homeouiTitre du film : Home sweet home

Réalisateur : David Morley

Année : 2013

Origine : Canada

Durée : 80 minutes

Avec : Meghan Heffern (Sara), Adam MacDonald (Frank), Shaun Benson (le psychopathe), etc.

FICHE IMDB

Synopsis : Un jeune couple se retrouve agressé par un psychopathe à son domicile.

Après une première incursion dans le genre avec Mutants (2009), un film de virus, le Français David Morley est de retour avec un “home invasion movie” intitulé tout bonnement Home sweet home.

Le film a été présenté en compétition officielle au festival Hallucinations collectives à Lyon, en présence de son réalisateur.

Le scénario de Home sweet home est assez simple : un psychopathe s'introduit dans la maison d'une gentille petite famille. Il s'installe tranquillement dans la maison de ses futures victimes pour ensuite les séquestrer.

Evidemment, avec un tel script, il est difficile d'être original dans un genre au demeurant ultra balisé. Le Français David Morley n'a d'ailleurs pas cherché à faire dans le sensationnel puisqu'il s'agit avant tout pour lui d'une commande.

Pour autant, même si David Morley doit composer avec les codes du genre (un tueur masqué ; une jeune femme retenue prisonnière qui parvient à s'échapper, etc.), il a plusieurs idées qui rendent son long métrage tout à fait intéressant, à défaut d'être novateur. Ainsi, on apprécie qu'il prenne son temps pour installer son film.

Comme pour faire un pied de nez aux nombreux films d'horreur actuels qui ne cessent d'être dans la surenchère la plus gratuite en montrant un maximum de meurtres et de plans gore, Home sweet home débute au contraire de manière très calme.

Le tueur – dont on ne saura jamais les motivations (ce qui peut avoir comme conséquence de rendre ce long métrage encore plus terrifiant pour le spectateur lambda) – prend possession des lieux en allumant la télévision, en installant divers objets, en verrouillant toutes les fenêtres et en neutralisant les systèmes de communication, de telle sorte qu'il devient quasi impossible de sortir de la maison une fois que l'on y est rentré.

homesweet2En cela, la maison, dont on découvre progressivement les différentes pièces, devient indirectement un personnage à part entière du film.

On est loin du nid douillet que laisse entendre le titre du film (Home sweet home). On se demande surtout comment les protagonistes vont faire pour échapper au psychopathe qui a jeté son dévolu sur eux.

Cela fait l'objet de la deuxième partie du film. Evidemment, elle est bien plus démonstrative que la première. Cela étant, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les scènes sanglantes ne sont pas nombreuses. Elles en sont d'autant plus marquantes. Elles bénéficient d'ailleurs de SFX tout à fait probants.

La deuxième partie du film, même si elle est plus attendue, avec notamment un jeu du chat et de la souris qui se met en place entre le psychopathe et l'héroïne, apporte néanmoins quelques éléments originaux. On songe ainsi au fait que l'agresseur attend patiemment que sa victime se réveille et tente de s'évader ou encore lorsqu'il joue tranquillement au basket, comme pour mieux brouiller les pistes.

Mine de rien, avec Home sweet home, on se situe dans un film d'ambiance, qui maintient une tension permanente. On est ici dans un huis-clos “à mi-chemin entre Halloween et Funny games”, comme l'indique de manière pertinente David Morley.

Ce film est aussi l'occasion pour son réalisateur d'affuter ses armes. On voit que la mise en scène est bien plus soignée que dans Mutants. Le film est très maîtrisé sur le plan technique : les plans séquence et notamment les travellings sont utilisés à bon escient. De manière plus générale, le film est très fluide et n'est pas du tout “cut”. C'est bien entendu avec une telle mise en scène que l'on parvient à maintenir le spectateur sous pressions.

Côté distribution, les deux acteurs qui interprètent l'infortuné couple sont probants dans leurs rôles respectifs. L'actrice Meghan Heffern a d'ailleurs un joli minois qui n'est pas sans rappeler Zooey Deschanel. Sa tenue de cheerleader devrait ravir le public masculin d'Home sweet home. Quant au tueur, incarné par Shaun Benson (vu récemment dans le film Populaire), il a l'apparence de monsieur tout le monde, ce qui est d'autant plus malaisant pour le spectateur. Il joue bien le rôle de ce personnage qui applique méthodiquement le plan qu'il a organisé. Le sang-froid dont il fait preuve le rend d'autant plus dangereux.

La fin du film donne lieu à une révélation – le fameux twist – sur l'identité du tueur qui est plutôt crédible.

En synthèse, si Home sweet home investit un champ horrifique qui a déjà donné lieu à de très nombreuses productions, le film parvient à tirer son épingle du jeu grâce à une mise en scène efficace et quelques idées qui sont bien vues. On attend donc avec intérêt le prochain long métrage de notre compatriote David Morley.