doomsday1Réalisé par Neil Marshall
Année : 2008
Origine : Royaume-Uni
Durée : 105 minutes
Avec : Rhona Mitra, Bob Hoskins, Malcolm McDowell...

FICHE IMDB

Résumé : En 2008, un virus décime une partie de la population écossaise. Un mur infranchissable est alors créé afin que le virus ne se propage pas. En l'an 2035, un commando est envoyé dans une Ecosse particulièrement inhospitalière afin de trouver le vaccin du virus qui vient de refaire son apparition, cette fois à Londres.

Auteur de l'excellent survival The descent, Neil Marshall nous revient en pleine forme avec une sorte de shoot them up d'anticipation. Plus proche d'ailleurs de son Dog soldiers que de The descent, Neil Marshall réalise un film d'action bien bourrin qui va à cent à l'heure.

L'intrigue est réduite à l'essentiel. Neil Marshall ne s'embarrasse pas de considérations de toutes sortes qui viendraient handicaper son film. Si Doomsday se permet de porter (légèrement) un regard critique sur la conception du pouvoir et sur son utilisation, le film se veut avant tout un pur « actioner ». D'ailleurs, à ce petit jeu, le film s'en sort à merveille.

La scène d'introduction, censée se dérouler en 2008, n'est pas sans rappeler un certain 28 semaines plus tard avec un virus, dénommée La faucheuse, qui est ici à l'origine de la mort de nombreuses personnes en Ecosse et de la construction d'un mur (afin de confiner les personnes porteuses du virus).

Rapidement, on passe au film d'anticipation avec un script qui nous amène en 2035. Neil Marshall cite rapidement l'une de ses principales références dans le film à savoir John Carpenter et précisément New York 1997. Le héros de Neil Marshall ou plutôt l'héroïne (le réalisateur britannique utilisant comme acteur principal une femme, comme pour The descent) , interprétée par Rhona Mitra, n'est pas sans rappeler un certain Snake Plissken. D'ailleurs, comme lui, elle doit se rendre dans un environnement hostile qui est séparé par un immense mur. Avec une troupe d'élites, Eden Sinclair (Rhona Mitra) doit ramener un vaccin afin de faire disparaître le virus de La faucheuse qui vient de faire à nouveau parler de lui, et cette fois à Londres (comme pour 28 semaines plus tard).

Une seconde source d'inspiration de Neil Marshall dans ce film est Aliens 2 de James Cameron. Le commando qui débarque de nuit dans un environnement non déterminé (la situation de l'Ecosse étant alors en 2035 inconnue), proche du film de science-fiction, à bord de deux chars rappelle évidemment l'introduction d'Aliens 2. D'ailleurs, Doomsday comme Aliens 2 sont des purs films d'action. Et tout ce qui va venir par la suite dans Doomsday va confirmer ce point de vue.

Film jouissif, décomplexé et réellement fun, Doomsday se permet un mélange au niveau de la description des ennemis (qui donne l'impression d'être à deux époques différentes) qui se révèle fort stimulant. Dans cette Ecosse (en fait le film a été tourné en grande partie en Afrique du Sud) dangereuse à souhait, 2 gangs s'affrontent en permanence : il s'agit d'une part des troupes de Sol (interprété par Craig Conway) qui ont tous des looks de néo-punks et qui évoluent dans un univers post-apolyptique qui n'est pas sans rappeler Mad Max de George Miller. D'ailleurs, Mad Max est clairement l'une des citations principales de Neil Marshall, notamment à un moment du film où l'on a droit à une superbe course-poursuite, dont la précision de la mise en scène et l'impression de vitesse évoquent inmanquablement le chef d'oeuvre de George Miller. D'autre part, le second gang, mené par le mystérieux Kane nous ramène au Moyen-Age. Cet univers à part fait penser à Conan le barbare de Milius. Dans un cas comme dans l'autre (où dans la dégénérescence de l'être humain est évidente, thème cher à Neil Marshall, comme il l'a bien évoqué dans The descent), l'univers post-apocalyptique à la Mad Max ou l'univers médiéval à la Conan donnent lieu à des scènes particulièrement sanglantes (têtes coupées ; bras arrachés ; combats de gladiateurs particulièrement virils, etc.). Neil Marshall ne renonce nullement devant les débordements en tous genres. Les morts s'amoncellent à la vitesse grand V. Au milieu des deux gangs ennemis, on retrouve donc l'héroïne du film, jouée par Rhona Mitra (qui interprète parfaitement le rôle de son personnage qui est toujours tourné vers l'avant, ainsi que le prouve le moment où elle prend le volant et qu'elle décide d'aller droit vers le but qu'on lui a fixé, et ce le plus vite possible) dont l'aspect physique comme l'accoutrement la rapprochent d'une Kate Beckinsale dans Underworld. La différence entre les deux films est par contre assez sensible au niveau de la mise en scène. Jamais clippesque (ce qui est tout de même le cas d'Underworld), Doomsday a été tournée à l'ancienne : la mise en scène est très dynamique (comme lors de la fameuse course-poursuite), elle n'est jamais cut. Au contraire, on a droit à de très beaux travellings ou encore à de très beaux mouvements en plongée qui privilégient l'action pure. On ne s'ennuie pas une minute dans ce film qui multiplie les scènes à un rythme d'enfer. Si Doomsday ne renouvelle pas le genre, il ne souffre jamais de ses multiples références (New York 1997 ; Mad Max ; Aliens 2 ; Conan le barbare notamment). La musique du film est parfaitement dans le ton de celui-ci, même s'il faut bien reconnaître que le compositeur Tyler Bates utilise comme thème principal une musique qui n'est pas sans rappeler celle de 28 semaines plus tard.

Au final, je conseille fortement à tous les amateurs de films d'action de voir au plus vite l'excellent « actioner d'anticipation » que constitue Doomsday. On attend déjà avec impatience le prochain film de Neil Marshall.