ».

Puis il y a Florence Grand qui s'occupe du recrutement des bénévoles car on a besoin de plein de petites mains pour faire différentes tâches. Ce sont des gens qui nous aident énormément le temps du festival.

Il y a aussi Laurent Lopéré qui est chargé de la recherche des copies pour tout ce qui rétrospective. Il va pister les droits, pister les matériels, pour que les films les plus rares que l'on recherche puissent être dans la salle de cinéma.

Le cinéma Le Comoedia nous aide également pour la partie finale : contacter les gens pour que les copies arrivent. C'est le projectionniste du Comoedia qui s'en occupe. L'équipe du Comoedia nous aide aussi sur divers aspects relatifs à l'organisation du festival.

 

Le festival se déroule effectivement au cinéma Le Comoedia. Peux-tu nous en dire plus sur les liens qu'il y a entre Zonebis, l'association à l'origine du festival, et les membres du Comoedia ?

Le Comoedia est co-producteur du festival parce qu'il y met de l'argent. Il pourrait être considéré comme notre plus gros sponsor. Mais cela n'est pas un sponsor.

Les membres du Comoedia nous mettent à disposition leurs infrastructures, leur personnel, du temps, du matériel. Ils soutiennent le festival ardemment, ils l'aiment. Comme le festival marche, cela leur donne raison. Ils apprécient par ailleurs notre côté pro.

 

J'ai pu constater qu'il y a Christophe Lemaire, de la revue Mad Movies, qui est régulièrement présent sur le festival et que cette année Fausto Fasulo, le rédacteur en chef, fait partie du jury du festival. Quels sont tes liens avec les rédacteurs de Mad Movies ?

pifffIl se trouve que depuis un an je suis aussi directeur d'un autre festival sur Paris, le PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival, dont la première édition a eu lieu du 23 au 27 novembre 2011). Autant Hallucinations collectives est co-organisé par Zonebis et Le Comoedia, autant pour le PIFFF ce sont certains membres de Mad Movies et moi-même qui avons pris sur notre temps personnel pour créer un festival sur Paris.

Du coup, je connais toutes ces personnes très bien et quand j'ai proposé à Fausto Fasulo de faire partie du jury, il m'a répondu oui immédiatement. C'est la même chose concernant la venue de Christophe (Lemaire).

 

Comme d'habitude, Hallucinations collectives bénéficie d'une sélection très éclectique. Peux-tu nous parler de cette sélection ?

La compétition officielle propose huit longs métrages et huit court métrages. A côté de cela, on a des avant-premières qui ne sont pas en compétition comme le film The oregonian,The incident ou le film Detention qui fait la clôture du festival.

On a aussi des rétrospectives dédiées à Philip K. Dick ; à Richard Stanley avec 3 de ses films, à la Belgique interdite, et enfin le cabinet des curiosités où l'on ne recherche pas une cohérence thématique mais seulement à montrer des films que l'on apprécie.

On a aussi un film pour enfants avec cette année Strings : le fil de la vie.

En plus de tout cela il y a des expos, des invités et plein de petits modules autour du festival (concert, tables rondes, etc.).

 

Quels sont les projets de Zonebis à moyen terme ?

On a lancé en début des séances hallucinées, qui sont des sortes de petits frères du festival, à hauteur d'une séance par mois. On a ainsi projeté From beyond, Bullhead et Bellflower. Ce sont soit des avant-premières soit des rétrospectives. Cela permet de garder le lien avec le festival.

Et puis il y aura bien un festival l'année prochaine, à moins que les Maya aient raison !


Quels sont tes films préférés ?

savethegreenComme on est une équipe, cela n'a pas de sens que je réponde à cette question. Je vais te donner une réponse qui aurait pu être donnée collégialement part tout le monde. Mes goûts cinématographiques et ceux des membres de Zonebis sont le reflet de ce que tu vois dans le festival.

Sinon, Schizophrenia fait partie des trois films que je vénère le plus sur Terre. Très récemment, Possession de Zulawski que j'ai vu au cinéma à Gérardmer m'a beaucoup marqué. Et puis il y a enfin le film coréen Save the green planet qui pour moi est un chef d'oeuvre ultime, même si tout le monde ne partage pas mon point de vue !

En tant que réalisateur, ma préférence ira à Paul Verhoeven chez qui tout est bien.

Merci Cyril pour avoir répondu à ces questions !