3D-FourCombo-TSLVpsdTitre du film : Terreur sur la ville

Réalisateur : Charles B. Pierce

Date de sortie : 1976

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h30

Avec : ‎ Ben Johnson, Andrew Prine, Dawn Wells, etc.

Editeur : Rimini Editions

En édition collector blu ray + DVD le 17 février 2022

FICHE IMDB

Synopsis : The Phantom Killer. C’est ainsi que fut surnommé le tueur qui sévitdans la petite ville de Texakarna, Texas, en 1946. Pendant plusieurs mois, il sema la terreur et la paranoïa au sein de cette paisible communauté.

 

Le film Terreur sur la ville (The Town That Dreaded Sundownde son titre original) est basé sur des événements qui se sont réellement déroulés dans les années 40. Le réalisateur Charles B. Pierce adapte ainsi très fidèlement un fait divers ayant défrayé la chronique pendant plusieurs semaines en 1946. Une personne affublée d’un sac de toile blanc percé au niveau des yeux (d’où son surnom de tueur fantôme) s’en était pris brusquement à des citoyens de Texakarma, ville paisible de 40 000 habitants aux Etats-Unis.

Capture d’écran 2021-11-03 à 11Il est intéressant de noter que Terreur sur la ville s’inscrit dans la droite lignée des premiers slashers, ces films où des tueurs, défigurés ou masqués, s’en prennent à des groupes de jeunes. On considère généralement que le genre a été lancé avec Black Christmas de Bob Clark (1974) et Halloween (1978). C’est sans doute vrai mais celui-ci estaussi un précurseur du slasher, tout en ayant son identité propre.

Car ce long métrage ne manque pas d’originalité. Il est présenté de façon quasi documentaire avec ce narrateur qui raconte une histoire de façon très détaillée. Cela apporte un côté authentique à ce long métrage, d’autant que l’approche est différente d’une œuvre comme Halloween. Ici, pas de tueur increvable qui exécute toutes les personnes ayant la mauvaise idée de croiser sa route.

Dans Terreur sur la ville, le tueur ne parvient pas systématiquement à tuer ses victimes. Par ailleurs, il se révèle très méthodique dans son approche puisque ses méfaits ont lieu tous les 21 jours : le 3 mars, le 24 mars, le 14 avril et le 3 mai. Ce modus operandi très réfléchi n’est pas sans rappeler celui d’un tueur célèbre – ayant lui aussi réellement existé, à savoir le tueur du zodiaque qui a agi dans les années 60 et 70 et dont David Fincher a fait un film en 2007. L’apport du film Terreur sur la ville dans l’Histoire est incontestable.

Cela n’est pas la seule de ses qualités. Si les meurtres ne sont pas très nombreux au final (on n’est pas dans la surenchère comme dans les films actuels), les attaques du tueur fantôme sont toutes prenantes. Il faut dire que cet homme masqué est charismatique et chacun de ses meurtres est varié, avec une mise en scène bien travaillée. Deux séquences notamment sont remarquables : une attaque étonnante avec un instrument de musique et une autre où notre psychopathe poursuit sa proie blessée.

Capture d’écran 2021-11-03 à 11Un des autres points positifs du film est son ambiance. Terreur sur la ville retranscrit bien ce sentiment de peur généré par un tueur qui inquiète de plus en plus la population. D’autant que les meurtres peuvent se dérouler n’importe où : dans les bois, dans un endroit isolé du centre ville, dans une maison, etc. Le meurtrier ne laisse aucun répit aux couples de jeunes et son ombre est vivace.

Le seul point négatif de Terreur sur la ville est le choix d’avoir intégré des éléments humoristiques au sein de cette histoire. Le réalisateur a sans doute pensé qu’un récit trop pesant limiterait le nombre de spectateurs. Il peut s’agir également d’un choix délibéré des producteurs. Toujours est-il que l’on aurait pu se passer de ces séquences. Heureusement elles n’entachent pas le plaisir à regarder ce film.

Quelques mots sur la distribution. Ben Johnson, habitué aux westerns, campe avec brio le personnage du capitaine Morales, bien décidé à élucider le mystère du tueur fantôme. A ses côtés Andrew Prine est plutôt à l’aise dans le rôle du shérif. Et puis l’actrice Dawn Wells donne bien le change dans LA scène du film.

En somme, Terreur sur la ville est un long métrage quelque peu méconnu, qui mérite de sortir de l’ombre, tant les qualités intrinsèques du film sont nombreuses. Y compris une fin ouverte permettant à chacun de se faire sa propre opinion. A noter qu’un cinéaste aura l’idée d’en faire une suite en… 2014.

Caractéristiques du blu ray édité par Rimini Editions  :

Capture d’écran 2021-11-03 à 11L’image : L’image est magnifique. On ne croirait pas que le film a plus de 45 ans au compteur. Le beau travail du chef opérateur est rendu à la perfection qu’il s’agisse des séquences diurnes ou nocturnes.

Le son : Le son est disponible en anglais en DTS-HD 2.0 (avec sous-titres français) pour les puristes. Il est également disponible dans un doublage français d’époque lui aussi tout à fait probant dans un DTS-HD 2.0. Rien à redire.

Les suppléments : On a droit à trois entretiens datés de 2013. Le premier, Policier de campagne (9 mn41) laisse la parole à Andrew Prine. L’acteur, très décontracté, revient sur cette célèbre affaire du tueur fantôme qui avait même fait la une du magazine Life ! Il évoque ses relations avec les autres acteurs sur le tournage et une anecdote très intéressante : c’est lui qui a écrit la dernière partie du film. Le second bonus, Dans l’œil de celui qui regarde (12 mn33), est dédié au chef opérateur Jim Roberson. Il revient sur les conditions du tournage du film, en pleine canicule, et lui aussi sur ses relations avec les autres acteurs. Il signale notamment a marqué ceux qui l’on réellement vécu. Dans le dernier entretien, Histoires de survivants (5 mn17), l’actrice Dawn Wells évoque ses souvenirs du tournage. Elle indique que c’est le réalisateur qui a souhaité la faire venir et qu’elle n’a tourné que pendant un jour et demi. Les suppléments du blu ray s’achèvent avec le film annonce.